‹ Poètes grecs contemporainsChapitre 22 sur 27 · SOUHAITS · texte numérisé non relu

SOUHAITS

Je voudrais ouvrir la tombe de mon père, — en retirer de mes mains son cercueil, — pour voir ce que la nuit et la terre ont fait de cette tête bienaimée. — Je voudrais étreindre dans mes bras son froid cadavre — corps à corps, poitrine contre poitrine.

Je voudrais être le linceul qui le recouvre, — le chevet où il pose sa tête. — Jt voudrais être dans son sommeil le rêve de sa jeunesse passée, — la bénédiction de sa mère pour le réchauffer, — la prière des orphelins qu'il a consolés.

Je voudrais être le paradis pour le baigner de ma clarté, — un nuage pour le porter à travers l'espace,

— et l'archange de Dieu pour lui servir de guide.

— Je voudrais être Tastre de la nuit pour briller sur ses cheveux blancs, — et le sourire divin pour épanouir son cœur.

Je voudrais être la croix plantée sur sa tombe,— la rosée rafraîchissant le sol qui Tentoure, — Tarbre qui Fabrite de son feuillage, — un oiseau pour lui chanter, une fleur pour lui donner mes parfums.— Je voudrais être une torche allumée sur la dalle

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qui le couvre ; — je voudrais être son cercueil pour qu'il n'y restât pas seul.

Il y a une analogie frappante entre ce chant de mort et le chant d'amour provençal:

« Magali, ma tant aimée ».

Ce ne sont pas seulement de douloureuses pensées de mort que Paraschos a chantées. Il a aussi chanté l'amour avec des accents passionnés ; mais, en tout, chez lui, la tristesse prédomine. Ce n'est pas un chantre joyeux à la façon de Christopoulos.

C'est un esprit sombre, mais il est naturellement triste, sans recherche ; il n*a pas cette mélancolie artificielle qui lasse comme tous les pastiches.

Qu'on en juge par ces strophes :

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