‹ Poètes grecs contemporainsChapitre 23 sur 27 · SOUVENIRS · texte numérisé non relu

SOUVENIRS

Ah ! voici la grotte des nymphes; voici le sentier — où tant de fois elle a marché à côté de moi ; — voici le petit ruisseau qui arrêtait ses pas ; —

vGoOQle

l'arbre où je l'attendais et qu'elle aimait tant, — et ce grand lilas, et la chapelle déserte — où nous allions prier ensemble. — Rien n'a changé ; tout est là comme alors ; — elle seule et moi nous sommes changés par le temps.

C'eàt ici, dans cette g€*ge, éur cette pîerrtf, — qu'elle m'a serré la main pour la première Isds ;

— c'est là que nous avons pleuré un jour ; — là que je hil récitais mes chants — et qu'elle m'écoutait» lo coeur ému et palpitant. ^ Héis^ 1 lé tint é emporté nos baisers et l'oubli a emporté mes chants.

Cest lei que sa bouche infidèle m'a dît : fe t'aime ! •*- En ge Ueu, it>on âme infortunée éproùv«

— ce que l'on sent en regardant — un souvenir laissé par' tin tûôtt, — un mort aimé que Fon ii'Qt»lîlie )iimai$..«

Une flûi» joyeuse résonne là-bas ; -^ cfest un chant d'amour qui traverse l'air, — et là dans le l^îé, > kl fraîcheur âë Kômbre, plelhe de tie et de bonheur, — une jeune fille est assise aupràl el^itn jeune hommeé

C'est ainsi qu^èlîe etaîf assise aiïprês de moi, elle.

— Le jeune homme lui tient la main qu'elle lui laisse ;^ il lui par}^.é Ak ! ^e sais ce qu'il lui dit.

Oui^ je le sais ; le coeur qui a aimé comprend. — J« 980» c# (}tte c'es* ^1^ tenir u«* maki «korée, *dir& l#s m^à ïnaciAètéé ^ v^Oànê du ùoÊOf éf ^ur h* peviveii% s^0^ des lètte* ; ^ )t Mê âàmiOM

vGooQle

est doux le poids — d'une belle tête adorée qui s'appuie sur notre poitrine. — Mais je sais aussi, je l'ai su, ô malheur ! — que tout est mensonge et infidélité!...

Hélas ! pourquoi avoir enterré mon amour en elle ? — Pourquoi avoir allumé ma torche devant une fausse idole ? — J'ai pris la poudftière pour un nuage céleste !

... Ah ! qu'il est cruel d'avoir éprouvé — un amour qu'on est forcé de mépriser plus tard !

Toutes les strophes des Souvenirs sont belles et poétiques, mais nous avons fait un choi^,, pensant que wlrot pro$«^ n'en allègetaif pas Tabondancé, Coftidîe y parviennent les ver§ harmonieux da l'originaj.

PàTaschos à souvent aussi efaamé la p0L^ trie avec amour. La révolution de Crète en 1866 et 186S, et les infortunes des e:xilés crétois qui vinrent chercher l'hospitalité chez leurs frères du royaumcy lui ont ins* pire des vers pleins et beauté.

Notre poète s^était mêlé à la politique. Il appartenait à cette oppos^ioo qm^ paf «bs

vGooQle

complots et ses révoltes, avait provoqué l'expulsion du roi Othon. Mais la mort du souverain détrôné lui inspira une élégie qu'il est curieux de traduire, pour marquer le changement opéré dans les mœurs de la Grèce depuis le jour où Alexandre Soutzo entonnait son hymme sur le meurtre de Capod'Istria.

Page 1