‹ Poètes normands;Chapitre 20 sur 63 · XV. AxiANNE, tragi-comédie en prose · texte numérisé non relu

XV. AxiANNE, tragi-comédie en prose

XVI. AuMi.Mis, ou LES FiiiiRES ENNE.Mis, tragiccnicdie, in-4, 1644.

— Poésies mêlées, imprimées à la suite de ses pièces de théâtre, jusqu'au nombre d(ï dix à douze mille vers; in-8. Paris, 1649.

XVII. Le Cablxet, qui est un mélange de vers sur des portraits et des stators dont il suppose qu'un cabinet doit être orné; in-4. Paris, 1646.

XVIII. Alauic, ou Ro.MË vaincue, poème héroïque en dix chants; in-fol. Paris, 1654, fig.

Le même, in -12, 1673.

Le même. Amsterdam, in- 12, IGbS. Etc., etc.

l'iu-is. — Typn;;r.i| liie Lacu»mpe (-t <-om|i., rue n;iiiiiello. 2.

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SARRASIN (Jean-François) naquit en 1604, dans la ville de Caen , où son père , originaire d'Hermanville-sur-mer, exerçait les fonctions de tre'sorier de France. Après avoir terminé ses e'tudes dans sa ville natale, Sarrasin vint à Paris, et fut présente' à M. de Chavigny, secrétaire d'État, qui l'honora bientôt d'une faveur toute spéciale.

Ce ministre , qui avait reconnu le parti qu'on pouvait tirer des connaissances acquises et de l'esprit naturel de son protégé, le chargea d'une mission à Rome auprès du pape Urbain YIII , amateur éclairé des belles-lettres. Sarrasin reçut 4,000 livres pour ses premiers frais de voyage ; mais au lieu de leur donner cette destination, il n'eut rien de plus pressé que de les dissiper en parties de plaisir avec une maîtresse qu'il avait rue Quincampoix. M. de Chavigny voulut bien fermer les yeux sur cette escapade, l'attribuant à la fougue de l'âge , et son intervention sauva le poëte des rigueurs de la cour.

Peu de temps après. Sarrasin entreprit un voyage en Allemagne, où il sut gagner les bonnes grâces de la princesse Sophie , fille du roi de Bohême et amie de Descartes. Cette excursion n'eut pour lui d'autre résultat. De retour en France , il épousa la veuve d'un maître des comptes. Cette union , cimentée d'un côté par l'amour et de l'autre par l'intérêt , ne pouvait être et ne fut point heureuse ; trop de contrastes s'opposaient à l'harmonie dans un tel ménage : Sarrasin, d'une humeur libre et enjouée , ne pouvait longtemps s'accommoder d'une femme âgée , chagrine , fantasque , et qui , comme il le disait

lui-même , portait son caractère sur sa figure. Un jour qu'il se plaignait à Ménage des tracasseries auxquelles il était clia([ue jour exposé de la part de sa femme qui venait de lui refuser quelque argent, «Couchez avec elle , lui dit Ménage. — Eh ! par Dieu , couchezy vous-même,» lui répondit Sarrasin.

De guerre lasse , il rompit sa chaîne , et , par l'entremise de madame de Longueville , entra dans la maison de M. le prince de Conti, comme secrétaire de ses commandements. Il sut en peu de temps se rendre indispensable , et le prince , tout en le maltraitant , en vint à ne pouvoir se passer de lui. Il le mettait de tous ses voyages. Voici à ce propos une aventure assez singulière, et qui peut donner une idée de la tournure d'esprit particulière à Sarrasin : Le maire et les échevins d'une petite ville attendaient un jour le prince sur son passage pour le complimenter à la portière de son carrosse. Le harangueur étant demeuré court à la seconde période de son discours , sans pouvoir, malgré tous ses efforts, en retrouver la suite , Sarrasin sauta lestement de l'autre portière, et ayant fait le tour du carrosse , prit la place du maire , et termina la harangue d'après le sens primitif , mais d'une manière si burlesque , avec des expressions si sérieusement bouffonnes, que le prince ne put retenir un éclat de rire; et, ce qu'il y a de plus plaisant , c'est que le maire et les échevins, remerciant Sarrasin de les avoir tirés de ce mauvais pas, lui offrirent, comme au prince , le vin de la ville.

M. Pélisson, dans son discours sur les œuvres de Sarrasin, et comme pour donner plus de force à ce qu'il dit de la souplesse et de la fécondité de son esprit , invoque le témoignage de ce même prince de Conti, «d'un prince , dit-il, qui ne juge pas par les yeux et par le raisonnement d'autrui , mais par les siens propres , et qui mille fois , quoique environné d'une foule de personnes de qualité et de mérite , trouva comme une cour tout entière en M. Sarrasin , soit qu'il fallût délibérer, exécuter ou négocier en des affaires importantes et publiques, soit qu'il eût à se reposer sur quelqu'un de la conduite de sa maison et de ses affaires particulières, soit qu'il cherchât un entretien solide et savant, soit qu'il eût besoin de se délasser dans un entretien agréable. »

Sai-rasin devait bientôt reconnaître à quoi tient la faveur des

graDils... S'étant mêlé d'une affaire particulière à son noble patron , celui-ci s'oublia, dit-on, au point de le frapper avec des pincettes. Outré d'un tel affront, Sarrasin se retira à Pézénas, où, selon les uns, il mourut de chagrin , âgé d'environ cinquante ans.

Sa mort donna lieu à cette triste épigramme. Nous disons (risle dans toute l'acception du mot :

Derx charmants et fameux poêles, Disciples de Marol, Diicerceau, Sarrasin ,

Ont éternisé les pincettes, Le premier par ses vers, et l'autre par sa fin.

D'autres disent qu'il mourut empoisonné par un individu qui n'employait pas d'autre moyen pour se débarrasser des amants de sa femme. On peut croire à cette version , d'après la propension bien connue du poète pour les aventures galantes.

La date de la mort de Sarrasin peut être fixée , à quelques jours près , par le rapprochement de ces deux numéros de la Gazette de Loret.

Le premier, du 5 décembre 1654 , où on lit :

Sarrasin, cet aimable esprit Dont on voit maint sublime écrit, Est à Pézénas si malade , Qu'il n'use plus que de panade.

Le second , du 1 9 du même mois , où se trouve ce quatrain :

Enfin la rigoureuse parque A ravi cet homme de marque.

Ce monsieur Sarrasin Normand, Dont l'esprit était si charmant.

M. Péiisson , ami de Sarrasin et l'un des éditeurs de ses œuvres , passant à Pézénas , quatre ans après sa mort , se transporta sur sa tombe qu'il arrosa de ses larmes , et lui laissa cette épitaphe :

Pour écrire en style divers , Ce rare esprit surpassa tous les autres. Je n'en dis rien plus, car ses vers Lui font plus d'honneur que les nôtres.

4 LES iNORMANDS ILM'STUES.

Sarrasin lui [jcnéralemeiit rqjrelté; si le poëte avait des envieux, i"lionnne n'eut jamais d'ennemis. Du reste, il ne IVéquenlait guèi-e le monde , n'allait qu'aux mercredis de Me'nage et aux samedis de mademoiselle Scude'ry. Sa conversation e'tait pleine de charmes, parce qu'il posse'dait à fond ce secret que le xvn*^ siècle a emporte', faire du senliment avec son esprit.

Bien que d'une humeur e'gale et d'un esprit supérieur aux choses mesquines et aux susceptibilités d'un vain amour-propre. Sarrasin ne l)ut toutefois se défendre d'un sentiment de jalousie indigne de lui contre Benserade et Voiture. La cause en provenait de ce que Voiture était bien venu de M. le prince et des princesses et fréquentait l'hôtel de Rambouillet, et que Benserade , qui était bien auprès des filles de la reine, occupait toute la cour, tandis que lui, Sarrasin, arrivant à Paris en modeste équipage, était dans le même temps forcé, pour ainsi dire, de s'introduire chez de simples bourgeois. Sa jalousie venait encore de ce qu'étant chez M. de Chavigny, il était regardé i)ar celui-ci comme un domestique ou à peu près , ne s'asseyant pas à sa table, quand ^L de Voiture y mangeait chaque fois qu'il venait à l'hôtel et était traité en ami par le maître.

Mais qu'est cette légère tache auprès des brillantes et nombreuses (jualilés de notre poëte? Rien qu'un travers bien concevable dans un temps où la faveur des grands était recherchée par les beaux esprits avec une sorte d'avidité fiévreuse, au point qu'ils auraient compromis le soin de leur propre dignité pour l'insigne honneur de paraître à la dernière place dans un des carrosses de la cour.

Nous avons , en ce peu de lignes , dit tout ou à peu près tout ce qu'on peut dire de Sarrasin dans sa vie privée ; il nous reste maintenant à faire connaître le littéi'ateur.

Instruit à l'école de Voiture , Sarrasin se montra digne en tous jtoints de renqilacer, sinon de faire oublier son maître dans le genre que celui-ci avait créé , démentant ainsi la légende qu'il lui avait consacrée sur le Parnasse français ;

VETTURUiS NlLLl MGAKIM LAI Dli SECINDIS.

On retrouve dans Sarrasin cette galanterie fine , ce badinage ai

SARRASIN. n

niable , celte justesse d'esprit , celle pureté élégante dans le style qui ont fait de Voiture l'un des poètes les plus délicats et les plus oi'igiiiaux qui aient paru en France , et nous pourrions dire , pour parler le langage de ce tem|)S-là , que l'un fut au Parnasse l'héritier direct de l'autre.

Connne Voiture et plus souvent que lui , Sarrasin sut varier son style et l'approprier admirablement aux sujets les plus disparates. Toiu" à tour gracieux ou énergique , plaisant ou sévèi'e , c'est avec une grâce , une verve , une force égales, qu'il soupire l'idylle , qu'il acère l'épigramme , qu'il embouche la trompette héroïque. Que s'il s'est peut-être moins appliqué au genre sérieux qu'à tout autre { la part du siècle faite), ses odes sur la prise de Dunkerque et sur la bataille de Lens, l'églogue des amours d'Orphée, montrent assez qu'il en possédait la clef, et qu'il en maniait le caractère aussi bien qu'aucun poète de son temps.

Les œuvres de Sarrasin se composent de jnèces en prose et de poésies.

La prose comprend :

Une histoire du siège de Dunkerque , œuvre touchée de main de maître, sans recherche, sans prétention, sans boursouflure, où la sévère simplicité de l'historien se joiut aux grâces du littérateur.

L'histoire de la conspiralion de Walslein , où la beauté du travail le dispute à la richesse de la matière. Cet ouvrage a été interrompu par la mort de l'auteur ; mais les fragments qu'il en a laissés prouvent que s'il eût vécu, il se fût acquis toute la gloire d'un excellent histol'ien. Une connaissance générale des hommes et des choses, un esprit subtil et pénétrant , une imagination vive , féconde et judicieuse tout à la fois, président à la marche de cet épisode. Sarrasin ne raconte pas , il peint , ne s'écartant jamais de ce goût exquis qu'on dirait inné chez lui , de cette appréciation infaillible, de ce qui peut séduire ou déplaire , de ce qui peut ennuyer ou divertir. Voyez avec quelle vigueur il touche un portrait hisloi'ique : « Albert Walslein eut l'esprit grand et hardi , mais inquiet et ennemi du repos , le corps vigoureux et haut, le visage plus majestueux qu'agréable, il fut naturellement fort sobre , ne dormant quasi point , travaillant toujours ,

supportant aisément le froid et la faim , fuyant les de'lices et surmontant les inconniiodités de la goutte et de l'âge par la tempérance et par l'exercice , parlant |)eu , pensant ])eaucoup , écrivant lui-même toutes ses affaii-es , vaillant et judicieux à la guerre, admirable à lever et à faire subsister les armées , sévère à faire punir les soldats, prodigue à les récompenser, pourtant avec choix et dessein , toujours ferme dans le malheur, civil dans le besoin , d'ailleurs orgueilleux et fier, ambitieux sans mesure, envieux de la gloire d'autrui et jaloux de la sienne , implacable dans la haine , cruel dans la vengeance , prompt à la colère , ami de la magnificence, de l'ostentation et de la nouveauté , extravagant en apparence , mais ne faisant rien sans dessein , et ne manquant jamais de prétexte du bien public , quoiqu'il rapportât tout à l'accroissement de sa fortune , méprisant la religion qu'il faisait servira la politique, artificieux au possible, et principalement à paraître désintéressé ; au reste , très-curieux et très-clairvoyant dans les desseins des autres , très-avisé à conduire les siens , surtout adroit à les cacher, et d'autant plus impénétral)le , qu'il affectait en public la candeur et la liberté et blâmait en autrui la dissimulation dont il se servait en toutes choses.

« Cet homme ayant étudié soigneusement la conduite et les maximes de ceux qui, d'une condition privée, étaient arrivés à la souveraineté , n'eut jamais que des pensées vastes et des espérances trop élevées , méprisant ceux qui se contentaient de la médiocrité. En quelque état que la Ixtrtune l'eût mis , il songea toujours à s'accroître davantage. Enfin , étant venu à un tel point de grandeur qu'il n'y avait que les couronnes au-dessus de lui, il eut le courage de songer à usurper celle de Bohème sur l'empereur, et crut toutes ses actions honnêtes , outre le soin de se conserver, en les faisant pour régner. »

V Opinion du nom et du jeu des échecs, dissertation pleine de charmes, soit par la curiosité du sujet, soit par la manière galante dont il est traité , et qui montre que sous une plume habile le savoir et l'enjouement peuvent s'allier dans un même cadre.

Un Discours sur la tragédie . pour servir de préface à l'Amour tyrannique de Scudéry. Sarrasin , dans cet opuscule aussi agréable que savant . fait l'éloge de Scudéry, et acquiert lui-même un droit

iiicoiilesté aux sulïrages de tous les hommes de goût. M. Balzac, qui était déjà à l'apoge'e de sa gloire , conçut de l'auteur une telle estime à la première lecture de ce discours , qu'il s'empressa de lui offrir son amitié'.

Enfin la Vie de Pomponins Atticus , traduite de Cornélius Népos , et un dialogue intitulé : S'il faut qu'un jeune homme soit amoureux.

Les poésies de Sarrasin renferment un petit nombre d'odes, d'églogues , d'élégies , de stances , de sonnets , d'épigrammes , de vaudevilles , de chansons , de madrigaux et de lettres ; un poëme en quatre chants dont le titre est la Défaite des bouts-rimes (nous en parlerons plus bas); la Pompe funèbre de Voiture, chef-d'œuvre d'esprit, de galanterie, de délicatesse et d'invention, que la nouveauté du dessein et la variété des détails firent admirer des rivaux mêmes de l'auteur ; une Lettre écrite de Chantilly à madame de Montausier, et une satire latine sous le titre : Bellum parasiticum,.

Sari'asin prit part dans plusieurs querelles littéraires : pour Balsac contre le Père Goulu , dont il fit le testament , et pour Voiture contre Benserade. Il fut le plus spirituel des Antijobelins. Benserade venait de l^ire paraître son fameux sonnet de Job , que M. Esprit de l'Oratoire préférait au sonnet d'f7ramc, par Voiture. Sarrasin composa une glose où , avec une adresse infinie , il amène à la fin de chaque stance , du premier au dernier, les quatorze vers du sonnet qu'il critique.

C'est de ses vers , dit M. Pélisson dans son beau discours sur les œuvres de Sarrasin , que ce littérateur a tiré sa plus grande réputation dans le monde , et ce n'est pas sans raison. Car, soit qu'on parle de la poésie galante et enjouée , à laquelle il s'est principalement livré , soit qu'on l'examine dans la poésie sérieuse qu'il ne laissait pas d'aimer passionnément , on ne peut sans injustice refuser à Sarrasin un des premiers rangs parmi les poètes de son siècle. Qui ne se laisserait toucher aux chai'mes de sa souris , de ses stances à M. le duc d'Anguien , de sa délicieuse prosopopée de la rivière de Seine, de son Épitre à M. le comte de Frisque. Quoi de plus frais, de plus tendre, de plus naïvement mélancolique que ces stances que nous n'hésitons pas à regarder comme un modèle du genre :

8 LES NORMAINDS ILLUSTRES.

Voici les lieux charmanls où l'Amour oouroniia Par les mains de Pliilis le bienheureux Cyrène; Mais l'aimable Pliilis qui les abandonna A rendu ces beaux lieux les témoins de sa peine.

Ces bois et ces jardins , et ces prés et ces eaux , Et ces plaisants vallons, et ces noirs précipices, Seuls confidents des pleurs qu'il verse à grands ruisseaux , L'ont été mille fois de ses chastes délices.

Le soleil mille fois l'a vu dès le malin , Tantôt avec Philis dansant sous la fougère, Tantôt se reposant sur des fleurs de jasmin , Dont la blancheur cédait au teint de sa bergère.

Sur ces lits parfumés mille fois les zéphirs , Trouvant près du pasteur son amante ravie , Ont porté jusqu'au ciel leurs amoureux soupirs, Et mille fois les dieux en ont eu de l'envie.

Cyrène maintenant accablé de souci ,

Voyant tous ces beaux lieux touchés de sa misère ,

Leur dit en soupirant : « Philis n'est plus ici ,

Et sans elle , beaux lieux, vous ne me sauriez plaire »

Les pasteurs d'alentour, Pan , le dieu des pasteurs , Bacchus , et les Sylvains , et Pomone , et Zéphire , Vénus et les amours, Pliœbus et les neuf sœurs. Accourent étonnés d'un si cruel martyre.

«Quel est ce noir chagrin qui l'ôte le repos?» Demande avec douleur la troupe désolée; Et le triste berger, étouffé de sanglots , Leur répond seulement : «Philis s'en est allée.»

L'ode sur la bataille de Lens est pleine d'un bout à l'autre d'élans sublimes , d'inspirations héroïques et de saisissantes descriptions. Citons quelques strophes :

Déjà l'une et l'autre armée S'attaquent avec fureur.

La poussière et la fumée Forment la nuit et l'horreur.

Les escadrons s'entre percent , Les bataillons se traversent, La mort court de rang en rang En cent hideuses manières, El les prochaines rivières Roulent des ondes de sang.

Il monte un cheval superbe Qui, furieux aux combats, A peine fait courber l'herbe Sous la trace de ses pas ; Son regard semble farouche.

L'écume sort de sa bouche ; Prêt au moindre mouvement.

Il frappe du pied la terre. Et semble appeler la guerre Par un fier hennissement.

Les secousses de la terre Qui font crouler les rochers , L'horrible feu du tonnerre Qui renverse les clochers.

Le bruit et la violence Du noir torrent qui s'élance Et submerge , débordé , Les troupeaux et les villages, Ne sont que faibles images De la force de Condé.

C'est assez, Vesper s'avance.

Il faut quitter nos chansons.

Le vent qui rompt le silence iWurmure dans ces buissons.

Le soleil tombe sous l'onde , La nuit va couvrir le monde ; Et sur la terre et les flots , Le sommeil ouvrant ses ailes, Ëpand les moissons nouvelles De ses humides pavots.

Dans ses poésies amoureuses et galantes , Sarrasin ne s'est pas contenté (l'imiter les anciens dans ce qu'ils ont de plus gracieux, il y a joint une délicatesse ingénieuse dont Voiture et lui peuvent être en (juelque sorte considérés comme les inventeurs. Il a fait plus que Voiture , qui n'a pas fait le sonnet d'Eve.

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