L.a cantate, l'ode-symptaonie et l'oratorio
La cantate est une composition lyrique, une espèce d'ode dans le genre héroïque ou gracieux, faite pour être mise en musique. Elle se compose de deux parties alternantes : le récit ou récitatif, et l'air ou le chant ; de là deux sortes de musique, et aussi deux sortes de poésie.
Les récits sont de mesure inégale, c'est-à-dire en vers alexandrins mêlés d'autres vers ; les airs sont en strophes, et admettent des vers de toute mesure; cependant ceux de douze syllabes doivent y être évités, parce que peu favorables à revêtir une musique animée et vive.
La cantate comprend, en général, trois parties (1), formant en quelque sorte trois actes : la Ire fait l'exposition du sujet ; dans la 2me, on développe la scène principale ; la 3me, réservée à la conclusion, unit les réflexions morales à des traits de sentiment. Cette succession de scènes dramatiques se distingue du drame en ce qu'on n'y met point d'action ni d'intrigue. Les premières cantates furent composées pour une seule voix ; dans la suite, on arriva à les faire pour plusieurs voix, avec chœurs et orchestre.
Ex. : V Ariane à Naxos, de Haydn ; VArmide, de Beethoven ; la Primavera, de Chérubini, et la Sapho, de Paër.
La cantate est née, au XVIII^ siècle, en Italie, où elle contribua à la gloire de musiciens célèbres, comme Carissimi, Stradella, Pergolèse, Porpora, sans toutefois illustrer en proportion les poètes auteurs des paroles, sauf Métastase (1703-1772), l'étonnant librettiste d'opéras. J.-B. Rousseau la transporta en France ; il y déploya un talent particulier de mise en scène et surtout de versification habile : Circé, l'Arbrisseau, V Hiver, Bacchus. LeBrun dit,
(1) C'est-à-dire trois récits, introduisant à trois airs. A l'origine, elle ne se composa que d'un récitatif, suivi d'un air.
en parlant de cette dernière : " Jamais, ni chez les anciens ni chea les modernes, il ne s'est fait d'ode plus belle à ce dieu. Toute la mythologie du vin est là, tout son pouvoir, toutes ses vertus sont chantées j les dieux boivent à pleine coupe l'immortalité, et le poète semble boire avec eux." Ce chef-d'œuvre tant glorifié n'est guère que du fatras mythologique. Pour illustrer la facture de la cantate, nous préférons le poème suivant :