‹ Poétique et rhétoriqueChapitre 42 sur 92 · LA POÉSIE PASTORALE · texte numérisé non relu

LA POÉSIE PASTORALE

1. Définition, formes classiques et caractères du genre pastoral. — 2. Règ;les et qualités : simplicité, élégance ; but moral.— 3. Origines du genre.

1. I>éfinition, formes classiques et caractères de la poésie pastorale. — La poésie loastorale ou bucolique est celle qui peint, avec les beautés de la nature, les mœurs et la vie des champs et qui, pour cela, met en scène des paysans de tout métier, laboureur.?, bergers et bergères, bouviers, chevriers et pêcheurs.

On distingue, dans la poésie pastorale, Véglogue (pièce choisie) et l'idylle (petit tableau).

Uéglogue est ordinairement dialoguée ; elle a la forme d'un petit drame, avec son action propre et ses acteurs. Uidylle est un tableau champêtre où dominent l'image et le sentiment. D'ailleurs, on ne tient guère compte de cette distinction, et les deux mots se prennent souvent l'un pour l'autre. On donne encore aux poèmes du genre pastoral, à l'exemple de Virgile, le nom de bucoliques (chants de bouviers).

La pastorale, sous ces formes diverses, nous place parmi les clairs ruisseaux, les vertes collines, les frais ombrages, et dans ce milieu elle introduit des hommes simples et naïfs, qu'animent les sentiments de la vie champêtre, le sentiment de l'amour plus particulièrement.

De riants paysages, des collines boisées, des vallons délicieux où des ruisseaux limpides courent entre deux rideaux d'arbres et vont se perdre à la mer qu'on aperçoit bleue dans le lointain; des troupeaux errants dans les prés fleuris : agneaux folâtres, chèvres agiles grimpant aux rochers, suivis des chiens fidèles, sentinelles attentives et vigilantes ; au milieu de ce décor agreste et charmant, des bergères sans doute plus gentilles que nature, des bergers de convention, mieux bâtis, moins rudes, moins frustes, moins simplices que les vrais pasteurs de troupeaux, mais d'autant plus aimables et poétiques : voilà la poésie pastorale antique, celle de Théocrite et de Virgile. Telles sont encore les Bergeries dramatiques de Eacan, de Segrais et de ilorian, qui, en France enchantèrent " la cour et la ville, " pendant le XVIP et le XVIIP siècle.

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