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Importance de la prenTe dans le discours

Le premier devoir de l'orateur est de prouver ce qu'il veut faire accepter par ses juges. La preuve est cette partie de l'éloquence qui s'adresse à la raison : elle doit faire voir, paï

une suite de propositions rigoureusement enchaînées, le point de départ étant accepté, que le discours conduit au but par une voie légitime. La preuve n'est pas l'éloquence même, mais elle en est la base.

" La dialectique, dit Marmontel, est, si j'ose le dire, le squelette de l'éloquence, et c'est avec ce mécanisme, ces articulations, ces leviers, ces ressorts, qu'il faut d'abord qu'un esprit jeune et vigoureux se familiarise."

Le but de la preuve est de faire paraître l'évidence : lorsqu'elle y parvient elle est irrésistible ; car l'homme est ainsi fait, que la lumière de la vérité le contraint, lors même qu'elle ne l'entraîne pas. Il n'y a rien de plus invincible qu'un fait ou une conséquence légitime. On peut être hostile à la vertu, insensible à la passion ; on n'est aveugle à la vérité que lorsqu'on ferme les yeux. L'orateur retranché dans la preuve est toujours maître du terrain, tandis qu'il peut se trouver dépourvu quelquefois du côté des mœurs et des passions.

Ainsi, quoique la raison ne caractérise pas l'éloquence, elle en est le nerf et la substance. D'ailleurs, toute persuasion doit être fondée sur la conviction : c'est à Tentendement qu'il faut d'abord s'adresser, si l'on veut faire sur le cœur une impression durable.

Il est donc important de bien connaître la nature de la preuve et les sources d'où on peut la tirer.

3. L<es sources de la preuve; lieux oratoir^^M topiques. — Les preuves doivent être tirées des enOT^Ps mêmes du sujet, et ce n'est que par une étude approfondie de la cause qu'il doit traiter que l'orateur peut trouver les moyens de conviction. Mais comme les preuves ou les faits peuvent être de nature différentes, les rhéteurs, et en tête Aristote, Cic^ion et Quintilien, pour diriger et rendre plus facile le travail de l'orateur, ont énuméré sous le titre de lieux communs, de lieux oratoires ou de topiques, les sources où la dialectique peut puiser ses arguments.

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Les lieux oratoires sont donc les àources d'où l'on peut -^*tT^ tirer des preuves pour tous les discours ; de là, l'épithète de "Lî iL communs, dont l'acception ici n'a aucun rapport avec le ^ | *" terme de banalité. Ce sont des répertoires (1) où doivent '^^\ se trouver, non pas tous les arguments, mais le principe de tous les arguments possibles. — On les divise en deux classes : les uns se rapportent au sujet même, et les autres sont en' dehors du sujet; les uns relèvent de la raison, et les autres de l'autorité. Les premiers sont intrinsèques, et les autres, ^ extrinsèques.

4. Des liens intrinsèqnes ; diTigioii. — Les lieux intrinsèques peuvent se rameneiu,à trois principaux dont chacun se divise en trois espèces :(VJLsl définition, à laquelle A^^ttachent l'énumé ration desparties, le genre et l'espèce; {2yijQ. comparaison, qui comprend aussi-k^ contraires, ainsi que les choses qui répugnent entre elles^^SyLes circonstances, dont dépendent les antécédents et les conséquents, la cause et les effets. En tout, neuf lieux intrinsèques.

' 5. lia définition, l'énnmêration des parties, le genre et l'espèce. — ^1*^ La définition consiste à tirer un argument de la nature même de la chose ; elle peut, lorsque les termes en sont bien choisis, servir à prouver qu'une chose est bonne ou mauvaise, (2)

La définition oratoire peut être à la fois logique, analytique, étymologique. L'étymologie est généralement le point où elle commence; car l'origine, la filiation, le sens premier d'un mot, font connaître les éléments essentiels de la chose qu'il désigne. — Un des moyens de la développer consiste à procéder par négation et affirmation, en disant d'abord ce'' qu'une chose n'est pas, avant d'exprimer ce qu'elle est en*. réalité. Fléchier définit ainsi la valeur militaire :

N'entendez pas par ce mot, Messieurs, une hardiesse vaine, indis crête, emportée, qui cherche le danger pour le danger même

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iroitj^ 4 ^

(1) LMr< (Z'écWre, pp. 223-237. Nous les avons considérés, à cet cadroitj comme moyens de développement

(2) L^Art décrire, VV^-m-^j^^j^ xJtuJJUj^ JUr^Ji^^-^ r^^

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