MŒURS ORATOIRES
positions ; considérer leur rang social, leur condition, leurs habitudes, leur âge, et se rappeler à ce sujet les précieuses leçons d'Aristote, d'Horace et de Boileau. Il lui faut posséder ou acquéiir " la psychologie des foules "
Mirabeau veut faire voter la contribution du quart ; il porte le dernier coup aux volontés hésitantes, par l'argument de l'intérêt personnel si puissant sur des riches.
Contemplateurs stoïques des maux incalculables que la catastrophe d'une banqueroute vomira sur la France, impassibles égoïstes, qui pensez que ces convulsions du désespoir et de la misère passeront comme tant d'autres, et d'autant plus rapidement qu'elles seront plus violentes, êtes-vous bien sûrs que tant d'hommes sans pain vous laisseront tranquillement savourer les mets dont vous n'avez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse ?... Non, vous périrez, et dans la conflagration universelle que vous ne frémissez pas d'allumer, la perte de votre honneur ne sauvera pas une seule de vos détestables jouissances.
(Disc, sur la contribut. du quart.)
Napoléon l^"" dans ses proclamations flattait habilement la fierté militaire àe ses compagnons d'armes. Avant la bataille de la Moscowa, il s'écriait :
Voici la bataille que vous avez tant désirée I Désormais la victoire dépend de vous, elle vous est nécessaire. Elle vous donnera l'abondance, de bons quartiers d'hiver, un prompt retour dans la patrie. Conduisez-vous comme à Austerlitz, à Friedland, à Witepsk et à Smolensk, et que la postérité la plus reculée cite avec orgueil ce que vous aurez fait dans cette journée. Que l'on dise de vous : Il était à cette grande bataille sous les murs de Moscou 1