‹ Poétique et rhétoriqueChapitre 57 sur 92 · LE PETIT NOMBRE DES ÉLUS · texte numérisé non relu

LE PETIT NOMBRE DES ÉLUS

Je ne parle plus du reste des hommes ; je vous regarde comme si vous étiez seuls sur la terre, et voici la pensée qui m'occupe et qui m'épouvante. Je suppose que c'est ici votre dernière heure et la fin de l'univers ; que les cieux vont s'ouvrir sur vos têtes, Jésus- Christ paraître dans sa gloire au milieu de ce temple, et que vous n'y êtes assemblés que pour l'attendre, et comme des criminels tremblants à qui l'on va prononcer ou une sentence de grâce, ou un arrêt de mort éternelle... Or, je vous le demande, et je vous le demande avec terreur, ne séparant pas en ce point mon sort du vôtre, et me mettant dans la même disposition où je souhaite que vous entriez : si Jésus-Christ paraissait dans ce temple, au milieu de cette assemblée, la plus auguste de l'univers, pour nous juger, pour faire le terrible discernement des boucs et des brebis, croyezvous que le plus grand nombre de tout ce que nous sommes ici fût placé à la droite ? croyez-vous du moins que les choses fussent égales ? croyez-vous qu'il s'y trouvât seulement dix justes, que le

(1) Hypotypose"; VArt d'écrire, pp. 39,-56 et 140.

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