Trol^sortes d'exordes ; qualités et défauts
Le caractère de l'exorde dépend de l'état des esprits dans l'auditoire, de la nature du sujet et du caractère même de l'orateur.
1° JJexorde-début est celui dans lequel l'orateur met simplement son auditoire au courant de la question, ou bien expose les principes généraux sur lesquels repose la doctrine qui ressortira de son discours.
On peut citer, comme modèle, l'exorde de Guénard (1) dans son Discours sur l'Esprit philosophique :
Les siècles, de même que les hommes, ont un caractère qui les distingue. On se pique aujourd'hui de philosophie : voilà le goût dominant, et j'oserais dire la passion générale de notre siècle. Le sujet qu'on propose, intéressant par sa nature, devient donc par les circonstances plus intéressant encore ; et ce discours serait d'une utilité véritable si, dans un peuple d'esprits qui veulent être philosophes, il pouvait convaincre les uns qu'ils ne le seront jamais, et montrer aux autres comment ils le doivent être: deux connaissances aussi rares que nécessaires. Sans espérance de procurer un si grand avantage, essayons cependant de traiter la question relativement à ce double objet.
Le ton de l'exorde est habituellement sixtipU et tempéré, pour être en rapport avec la disposition des esprits qu'aucune
(1) Le P. Ant. Guénard, jésuite (1726-1806).