‹ Poétique et rhétoriqueChapitre 66 sur 92 · PROPOSITION ET DIVISION · texte numérisé non relu

PROPOSITION ET DIVISION

est de lui-même et de tout ce qui est hors de lui. C'est la religion qui seule le guide et le soutient au milieu des ténèbres qui l'environnent.

2" membre: Peinture de la dépravation de la raison humaine, relativement à Dieu et à la morale. C'est la religion qui la guérit en redressant ses erreurs.

3*^ membre : Peinture des variations infinies de la raison humaine et de l'incroyable mobilité de ses opinions. C'est la religion qui la fixe, en lui donnant une règle infaillible, invariable, indépendante des lieux, des temps, des hommes, etc.

Conclusion de la 3^ partie : Donc la religion chrétienne est nécessaire.

" Développer une idée, dit Taine, c'est la prouver par des idées secondaires, celles-ci par d'autres, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le raisonnement soit partout invincible, jusqu'à ce que les objections soient prévenues, les arguments épuisés, la clarté entière, et la croyance surabondante ; c'est pour la raison un plaisir pur et extrême que d'embrasser cette multitude d'idées, de passer si aisément de l'une à l'autre, de sentir leur enchaînement, d'éprouver qu'elles sont toutes solides par elles-mêmes et affermies les unes par les autres, d'appuyer sur elles sans qu'elles enfoncent ni fléchissent, de comprendre que toutes ensemble elles forment un édifice destiné à porter une seule proposition."

^ 4. Qualités de la dtTision ; doit-elle être annoncée^—^rTaïït7~dit~Piatôn7'Tëgarder comme un dieu celui qui sait bien définir et bien diviser. " La division doit être entière^j)pposée, progressive et naturelle. Telle est la division qui se trouve toute faite dans la proposition même du sujet, qui éclaircit et range les matières, qui se retient aisément et qui aide à retenir tout le reste, enfin, qui fait voir la valeur du sujet et de ses parties.

Jésus-Christ sera grand, parce qu'il sera le Saint et le Fils de Dieu, parce qu'il sauvera son peuple, parce que son règne ne finira plus. Tels sont les caractères de sa grandeur: une grandeur de sainteté, une grandeur de miséricorde, une grandeur de perpétuité et de durée.

(Massillon, Sermon, pour le jour de V Incarnation.)

La mort du Sauveur renferme trois consommations, qui vont nous expliquer tout le mystère de ce grand sacrifice : une consommation de justice du côté de son Père ; une consommation de malice de la part des hommes ; une consommation d'amour de la part de Jésua- Christ. Ces trois vérités partageront ce discours.

(Massillon, Sur la Passion.'^

Fénelon, dans ses Dialogues sur l'Eloquence, a signalé l'inconvénient grave de trop montrer d'avance l'ordre du discours, de faire, pour ainsi dire, miroiter les diverses faces d'un sujet, en exécutant ce qu'il appelle des tours de passepasse. Il ajoute que la liaison naturelle des parties soutiendrait mieux l'attention jusqu'au bout, si elle était moins aperçue. Nous laissons aux maîtres le soin de discuter cette opinion.

ARTICLE m

Narration, confirmation, réfutation et péroraison.

1. La narration ; sa place dans le discours et ses qualités ; les portraits. —

3. La confirmation : objet et importance. — 3. Développement de la confirmation : choix, coordination, amplification et liaison des preuves. —

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