li'action oratoire : la voix et le geste ; la déela
mation. — L'action était, selon les anciens, la quatrième partie de la rhétorique, et, d'après Démosthène, la première et la dernière en importance. L'action oratoire est comme l'éloquence du corps, dont les mouvements et l'expression doivent être en harmonie avec les idées et les sentiments de l'orateur.
Elle comprend deux parties : la prononciation ou la voix, et le geste. (1)
Considérée comme le débit paisible et à froid d'une œuvre composée d'avance, l'action s'appelle la déclamation^ proprement l'art de lire et de réciter. Pour savoir déclamer, il ne suffit pas de combattre les défauts naturels, et de se borner aux conditions essentielles ; c'est un don naturel qui, aussi lui, à ses règles. Dans ce champ il n'y a rien à faire si la nature n'a rien fait. Le principal consiste dans les inflexions de la voix qui s'élève ou s'abaisse, se ralentit ou se précipite de manière à exprimer toutes les passions et à parler au cœur. Le geste aussi sera pathétique, expressif, correspondant à toutes les nuances du discours.
Un poète a peint spirituellement certains travers assez communs au point de vue de l'action oratoire.
Surtout n'imitez pas cet homme ridicule, Dont le bras nonchalant fait toujours le pendule. Au travers de vos doigts ne vous faites point voir, Et ne nous prêchez pas comme on parle au parloir. Chez les nouveaux acteurs, c'est un geste à la mode Que de nager au bout de chaque période. Chez d'autres, apprentis, l'on passe pour galant Lorsqu'on écrit en l'air et qu'on peint en parlant. L'un semble d'une main encenser l'assemblée, L'autre à ses doigts crochus paraît avoir l'onglée ; Celui ci prend plaisir à montrer ses bras nus, Celui-là fait semblant de compter ses écus. Ici le bras manchot jamais ne se déploie ; Là les doigts écartés font une patte d'oie, Souvent, charmé du sens dont mes discours sont pleins, Je m'applaudis moi-même et fait claquer mes mains.
(1) Nous renvoyons de nouveau aux manuels conseillés dans VArt d'' écrire, p. 15.