ROMAN
3. £.e roman moderne et »e» espèces. — Le roman est l'épopée môd&rne ; c^st le récit poétique, en prose, d'une action totalement ou partiellement imaginaire. " Tous les romans, dit M. J. Lemaître, se ramènent à un petit nombre de drames typiques, et ces éternelles histoires ne se peuvent guère renouveler que par l'invention des personnages, par rétude des mœurs ou par la forme."
Les innombrables productions de ce genre se classent de diverses manières suivant le point de vue auquel on les considère. On distingue : l'' D'après la forme : le roman narratif (P. Loti, Pêcheur d'Islande), le roman-journal (0. Feuillet, Le rom. d'un jeune homme pauvre ; E. Bazin, Une tache d'encre)^ et le roman épistolaire (L. Veuillot, Corbin et d'Aubeœurt).
2" D'après l'école littéraire dont l'écrivain applique les principes : le roman idéaliste, romantique, réaliste, naturaliste, symboliste, etc.
3" D'après le but particulier de l'auteur : (a) le roman historique, où l'auteur s'efforce à retracer le tableau de la civilisation et des mœurs d'une époque quelconque, soit ancienne, soit moderne ; (b) le roman psychologique, qui a pour objet de peindre le cœur humain, d'analyser ses impressions, ses mouvements, ses actes dans un ensemble de situations dramatiques (Bazin, La Terre qui meurt) ; (c) le roman à thèse, dans lequel l'action est de nature à faire accepter tel ou tel principe de conduite dans la pratique ; principe généralement faux, énoncé à grand fracas dans la préface (1) ; (d) le roman scientifique, genre créé par J. Verne, et dont on ne peut dire que du bien ; (e) enfin, le roman d'aventures, tissu d'incidents, d'intrigues, de complications de toute espèce, destiné à piquer le plus possible la curiosité ; Paul Féval y a exceUé.
4, Nonvelle, conte. — L'une et l'autre se rattachent au roman. La nouvelle est une composition littéraire d'une
(1) Il y a de bons romans à thèse, nous ne le contestons pas ; mais nous laissons aux maîtres le soin de les faire connaître.
moindre étendue que le roman, et dont le fond peut être historique ou imaginé à plaisir.
Le nom de nouvelle, novella, remonte aux premiers trouvères provençaux. Ce genre a été très florissant depuis le XIIP au XVI® siècle.
De nos jours, la nouvelle est une des formes les plus ordinaires du roman : Tôpffer, Nouv. genevoises, X. deMaistre, Mérimée, L. Veuillot, Ed. Ourliac, Pontmartin, Contes et Nouvelles, etc.
La nouvelle est une miniature du roman, le conte est le diminutif de la nouvelle. C'est un récit de quelques pages, vif et animé, d'aventures comiques ou merveilleuses. On distingue les contes badins qui tournent ordinairement à la satire ; le conte merveilleux (les Mille et une È'uits, les Contes de Perreault) ; les contes fantastiques (Hoffmann, Poe, Ernest Hello, Erkmann-Chatrian) ; le conte philosophique, et les contes d'éducation (Mme de Ségur, Schmidt).
Les Contes de Daudet vivront aussi longtemps que les Fables de la Fontaine.
ARTICLE IV
La critique littéraire.
1. Définition. — 2. Critique générale et particulière ; ancienne et moderne. — 3. Qualités et vertus requises dans un bon critique.
1. Définition. — Le mot de critique dans son sens général et d'après Pétymologie (krinô, juger), signifie examen, jugement. Marmontel définit la Critique : " Un examen éclairé et un jugement équitable des productions humaines."
Dans ce sens indéfiniment étendu, il faudrait considérer la critique dans les sciences, dans l'histoire, dans tous les arts et jusque dans les productions de l'industrie, sans compter les actes de la vie, la conduite des affaires publiques, les institutions sociales, les principes philosophiques et les croyances religieuses. Car il n'est rien qui ne tombe sous notre faculté déjuger et qui puisse échapper à cet universel besoin de rendre compte, propre aux civilisations avancées, (Vapereau.)