‹ Poils et ongles, leurs organes producteursChapitre 5 sur 27 · ARTICLE PREMIER. — ANATOMIE DESCRIPTIVE DES POILS · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER. — ANATOMIE DESCRIPTIVE DES POILS

§ 1. — Caractères généraux.

Les poils, sont des productions épithéliales filiformes, à tranche circulaire ou elliptique, répandues en plus ou moins grand nombre à la surface de la peau.

Tout poil présente une partie libre, la tige, et une partie cachée, la racine; celle-ci, logée dans une cavité spéciale du derme {follicule), coiffe par sa base élargie et creusée en cupule (bouton du poil) une saillie molle et vasculaire du fond du follicule {bulbe), qui remplit à l'égard du poil le rôle d'organe producteur.

A. Le système pileux, chez l'homme, paraît se concentrer en certaines régions, tels que le crâne, la face, le pourtour des organes génitaux , le creux de l'aisselle, la poitrine, où ils prennent des caractères et des noms parti-

culiers. Les seules régions qui soient dépourvues de poils sont : la paume des mains, la plante des pieds, la face dorsale des dernières phalanges aux doigts et aux orteils, la paupière supérieure, les lèvres, le gland, la face interne du prépuce. Sauf ces exceptions, toutes les parties du corps sont couvertes de poils, et dans les points mêmes où on ne soupçonnerait pas leur présence on peut constater, à l'aide de la loupe, des poils d'une finesse extrême constituant le duvet ou lanugo. Le système pileux chez l'homme est donc, comme le dit M. Sappey (1), plutôt inégalement développé qu'inégalement réparti, et si l'on considère que les poils sexuels, qui n'apparaissent qu'à la puberté, existaient déjà avant cette époque sous la forme rudimentairedes poils de duvet, on peut dire, avec le même auteur, que le nombre total des poils qui végètent à la surface du corps est à peu près le même aux divers âges, dans les deux sexes, chez tous les individus, et probablement aussi dans toutes les races humaines. Mais le nombre de ceux qui passent de la pre-mière à la deuxième période de Surdéveloppement, c'est-àdire à l'état de poils proprement dits, est très variable. Quel que soit son développement, le système pileux est toujours moins abondant chez l'homme que chez les animaux; de plus, à rencontre des animaux, l'homme est plus velu sur le ventre que sur le dos.

Le système pileux présente d'ailleurs, sous le rapport du développement, de très grandes inégalités, soit parmi les individus, soit parmi les races. Sous ce rapport, les Aïnos, les Australiens, les Tasmaniens, les Todas des Nelghiris sont les plus remarc|uables. Les premiers surtout sont recouverts d"une véritable toison qui cache la peau devant la

(1) Traité d'analomie descriptive. Paris, 1877.

poitrine, derrière les épaules et sur les membres. On cite également les anciens Assyriens.

Le système pileux est rare chez les nègres d'Afrique et dans les races mongoles et américaines (Topinard). Mais de Quatrefages fait remarquer que la pratique de l'épilation a dû exagérer ce caractère, et il cite Eckewelder qui nous représente les Peaux-Rouges occupés à s'arracher les moindres villosités avec de petites pinces fabriquées pour cet usage.

B . Le nombre des poils implantés sur l'unité de surface varie dans des limites très étendues suivant la région. Withofï a trouvé les chiffres suivants :

Au synciput 293 par 1/4 de pouce carré.

Au menton 39 —

Au pubis • . . 34 —

A l'avant-bras 23 - —

Au dos de la main 19 —

A la face antér''*' de la cuisse. 13 —

Le nombre des poils paraît augmenter à mesure que leur diamètre diminue (Vaillant) (1).

La couhïur influe aussi sur la richesse du système pileux; inais des recherches précises ayant été faites sur les cheveux, nous en parlerons plus loin.

C. Eschricht (2) et Voigt (3) ont étudié le mode d'implantation des poils. Ces filaments sont isolés ou réunis par groupes de 2 à 5, disposition habituelle chez le fœtus, assez

(1) Essai sur le système pileux. Thèse de Paris, 1861.

(2) In MuUer's Archiv., 1837.

(3) Ueber die Richturig der Haare am Menschlichen. Korper, 1856.

fréquent chez l'adulte, pour les poils follets et les cheveux (Kôlliker). Chacun possède son follicule, excepté au moment de la puberté, oii l'on voit deux poils dans le même follicule aux organes génitaux et au visage (Wertheim). Kôlliker, Robin et Wertheim ont vu un grand nombre de poils sortir du même follicule ; toutefois, on peut se demander, avec le premier de ces auteurs, s'il s'agit bien d'un follicule normal.

Quels que soient les rapports qui existent entre les poils et les follicules, toujours est-il-que ces organes sont disséminés avec régularité sur le tégument. Ils sont implantés suivant des lignes courbes, formant dans leur ensemble des courants convergents ou divergents. Beauniset Bouchard ont donné des figures de ces courants dans leurs éléments d'anatomie descriptive. (1). Les ch'oer^ejifs partent de points centrauxou tourbillons, dont les principaux sont situés au sommet delatête, à l'angle interne de l'œil, à l'entrée du conduit auditif externe, dans le creux de l'aisselle, au pli de l'aine, sur le dos du pied. Les courants convergents^ dont les poils ont la pointe tournée vers Je centre des tourbillons, partent de la face inférieure de l'angle de la mâchoire, du sommet de l'olécràne, du dos du nez, de la racine du pénis, de l'ombilic, du coccyx. Lorsqu'un tourbillon divergent rencontre un tourbillon convergent, les poils se redressent réciprocjuement, il en résulte une ligne nodale, et lorsque quatre tourbillons sont tangentiels, les poils se redressent suivant les diamètres perpendiculaires des tourbillons et simulent une croix. La ligne nodale la plus importante se dirige verticalementdutourbillon axillaire autourbilloninguinal. Quant aux croix, on en voit plusieurs sur la ligne médiane

0) 3e édition, p. 942. Paris, 1880.

etlaportion latérale du tronc, au nez, au sternum, à l'hypogastre, à la nuque, aux lombes, et sur les membres. Quelques personnes à sourcils abondants présentent une belle croix sur la racine du nez, mais chez beaucoup de sujets, les lignes nodales et les croix sont peu évidentes. Pour bien se convaincre de la réalité de l'implantation systématique des poils, il faut examiner le pelage d'un animal. Sur le chien et le cheval, on trouve toujours au front, en avant des épaules, aux flancs, etc., un rebroussement des poils plus ou moins compliqué.

-D. Les poils présentent de très grandes variétés décoloration, qui, d'après la remarque de Sappey, Broca, Pruner- Bey, sont en harmonie avec celles de la peau et de l'iris. Ainsi, comme le dit Topinard, les sujets à peau blanche à reflet incarnat rosé, supportant mal le soleil, ont d'ordinaire les 3^eux et les poils de teinte claire, tandis que ceux à peau blanche, brunissant aisément au soleil, ou de coloration jaune, rouge et noire ont au contraire les yeux et les poils foncés.

Les trois colorations principales sont : le blanc, le noir et le rouge-feu; ce sont au moins les teintes fondamentales indiquées par la plupart des auteurs.

En précisant un peu plus, on peut dire avec Topinard : Les colorations observées sur les cheveux s'échelonnent ainsi : hlanc de lin se rapprochant des cheveux blancs des albinos, blo7id proprement dit, jaune doré, roux, châtain, brun et noir plus ou moins foncé allant jusqu'au Jais. Mais ces couleurs fondamentales donnent lieu par leur association à des nuances très nombreuses et très variées, liées par des transitions tellement ménagées, que la détermination en est souvent très difficile pour le voyageur qui s'at-

tache à décrire tous les traits des races qu'il observe ou le médecin légiste dans certaines questions d'identité.

La tâche de l'un et de l'autre est devenue plus facile depuis que P. Broca, par le choix d'échantillons d'origines très diverses a établi une gamme de coloration des cheveux qu'on peut voir dans le musée de l'Institut anthropologique de Pans. D'après cette gamme, P. Broca a pu former un tableau chromatique numéroté permettant de distinguer facilement les types caractéristiques. Ce tableau renferme 54 nuancess'appliquantaux cheveuxetàlapeau ; les20 premiers numéros concernent également l'iris. Les 20 premières nuances sontdisposées en séries régulières, à savoir : 1-5, nuances brunes; 6-10, nuances vertes; 11-15, nuances bleues; 16-20, nuances grises. Le reste du tableau est disposé autrement ; la multiplicité et la proximité des nuances fondamentales qui relèvent de deux couleurs seulement, jaune et rouge, et de leur mélange en proportions convenables, rendant impossible cette classification, on s'est borné à confronter, sur l'un des côtés du tableau, les teintes les plus sombres, afin de rendre la comparaison plus facile. On a cherché à faire suivre les autres dans un certain ordre, mais cet ordre n'a pu être régulier; il a fallu plus d'une fois rendre les séries naturelles. Le n° 48 représente le noir absolu. (Brocaj (1.) Depuis, on n'a conservé que 33 nuances numérotées qui servent pour la peau et les poils.

La dicroïcité des poils ajoute encore à la difficulté d'apprécier exactement leur couleur. A la lumière réfractée, les poils noirs paraissent brun acajou ; les châtains, acajou clair ; les rouges, jaune clair orangé ; les blancs, transpa-

(Ij Broca. Bull, de ta Société d'anthropologie, séance du i février

rents, avec un léger reflet jaunâtre (Joannet) (1). A la lumière directe, les reflets varient avec l'intensité et l'incidence des rayons lumineux. Enfin, il est de connaissance vulgaire que les poils se foncent par l'usage des corps gras.

La loi de toutes ces variations échappe à peu près complètement ; on a pu saisir, il est vrai, entre les colorations et certains attributs une relation assez régulièrement constante. Par exemple : il semble prouvé que les races blondes sont douées de plus de fécondité que les brunes, et la statistique parait démontrer"' que là oîi les Français sont grands, ils sont blonds, et que là où ils sont petits, ils sont bruns. D'un autre côté, la fréquence de la coloration blonde chez les sujets atteints de carie dentaire (Magitot), chez les individus scrofuleux et lymphatiques, semble afî'ermir l'opinion de Bicliat, qui considérait la couleur des poils comme un caractère des tempéraments.

Cependant il faut rabattre un peu de l'engoué r ent des nosologistes du commencement de ce siècle. Si Marcd'Espine et Brierre de Boismont ont reconnu cjue la femme brune est menstruée plus tôt que la blonde, les mêmes auteurs ont vu que les femmes châtain foncé sont réglées encore plus tardivement que les blondes.

Quant aux relations entre la couleur des poils, le tempérament, les prédispositions morbides et le caractère, l'observation froide et impartiale démontre qu'on les avait fortement exagérées.

Si le tempérament lymphatique coïncide souvent avec un système pileux blond ou châtain clair, on trouve le

(1) Le poil humain, ses variétés d'aspect, leur signification en médecine judiciaire. Th. de Paris, 1878.

lymphatisme sous la chevelure brune, et réciproquement, on rencontrejletempéramentnervoso-sanguin ou athlétique allié à la teinte rouge.

Il n'y a pas non plus de relation absolue entre la couleur dés poils et le caractère, ou, ce qui vaut mieux peut-être, la coloration des poils n'influence pas directement le caractère. Si le brun est vif, pétulant, emporté, combien ne trouve-t-on pas de rouges qui possèdent le même assemblage de qualités et de défauts.

Notre imagination a donc amplifie cette question. Le blond nous impressionne d'une certaine manière, le brun d'une autre, et nous nous sommes, pour ainsi dire, appli^ qués à accumuler les défectuosités organic[ues sur la teinte qui nous plaît le moins. Il est notoire que les reflets vifs du blond, sont dépréciés parmi nous, et chez nos voisins d'outre Manche.

Beddoe (1) nous apprend qu'en Angleterre les femmes blondes ont moins de chance de se marier que les brunes. D'après une statistique de cet observateur, sur 100 femmes brunes, 79 sont mariées, tandis que sur 100 blondes, 55 seulement sont mariées. On peut donc prévoir qu'un jour la chevelure brune finira par envahir l'Angleterre. Cependant, il faut reconnaître qu'en dehors de conditions particulières capables de diriger nos préférences, la faveur dont jouit telle couleur du système pileux au point de vue esthétique, est une question de mode et de caprice. Bichat faisait remarquer que, parmi les nombreuses teintes artificielles que l'homme a communiquées à sa chevelure, « jamais, ni celles qui sont d'un rouge feu, ni leurs diverses nuances, ne trouvent place ; » mais, si notre illustre anato,

(1) Anthropological Review, 1864,

Arloinjg. 2

miste vivait aujourd'hui, il pourrait se convaincre que l'on n'a pas conservé pour ces nuances l'aversion qui s'était manifestée jusqu'à lui.

L'âge exerce une très grande influence sur la coloration; on observe fréquemment que les poils des enfants se colorent de plus en plus à mesure qu'ils grandissent, et arrivent à des teintes plus ou moins foncées à l'époque de la puberté. C'est un fait sur lequel P. Bonté a beaucoup insisté dans une discussion soutenue à la Société d'anthropologie contre Pruner-Bey.

La coloration des poils varie aussi sur le même individu avec le lieu de l'implantation et le volume des poils. Il est assez fréquent de trouver la barbe blonde en même temps que. les cheveux bruns. La réciproqiie est rare. Très fréquemment aussi, les poils de l'aisselle sont roux chez des individus dont les cheveux sont bruns ou noirs ; mais, dans ce cas, il estextrêmement probable que la couleur primitive a été altérée par la sueur.

Quant à l'influence du voIuuk;, le duvet est à peu près incolore.

La coloration des cheveux est enfin modifiée par l'action des milieux; cette influence a été rendue sensible par Topinard, qui a mis sous les yeux des membres de la Société d'anthropologie une chevelure châtain dans sa moitié adhérente et blond rougeâtre dans sa moitié libre qui avait subi l'action de l'air et du soleil.

Dans la même séance, Topinard a montré comparativement deux mèches toutes deux blcuches par sénilité; mais l'une a appartenu à une femme ayant soin de sa tète, vivant au salon ; elle est d'un blanc d'argent ; l'autre a appartenu à une paysanne travaillant au grand air; elle est jaune. A côté de ces al térations accidentelles de la couleur

Topinard signale les modifications artificielles qui sont apportées à la coloration par l'usage répété de l'eau oxygénée, sous l'influence de laquelle les cheveux passent du noir de jais au blond de lin et au rouge de feu (d). Ces dernières observations ont été faites sur des chevelures chinoises que l'auteur a pu étudier pendant l'Exposition.

La coloration des cheveux peut-elle êtreregardée comme un caractère de race et devenir un élément sérieux de classification en anthropologie ? Les auteurs les plus autorisés, et entre autres Pruner-Bey, n'attachent pas une très grande importance à ce caractère. D'ailleurs sous un même climat, on retrouve les colorations les plus diverses. Les poils rouges eux-mêmes seretrouvent éventuellement dans la plupart des races.

Les opinions sont partagées sur la signification des cheveux rouges. Eusèbe de Salles considérait l'homme aux cheveux rouges comme l'homme primitif; d'après le D'' Beddoe, les cheveux roux seraient accidentels et dépourvus de signification ethnique ; Topinard serait disposé aies considérer comme les traces d'une race disparue, représentée en Russie par quelques individus aux yeux verts. i]

D'après les données établies dans un travail de Beddoe sur la coloration des cheveux des Européens, Topinard a dressé une statistique d'où il tire quelques propositions : 1° aucune des séries qu'on pourrait constituer d'après la coloration ne sont pures (par exemple dans les Juifs, il y a des blonds et des châtains); 2° la plus forte proportion des blonds se rencontre psrmi les Danois puis les Wallons ;

(1) Communication sur une collection de cheveux européens exposée dans la galerie d'anthropologie du Trocadéro ; par Topinard. Bulletins de la Société d'anthropologie, 1879.

celle des bruns, parmi les Maltais, les Juifs, les Ligures; 3*^ les Juifs méridionaux et septentrionaux sont également bruns. Les Bretons sont essentiellement bruns.

Quanta la répartition des couleurs dans toutes les races, on peut l'exposer dans quelques propositions : « La couleur noire est celle qu'on rencontre sur presque tous les points du globe, elle est l'apanage de l'Esquimau tout autant que du nègre, de l'Hindou brahmanique, du Malais, et les nations européennes en offrent de nombreux exemples (1). »

Les nuances claires, et en particulier le blond clair, sont très peu répandues. Les races qui les présentent appartiennenten grande partie àl'Europe etsurtout aux rameaux germanique, slave et celtique de Ja souche arienne etau rameau Finnois desTouraniens. On en trouve quelques exemples dans le Caucase, chez les Arméniens, chez les Sémites de la Syrie,quelquefois parmi les Juifs, et peut-être en Afrique, chez les Berbères de l'Atlas (2). La chevelure rouge paraît étrereprésentée par quelques individus dans presque toutesles races connues, soit équatoriales, soitboréales (il faut en excepter les nègres). Ces faits généraux justifient l'opinion" généralement répandue parmi les anthropologistes,que la coloration des poils ne constitue qu'un caractère de second ordre.

(1) Pruner-Bey. De la chevelure comrae caractéristique des races hu. maines, d'après des recherches microscopiques, lu à la Société d'anthropologie, le 19 mars 1863.

(2) Faidherbe. Mém. de la Soc, d'anthropologie, t. II.

§ IL Caractères des poils examinés dans les différentes régions.

Les considérations générales qui précèdent portaient sur tous les poils, quel que fut leur lieu d'implantation. Mais en passant d'un point à un autre du corps, les poils acquièrent des caractères spéciaux de longueur, de volume de souplesse etc., variables d'ailleurs avec les individus et la race, et qui doivent être exposés.

Œsterlen a établi une classification qui a été reproduite par le D"" Joannet dans sa thèse inaugurale (1).

Cette classification repose sur la longueur des poils qui, dans l'ordre de leur décroissance, peuvent être distingués ainsi :

1° Longs poils du crâne (cheveux) ;

2° Longs poils de la face (barbe) ;

3° Longs poils du corps, pubis, aisselle, anus;

4^ Courts poils colorés de la face (cils, sourcils, vibrisses).

5° Courts poils colorés du corps (poitrine, abdomen, membres).

6° Poils rudimentaires ou duvet.

Je préfère adopter la classification de Vaillant (2) qui est moins compliquée et qui me semble aussi bonne. J'étudierai donc les caractères spéciaux des poils dans l'ordre suivant ;

a. Cheveux,

h. Barbe,

(1) Voir aussi Beauregard et Galippe. Le poil humain, 1880. Paris.

(2) Essai sur le système pileux. Thèse de Paris, 186J.

c. Poils des organes génitaux et de l'aisselle,

d. Poils annexés aux organes des sens,

e. Poils de la surface cutanée générale.

A. Cheveux. — Tous les hommes ont une chevelure, mais elle est plus sensiblement fournie chez quelques races boréales (de Quatrefages) (1).

Les cheveux sont d'ordinaire les poils les plus longs et les plus souples de l'économie.

a. Les cheveux sont implantés sur le cuir chevelu et dans une zone dont la limite varie avec les races. Cazenave a signalé cinq prolongements sur la partie médiane du front, au-dessus de la partie externe de l'orbite et sur les tempes, qui limitent en avant l'implantation des cheveux dans la race caucasique. D'après G. Saint Hilaire, ces cinq pointes feraient défaut chez les Hottentots, et seraient remplacées par un contour régulièrement circulaire; en arrière, les cheveux descendent bas sur le cou au dessous de la nuque.

h. Les cheveux sont en général plantés obliquement, sauf chez les Hottentots, les Papous et quelques autres nègres, où ils sont perpendiculaires à la surface du cuir chevelu (Pruner-Bey) . Le plus souvent, ils sont uniformément distribués suivant certaines lignes droites ou courbes, mais chez les nègres précédemment cités, ils poussent par petites touffes isolées donnant lieu à la chevelure en grains de poivre. Pritchard, à qui on doit cette observation, rend la disposition plus sensible en disant que, s'ils sont coupés ras, la tête prend l'aspect d'une brosse dure à souliers.

(1) L'espèce humainej p, 269, ^ »

Aux races citées plus haut, il faut ajouter, d'après Quatrefages, les Boschimans de l'Afrique australe et les Mincopies des îles Andaman comme présentant cette particularité.

c. Les cheveux abandonnés à leur croissance naturelle peuvent acquérir une très grande longueur; cela se voitchez la femme, où. ils atteignent parfois un mètre et plus ; on en a vu descendre jusqu'au-dessous du genou et même jusqu'au milieu du mollet.

Dans certaines races, comme le Pied-Noir et le Sioux, les hommes laissent pousser leur chevelure qui, sous la forme d'une crinière ronde et lisse, tombe jusqu'aux talons (Pruner-Bey).

L'usage de couper les cheveux répandu jusque chez les peuplades les moins civilisées, modifie non seulement leur longueur, mais donne encore à leur extrémité libre une forme cju'il est intéressant de connaître au point de vue de la médecine légale. Avant la section, l'extrémité est conique et plus ou moins fine ; après la section, le cheveu se termine par une surface de séparation, transversale ou oblique, nette oa hérissée de quelques prolongements.

Œsterlen fait remarquer que, dans les premières semaines qui suivent la coupe, l'action de la brosse ou du peigne a fait disparaître les inégalités de la surface de section ; après douze semaines, il y a une surface de section à bords nets ; puis l'extrémité s'amincit sans atteindre la finesse de la pointe primitive. Mais chez la femme, dont les cheveux, ne subissent pas l'action des ciseaux, la pointe présente de nombreuses variétés de déformation dues à l'usure, au frottement ou à la cassure (Galippe et Beauregard) (1).

(1) Guide de micrographie. Paris, 1880.

d. Il a été assez longuement question de la couleur des poils en général pour que nous soyons dispensé d'en parler à propos des cheveux.

Nous dirons seulement que la couleur semble influer sur le nombre des cheveux implantés dans un même espace. Withof a compté par 1/4 de pouce carré : 147 cheveux noirs, 162 bruns et 182 blonds.

Les poils de teintes claires étant plus fins cjue les poils de teintes foncées, on peut en conclure que le nombre des cheveux augmente à mesure que leur volume diminue.

e. Le diamètre des cheveux subit des variations qui sont placées sous la dépendance du sexe et surtout de l'âge. Préoccupé de recueillir des matériaux pour aider aux recherches de médecine légale, Œsterlen a fait sur les poils, un grand nombre de mesures dont les résultats ont été transcrits par le D*" Joannet (thèse citée).

Epaisseur des cheveux à différents points du crâne .

1° Chez l'homme

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