‹ Poils et onglesChapitre 10 sur 27 · partie moyenne prennent quelquetois une direction anormale. (Sappey · texte numérisé non relu

partie moyenne prennent quelquetois une direction anormale. (Sappey

Les cils, souvent plus colorés que les cheveux, sont au nombre de 100 à 120 sur chaque paupière ; ils sont disposés de telle manière qu'ils ne s'entre -croisent pas au moment du rapprochement des paupières.

Les vihrisses, rigides et courtes, à surface très inégale et à pointes fines, sont placées à la face interne des narines, dirigées en bas et entre-croisées en forme d'entonnoir, de manière à prévenir l'accès d^s corps étrangers. Quelques-unes aiïectent à leur base la disposition des poils tactiles.

Les poils du [conduit auditif ressemblent beaucoup aux vibrisses, toutefois ils sont moins rugueux et moins effilés.

E. — Poils de la surface cutanée générale. — Ils sont de deux sortes : poils ■proprement dits, duvet on lanugo. Leur développement n'est nullement en rapport avec la constitution de l'individu.

Les poils de la poitrine, de l'abdomen, des membres sont courts et presque lisses: ils sont d'autant moins colorés qu'ils sont plus courts ; leur pointe est souvent fendue par suite du frottement des habits.

Ceux que l'on rencontre sur les pommettes sont peutêtre des poils tactiles (Pouchet). Ils manqueraient cnez la plupart des sujets, ou bien ils se confondraient avec les poils de duvet.

Les poils de duvet sont incolores et très ténus ; leur pointe est extrêmement fine.

Le duVet est la première manifestation du système pileux chez le fœtus; il se montre vers le cinquième mois sur

le corps, vers le dixième sur la tête d'après Œsterlen, entre trois mois et demi et quatre mois et demi d'après Gallipe et Beauregard.

Dans l'opinion d'Œsterlen, ces poils hâtifs tomberaient dans les eaux de l'amnios, vers la fin de la grossesse.

Les mensurations pratiquées sur le duvet recueilli sur le dos d'un garçon au rtioment de sa naissance, et sur le dos d'une fille âgée de deux jours, ont donné comme moyenne 46 ^ et 18,4 de largeur.

Un rapport judiciaire de Malassez, rédigé en novembre 1878, témoigne de l'importance qu'il y aurait à déterminer exactement la longueur et la largeur des poils du fœtus et des nouveau-nés. Malassez et Galippe ont pris un certain nombre de mesures que nous ferons connaître à propos du développement des poils.

§ III. De la disparition des poils chez l'homme.

Pourquoi la peau de l'homme est-elle nue? C'est là une question que les évolutionnistes ne pouvaient manquer de soulever et de chercher à résoudre. La plupart ne mettent pas en doute que cette nudité ne soit acquise et due à la sélection sexuelle. Cette solution présentée par Darwin a fait naître des doutes souvent ironiques, des oppositions nombreuses d'où sont sorties des hypothèses contradictoires, par exemple, celle de Wallace. L'auteur anglais se sent tellement embarrassé en présence de la dis-' parition des poils qu'il n'hésite pas à adopter l'interven^ tion d'un pouvoir intelligent, refusant toute efficacité à la sélection sexuelle qu'il nie avec J.-J. Humphry et Spengel, D'autres, comme Mme Clémence Royer, n'é-

prouvent pas un moindre embarras, mais ils tournent la difficulté en admettant que l'homme n'a pas perdu ses poils, que sa nudité est primitive et s'est conservée.

Si l'homme avait été couvert de poils, dit Mme Clémence Royer (1), on ne voit pas comment il les aurait perdus. Sa nudité n'est pas un avantage dans la lutte pour l'existence. Il eût été bien plus avantageux pour lui d'être pourvu d'un vêtement naturel qui l'aurait défendu contre les injures des climats et dont les variations spontanées, mises en œuvre par la sélection, auraient même pu répondre aux caprices de la mode. T. 'homme a donc toujours été nu. Mme Clémence Royer voit bien que cette nudité primitive de l'homme constitue un fait exceptionnel et que son isolement rend invraisemblable. «Aussi étend-elle son hypothèse à tous les mammifères dont le système pileux aurait été radimentaire à l'origine. Il n'aurait évolué que sous l'influence de la sélection naturelle et à l'époque où le soulèvement des montagnes rompant l'uniformité de la surface du globe a détruit l'uniformité et la douceur du climat pour faire les climats extrêmes.

A ce moment, c'est-à-dire « dès l'origine du développement du système pileux dans la classe des mammifères, l'espèce dont l'humanité est descendue se serait trouvée en rivalité avec une autre espèce très voisine chez laquelle le pelage avait une tendance à se développer très abondamment. Chez les deux races ennemies, l'idéal spécifique et la sélection sexuelle se saisissant de ces divergences d'abord légères, les ont depuis constamment exagérées en sens opposés. »

(1) Le sj^stème pileux dansThomme et dans la série des mammifères, par Clémence Royer. Revue d'anthropologie, n" d, 15 janvier 1880.

Mais plus généralement, les évolutionnistes pensent, comme Darwin, que l'homme a perdu ses poils par une tendance naturelle aidée puissamment par la sélection sexuelle et ils s'efforcent à l'exemple de Grant-Allen de chercher, dans l'observation, des preuves à l'appui de lexir hypothèse (1).

La dénudation aurait eu d'abord pour cause un fait physique, le frottement» L'auteur fournit de nombreux exemples témoignant de l'efficacité d'une pareille cause : la plante des pieds, chez tous les mammifères, qui est complètement dénudée où elle touche le sol; la paume des mains, chez les quadrumanes ; les genoux des espèces qui s'agenouillent fréquemment comme les chameaux, les callosités des singes de l'ancien continent qu'on ne retrouve plus chez les quadrumanes grimpeurs ni chez les lémuriens; la queue prenante des singes du nouveau monde ; celle de l'opossum qui est complètement nue et même couverte d'écaillés , la face dorsale des phalanges médianes du gorille qui appuient sur le sol pendant la marche ; la queue du castor qui est recouverte d'écaillés, l'aile du pingouin qui sert de nageoire à cet oiseau et dont les plumes ont été remplacées par des écailles. D'un autre côté, la plupart des mammifères qui comme l'homme ont à peu près complètement perdu les poils sont aquatiques tels que les baleines, les marsouins, les dugongs et les manates. Les phoques et les loutres inoins essentiellement aquatiques ont un poil très fin et très court. Enfin et pour établir une transition des animaux à l'homme l'auteur fait remarquer que le gorilleest le seul mammifère qui

(1) Grant-Allen. Un problème de l'évolution humaine. Revue des cours scientifiques, 31 janvier 1880.

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ressemble à l'homme en ce que d'après les observations de du Chaillu, cet animal repose sur le dos appuyé contre un tronc d'arbre et que par suite de cette habitude les poils du dos usés en partie par le frottement sont moins fournis que ceux du ventre. C'est là l'origine du développement inverse des poils que l'on observe chez l'homme et les autres mammifères . A mesure que l'homme prenait l'habitude de la station verticale, par une corrélation nécessaire il prenait aussi celle de se coucher sur le dos et les poils de cette dernière région étaient arrêtés dans leur développement. La distribution des poils sur les différentes parties du corps de l'homme s'expliquerait donc par des motifs d'ordre purement physique. Car elles sont d'autant plus dénudées 'qu'elles sont plus exposées au frottement (plante des pieds, paume des mains, coudes, genoux, dos, fesses, face postérieure des jambes, face interne des bras.)

Mais si ces faits peuvent expliquer la dénudation partielle, ils n'expliquent pas la disparition presque totale des poils pour laquelle il faut avoir recours à la sélection sexuelle, et il est facile de concevoir comment elle a pu agir si l'on considère que les dépilations partielles devaient produire à l'origine un effet extrêmement choquant et que les individus chez lesquels la dénudation était la plus complète devaient présenter le plus d'attraits.

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