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ART. II. — ANATOMIE GÉNÉRALE DES POILS

§ 1. — Caractères généraux.

Nous étudierons la structure des poils proprement dits dans la partie moyenne de la tige et nous la poursuivrons ensuite vers la base et vers la pointe.

Un poil comprend trois couches, savoir : L'épidermicule , La substance fondamentale, La moelle ,

que l'on peut comparer à l'épiderme, à l'étui fibro-vasculaire et à la moelle d'une jeune tige dicotylédone.

A. — Epidermicule. — L'examen du poil à un fort grossissement décèle à sa surface un réseau très fin, à mailles irrégulièrement rectangulaires, de 5 à 14 [x, qui fut pris par Mascagni pour un système de vaisseaux lymphatiques, par Mandl, pour les limites successives de l'accroissement de l'organe.

Maj'-er, le premier, a fait connaître la véritable signification de ce réseau, en montrant qu'il est formé par les bords de petites écailles épidermiques appliquées à la surface du poil, comme les tuiles sur un toit. Cette disposition de-

Fjg. 4.

A, surface d'un cheveu où Tépiderme se laisse voir. JD, cellules lamelleuses formant cet épiderme.

(KoUiker).

vient très évidente, lorsqu'on a traité le poil par l'acide sulfurique (Kôlliker),' car les écailles de l'épidermicule se gonflent légèrement, s'écartent les unes des autres et donnent aux bords du poil un aspect denticulé (fig. 4, A),

Au surplus, après avoir mo\iillé un poil avec un alcali, si on râcle légèrement sa surface, on isole des lambeaux d'épiderme, qui se résolvent en plaques semblables aux cellules épithéliales lamellaires, c'est-à-dire en lamelles transparentes, rectangulaires, de 36 a 45 jx sur 54 à 63 [y,, pourvues quelquefois d'un vestige de noyau (fig. 4, B).

Les écailles épithéliales de l'épidermicule se recouvrent mutuellement de la base au sommet du poil ; elles constituent à ce filament une gaine complète, à moins qu'il n'ait été soumis à des frottements répétés, simple (la plupart des auteurs) ou double (M. Sappey) (1).

B. — Substance corticale. — Elle forme la masse principale du poil ; aussi préférons-nous à la dénomination sous laquelle elle est généralement connue celle de substance fondamentale que lui donne M. Pouchet, expression qui possède encore l'avantage d'éviter toute confusion entre cette couche et l'épidermicule.

La substance fondamentale est striée dans le sens de ia longueur, ce qui lui a valu le nom de tissu fibreux (Kôlliker), partie fibreuse du poil (Sappey), et parsemée de points, de raies ou taches foncées (Kôlliker) ; elle est transparente et plus ou moins teintée, suivant la coloration naturelle du poil.

Homogène en apparence, on la divise, à l'aide de l'acide sulfurique et de la chaleur, en longs fuseaux aplatis, à bords crénelés, pâles ou colorés, dans lesquels la dissociation sépare des écailles allongées (54 à 68 |jt,), élargies à leur partie moyenne (4 à 11 [x). En d'autres termes, la substance fondamentale se compose élémentairement de la- Traité d'anat. descriptive, t. IIJ, p, 646.

—/il —

melles épidermiques. Celles-ci, imprégnées d'une matière colorante dissoute (Kôlliker), renferment parfois les restes du noyau sous la forme d'une strie foncée, et, sur tous les cheveux colorés, une quantité variable de granulations

FiG. 5.

Substance fondamentale d'un poil traité par l'acide sulfurique, -y- (Kôlliker),

A l'extrémité droite de la figure, on voit les plaques épithéliales allongées qui constituent cette substance.

pigmentaires. On juge très bien du nombre et des dimensions des amas de pigment en traitant le poil par la soude ou la potasse caustique ; ils sont d'autant plus nombreux et plus volumineux, que le poil est d'une couleur plus foncée. Ccnséquemment, c'est aux granulations pigmentaires de la substance fondamentale et au pigment dissous qu'il faut attribuer la coloration des poils; nous y reviendrons en parlant de la composition chimique.

Outre ces granules colorés qui résistent à l'action des bases, la substance corticale présente, môme sur les poils blancs, des taches allongées d'un brun bleuâtre. Kôlliker

a montré que ces taches sont simplement de petits espaces lacunaires remplis d'air.

C. Substance médullaire ou moelle., — Elle se montre vers le centre du poil {partie celluleuse et centrale, Sappey), comme une traînée opaque, régulière ou étranglée de distance en distance ; en réalité, elle forme un cylindre plus ou moins moniliforme, dont le diamètre est à celui du poil comme 1 est à 3 ou 5, blanc d'argent à la lumière directe, noir à la lumière transmise.

Sans manipulation, on peut observer que cette substance est constituée par 1 à 5 rangées de cellules polyé driques qui se pressent et se déforment mutuellement. Après l'action delà soude caustique bouillante, prolongée jusqu'à ce que le poil se gonfle et se crispe (KôUiker), on parvient à isoler les cellules médullaires. Ces éléments (fig. 6) pré-

FiG. 6.

Cellules médullaires prises sur un cheveu traité par la soude

(KOlliker).

sentent à leur centre une tache claire, de 3,6 à 4,5 probablement un rudiment de noyau, et çà et là, dans leur intérieur, des granulations qui ont les allures de granulations graisseuses ou pigmentaires ; mais habituellement ces granulations sont de petites bulles d'air que l'on chasse en fai • sant bouillir le poil dans l'eau ou l'éther et que l'on fait réapparaître par simple dessication. Dans certains cas.

elles sont véritablement graisseuses (Robin), car après un séjour prolongé du poil dans le sulfure de carbone, la moelle, d'abord fortement colorée en noir par la réfrino-ence naturelle des corps gras, devient complètement transparente, pourvu que l'on prenne la précaution d'empêcher un dépôt ultérieur de soufre par une courte ébullition dans l'éther (1) .

La substance corticale et l'épidermicule offrent une consistance variable avec l'âge et la région. C'est probablement à cette différence qu'il faut attribuer la rareté de la teigne faveuse du cheveu chez l'adulte, et la rareté relative des affections parasitaires qui envahissent la substance du poil au pubis et sur les autres régions où ces poils sont courts et raides.

D. Structure de la racine. — Si l'on poursuit Véjpidermicule sur la racine d'un poil arraché de son follicule, le réseau des cellules devient beaucoup plus apparent ; les stries sont larges de 1 à 3 à bords foncés, à centre brillant. Cet état est produit par le soulèvement et l'inflexion des bords des cellules de l'épiderme sous l'influence de l'arrachement et de la dessication. Effécti vem^nt, sous l'influence du contact de l'eau, prolongé une demi-heure environ, les bords des cellules s'étalent de nouveau, et l'aspect grillagé de l'épiderme radiculaire disparaît. Ignorant la cause de cette disposition accidentelle, quelques auteurs allemands l'ont décrite et figurée comme naturelle sous les noms de stries transversales ou réseau propre de la racine du cheveu, et Gruby a pris ce large réticulum pour le mycélium d'un ch -mpignon parasite (Robin) (2).

(I) In Vaillant, p. 42 (2) In Dict. de médecine, art. Poil.

Sous cet état, l'épiderme ne semble pas s'étendre jusqu'au bouton du poil. Cette apparence est due à un changement profond de l'état de ses cellules; loin de disparaître, elles

A B FiG. 7.

Racines de poils de la barbe obtenues par arrachement ; sur la surface on voit les écailles épidermiques renversées par la traction exercée sur le poil.

(Galippe et Beauregard).

ormeraient même, pour Frey et Sappey, deux couches à partir de l'entrée du follicule; seulement elles prennent insensiblement les caractères des cellules de la couche géné-

ratrice de l'épiderme, qui sont étalées à la surface du bulbe.

La substance fondamentale se comporte de la même manière. Dans la moitié inférieure de la racine, elle devient molle, granuleuse; ses lamelles, moins consistantes, se transforment en cellules ovalaires, plissées, franchement nucléées, riches en pigment, sensibles à l'action de l'acide acétique, et, enfin en cellules polyédriques du type malpighien solubles dans les alcalis.

La moe/Ze s'arrête parfois à la base de latige. Quand elle se prolonge dans la racine, tantôt elle reste très visible jusqu'au sommet du bulbe, ainsi que Kôlliker affirme l'avoir observé, tantôt elle perd insensiblement ses caractères pour se confondre avec les cellules de la papille. Henle dit qu'un tractus longitudinal blanchâtre, isolable, la remplace dans la racine.

Il est probable que la moelle s'étend d'ordinaire jusqu'au bulbe, attendu que sur les poils volumineux où les parties sont faciles à difi'érencier, comme les piquants du hérisson Vaillant l'a toujours vue arriver au contact de cet organe.

Des lignes qui précèdent, on peut déduire la constitution du bouton du poil : il représente comme un bourgeon pyramidal de la couche profonde de l'épiderme; par conséquent, toutes les cellules en sont molles, nucléées, plus ou moins pigmentées, ovoïdes ou polyédriques. A la rigueur on peut y distinguer : 1° une couche de cellules disposées de champ à la surface du bulbe représentant la couche génératrice de l'épiderme; 2° au-dessus de celle-ci, une masse de cellules molles, analogue à la couche de Malpighi, disposées en forme de cône; 3° un cône plus mince, coiffant le précédent, dont les cellules analogues de la couche granuleuse de l'épiderme (Reuaut) se

teignent en rûuge vif par le carmin. Ces dernières se prolongent dans l'axe du poil et en constituent la moelle, tandis que la substance corticale dériverait des cellules de la deuxième couche et l'épidermiculede la gaine interne de la racine. Nous verrons plus loin, quelles sont les relations de ces couches de cellules avec les gaines celluleuses de la racine.

Cet amas cellulaire affecte deux formes principales; il est ouvert et comme lacéré inférieurement (poil en bouton, de Henle) ou bien il est fermé en bas et légèrement plus volumineux que la racine {poil en massue, de Henle). Cesdeux formes intéressent le médecin légiste ; on admet que le poil en bouton est un poil qui n'a pas effectué son développement, par conséquent qui a dû être arraché, tandis que le poil en massue a pu tomber spontanément (Œsterlen) (1).

E. Structure de la pointe. — Deux cas peuvent se présenter oubien le poil possède sa longueur naturelle, ou bien il a été raccourci par l'action des ciseaux. Dans le premier cas, l'extrémité libre du poil est effilée, aiguë ou mousse, suivant qu'elle a été ou non usée par le contact des vêtements ou des ustensiles de toilette. Le canal médullaire, quand il existe, s'est arrêté à une certaine distance au-dessous de la pointe; on trouve simplement les cellules de la substance fondamentale protégéesparl'épidermiculedontles éléments sont peu visibles sans le secours des réactifs. Dans le second cas, la surface de section est plus ou moins nette, parfois elle est fendillée et rappelle la touffe des brins i'un balai. Si le poil a été coupé à un point où il contient de la moelle, celle-ci se détruit, et n'atteint plus jamais

(1) In thèse de Joannet.

extrémité du filament (Œsterlen). Galippe et Beauregard nt donné de nombreux dessins d'extrémités naturelles t artificielles de poils (1).

§ 2. — Caractères particuliers aux poils des différentes régions du corps.

La structure des poils offre quelques modifications qui malheureusement sont loin d'être caractéristiques de chaque région.

La principale consiste en l'absence de la moelle. Cette modification est constante dans le duvet fœtal, très fréquente dans le duvet de l'adulte, mais elle se montre aussi, quoique plus rarement, dans les poils courts de la surface cutanée générale et dans 1 es cheveux colorés ; elle est extrêmement rare dans les poils courts et gros et dans les cheveux blancs (Kôlliker). La présence ou l'absence de la moelle n'influe pas sur la frisure du poil. Le poil frise à cause d'une disposition particulière du follicixle (voir p. 62).

Sur une section transversale, la moelle est circulaire dans les cheveux droits, elliptique dans les cheveux frisés; elle est d'autant plus visible que la coloration est plus claire; mais ces caractères ne peuvent suffire, dit Pruner-Bey, pour établir des groupes dans l'espècè humain e.

Le diamètre de la moelle est à son minimum dans les cheveux. Le diamètre total de ces organes ne dépasse pas 0""",08 au maximum; tout poil qui offrirait un diamètre plus considérable n'est pas un cheveu. Le diamètre s'atténue légèrement aux deux extrémités.

(1) In Loc. cit., p. 829,

Les poils de barbe ont la même épaisseur sur toute la longueur; leur diamètre, beaucoup plus considérable que celui des cheveux, mesure en moyenne 0""",120. La racine est plus mince que la tige. L'épiderme est très inégal.

hes poils du puhis sont aussi épais que ceux de la barbe; ils sont plus minces chez la femme que chez l'homme ; leur section est elliptique, leur épidermicule, fréquemment soulevé par place. Ceux du scrotum, un peu plus gros que les cheveux, sont fortement fusiformes (Hager).

Dans les poils raides, incurvés, annexés aux organes des sens , et notamment dans les ciZs, Pouchet aremarquéque la moelle est légèrement reportée du côté de la convexité du poil, au lieu d'occuper le centre. Cette particularité se retrouve aussi dans les poils de la moustache. Quant aux vihrisses, elles sont remarquables, d'après Hager, par leur surface inégale, comme verruqueuse, et parleur racine qui se montre sur une coupe avec la forme d'une guitare.

Art. III. — Organes producteurs des poils.

La phanère pileuse est enfoncée dans la peau, à une profondeur de 1 à 5 millimètres selon son volume. Elle est reçue dans un petit appareil spécial chargé également de présider à sa formation. On peut l'appeler, en conséquence, appareil piiifère (Vaillant) ou appareil piligène, en s'inspirant de ses fonctions ; il est connii anatomiquement sous le nom de follicule pileux.

§ I. Caractères généraux et structure du follicule pileux.

Le follicule est une cavité cylindroïde en forme de petite bouteille, c'est-à-dire légèrement rétrécie à son entrée, dilatée à son fond où saillit un renflement conoïde, le hulhe (papille de quelques auteurs), auquel sont annexés des muscles et des glandes sébacées (1).

Les follicules pileux sont inséparables des glandes sébacées. Le plus souvent, le follicule l'emporte en importance sur la glande, et celle-ci s'ouvre dans le follicule ; parfois, au contraire, la glande prédomine sur le poil et le follicule vient s'ouvrir dans sa cavité. M. Sappey a basé sur ce fait une division des follicules pileux en deux catégories : 1° follicules s'ouvrant à la surface de la peau où ils forment quelquefois une légère saillie observée déjà par Ruysch ; 2° follicules s'ouvrant dans les glandes sébacées. Ils pos- 'sèdent toujours fondamentalement la même constitution ; les seconds se distinguent des premiers par une plus grande simplicité de structure.

Les follicules pileux volumineux, ceux qui vont d'abord nous occuper, sont implantés obliquement dans l'épaisseur de la peau qu'ils franchissent, lorsqu'ils sont très développés, comme au cuir chevelu, de manière à former une sorte de courte brosse sous-cutanée (Sappeyj.

Un grand nombre d'histologistes regardent le follicule comme une simple dépression de la peau et assimilent le

(1) Certains follicules présentent sur les parties latérales du goulot une ou deux dilatations sacciformes, plus ou moins développées, remplies de cellules dont la signification sera donnée plus tard à l'article régénération et mue.

bulbe du poil à une papille dermique. Personne ne doute que l'épiderme et le corps muqueux n'accompagnent la

FiG. 8.

Poil et follicule pileux de moyen volume, -y- (Kôlliker).

a, tige du poil. — b, sa racine. — o, bouton du poil. — e, gaine interne de l;i racine, semblant disparaître, en o, au-dessous de l'embouchure des glandes sébacées k. — f, gaine externe. — g, membrane vitrée. — h, couohe laraelleuse du follicule. — i, papille du poil. — l, derme cutané. — m, corps muqueux de Malpighi. — n, couche cornée de l'épiderme.

racine du poil à l'intérieur de l'appareil pilifère. Mais on peut se demander encore si la partie du follicule, située

autour des gaines épidermiques, est simplement une portion invaginée du derme (Kôlliker), un repli du tissu fibreux du derme (Renaut) (1), une dépendance de la couche papillaire du derme et de la basement-membrane {Rem}^) (2), ou un tissu spécial, tissu phanérophore de M. Robin, supporté extérieurement par le derme. Toujours est-il qu'objectivement, cette portion du follicule se différencie par un certain noinbre de caractères du tissu dermo-papillaire.

On reconnaît dans le follicule la paroi folliculaire et son revêtement épidermique ou gaine de la racine.

A. Paroi folliculaire (Robin, Pouchet).

C'est le follicule proprement dit de Kôlliker; la tunique fibreuse de Sappey. Elle mesure en moyenne 34 à 50 d'épaisseur et se compose de trois couches. '

1° L'externe est formée de tissu lamineux à fibres longitudinales, dépourvu de fibres élastiques; on y trouve quelques éléments musculaires lisses, des vaisseaux capillaires et des nerfs. Elle mesure, d'après Moleschott, de 7 à 37 (a. fig. 9). VVertheim lui décrit un prolongement inférieur, sorte de pédicule, qui va se fixer à un faisceau conjonctif du derme,

La moyenne (b, fig. 9), est généralement plus épaisse que la précédente. Moleschott lui attribue de 25 à 43 {a Elle est constituée par des lamelles de substance fondamentale vaguement fibrillaire, parsemées de noyaux appar-

(1) Structure de la peau, iu Ann. de dermatologie, 1879.

(2) Recherches histologiques sur la peau de l'homme. Paris, 1878.

tenant à des cellules fusiformes ou étoilées du tissu conjonctif (éléments fibro-plastiques). Aussi l'appelle-t-on quelquefois gaine lamelleuse du poil (Renaut) (1). Elle renferme d'assez nombreux capillaires (KôUiker.)

3° En dedans, existe la membrane hyaline, amorphe (Kôlliker), membrane vitrée (Pouchet) ou couche limitante externe (Renaut). Cette membrane (c, fig. 8) est en rapport avec les cellules les plus externes des gaines de la racine qui laissent leur empreinte à sa surface ; elle n'a que de 2 à 3 [A d'épaisseur.

Les auteurs qui font dériver le follicule d'un enfoncement du derme voient, dansla membrane vitrée, l'analogue de la basement-membrane et signalent dans sa couche profonde des fibres élastiques qui se poursuivent dans la gaine lamelleuse. Robin, Pouchet lui attribuentlastructuredutissu phanérophore , c'est-à-dire : substance amorphe , granuleuse, parsemée de noyaux sphériques ou ovales, sans vaisseaux; ceux-ci rampent à sa face externe en mailles quadilatères allongées.

La gaine lamelleuse et la membrane vitrée tapissent le fond du follicule et se perdent en s'amincissant vers l'embouchure des glandes sébacées.

B. Bulbe (papille). — Le bulbe ne renferme pas, ainsi que l'a cru Moleschott, des éléments morphologiques spéciaux; sa structure est la même que celle de la membrane vitrée, sauf que l'on y trouve des vaisseaux et des nerfs. Elle est en continuité, à sa base, avec la paroi folliculaire : elle est coiffée par le bouton du poil; entre le poil et le bulbe, on voit quelquefois, surtout sur les petites papilles

(1) In Loc. cit.

non encore vascularisées (Remy) (1), une couche claire, homogène que l'on prend pour la basement-membrane.

La forme de la papille est variable; elle est toujours légèrement pédiculée, et sa masse est tantôt hémisphérique, tantôt conique, tantôt étranglée à sa partie moyenne. Dans ce cas, elle s'allonge notablement au centre du bouton et de la racine du poil.

FiG. 9.

Coupe transversale d'un follicule pileux (Kolliker).

a, couche externe, lamineuse du follicule. — b, couche moyenne, lamelleuse. — c, membrane vitrée. — d, gaine externe de la racine. — ef, gaine interne.

— e, couche de Henle. — f, couche de Huxley. — g, épiderme de la gaine.

— h, épidermicule du poil.

Reichert et Reissner (cités par Kolliker), von Na-

(1) In Loc. cit., p. 47.

Arloing.

thusius(l), Steinlin (2) ont prétendu que le bulbe se prolongeait dans toute la longueur du canal médullaire et ils en faisaient dériver la moelle du poil. KôUiker n'a pu vérifier cette assertion. Mat. Duval (3) l'a reprise, en 1873, par le procédé des injections vasculaires, et il est arrivé aussi à une conclusion négative. En moyenne, la papille a 0""",30 à 0"'"",35 de long, sur 0""',20 à O""",!! de large.

C. Gaines de la racine (d à f, fig. 9). — Elles sont constituées par le revêtement épitliélial de la peau qui s'insinue entre la racine du poil et la membrane vitrée; toutefois, elles n'adhèrent à la surface de celui-ci qu'au-dessous de l'embouchure des glandes sébacées; au-dessus, elles forment un'étui lâche; au fond du follicule, elles se dilatent pour envelopper le bulbe (Remy).

On divise cette invo.'ution épitliéliale en gaine folliculaire externe et gaine folliculaire interne.

La gaine folliculaire externe, lame muqueuse de Sappey, continue les couches profondes de l'épiderme. Elle commence par uné couche de cellules prismatiques (couche génératrice de l'épiderme) qui tapisse toute l'étendue du follicule, y compris la surface de la papille; le reste est représenté par plusieurs rangées de cellules analogues au stratum de Malpighi.

Cette dernière couche diminue d'épaisseur de haut en bas et semble se confondre avec le cône malpighien du bouton du poil. Le stratum granulosum y est peu distinct (Renaut).

(1) In Archiv. von Reichert und du Bois Reymond, 1869.

(2) In Henle und Pfeufer's Zeilschrift, Bd IX, n" 283.

(3) Note pour servir à J'hiatoire de quelques papilles vasculaires. Journal de l'anat, et de la phys. de Ch. Robin.

La gaine folliculaire interne, lame cornée deSappey, est une couche épidermique proprement dite; elle se distingue de l'extei ne par sa transparence. Au-dessus de l'abouchement des glandes sébacées, et surtout près de l'orifice cutanée, elle est formée d'écaillés libres et caduques ; audessous, elle va en s'amincissant et sa compose de cellules transparentes, cubiques, solidement fixées les unes aux autres.

Vers le milieu de la hauteur du follicule, elle se subdivise en deux zones. L'externe (couche de FJenle) est composée d'une seule rangée de cellules allongées (e, fig. 9), sans noyau, de 40 à 50 p. sur 10 (x, adhérentes dans plusieurs points, séparées ailleurs par des fentes qui se dilatent sous l'action de l'acide acétique ou de la potasse, caractères qui lui donnent les allures d'une membrane fenêtrée. (Kôlliker.) L'interne (couc/ie cZe f^uz/ei/) est formée habituellement de deux plans de cellules: chez quelques animaux (cheval, chien). Bonnet (1) en a vu de 4 à 6. La couche de Huxley est homogène; on isole ses cellules par la potasse eu la soude; cclles-ci sont remarquables parleur noyau disposé dans une direction oblique ascendante, relativement à l'axe du poil.

Sappey regarde ces cellules nucléées comme une dépendance du corps muqueux et les rattache aux poils dont elles concourraient à former l'épiderme.

Piemy Jes a vues quelquefois se confondre, au fond du follicule,avec la couchede Henle et se réfléchirde bas en haut pour aller constituer la cuticule du poil.

Kôlliker, Pouchet admettent une troisième zone qu'ils appellent peZ/icuZe épidermique de la gaine interne dont les

(1) R, Bonnet. Recherches sur l'innervation des poils des animaux domestiques. In Morpholog, Jahrbuch. de Gegenbaur, t. IV.

cellules étalées en une seule couche au contact des cellules de l'épidermicule se distingueraient de celles-ci parle sens de leur imbrication. Or, Renaut fait observer que les noyaux de la couche de Huxley sont obliquement ascendants relativement à l'axe du poil ; par conséquent nous croyons que les auteurs qui admettent une pellicule épidermique de la gaine interne séparent sous un nom particulier la rangée cellulaire la plus interne de la couche de Huxley.

En résumé, les gaines radiculaires reproduisent l'épiderme, sauf peut-être le stratum granulosum d'Œhl. Nous ne pensons pas qu'il faille, à l'exemple de Reichert, Kôlliker, Sappey, regarder la gaine interne comme une couche indépendante appartenant au poil, car il faudrait admettre que l'épidermicule possède un appareil générateur distinct de celui des autres parties de la phanère pileuse.

Quant à la disparition de la gaine interne au-dessus du goulot des glandes sébacées, représentée sur la fig. 8, nous savons que c'est une pure illusion due, comme le fait remarquer Remy, à la dilatation du follicule et à la désagrégation des cellules cornées à ce niveau.

C'est dans cette dilatation que germent les parasites et que s'accumulent les écailles épidermiques qui causent ensuite les accidents d\i pityriasis capitis.

D. Vaisseaux et nerfs du follicule. — a. Les vaisseaux sanguins appartiennent exclusivement au follicule et au bulbepileux. Le poil n'en contient pas plus que l'épiderme, malgré Steinlin et de Nathusius qui ont décrit un réseau vasculaire très complet dans tout le canal médullaire du poil. Nous avons cité précédemment (voir p. 54) le travail de Math Du cal dans lequel il est démontré, pièces

en main, que les vaisseaux ne dépassent pas la papille et que Nathusius et Steinlin ont eu sous les yeux des préparations sur lesquelleslamatière à injection s'était répandue entre les cellules médullaires, à la suite d'une rupture du réseau capillaire.

Ces vaisseaux proviennent du réseau du corps papillaire et du réseau sous-cutané. Ils divergent à la base du follicule et forment là une sorte de cupule d'où s'élèvent des ramuscules qui cheminent, en s'anastomosant, dans l'épaisseur des parois folliculaires, en dehors de la membrane vitrée. Du centre de la cupule se détachent des anses qui se plongent au sein de la papille. Le réseau capillaire du bulbe est peu développé dans les poils de l'homme ; sur quelques longs poils, même sur les cheveux, il manque souvent.

Dans le follicule des grands poils tactiles, chez les animaux, le système vasculaire sanguin prend un énorme développement; il s'alimente sur le cheval, par exemple, à l'aide de vaisseaux qui pénètrent indifféremment par la base et par les côtés du follicule ; de plus, il forme dans l'épaisseur des parois de ce dernier un réseau pseudo-érectile que nous décrirons plus loin avec détails. (Voir les poils dans la série animale.)

b. Le follicule des poils ordinaires reçoit des nerfs, mais la distribution et le mode de terminaison de ceux-ci est encore problématique, malgré les recherches attentives de ces dernières années. L'étude en a été faite, surtout chez les animaux, sur des poils courts et raides qui paraissent préposés à l'exercice du tact.

Il faut distinguer sous ce rapport le follicule du bulbe. On a comparé souvent le bulbe du poil à une papille sen-

sitive modifiée de la peau (Frey) (1) ce qui impliquait l'existence de terminaisons nerveuses à son intérieur, SchÔbl (2) les a cherchées dans les bulbes des poils de la membrane alaire des chauves-souris. Des faisceaux nerveux, qui accompagnent les réseaux sanguins profonds de la peau, partent, d'après Schôbl, des libres pâles qui se dirigent vers la couche superficielle du derme, offrant çà et là de petits renflements de substance nerveuse ; de ces derniers se détachent des filaments qui montent, en se subdivisant, sous la couche de Malpighi, et redescendent pour s'enfoncer dans le follicule au niveau d'un épaississement circulaire formé par l'extrémité supérieure de la membrane vitrée. Une fois entrés dans le follicule, ils descendraient entre la gaine radiculaire externe et la couche vitrée et se plongeraient comme un écheveau inextricable dans un renflement terminal situé au-dessous de l'étranglement inférieur du follicule, c'est-à-dire au-dessous de la papille. Malheureusement ce que Schôbl appelle renflement terminal n'est pas autre chose que le bulbe du follicule comme Lyonnel Beale (3), vStieda (4), Jobert (5) l'ont démontré.

Chez le rat et la chauve-souris, Jobert n'a jamais pu suivre de fibres nerveuses myéliniques ou amyéliniques dans la papille des poils raidesordiaaires. Bonnet (6)

(1) Traité d'histologie, 2° édition française, p. 446.

(2) In Arch. f. microscop. anat., t. IX.

(3) Société de microscopie de Londres, janvier 1872.

(4) In Archiv. f. micros, anat.; janvier 1872.

(5) Etudes sur les organes du toucher. In Annales des se. natur.

(6) Recherches sur l'innervation des poils. In Morphologe Jahrb. Gegenbaur, 1879.

affirme à son tour, dans un travail récent, que les filets nerveux que l'on a cru voir dans la papille sont situés en dehors d'elle. Du reste, Schôbl lui-même a abandonné sa première opinion sur le renflement terminal en cône de pin, dans un mémoire publié en 1872 .

Mais Jobert a vu, sur plusieurs mammifères, les tubes nerveux tnyéliniques venir de plusieurs directions-se mettre en connexion avec le follicule au-dessous du conduit des glandes sébacées, là où il présente une sorte d'anneau» puis « ces tubes se dissociant passent autour du follicule, l'entourent en partie, y pénètrent, perdent leur myéline et se dirigent vers la membrane vitrée en oûV«nt sut leur trajet des renflements fusiformes». x4.rrivés à la membrane vitrée l'auteur a perdu leur trace.

Renaut (1) a observé des tubes à myéline monter danz la gaine lamelleuse et aborder la gaine externe delà racine pour s'y perdre ; mais il n'a pu les suivre au delà.

Bonnet (2) résume à peu près de la manière suivante les résultats de ses études sur les nerfs des poils communs des animaux domestiques :

Tous les poils de ces animaux possèdent un appareil nerveux terminal occupant le même siège, disposé sur le même plan, ne différant que par ses dimensions et son abondance qui sont toujours en relation avec le volume du poil.

Ce système se compose :

1° De filets royéliniques appliqués contre la membrane hyaline que les uns contournent, que d'autres suivent verticalement ;

(1) In litter.

(2) In loc. cit.

2° De filets privés de myéline partant des filets à moelle .

a. Les uns, logés dans les fentes longitudinales de l'hyaline la suivent dans toute sa hauteur; ils se terminent à son extrémité supérieure par une série de renflements situés à peu près tous au môme niveau,

h. Les autres, croisant les précédents, sont situés dans les fentes transversales de Thyaline. Lear terminaison n'est pas tout à fait élucidée, ils sont en dehors des filets verticaux.

Qu'existe-t-il chez l'homme? On Tignore ; on n'a même pas signalé la présence de ce renflement de la membrane vitrée qui paraît jouer un rôle important dans la disposition du système nerveux terminal du poil.

E. Annexes de Vappareil piligène. — A cet appareil sont annexés des glandes sébacées et des faisceaux musculaires. Nous citons ces annexes pour mémoire, car ils ne font pas partie des organes producteurs des poils, à proprement parler.

Les glandes sébacées pileuses comprennent au moins les 9/10 des glandes sébacées. Elles s.ont habituellement disposées par paires, auprès de chaque follicule pileux dans lequel elles s'abouchent à peu près au même niveau, vers le quart supérieur. Il n'est pas rare de trouverles glandes de la même paire très inégales en volume. Beaucoup de follicules n'ont qu'une glande et quelques-uns n'en possèdent pas. (Sappey.) Nous avons déjà dit que, parfois, le poil est si petit qu'il semble être une annexe de la glande sébacée.

Les faisceaux musculaires de fibreb lisses (arrectores pilorum) sont encore appelés muscles de l'horripilation. Ils sont plus développés chez le nouveau-né et l'enfant quechex

l'adulte et le vieillard. On les trouve au nombre de deux ou trois étalés le long du follicule, du côté de son inclinaison, embrassant la glande sébacée la plus importante dans sa concavité. Ils se fixent sur la face profonde du derme par des sortes de petits tendons élastiques et, intérieurement, sur la paroi folliculaire près de son fond ; quelquefois, ils s'étalejit sur cette région et vont s'attacher sur le côté opposé à l'inclinaison du poil.

Ces muscles produisent, en se contractant, le phénomène de l'horripilation; en outre, et ce serait pour quelques auteurs (1) leur principal rôle, ils exprimeraient le contenu des glandes sébacées.

§ II. — Particularités de disposition et de structure offertes par les follicules pileux.

Chez l'homme adulte, les follicules sont clair-semés où les poils sont rares, très rapprochés où les poils sont fournis.

Le cuir chevelu présente une disposition remarquable et caractéristique.

Les follicules y sont rarement isolés; ils sont généralement groupés par 2, 3, 4, et les petits agrégats qu'ils forment sont entouréspar les faisceaux lamineuxduderme. La tendance qu'ont les poils à former des groupes esttelle, qu'on voit souvent plusieurs poils sortir d'une ouverture commune de la peau ; ces poils correspondent à des folli-

ll) Ordônez, Sappey. In Comptes-rendus delà Société de biologie,

F. Hesse. In Zeit .ch. f. anat. und Entwickl. geschichte, 1876.

cules ramifiés. Kôlliker, Westreim, Robin, Sappey, enont cité des exemples.

FiG. 10,

Section horizontale du cuir chevelu traité par l'acide acétique, montrant la distribution des follicules jHeux (Kôlliker). a. Faisceau de tissu conjouctil'; b. groupe de fo.licules pileux.

Comme les poils sont inégaux même dans les régions les mieux fournies, il en résulte que les follicules d'un groupe n'ont pas nécessairement le même diamètre et la même longueur.

Règle générale, le follicule pileux est implanté obliquement dans le derme en conservant une certaine rectitude. L'insertion peut devenir perpendiculaire; alors les cheveux se redressent : on a ce que l'on appelle un épi. Au lieu d'être rectiligne, le follicule pileux du nègre est fortementincurvé en demi-cercle, de manière, ditStewart (1) qu'il semble d'abord pousser vers les os.

Ce follicule est également plus long que celui du blanc ;

(1) In Monthly microscop. journal, 1873, n» 2,

'aséquemment le cheveu du nègre pousse à ti'avers une longue filière incurvée qui, très probablement, lui donne js inflexions onduleuses. L'observation de Stewart est .d'autant plus intéressante qu'elle concorde exactement . avec les faits notés par von Nathusi us (1) sur les poils frisés des animaux. Pour cet auteur, l'absence ou la présence de lia moelle n'exerce aucune influence sur la frisure de la ! laine. La cause de la frisure ne réside pas dans le poil même; le poil ne se frise pas, il est frisé, et sa frisure est ■ due à la disposition spiralée du follicule. (2).

Nous avons déjà dit que certains folliculesne s'ouvraient pas directement à la surface de la peau. Ces follicules rudimentaires sont situés sur le contour d'une glande sébacée ou dans l'intervalle de ses lobules; leurs parois se composent simplement de la couche de tissu lamineux dermique et de la membrane vitrée; enfin, ils manquent de muscles lisses, excepté au niveau du front, où ils possèdent assez souvent deux ou trois petits faisceaux contractiles.

Dans la vieillesse, dans la calvitie précoce et surtout dans la calvitie sénile, les follicules participent à l'état atrophique du cuir chevelu; ils diminuent de volume ; le bulbe se remplit de granulations graisseuses. Nous décrirons ces modifications dans le chapitre de physiologie où nous traiterons de la nutrition et de la chute des poils.

1') La laine du mouton sous le rapport histologique et technologique. Berlin, 1866.

(2) Cela n'empêche pas, comme l'a montré Latteux, que le poil frisé soit elliptique (Soc. d'anthrop., 1877).

Article IV. — Anomalies du système pileux.

Le système pileux présente plusieurs sortes d'anomalies.

Bien qu'il soitrépanduàpeuprès sur toutle corps, le système pileux ne prend tout son développement, chez l'homme, que dans certains points déterminés. Cependant il n'est pas rare de voir des régions, qui en sont privées d'habitude, se couvrir de poils. Il n'est peut-être pas de parties du corps où l'on n'ait signalé des anomalies. Nous citerons, pour mémoire et à titre de simple curiosité, cette fable accréditée chez les anciens par Plutarque et Pline que le cœur aurait été vu couvert de poils (le cœur d'Achille).

Il est fréquent d'observer un développement anormal de poils sur ces petites élevûres pigmentées que l'on appelle signes ou nœvi. Ces nœvi, qui sont habituellement de petites tumeurs vasculaires de la peau, prennent quelquefois une grande extension. M. Gailleton a observé dans son service à l'hospice de l'Antiquaille, à Lyon, une jeune fille de 12 ans dont le cou, la poitrine et les épaules étaient envahis par un nœvus pigmenté couvert de poils (1). D'autres fois, les nœvi se disséminent en grand nombre à la surface du tronc et des membres, et commechacunse garnit d'un petit bouquet de poils bruns, la peau rappelle le pelage du léopard ou du tigre. On en a exposé des exemples à la curiosité publique.

Il arrive aussi que le nœvus se développe aux confins du cuir chevelu ; alors les cheveux envahissent une partie plus ou moins considérable du visage.

(1) Communication orale.

Tout le monde a entendu parler des individus que l'on exhibait il y a quelques années, à Paris, sous le titre à sensation : à'hommes des hois, hommes-chiens. Ainsi que le constata la Société d'anthropologie, ils n'avaient rien de commun avec les singes anthropomorphes ou les chiens ; ils présentaient simplement un développement considérable de poils sur la face;

Nous signalerons à ce propos, lesï'éflexions intéressantes que cette exhibition a suscitées au D"" Magitot (1). Les hommes - chiens offraient un exemple de la corrélation signalée déjà par Meckel, Gœthe, Geoffroy-Saint-Hilaire, Darwin, etc., entre le système pileux et le système dentaire.

Chez eux, l'exagération du système pileux s'accompagne d'une dentition très incomplète ^Incisives — — ^qui nécessite

une alimentation spéciale.

On en connaissait d'autres exemples. Je ne parlerai pas des récits des voyageurs ; je citerai seulement le cas de Teresa Gambardella, rapporté par Lambroso (2). Cette fille, née à Salerne, avait barbe, moustaches et le corps velu, excepté les mains et les pieds; outre les incisives, elle n'avait que deux molaires inférieures.

Ces anomalies, envisagées ainsi dans leurs rapports avec la dentition, démontrent l'étroite parenté qui existe entre les phanères et leurs organes producteurs, et prêtent un appui sérieux aux idées de Magitot et Legros sur Tidentité du développement du follicule pileux et du follicule dentaire. Toutefois, les faits relevés jusqu'à ce jour sem-

(i) In Gazette médicale, novembre 1873.

(2; L'uomo bianco ot l'uomo di colore. Padova, 1871

blent prouver que ces relations échappent à la loi des balancements organiques de Gœthe.

On a vu récemment (femme à barbe), un développement tout à fait anormal de la barbe chez la femme. Hippocrate nous a ti ansmis l'exemple de Phœtuse, épouse de Phidias, Il faut distinguer ces cas exceptionnels, de l'appai iiion fréquente de quelques poils au visage, chez la femme, après la ménopause.

Bricheteau (1) raconte l'histoire d'une jeune dame qui, à la suite d'une gastro-entérite, vit son corps à l'exception des mains et du visage, se recouvrir, de poils noirs d'un pouce de longueur. Au bout de quelques mois, ils tombèrent spontanément. Depuis il n'en reparut pas d'autres.

Nous avons déjà rapporté l'histoire d'une dame dont le tronc se couvrait de poils pendant chaque grossesse et se dégarnissait après l'accouchement.

Les muqueuses sont souvent le siège de poils accidentels. On en aurait vu se développer dans la bouche (Rœdt), le pharynx, le rectum (Sédillot), la vessie. On en rencontre fréquemment dans les kystes dermoïdes.

Toutes ces anomalies de siège n'ont rien d'extraordinaire, car partout où on les a observées, l'embryologie démontre l'existence du feuillet ectodermique.

Le système p'ieux montre aussi des anomalies de développement '11 peut prendre dans les régions où il existe naturellement des proportions considérables. Souvent,ces anomalies sont liées à des lésions existantes ou préexistantes de la partie où elles siègent. C'est là un fait qui a été très bien mis en lumière par Broca (2) ; nous le développerons ailleurs (voir nutrition).

(1) Olivier. Dictionnaire en 30 volumes.

(2) Traité des anévrjsmes.

Art. V. — Des poils et de leurs analogues dans

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