ARTICLE IV. — GREFFE DES POILS
A. côté de la régénération, la greffe trouve naturellement sa place.
P. Bert (d) a résumél'état de cettequestion dansson travail sur la greffe animale et je ne sache pas que, depuis, on ait fait de nouvelles tentatives de greffes pileuses.
Dzondi tenta, le premier, sans succès, de transplanter
(1) De la greffe auimale, 1863.
des poils pour refaire des cils. Dieffenbach vit quelquesuns des poils transplantés continuer à vivre, il aurait obtenu des succès en plantant des poils de chat sur un lapin et des succès plus brillants encore en plantant des poils sur un oiseau. Wiesmann a réussi quelquefois sur lui et sur des amis.
P. Bert a fait plusieurs tentatives qui furent toujours infructueuses. Il a soin défaire observer que l'on peut être trompé par les apparences; ainsi le derme se resserre autour de la racine du poil, le fixe momentanément, mais ce poil ne grandit pas, en un mot, il n'est pas greffé.
Pourquoi les insuccès constants de P. Bert, alors que les productions analogues, les épidermes se greffent avec facilité? Nous en trouvons probablement la raison dans une phrase de Frej où cet auteur nous dit que la « transplantation des poils j)ouruus de leurs follicules réussit parfaitement.» Pourvus de leurs follicules, c'est-à-dire non seulement de leurs gaines radiculaires mais encore delà paroi propre et de la papille, tels sont les poils dont la transplantation réussit, tandis que les poils que transplantait M. Bert étaient préalablement arrachés de leur follicule. Cette différence prouve que la greffe ne réussit qu'à la condition de transplanter les organes phanérophores et que la greffe dés poils consiste au fond àgreffer ces derniers sur du tissu conjonctif, La différenciation des éléments du tissu lamineux en éléments du bulbe pileux est donc très difficile chez l'adulte, malgré le contact de la racine du poil ; quand le sujet a franchi la période formative, on n'obtient plus de tissu phanérophore, il faut nécessairement l'implanter et, dans ces conditions, il vit et continue de fonctionner activement.
Du reste, ce fait a son analogie dans l'histoire des greffes
épidermiques qui, au bout de peu de temps, sont devenues des greffes dermo-épidermiques.