Acte de naissance de Marguerite- Louise
■s Père et mère inconnus. Celle qui la perd aujour- » d'hui dans la foule la récompensera plus tard. »
1. Je prie le leclour de me pardomier celie croix de ma mère, to îi fait iiidispensiible à mon liistoirc. Je sais tout ce qu'en a écrit contre et accessoire psssé de mode.
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— Eh bien! reprit Alfred, ayez foi en Dieu, et peut-être que bientôt il réalisera les promesses de votre talisman.
— Je crois en Dieu ; mais je ne crois pas au bonheur.
11 y avait quinze jours qu'on avait écrit à la nourrice de Marguerite, et l'on ne recevait pas de réponse. Depuis le même laps de temps, Alfred partageait avec Marguerite son appartement de garçon, ce qui scandalisait les femmes vertueuses du quartier. La portière se signait toutes les fois qu'elle entrait, et cependant jamais vierge, flanquée de duègnes et de verrous, ne fut peut-être aussi respectée que l'était Marguerite dans la chambre de l'étudiant.
Un malin avant qu'Alfred fût levé, il entendit frapper violemment à sa porte. 11 ouvre, c'était son père qui venait le voir et lui demander l'hospitalité.
Que répondre à ses questions pressantes : M. Gauthier fronçait déjà le sourcil , car la portière avait parlé.
— Eh bien ! dit-il à son fils, tu as une chambre disponible, je vais en prendre possession.
— N'y entrez pas, mon père, je vous en conjure, dit Alfred en tremblant.
— 11 serait dommage, en effet, reprit M. Gauthier, de troubler le sommeil de l'innocente créa-
ture qui repose là, près de vous. Ah ! c'est ainsi qu6; vous vous conduisez, monsieur l'homme sérieux. Jevous emmène avec moi, mais avant je veux chasseï moi-m.ême celle qui vous a détourné de vos devoirs.
— Mais, mon père...
— Taisez-vous! je vous défends de parler.
Le bruit de cette explication avait réveiUé Marguerite; elle s'était levée et ouvrait la porte ; son visage étincelait de majesté. Elle jeta sur M. Gauthier un de ces regards qui foudroient, et lui dit avec calme:
— Malgré les apparences, je suis innocente, monsieur, et je vous engage à nerien ajoutera ce que vous avez déjà dit, si vous tenez à ne pas m'injurier davantage. Je ne suis point une aventurière, et si vous avez une fdle, sachez que je suis son égale.
— Oui mon père reprit Alfred, Marguerite est honnête, et peut-être que bientôt elle sera riche. Il y a sur sa naissance un mystère que je veux sonder.
— Mademoiselle, reprit monsieur Gauthier, s'appelle Marguerite?
— Marguerite-Louise, née à Lille, le 20 mars 1830, reprit la jeune fille.
— Pourriez-vous prouver ce que vous avancez? dit M. Gauthier avec surprise?
— Certainement, monsieur, reprit Marguerite; et cette preuve ne m'a jamais quittée, ajouta-t-elle en tirant le petit sachet de sa poitrine.
La stupéfaction de monsieur Gauthier avait sa '3ause. Il venait à Paris comme notaire, pour remettre m fisc la succession vacante d'une vieille clianoinesse ïui léguait ses biens à une jeune fille qu'on ne pouvait retrouver. Celte jeune fille c'était, à n'en pas louter, la Marguerite, l'orpheline, née le 20 mars 1830, à Lille, ainsi que l'indiquaient simultanément e sachet et le testament. La succession était évaluée cinq cent mille francs.,
Sans préambule ni précaution il crut devoir révéler il la jeune fille la fortune qui l'attendait. ' Marguerite apprit qu'elle était riche, sans cupidité, ;ans orgueil. Elle porta ses regards vers Alfred, et ui offrit sa main.
Alfred la couvrit de baisers. Un mois après, la ville le Draguignan assistait à la bénédiction nuptiale de ies jeunes tourtereaux, et M. Gauthier fils disait i M. Gauthier père :
— J'ai su trouver à Paris une jolie femme et une jelle dot; cela vaut bien un diplôme.
MIXlTf A ROUEN