‹ Poisons et sortilègesChapitre 3 sur 32 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

verve du romancier, mais que l'historien ne peut accepter sans hérésie. Certes, il est des légendes qu'il convient peut-être de ne pas déflorer, et le souci de la vérité historique ne doit pas en faire oublier le charme pénétrant, ni la poétique morale. Mais celles-ci doivent être détruites, qui nous présentent l'humanité plus mauvaise encore qu'elle ne l'est, qui sont à la honte, et non à la gloire des sociétés passées.

Les légendes d'empoisonnement qu'on a créées et propagées autour de certains personnages historiques sont de ce nombre ; nous n'entendons pas ici faire une œuvre apologétique ; nous sommes restés impartiaux dans l'analyse des documents qui ont servi à asseoir notre jugement, et nous avons pu ainsi acquérir la conviction que les verdicts des contemporains et de la postérité ont été le plus souvent dictés, moins par le seul souci d'une justice intégrale, indifférente aux clameurs populaires, que par les passions politiques qui aveuglent l'opinion publique et l'entraînent aux pires exagérations. Et c'est ainsi que nous pourrons montrer que la plupart des crimes imputés aux empereurs romains, à Catherine de Médicis, à l'entourage de Louis XIV, au Régent, à Louis XVI, sont des crimes imaginaires, dont il convient de laver leur mémoire.

11 n'en est malheureusement pas de même au

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