‹ Poisons et sortilègesChapitre 4 sur 32 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

point de vue social ; si le poison a épargné les tètes couronnées — probablement parce que plus vulnérables par d'autres armes, — il a causé de véritables épidémies qui ont, à plusieurs reprises, ravagé la société, et provoqué dans les esprits cette inquiétude morbide, qui est comme la caractéristique de la mentalité humaine, à ces périodes troublées.

Mais il faut tout d'abord établir les liens qui unissent le poison à la sorcellerie, le crime à la superstition. C'est un fait constant, en effet, que chaque épidémie d'empoisonnement est en rapport direct avec une épidémie de sorcellerie. Lorsque l'homme cherche dans le culte de Satan, dans le commerce des démons, la satisfaction de ses ambitions et de ses passions, fatalement il est amené à user du poison. Et la raison en est simple : si les pratiques de magie noire peuvent parfois réussir — et la preuve n'en est pas donnée, — ce n'est que dans des circonstances tellement spéciales, que bien rarement le sorcier peut les réaliser. Aussi, dépité par l'insuccès, mais persévérant dans son intention nocive, il demande au poison la faveur que le démon lui refuse. L'histoire des empoisonnements est donc celle de la sorcellerie, ou plutôt toutes deux sont corollaires l'une de l'autre, et reconnaissent les mêmes origines : le mauvais instinct qui pousse un homme dans la voie du mal, le déchai-

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