‹ Poisons et sortilègesChapitre 5 sur 32 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

nement des passions que ne modère plus le frein de la conscience.

Ces sorciers et sorcières, qui pensaient, au moyen âge, jouer un rôle utilitaire en venant au secours des malheureux qui leur faisaient appel, Michelet nous les a montrés mettant à profit la solitude où ils vivent, pour apprendre empiriquement les vertus des plantes et des pierres de la forêt qui les abrite. Puis, plus tard, ayant pour ainsi dire acquis droit de cité, grâce à la complicité tacite du pouvoir, qui les reconnaissait presque officiellement, puisque tous, grands et petits, voulaient s'y faire initier, ils tinrent boutique et continuèrent leurs recherches savantes. Ils devinrent faux-monnayeurs, et perfectionnèrent leurs procédés d'empoisonnement. Les ravages qu'ils causaient allaient croissant, jusqu'à ce qu'enfin, le sage génie d'un Colbert les détrôna de cette autorité usurpée, et que la police se décida aies traquer. Ils rentrèrent alors dans l'ombre, mais persévérèrent dans leurs entreprises avec cependant moins de succès et moins de sécurité.

La science vint au secours de la société menacée ; mais, hélas I malgré le dévouement, le talent et l'opiniâtreté des savants, elle resta toujours en arrière; elle fut constamment battue dans cette lutte; leurs découvertes, péniblement et lentement établies, grâce au jeu logique de la raison et de la

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