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SAINT-PIKRBE-LE-PUELLIER.^ LÉCENDE DE SAINTB-LOUBETTE. — SAIKT-RILAIRE-LA- CELLE. — MB DE PEMTHIÈVRE. — LE COLLÈGE. — LES JACOBINS. — LES COB- "DELIEBS. " CAOTHtER DE BBU6ES ET SA CHRONIQUE. — LE PALAIS DE LA CITlS. — MAISON DE LA RENAISSANCE.
Le quartier presque désert qui s'étend à la gauche du
(1) Une notice spéciale fait connaître Tintérieur du temple St-Jean et les monuments qui y sont déposés.
temple St-Jcan jusqu'au nouveau couv ent des lUles de Notre- Dame et jusqu'à celui des Carmélites , n'offre que peu d'intérêt ai'chéologique ; on rencontre cependant quelques murs soutenus par des conire-forts provenant de l'ancienne collégiale de St-Pierre-le-PuelUer {Sanctus^PetrW'-PmUarum) (1), qui était d'abord un monastère de filles, et dont la fondation est racontée dans une vieille légende qu'on trouve citée textuellement dans le bulletin de la Société, 1838 , p. 3.
D'après cette vieille chronique , une sainte fille , nommée Loubette , après avoir été longtemps au sei*vice de l'impératrice Hélène, mère de Constantin, et avoir assiste a Jérusalem à la découverte de la vraie croix , désira retourner dans la Bretagne , où elle était née. L'impératrice lui donna , en récompense de ses bons services, un morceau de la vraie croix et de la couronne d'épines* Loubette plaça ces reliques dans sa gibecière^ et se mit en route à pied. Elle dut employer beaucoup de temps pour faire de cette manière un voyage aussi long , car n elle étoit de petite stature , bossée et boy- » teuse , tort débile, et à peine pouvoit cheminer. » Quoi qu'il en soit , Unt elle cliemina qu'elle alla jusqu'à Poitiers , ou , se sentant fatiguée , elle se coucha , avant d'entrer dans la ville, sous un sureau aux branches duquel elle suspendit sa gibecière 9 et s'endormit. Lorsqu'elle se réveilla , elle voulut reprendre cette gibecière ; mais la branche à laquelle elle l'avait pendue ce se esleva si très-haut , que ladite vierge ne pouvoyt avoir sadite gibecière, n Elle alla trouver l'évêquc de Poitiers, qui, après avoir reconnu le miracle, l'engagea à se présenter au comte de Poitou ^ et à solliciter de sa piété les moyens d'édiCer une église et d'entretenir
(I) Les chapelains étaient à la nomination de Tabbesse de la Tri* nité.
un chapitre de qkrcs et des prAres pour y fiiire le service
divin. Le comte de Poitou fut moult lie et joyeux , dit la lëg^de. Il parait cependant que sa générosité n'égalait pas sa joie , car ne pouvant se dispenser de céder aux in-> stances qui lui étaient faites , il accorda à Ste Loubette y pour la fondation nouvdle y autant de terre qu'elle « pouvoyt cir-r cuyr en iingjour , » espérant par là s'en tirer à bon marché, Le lendemain | Loubette se mit en route accompagnée des senrileurs du comte. Mais , contre toute attente , la pauvre fille , de petite stature , bossëe et boyteuse^ marcha si bien , qtt*avant qu'il fut midi, elle avait déjà fait un chemin imr ttense ; la terre s'élevait sous ses pas et formait une levée , afin que (c débat n en survînt au temps à venir. >} Le comte ^ccounit tout effrayé et lui fit entendre qu'elle devak se contenter de ce qu'elle avait acquis , et elle voulut bien y consentir. On montre encore sur les bords du Clain la levée 4e terre , ainrî formée miraculeusement ^ et TenditMl où Ste Loubette traversa la rivière à pied sec.
11 existait avant la révolution, a St^Pierre-le-Fuellierji un chapitre de chanoines qu'on appelait les Chanoines de t Entonnoir , parce que les revenus de leurs prébendes coa-« atsiaieat uniquement en vignes*
A peu de distance de remplacement de St-Pierre-le- Puellier, subsiste encore une partie de l'église appelée ^JSfÂfatir0--dM0-Ce& ( CMt^S0neli*Hihaii) , bâtie sur l'emplacement d'une autre plus ancienne y qui portait le même nom, et dans laqueUe la tr^ition plaçait le tombeau de St Hilaire(l). St-Hilaire-de-la-Celle était, avant la révolution^ une abbaye de Génovéfains ; l'église, dont il ne reste aujourd'hui que les transsepts et le chœur, avait, en
(i) Voir ce (|ui a été dit à ce sujet y à propos de l'église de St-Hilaîre.
outre, une oef ati'eclëe au service d'une paroisse : le clocher s'élevait au centre des transsepta , entre la nef et le chœur. Vers le bout de la nef, était une cliapelle souterraine , où l'on prétendait que St Hilaire disait la messe et avait été enterré; et dans le mur était un bas-relief qui est aujourd'hui plaeé à gauche en entrant. Ce bas-relief^ malheureusement mutilé, représente, dit-on , la cérémonie de la sépulture de St Ililaiic. J>esly dit qu'il faisait partie du tombeau d Adèle d'Angleterre , femme d'£bies Manzer , comte de Poitiers» Dufour combat cette opinion , et croit qu'il provient du tombeau de Gerloc , femme de Guillaume Tête-d'étoupes. Mgr d'Orléans pense que ce bas-f^lief a servi de retable d'autel el qu'il représente l'apothéose de St Hilaire (1).
Vis-à-vis le flanc de la chapelle des Carmélites s'ouvre la rue de la Gelle-^t-Hilaire. En remontant cette rue, cm remarque, à droite, une porte d'architecture ogivale qui 4£>nue entrée dans une rue assez étroite, la rue de JPei^ thiévre, à l'extrémité de laquelle on aperçoit une autre porte. Cette rue était destinée, dans le moyen-âge , à l'habi-" tation des juifs; et, chaque scmut, à l'heure du couvre-feu , on fermait les deux portes jusqu'au lendemain matin.
Le collège royal, situé un peu plus loin, est établi. dans les bâtiments de l'ancien collège des jésuites, qui occupent l'en^ placement des collèges de Saintc-IMarLhe et du Puygarreau. La chapelle et la plupart des constructions actuelles datent des premières années du xvn* siècle. Les bâtiments , qui s'étendent sui^ les deux côtés de la rue, sont réunis par un pont couvert ; leur apparence extérieure est fort triste ; mais dans l'intérieur on trouve de grandes cours , de vastes salte» , une distribution commode et de beaux jardins. (Voir pl. xii.)
Ci) Voir un Mémoire de M. Rëdek , BuUetiu
La chapelle y fondée en 1608 , se compose d'une seule nef* La sculpture , la peinture , la dorure ^ ont été employées arec vwès peut-être à la décoration de Tautel et du retable; le tabernacle , orné d'incrustations d'écailie et de divers métaux y est d*un travail précieux. Cette chapelle a servi , pendant la révolution , de club et de salle décadaire.
La rue du Fuygarreau , située presque vis-à-vis la chapelle du collège , conduit, par la rue du Chaudron-d'Or, à la rue des Jacobins. Dans celte rue se trouvait^ à droite , le couvent des Jacobins y fondé en 1218 ; les bâtiments qui ont été l'econstruits en 1714 existent encore dans la rue d'Orléans , au coin de laquelle on remarque un pilastre provenant de l'église. Derrière les maisons qui forment le côté gauche de la rue des Jacobins^ subsistent aussi quelques bâtiments provenant du couvent des Gordeliers , fondé dans le xm* siècle, qui occupait tout l'espace circonscrit par les rues des Gordeliers, des Jacobins , du Ghaudron-dXk* , et dont l'église est renfermée dans la maison 45 de la rue des Gordeliers (1). Un assez grand nombre de chevaliers et d'écuyers tués à la malheureuse bataille de Poitiers furent enterrés dans ces deux couvents. Bouchet donne leiil*8 noms dans ses Annales , p. 202 et 204.
Le couvent des Gordeliers rappelle le souvenir de Gau- 1 hier de Bruges, é\è(jue de Poitiers,, et de la chronique dont il est l'objet. Gette chronique a été racontée par un chanoine de Loudun , sur la foi d'un écuyer du pape , (pi'on présente comme ayant été témoin oculaire de cet événement.
(1) Gette église n'oilre rien de remarqaaMe que quelques inscriptions encastrées dans le mur. L'une est Tépitaphe d'Âudry Marchand , conseiller etchambellan des roisCharles YI et Charles VIT , et prévôt deParis »
mort à Poitiers, le jour de Ste-Anne 1439- l'autre rappelle la mémoire de Jean d'Aubigné, écuyer, licencié ès iois^ décédé le 20 août 1519»
Gauthier de Bruges^ religieux cordelier^ aussi vertueux que savant , avait été placé sur le trône épiscopal de Poitiers par le pape Nicolas III. Une question de piimaLie s'étant élevée esatre rarchevéque de Bourges et l'archevêque de
Bordeaux Bertrand de Goth , révêque de Poitiers rccoiiuul la suprématie de l'archevêque de Bourges , et fut chargé par lui d*exercer quelques actes de juridiction ecclésiastique contre son rival- Celui-ci étant devenu pape sous le nom de Clément Y , par la protection de Philippe le Bel , déposa l'évêque de Poitiers et lui enjoignit de se retirer dans son couvent. Gauthier se soumit àTautorité du souverain pontife; mais en même temps il réclama contre l'abus de pouvoir dont il était victime, et il appela de la sentence de déposition à Dieu et au futur cofidie. Peu de temps après , étant au lit de la mort , il voulut être enterré son acte d'appel à la main. .-^ Lorsque Clément V vint à Poitiers pour traiter avec Philippe le Bel d'affaires importantes et secrètes , il logea au couvent des Cordeliers , dans l'église duquel Gauthier avait été enterré; ayant entendu parler de Pacte d*appel que Pancien évêque avait voulu emporter avec lui, il eut le désir de le voir , et ordonna d'ouvrir le tombeau. Ce fut au milieu de la nuit, à la lueur des torches^ que le tombeau fut ouvert. Un ardiidiacre du pape descendit dans le caveau et ti'ouva en effet l'acte d'appel dans la main de Gauthier; mais lorsqu'il voulut le prendre , il lui fut impossible de l'arracher, tant la main qui le tenait le sériait avec force. Le pape ordonna à Parchidiacre d'enjoindre à Gauthier de làclier Pacte d'appel , sous peine de désobéissance. L'archidiacre fit l'injonction au nom du souverain pontife, et promit au mort de lui rendre son appel quand le pape l'aurait lu. L'évêque alors laissa aller l'acte. L'archidiacre le remit à l'un des assistants pour le donner au pape j mais lorsqu'il vou-
lut sortir du caveau, il se sentit an'été par une force invincible qui le retenait comme otage, il resta dans cette positioQ jusqu'à ce que, le pape lui ayant rendu l'acte d*appel , il put le replacer dans la main de Gautliier , qui s'ouvrit pour le recevoir; alors il sortit librement du tombeau. Clément Y , voulant réparer son injustice , rendit de grands honneurs à la mémoire de Gauthier.
C'est à Poitiers que fut conclue , en 1 306 , entre Clément V et Philippe le Bel, la suppression de Tordre des Templiers. Le pape demeurait aux Gordeliers , le roi aux Jacobins ; et pour qu'ils pussent communiquer facilement et secrètement^ on avait construit au dessus de la rue actuelle des Jacobins un pont allant d'un des couvents à l'autre.
Clément V resta à Poitiers avec toute sa cour pendant près de seize mois; il y manda le grand maître des Templiers, Jacques Molay , qui était dans l'ile de Chypre, et qui vint à Poitiers escorté des principaux commandeurs et chevaliers de son ordre. Après plusieurs entrevues dans lesquelles le pape l'entretint d'alFaires tout à fait étrangères au projet qu il avait conçu , le grand maître se rendit à Paris ; peu de temps après il y fut arrêté avec ses compagnons^ et le même jour tous les templiers qui étaient dans le royaume subirent le même sort. La poursuite du procès ayant été confiée aux ministres de l'inquisition , le pape réclama et soutint que les Templiers étant soumis immédiatement au saintsiége, lui seul avait le droit de les juger» Le roi se rendit à Poitiers , et il fut convenu que les procès des Templiers ser raient continués dans chaque diocèse devant les évêques et archevêques I assistés d'un inquisiteur» Cependant le pape fit venir à Poitiers soixante-douze chevaliers pour les interl'oger, et les renvoya ensuite à Paris (1).
(I) Thibaudeau , t. 2 ^ p. 22ô et auir.
Les maisoas de la rue des Cordeliers , du côté oj^posé a l'ancienne église , ont été construites sur les fossés à\k faims ^ dont elles masquent les murailles. 11 faut , pour pénétrer dans cet antique bâtiment y faire le tour par la rue St-François , et descendre cette rue jusqu'à la place St-Didier. On voit alors , à droite , un de ces péristyles grecs ^ consistant dans un fronton soutenu par des colonnes ^ que rarchiteo» ture moderne emploie indistinctement pour en faire Tentrée d'une église I d'une salle de spectacle, d'un corpa-Kle-garde, ou d'une inaipie* Quand on a traversé le péristyle et le ves»- Hibule qui forment avantr-corps , on entre par le milieu d'un des grands o&tés dans une vaste salle gothique de 49 mètres 30 centimètres de long et de 17 mètres de large. C'était autrefois la salk des gardes des comtes de Poitou ; c'est aujourd'hui la sidk des pas perdus du palais de justice. Telle est la destination actuelle de la plupart des anciens palais : de tous les attributs de souveraineté qui y réaidaient autrefois y il n'y reste plus que la justice (1),
Il parait certain que dés Tépoque de la domination romaine il exisiait un palais sur cet emplacement; c'est ce qu'attes* tent des substructions qui ont été découvci Les à plusieurs reprises. Quoiqu'on n ait point la date de sa fondation , on croit pouvoir la placer au temps du gouvernement de Julien dans les Gaules. Les Yisigoths vainqueurs y remplacèrent tes Romains , puis en furent chassés par les rois francs | après la défaite d' Alaric. Les princes de la première race y battirent monnaie. Il e^uste encore deux tiers de sols d'or qui y ont été
(i) A droite du vestibule est le tribunal de preoiière instance^ à gaiiche> la chambre des avocats et la salle d'audience de la justice de paix; les salles de la cour royale sont situées à l'est du bâtiment; au nord , sont le
greile et la bibliothèque.
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frappés par Ghildebert. Sous la seconde race, le palais continua à être une résidence royale. Louis le Débonnaire y
séjourna souvent ; il y célébra notamment les fêtes de Noël en 839 (1). On a de lui un acte qui se termine ainsi : jéeHim Pictavtscwùate palaUoregw (Mabillon, De re dtplomaticà , p. 314, u° 1 1 4). Pépin U, roi d'Aquitaine , y faisait aussi frapper monnaie. Lorsque les comtes de Poitou créés par Charlemagne se furent rendus héréditaires , ils habitèrent le palais , auquel on donnait le nom ^Aula. Ces nouveaux souverains devinrent en effet le centre d'une vé* ritable cour. Détruit par les Normands, le palais fut reconstruit par Guillaume Y , comte de Poitou , qui le fortifia et l'entoura de fossés profonds qu'on remplissait d'eau à volonté ; il y tint un plaid en 4044. Le l'''^ janvier 1052 , sa veuve, Agnès de Bourgogne, remariée à Geoffroi Martel, comte d'Anjou , y vint avec ses deux enfants du premier lit, pour y faire proclamer solennellement Tainé comme comte de Poitou et duc d'Aquitaine sous le nom de Guillaume VL Sa race s'est perpétuée jusqu'à Aliénor, dont le mariage avec Henri il , roi d'Angleterre , mit le Poitou au pouvoir des Anglais. Cette princesse, célèbre dans notre histoire, son époux, ses fils, et particulièrement Richard Gœur-de-lion , ont souvent habité le palais de Poitiers*
Lorsque DuGuesclin, Clisson et tant d'autres braves guerriers eurent chassé les Anglais de la France, Jean, duc de Berri, qui avait vûUamment combattu avec eux, reçut de son frère Charles V le comté de Poitou ; il s'attacha à rehausser l'édat de sa victoire par des travaux utiles , au nombre desquels il faut placer la rcconslniclion du palais et celle du château élevé par ses prédécesseurs au confluent de la £oivre
(I) Dufour, p. 282.
et du Clain. Cette dernière demeure, placée aU milieu de frais ombrages, sur les bords des deux rivières, Ait préférée par lui à la solennité du grand palais , qu'il consacra à l'ad*ministratioQ de la justice et aux cérémonies d apparat.
Une partie du [)alais constiuit par le comte Jean , vers 1 395 y subsiste encore aujourd'hui; c'est d'abord la salie des gardes , que quelques auteurs croient même antérieure à cette époque (1). Les murs de cette salle sont ornés d'arcatures d*un côté en plein cintre, de Fautif en ogives. On ne sait si cette différence provient d'une restauration , ou sim* plemenl du désir de varier l' ornementation. Dans la façade du sud 9 attribuée au comte Jean , s'ouvrent trois grandes It'uêtres en oisives IrilobL'cs, au dessus desquelles règne une galerie décorée de pinacles à ogives flamboyantes ornées de bouquets , de feuilles frisées et surmontées de statues. L'effet de cette façade est gâté par des conduits de cheminée qui s'élèvent extérieurement au milieu de chacune des trois fenêtres, qu'ils bouchent en partie. Ces conduits servaient à un immense foyer qui occupe presque toute la largeur rie la salle 9 et qui est surmonté par une large frise ornée de rinceaux et surmonté de trois écussons 2 ). Les constructions qui ont été ajoutées sur les lianes de la salle des pas perdus y pour le service du palais » ont nécessité la clôture de fenêtres dont on aperçoit encore les traces dans quelques endroits. Par suite de cette suppresâon, la salle est aujour-
(1) Dufour et Thibaudeau attribuent cette salle au comte Jean. M. de la Fontenelle, Revue Anglo-Française , t. ô, p. 109, distingue entre la façade et le reste de Tédifice qu'il croit plus ancien et qu'il fait remonter à la fin du XI* ou au commencement du siècle \ M. de Gaumont le reporte à la fin du xn*.
(2) Le foyer, dont le devant a été muré, a reçu une destination analogue à son ancien usage \ il sert aujourd'liui de bûcher à la cour.
d'hili un peu obscure. Le tout est supporté par une belle diarpente en châtaignier. C'est dans cette salle que Charles Vil a été proclamé solennellement roi de France , en 1422. Les différentes pièces a&ctées au serrioe de la cour royale communiquent avec la salle des pas perdus. La deuxième chambre siège dans le local de l'ancien prësidiaL L'arcade qui divise cette salle en deux fut relevée en 4608 , sous le règne de Henri IV. La première chambre tient ses séances dans Tancienne chapelle , qui fut aussi relevée et rétablie à la même époque. La cour d'assises a été reconstruite , il y a quelques années, sur remplacement de l'ancien bureau des finances*
Une autre partie de l*ancien palais est située derrière la cour d'assises. C'est un bâtiment ayant la forme d'un rectangle allongé , flanqué à chacun de ses quatre coins par des toui*s ; les murs, extrêmement épais et solides, sont ornés vers leur extrémité par des statues colossales, lesquelles portent sur des consoles , figurant diflSirents personnages. Le rezde-chaussée de cette salle forme quatre travées en ogives soutenues au milieu par m rang de piliers. Les deux travées des extrémités ont été envahies par les voisins ou cédées par l'Etat , et il ne reste plus à la disposition de la cour que celles du milieu , lesquelles sont divisées par une cloison, de manière à former deux pièces pour les témoins. Le pi;emier étage se compose d'une grande salle rectangulaire qui a été coupée dans une de ses extrémités par un mur de manière à former un vestibule , et de quatre cabinets pratiqués dans les quatre tours; des fenêtres de cette salle et des cabinets, on peut apercevoir quelques-unes des statues ; mais |X)ur voir l'ensemble des bâtiments, il faut se placer dans le jardin de la maison n^ 18, de la rue des Gordeliers. (Voir pl. xiu.)
Le bâtiment est probablement la tour de Mattbergeoji , de
laquelle relevait le fief du Poitou ; et le nom de Maubergeon , d'après Dufeur , serait la transformation du mot germanique Mcdhberg, qui indique le lieu où l*on rend la justice (1). Dans le mur est de la grande salle s'ouvre une porte cintrée ornée à l'extérieur de plusieurs rangs d'archivoltes ; cette porte conduit dans le passage en pente nommé VÉchelle^u- - Pakds. En suivant ce passage j on se trouve dans la rue du Marché , non loin de Notre-Dame.
U faut remarquer I en se dirigeant vers l'église , sur le coté droit de la rue , une maison de la renaissance , élégamment ornée de pilastres et de frises. Au dessus de la croisée de droite du premier étage , on lit dans un cartouche : m DEC coNFioo , 1 557 ; au dessus de la croisée de gauche se trouve, dans un autre cartouche, l'inscription suivante : HOC B8T REFUGiON {stc) VBUH, 4557. il u'cxistc aucunc tradition sur cette maison et sur son fondateur. (Voir pl. xiv.)