De Contades, loc . cil
passeport pour aller à Bade. Cette pièce, dont nous avons la bonne fortune de donner un fac-similé 1 , nous offre le
Facture de Fleuriste pour la Dame aux Camélias (il n’y a pas de camélias).
portrait, sans flatterie, de celle qui tenait dès ce moment le haut du pavé de la galanterie parisienne.
F. Nous en devons la communication à M. Noël Charavay, l’expert en autographes dont tous les amateurs ont éprouvé l’obligeance.
Passeport de la Dame aux Camélias.
Voici le signalement de la dame : « Agée de vingt et un ans, (elle n’avait, en réalité, que dix-huit ans et demi), taille 1 m. 67, cheveux châtains, front moyen, sourcils bruns, yeux noirs, nez bien fait, bouche petite, menton rond, visage ovale, teint pâle. »
Un second passeport lui fut délivré quatre ans plus tard, celui-là plus exact, à l’occasion d’un voyage que Marie Duplessis fît en Angleterre, en compagnie d’un jeune attaché de ministère, porteur d’un des grands noms de France.
Son physique est ainsi décrit dans le document officiel : « Agée de vingt-deux ans, taille 1 m. 65, cheveux châtains, yeux bruns, nez bien fait, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, teint ordinaire. » L’accorte personne se rendait en Angleterre, pour y épouser celui qui lui avait promis sa main 1 . Les deux mariés « à l’anglaise » revinrent séparément. Marie Duplessis, à son retour à Paris, timbra ses effets, sa voiture et son argenterie, d’une couronne comtale, elle se réinstalla au 11 du boulevard de la Madeleine, où elle occupait un appartement d’un loyer de 805 francs par terme, outre une écurie rue Caumartin, 35, pour laquelle on payait 800 francs par an 2 .
On a prétendu que le gentilhomme dont le nom n’a pas à être cité, n’eut pas le courage d’assumer la responsabilité de l’engagement qu’il avait contracté; nous croyons savoir que l’idylle se serait terminée par une union régulière, sans la Camarde qui contrecarre tous nos projets : le jeune homme était phtisique, la mort ravit à Marie la couronne de comtesse dont elle espérait se parer. Mais il lui restait plus qu’un titre nobiliaire, plus qu’une fortune, le moyen d’en
1. L’acte de mariage a été publié par le Gaulois (3 octobre 1896), mais le nom de l’époux y a été effacé.