DROITS DE L'ÉTAT
— Et l’État qu’en faites-vous ?
— J'en fais, j'en fais... Tiens, as-tu lu le journal? Il y a là, résumés en quelques phrases, les droits de l’Etat en matière d'éducation.
C'est un de nos évêques, Monseigneur Cloutier, qui écrit. Je lis.
Le rôle de l'État est uniquement de protéger les droits, et, selon que les besoins le requièrent, d'aider à l’accomplissement des devoirs.
Comme protecteur des droits et gardien de l’ordre pur blic, il peut oxercer un contrôle sur les institutions scolaires où l'infraction aux règles de l'hygiène créerait un péril grave pour la santé publique, ou pour la morale.
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administrer, sans toutefois les ustraire à la direction de l’Église pour le côté religieux moral, des écoles spéciales techniques, navales, miliires; établir, là où l'initiative privée ne saurait y pourir, des écoles supérieures d'industrie, d'agriculture,
ujours en tenant compte des droits de la conscience de l’autorité religieuse.
Mais en dehors de ces cas d'intervention
— Non. L'Église seule peut faire aux parents n sont empêchés ni par la Pauvreté, ni
able, un devoir de conscience de Procurer à leurs en- -
ts quelque instruction, si élémentaire soit-elle, en rapt avec leur condition. Toutefois c’est un devoir de rité, non de justice. Or l'État n’a pas le droit d’interir quand la justice n’est pas lésée. Pas plus qu’il n’a lroit de s’immisces dans ta cuisine pour t’imposer un au plus favorable au développement de tes enfants. nc tu as compris ?
- Parfaitement et je m'en souviendrai. C’est d'’ails plein de bon sens.
- Bonne nuit.
- Bonsoir,
Pourquoi le gouvernement de Québec n'impose pas l’intruction obligatoire.
Deux ouvriers, Jacrues Marchand et Pierre Beaudoin, abordent au sortir de l'usine une question souvent discutée au club, et dont l'étiquette sonore figure en évidence dans le programme du parti ouvrier.
Jacques — Ah ! si nous l’avions enfin, l'instruction obligatoire, les Canadiens français obtiendraient partout les meilleures places et chacun de nous deviendrait vite aussi riche que les plus riches Anglais.
PrEeRRE — Pourquoi done le gouvernement la refuse-t-il ?
Jacques —- Si je comprends bien nos orateurs et mon journal, c’est qu'il aurait peur des castors et des curés qui veulent tenir le peuple dans l'ignorance.
Pierre — Pour les castors, je n’en ai jamais vu. Quant aux curés, s'ils sont tous comme le nôtre, j'en doute fort. Car les enfants m'ont dit qu’il visite souvent l’école, s’irforme de chacun, encourage et récompense les travailleurs. Ainsi pas plus tard que dimanche dernier, il à fait une sortie contre les parents qui n’envoient pas leurs enfants à l’école, ou les retirent trop tôt. Ila même affirmé que les parents négligents pouvaient se rendre coupables d’une faute grave. Mais voici M. Lajeunesse, notre orgapisateur électoral; il doit être au courant de tout cela, lui... Bonjour, M. Lajeunesse, vous reconnaissez vos
amis, je suppose. Ça va toujours bien dans la politique
depuis les dernières élections ?
M. LAJEUNESSE — Pas mal du tout ! Le gouvernement est très fort, grâce à vos votes, mes chers amis. peut faire tout ce qu’il veut.
Jacques — Mais alors, pourquoi ne nous donne-t-il pas l'instruction obligatoire, afin que nous puissions avoir les meilleures places et devenir aussi riches que les Anglais ?
M. Laseunese= — Des mots, des mots tout cela. Il ne faudrait pas croire que la réforme opérerait un tel boule-
versemen
que vous, qui leur conte ces PIERRE le gouver redoute de nos votes de fer de Pourquoi M. Las ne la donr parce qu’e pas.