XXXII INTRODUCTION
1*' mai 1910 que soot entrés en vigueur les nouveaux tarifs.
Enlre temps l'opinion publique s'était occupée en France de l'abaissement à 10 centimes de la taxe des lettres échangées entre la France et l'Angleterre. 11 n'a paru possible ni à M. Millerand, ni à M. Samuel, postmaster général de Grande-Bretagne, de réaliser une pareille réforme, si désirée qu'elle soit de l'un et de l'autre côté du détroit. Des difficultés budgétaires, qui ont semblé insurmontables, au moins pour le moment, s'y sont opposées. M. Samuel a dit à la Chambre des communes que l'abaissement du timbre à dix centimes avec la France causerait dans le budget anglais un déficit annuel d'environ 2 millions 1/2, et qu'au surplus, si cet abaissement était adopté, il faudrait aussitôt l'étendre à plusieurs autres pays voisins, ce qui porterait le déficit budgétaire à une dizaine de millions. De son côté, M. Millerand a reconnu qu'après l'établissement récent en France du timbre à dix centimes, il était prématuré de réaliser la réforme demandée. Il n'en demeure pas moins d'ailleurs que, dans ce même ordre d'idées, M. Millerand a tenu à marquer son passage aux Postes par l'établissement du timbre à 10 centimes dans nos rapports avec
INTRODUCTION xxxiii
]<' grand-duché de Luxembourg, auquel l'Allemagne, depuis longtemps, avait accordé cet avaulage.
Ce que M. Millerand n'a cessé d'avoir en vue, ce qu'il tenait par-dessus lout à mettre en œuvre,, c'était la réorganisation complète de l'administration des postes, télégraphes et téléphones, c'était l'établissement, par les soins de l'Etat, de grands services industriels, adaptés aux nécessités modernes, aux exigences de l'époque, exploités avec le même souci de progrès constant qui est la règle des entreprises privées, outillés enfin en prévision du rendement intense et des services que le public d'aujourd'hui a le droit d'exiger d'eux. M. Millerand avait donc prévu la refonte totale des postes et télégraphes, et, comme il l'avait fait en 1900, il avait élaboré lout un nouveau programme de réorganisation générale qu'il se proposait de soumettre au Parlement.
A de grands besoins, à de grandes exigences M. Millerand voulait faire face par une grande réforme. En même temps qu'il améliorait notablement la situation du personnel postal, M. xMillerand prévoyait une augmentation con-