‹ Politique de réalisations [par] A. MillerandChapitre 17 sur 73 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

services téléphoniques. La réorganisation des services sera là plus aisée, puisque la Chambre de commerce de Paris s'est déclarée prêle à consentir à ce propos une avance de 20 millions à l'Etat. C'est à la suite des négociations engagées par les soins de M. Millerand, / entre l'Administration et M. Kester, président de la Chambre de commerce, que cet important résultat a pu être obtenu.

La remise en état de nos téléphones entrai- 1 nerait d'ailleurs des travaux considérables.

On étendrait en outre les relations téléphoniques interurbaines ; des artères souterraines seraient établies aux abords des grandes villes.

Enfin le système proprement dit des téléphones subirait de profondes améliorations il serait notamment procédé à l'unification des postes d'abonnés, et à la réfection générale des lignes.

En même temps qu'il s'efforçait de donner aux P. ï. T. une impulsion nouvelle, qu'il réalisait des réformes pratiques, immédiatement profitables au public, et qu'il en préparait d'autres plus vastes, M. Millerand mettait tout en œuvre pour établir entre le personnel des Postes tout entier et l'Administration une collaboration loyale. Ses ini-

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tiatives vont, sans exception, tendre à instituer entre les employés et ouvriers, à quelque degré qu'ils se trouvent, et l'organisme dirigeant des relations normales, renouvelées, qui permettront à toutes les revendications, à toutes les observations de se faire jour et d'être librement discutées : iM. Millerand ira jusqu'à organiser une véritable représentation du personnel postal auprès du ministre, marquant ainsi sa résolution de fournir aux salariés de l'État l'instrument indispensable à la défense de leurs intérêts professionnels.

Et tout d'abord, au lendemain même de son arrivée aux Travaux publics, M. Millerand laisse prévoir qu'il fera bientôt à l'égard des postiers frappés de révocation à l'issue de la dernière grève un geste de clémence. La réalisation de cette promesse, 'gage d'amitié, ne se fait pas attendre. Le ministre, après une première étude des dossiers des intéressés, décide tout d'abord de rappeler au travail un certain nombre d'agenls et de dames employées qui avaient été suspendus de leurs fonctions. Il vient ensuite à l'examen de la situation des révoqués. Tout d'abord, parmi la masse des agents révoqués, M. Millerand distingue deux grandes catégories : ceux (jui

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n'ont commis d'autre faute que de cesser le travail; ceux contre lesquels on a relevé, en outre, uu délit spécial, distinct du fait de grève. Aux premiers, on peut appliquer des mesures d'ensemble; les seconds devront voir, plus tard, leurs cas examinés individuellement. En raison de la gravité du fait de grève dans un service public, qui a déterminé les révocations, M.' Millerand pose en même temps comme règle invariable qu'aucun agent ne sera réintégré que sur l'avis' favorable de son chef de service. Enfin ne seront examinés en vue de la réintégration que les dossiers des agents qui auront demandé à rentrer dans l'Administration. Il est également bien entendu dans la pensée du ministre que les réintégrations ne peuvent s'effectuer que par petits paquets, dans la limite des postes vacants et des crédits disponibles. C'est en application de ces principes, et après s'être préoccupé des notes personnelles et des charges de famille des intéressés, que M. Millerand signe le

11 août 1909 un premier arrêté réintégrant 48 agents, 4 dames employées, 9 sous-agents,

12 ouvrier^ frappés de révocation. Ces mesures de clémence allaient maintenant se renouveler. Enfin le 2 février 1910, au moment oi!i les inondations dévastaient Paris,

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le ministre annonçait à la Chambre que le Gouvernement avait décidé la réintégration de tous les postiers révoqués, afin de recoiînaître ainsi l'admirable effort fourni par le personnel des postes tout entier pour assurer le service, dans les circonstances douloureuses traversées parle pays. C'est ainsi qu'en exécution de la décision prise par le Gouvernement, M. Millerand rappelait à l'activité, le 26 mars, 29 postiers, 26 autres le 16 avril. Les dernières réintégrations s'effectuaient en mai. M. Millerand allait dès lors faire porter tout son effort sur l'organisation des rapports entre le personnel et l'Administration. Tandis qu'en 1901, alors qu'il était ministre du Commerce, M. Millerand n'avait trouvé devant lui que trois grandes associations représentant le personnel des Postes : l'Association générale des agents, celle des sous-agents et le Syndicat des ouvriers des lignes, il se trouvait, à son retour au pouvoir, neuf ans après, non plus en présence de trois associations principales, nettement caractérisées, mais d'une trentaine de groupes, très particularistes, défenseurs de revendications professionnelles spéciales. Avec trois associations la collaboration était possible ; il n'y fallait plus songer, au moment où l'on avait affaire à

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