‹ Politique de réalisations [par] A. MillerandChapitre 18 sur 73 · XL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL INTRODUCTION

d'aussi nombreux groupements. M. Millerand avait bien songé à provoquer, de nouveau, la fusion en quelques groupes importants, de cette « poussière d'associations » q pour employer sa propre expression ; il avait, quelques jours après son arrivée aux Travaux publics, lors de la réception des délégations] du personnel, invité tous les postiers à se^ grouper en grandes catégories pour taire valoir leurs revendications. Ces exhortations < n'avaient pas été suivies. Le ministre, con-j vaincu dès lors qu'à ces associations trop5 souvent opposées de vues et de méthodes il' fallait apporter le concours d'une représentation régulière du personnel, décida de créer des délégués de toutes les catégories de postiers chargés de présenter et de défendre les revendications de leurs mandants. Par des décrets et des arrêtés en date des 18 et 19 janvier 1910, la représentation du personnel postal tout entier était instituée tant auprès du ministre que des directeurs départementaux et des chefs de service. Les délégués étaient élus par l'ensemble des fonctionnaires (agents, sous-agents et ouvriers). C'était, en somme, l'application au personnel postal de l'idée essentielle du projet de loi déposé en 1900 par le ministère Waldeck-

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Kousseau et relatif au règlement amiable des différends collectifs du travail. On sait quelle place a toujours tenue dans les préoccupations de M. Millerand cette volonté d'instituer l'arbitrage permanent de ces sortes de conflits. L'institution nouvelle apportait au personnel toute garantie qu'il serait toujours entendu dans toutes les questions concernant la discipline et l'avancement, et d'une manière générale les conditions de son travail. Conformément à ce qui avait été décidé, les élections prévues eurent lieu le 17 février, et la très grande majorité du personnel postal, malgré une vive campagne faite pour déterminer un mouvement général d'abstention, prit part au vote. Un peu plus tard, des délégués tenaient dans les divers départements leur première réunion. Enfin les délégués désignés pour représenter le personnel auprès du ministre s'assemblaient sous la présidence de M. Millerand et entamaient la discussion de leurs revendications. A l'issue de ces premiers travaux, un déjeuner réunissait, dans les salons du Ministère, aux côtés de M'"^ Millerand et du ministre, les délégués de toutes les catégories postales, depuis les plus élevées jusqu'aux plus modestes.

M. Millerand ne se préoccupait pas seule-

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ment d'organiser la représenlalion du per* sonnel; il allait en même temps procéder à la refonte del'Adminislration centrale des P. T. Tl Dès les premiers jours de janvierles nouveaux| règlements^étaient soumis à l'examen du Conseil d'État, qui bientôt les approuvait. Un peu plus lard ils entraient en vigueur. Par d'autres mesures encore le ministre marquait sa volonté de garantir les fonctionnaires contre l'injustice et l'arbitraire. A peine venait-il d'arriver au Ministère qu'il faisait connaître, par une circulaire, qu'aucune suite ne serait plus donnée ni aucune réponse faite aux interventions qui se produisent auprès de l'Administration en matière d'examens et de concours. C'était d'un trait de plume supprimer les recommandations, en déiruisant par avance l'effet de la recommandation.

Une autre fois M. Millerand décida qu'à l'avenir les fonctionnaires des Postes n'auraient plus à demander d'autorisation lorsqu'ils voudraient briguer des fonctions électives, celles de conseiller municipal, déconseiller d'arrondissementetdeconseillergénéral. Bien d'autres initiativesde M. Millerand pourraientd'ailleurs être rappelées ici qui toutes témoignent de la largeur de vues, de l'esprit de liberté et de raison dont il voulut partout laisser l'empreinte.

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Les inondations.

Un désastre dont les douloureux effets sont encore présents à la mémoire des Parisiens a coïncidé avec le passage de M. Millerand aux Travaux publics : les inondations. A coup sûr, le public, dont l'altention s'est trouvée si légitimement absorbée par le déchirant spectacle des misères que Tinondation laissait partout après elle, ne s'est que bien imparfaitement représenté les difficultés à peu près insurmontables en présence desquelless'élaient alors trouvés le Gouvernement, et, en particulier le ministère des Travaux publics, plus spécialement chargé de parer aux effets de la catastrophe.

C'était Paris sans communications, Paris sans téléphone, privé d'une large partie de ses autres moyens de communication, mis dans la presque impossiblilé de se ravitailler normalement et soudain obligé, dans le moment même où il était le plus démuni, de porter secours à tous ceux, si nombreux, que l'inondation jetait dans la misère et la détresse...

^ Et tout d'abord, il fallait se rendre compte de la situation. C'est ce que tint à faire aux premiers jours de la crue le ministre des

XLiv INTRODUCTION

Travaux publics. Le 25 janvier, M. Millerand

allait visiter les bords de la Seine afin de se rendre compte de l'état réel des quais et de la situation des riverains. Il examinait successivement les points les plus importants et les, plus menacés, la gare de la place Saint-* Michel, les quais du XIP arrondissement, l'entrepôt de Bercy, les quais de Passy, d'Orsay, la gare de la ligne des Invalides. Avec les ingénieurs, il se concertait sur les mesures urgentes à prendre et donnait les instructions nécessaires pour que des barrages fussent aussitôt élevés sur tous les points utiles.

A l'issue du Conseil des ministres qui avait lieu le lendemain 26 janvier, M. Millerand réunissait en conférence dans son cabinet plusieurs directeurs de son Administration. MM. Charguéraud, directeur des routes et de la navigation, Estaunié, directeur de l'exploitation téléphonique, Bordelongue, directeur de l'exploitation télégraphique, .Joyeux, directeur de l'exploitation postale ; étaient également présents les directeurs des grandes Compagnies de chemins de fer, les ingénieurs chargés de le navigation en amont et en aval de la Seine, les représentants du ministère de la Guerre, des services d'architecture,

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