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M. Nouailhac-Pioch, secrétaire de la Commission d'annonce des crues, Boreux, inspecteur général des travaux publics de la Seine, et Colmet-Daage, chef du service des eaux et (le l'assainissement. Cette conférence allait avoir lieu désormais tous les jours. Un plan général d'action contre le sinistre était concerté entre les divers services.
M. Millerand allait aussi donner tous ses soins au rétablissement des communications postales fortement éprouvées. Rarement le personnel fit preuve de tant d'intelligence et de dévouement. Grâce à une organisation de fortune, on put assurer le fonctionnement partiel des téléphones et la distribution des correspondances. L'interruption des services télégraphiques put être heureusement conjurée. Un exhaussement des machines installées dans les sous-sols inondés du Central évita de redoutables éventualités.
Dans la matinée du 29 janvier, le ministre tint d'ailleurs à visiter le Central. Cette visite devait apporter au ministre la conviction que le personnel tout entier avait fait face avec une rare présence d'esprit et une remarquable activité à une situation exceptionnellement dilfîcile. C'est qu'en effet, malgré l'interruption d'un grand nombre de lignes^
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malgré les complications de toutes sortes, on était parvenu à assurer les communications télégraphiques avec la plupart des grandes" villes de France et des capitales de l'étranger
Il n'avait pas fallu moins de fermeté et de présence d'esprit pour mettre un peu d'ordre dans la situation faite à nos voies ferrées pai l'inondation. Partout des lignes coupées, les^ départs rendus impossibles; la gare d'Orsay noyée, Saint-Lazare menacé, la gare de Lyon enfin, la ceinture et les lignes de iDanlieue rendues impraticables. On ne saurait re-^ prendre ici par le détail cet historique lamen-. table. Il suffira de dire que M. Millerand, de^ concert avec les Compagnies, donna tous ses^ soins à l'amélioration rapide de cet état de choses. Les départs furent assurés sur des lignes non envahies. Les transbordements et les correspondances furent promptementj organisés.
Bien que retenu par l'obligation d'organiser les secours, M. Millerand n'en allait pas moins examiner sur place les ravages causés par l'inondation, afin de remédier sans retarc à la situation navrante des sinistrés. Une première fois, le 29 janvier, il se rendait à l'entrepôt de Bercy et aux Quinze-Vingts, particulièrement éprouvés; aux premiers jours del
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lévrier, il allait visiter, en compagnie des haiitsfoncliortnairesdu P.-L.-M. eldel'Orléans It'S régions sinistrées de Villeneuve-Saint- (jeorges, Corbeil et Juvisy. Un lamentable S] leclacle s'offrait à sa vue.
Partout M. Millerand prodigua de réconfortanles paroles. Il faisait en même temps connaître la résolution du Gouvernement de venir en aide, au moyen d'un projet de loi spécial, aux petits commerçants et aux petits industriels sinistrés.
Après une nouvelle visite à l'entrepôt de Bercy, i\I. Millerand parcourait plusieurs des communes inondées de l'arrondissement de Pontoise. Il visitait ainsi successivement la Garenne-Bezons, Achères, Houilles, Conflans-find'Oise, Argenteuil, où il s'enquérait tout spécialement de la situation des malheureux ouvriers réduits au chômage par l'arrêt des usines.
Puis ce fut la fin du désastre. Lentement les eaux disparaissaient, découvrant avec les ruines des foyers et des maisons une misère infinie. Le pays, le Gouvernement, dans un effort commun, s'associèrent pour soulager l'infortune des victimes et réparer dans la mesure du possible les dommages subis. On n'a pas oublié tout ce qui fut fait à cet égard, les indemnités, les prêts, les secours de toute
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nature dont bénéficièrent le» sinislrés. Cependant une tâclie restait maintenant à accomplir qui incombait plus particulièrement au ministre des Travaux publics : il fallait prévoir, et, dans la mesure où le permettaient les moyens qu'on avait à sa disposition, prévenir de nouveaux ravages au cas d'un autre désastre. Une grande commission interministérielle , comprenant des hommes d'une compétence éprouvée, avait été nommée par le président du Conseil aussitôt après la crue, dans le but de dresser d'une part, le bilan de l'inondation, et d'établir d'autre part le programme précis des mesures à prendre pour mettre Paris en état de défense. Sous la présidence de M. Alfred ' Picard, cette Commission s'était mise à l'œuvre et, après avoir fait l'inventaire des perles subies, avait élaboré un vaste programme de travaux. Mais c'était là, on l'imagine, une entreprise de longue haleine pour l'exécution de laquelle il fallait demander de nombreux millions au Parlement. Encore une fois, il n'était pas permis d'attendre : il importait d'agir sur-le-champ et de réaliser sans délai tout le possible. C'est à l'exécution de cette œuvre de protection immédiate que M. Millerand consacra tout son effort.
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Le 4 mars, au Sénat, en réponse aux interpellations de MM. Audifîred et Gaudin de Vilaine, le minisire des Travaux publics exposait, au milieu de l'attention générale, les problèmes techniques que fait naître la défense contre les inondations. 11 indiquait quelles mesures il comptait prendre sur-lechamp, pour combattre le retour du fléau. Un programme réduit de travaux fut élaboré qui avait pour objet d'empêcher l'envahissement par les eaux de certains travaux d'art, tels que la ligne des Invalides, la Hgne du quai d'Orsay et les rues de Paris. M. Millerand voulait en même temps améliorer dans toute la mesure possible la protection des quais et des quartiers voisins de la Seine. Tout un ensemble de parapets et de défenses métalliques mobiles fut prévu; on commença aussitôt à l'établir. Et M. Millerand, le 1" septembre, eut la salisfaction, en visitant les points intéressés, de constater que tous les travaux susceptibles d'être entrepris sans qu'on ait à recourir à de longues procédures étaient à peu près terminés.
M. Millerand et les chemins de fer de l'État.
De toutes les difficultés que les circonstances ont mises sur le chemin de M. Mille-