PRIX DU HACHAT DE L'OUEST
pagnie, de l'être fictif, tlii puissant capitaliste avec lequel nous traitons. Il s'agit de savoir quelles sont, derrière cet être fictif, les réalités vivantes. Ces réalités vivantes, ce sont des actionnaires et des obligataires, »
En effet, comme l'honorable M. Jaurès n'a indiqué ni au Gouvernement ni à la Chambre
— et pour cause — quel est l'élément d'actif que nous aurions oublié d'appréhender, comme on peut fouiller les liroirs sans rien trouver de plus que ce que la transaction nous donne, — excepté les 35 millions de la réserve spéciale des actionnaires, sur lesquels je me suis expliqué,
— si on ne trouve rien dans l'actif proprement dit de la Compagnie, sur quoi l'Etat pourra- t-il se payer? Oh ! l'honorable M. Jaurès n'est pas embarrassé pour si peu : 11 y a deux moyens de se rembourser d'une créance qu'on ne vous paye pas. C'est, ou bien de saisir les immeubles ou les meubles de son débiteur, quand il en a; ou, quand il n'en a pas, comme c'est le cas maintenant pour la Compagnie de l'Ouest, de ne pas payer ce qu'on lui doit, de faire une compensation.
A rextrêrne gauche. Parfaitement!
M. Allemane. — Cela va de soi! {Exclamation au centre et à drbite.)
M. LE MINISTRE DES Travaux PUBLICS. — Comme le dit M. Allemane, cela va de soi! {Nouvelles pxclamations et rires sur les mnnes bancs.)
M. Marcel Semb AT. — Il n'y a pas un J'enlre vous qui payerait 50 centimes à quelqu'un qui lui devrait 50 francs! [Très bien! très bien! à ï extrême (jmiche.^
M. LE MIMSTRE DES TrAVAUX PUBLICS. Yoilà
donc la Chambre bien fixée : Le renvoi à la Commission n'a qu'un sens et il ne peut en avoir qu'un. Ce n'est pas d'obtenir de la Compagnie de r Ouest un abandon nouveau. Je vous ai montré qu'il n'y en avait plus à faire. C'est de faire décider par la Chambre en lui démontrant, ce qui est facile, que nous ne pouvons plus rien prendre sur l'actif mobilier et immobilier de la Compagnie, que nous ne payerons plus les revenus garantis des actionnaires.
11 y a à cela quelques petites difficultés. Lorsque le rachat a été préparé, lorsqu'ont commencé devant vous les débats qui remontent déjà à de longues années, qui devaient finalement aboutir au vote de 1908, les adversaires du rachat présentaient comme un argument décisif contre le rachat la spoliation, disaient-ils, qui allait être commise contre les actionnaires de la Compagnie.
Que répondions-nous? Je dis nous, car ce sont ceux qui comme moi ont voté le rachat, ce sont ceux qui le défendaient, ce sont les hommes qui, je puis le dire, ont été à la tête de la majorité dans cette œuvre nécessaire, qui tenaient le langage que vous allez entendre.