LE PEUSONNEL DES CHEMINS DE FEU
grandes Compagnies, le ministre des Travaux publics n'a pas toujours le droit — il s'en faut de tout — de procéder par injonctions. Il le peut en certains cas, notamment en matière de réglementation du travail, lorsque la sécurité des travailleurs est en jeu. A l'heure actuelle, les Syndicats et les Associalions professionnelles d'employés et ouvriers de chemins de fer sont, comme les grandes Compagnies, saisis de projets d'arrêté; je les leur ai adressés, alin de provoquer les observations des parties intéressées. Le jour où ces projets d'arrêté seront mis en application, ils amélioreront, dans des conditions importantes, les dispositions des arrêtés antérieurs pris par mes prédécesseurs et amis, MM. Pierre Baudin et Barthou. Mais, au point de vue des salaiies et de l'organisation du travail, lorsqu'elle n'intéresse pas directement la sécurité des travailleurs, si le ministre des Travaux publics ne peut s'adresser aux compagnies d'une façon impérative, il a du moins la possibilité d'entrer toujours en conversation avec elles, d'attirer leur attention sur la nécessité de piendre telle ou telle mesure, et, à aucun moment, le ministre qui est à la tribune n'a négligé d'intervenir auprès d'elles en faveur du personnel des chemins de fer.
Tout à l'heure, le premier inlerpellateur, notre honorable collègue M. Bussat, rappelait qu'il avait signalé à la tribune que certains
chauffeurs de la Compagnie du Midi avaient touché des saUiires mensuels inférieurs à 90 fr. 1 Ce fait m'avait frappé; j'ai fait venir dans mon I cabinet l'honorable directeur de la Compagnie du Midi ; on a constaté que le salaire des chauffeurs de la Compagnie du Midi était, en moyenne, égal à celui des chauffeurs du réseau de l'État et de la Compagnie de l'Orléans, qui sont des réseaux limitrophes, mais j'ai obtenu de la Compagnie du Midi que le salaire minimum des chauffeurs de quatrième classe qui était, non compris les primes, de 80 francs et qui [)Ouvait, même avec les primes, être inférieur, pendant certains mois, à 90 francs, ne descendît jauiais au-dessous de 120 francs par mois, quelle ({ue fût la situation des intéressés.
Je le répète, c'est par ce procédé que le ministre des Travaux publics a pu agir, et qu'il continuera à agir sur les grandes Compagnies. Mais il dispose d'un autre moyen, qui n'est peutêtre pas le moins efficace; je veux parler do l'exemple qu'il peut donner sur le réseau môme qui est soumis directement à son contrôle, le réseau de l'Etat. [Très bien! trh bien!) Il est certain, je l'ai dit à maintes reprises, et j'ai, quant à moi, toujours essayé sur ce point comme sur les autres de mettre mes actes en conformité avec mes paroles, que lorsque TEtat demande aux patrons, et notamment aux grandes Compagnies, de se montrer humains vis-à-vis de