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c'est précisément ce qui existe à Theure actuelle| à Paris.
Messieurs, ce service deségouts, il a, luiaussi, fait ses preuves, car si, sur un point et sur urj point unique, dans la rue Saint-Honoré, au coin de la rue Richepanse, il y a eu un effondrement, dû d'ailleurs à une circonstance tout à fait for-! tuite, partout ailleurs les égouts ont admirablement résisté et ont rendu à la Ville de Paris les! services les plus réels elles plus éclatants.
Mais, messieurs, puisque je parle du service des eaux et de l'assainissement, que l'honorable M. Gandin de Villaine me permette de lui dire en passant qu'il a détourné, pour les besoins de sa cause, une rivière {rires à gauche)^ et qu'il à fait passer à tort la Bièvre sous la gare d'Austerlitz — elle n'y passe point — c'est un détail que je signale au passage.
M. Bassinet, — Il suffit de jeter les yeux sui le plan des égouts pour le constater.
M. Gaud[n DE Villaine. — Vous ne nierez pa que la Bièvre suit le collecteur de la rive gauch et qu'elle a son dégorgement sur la rive droite
M. LE Ministre. — Je ne le nie pas du tout.
Puisque je parle du service des eaux et d l'assainissement, le Sénat ne m'en voudra pa de lui donner, à propos de l'état sanitaire d Paris, quelques chiffres précis et utiles.
Le nombre total des décès pendant les hui premières semaines de 1910, a été, pour un
population de 2.722.731 habitants, de 7.7i3, alors qu'en 1909, dans le même espace de temps, il avait été de 8.919, et alors que la moyenne ordinaire est de 8.850. Et ce n'est pas seulement vrai, messieurs, de la moyenne des huit premières semaines; dans chacune de ces huit semaines de 1910, le nombre des décès a été inférieur et à celui de 1909 et à la moyenne habituelle, si bien qu'on est en droit de dire que jamais... [Irilemiptions à droite.)
M. LE Provost de Launay. — C'est l'inondation bienfaisante! [Bruits.)
M. LE Ministre. — Vraiment, messieurs, je ne comprends pas ces- interruptions. Il me paraît que tout le monde devrait être heureux de constater qu'à l'heure actuelle, et malgré les craintes qu'on a pu concevoir, l'état sanitaire est, je le répète, meilleur qu'il n'avait jamais été dans les années précédentes. [Vifs o-pplmidissements à gauche.)
M. Gaudin de Villaine. — Je n'ai pas dit le contraire.
M. LE Ministre. — Je ne prétends pas que vous ayez dit le contraire, mais vous comprenez l'intérêt qu'il y avait à signaler le fait an passage.
M. Gaudin DE Villaine. — Je suis très heureux de le constater.
M. LE xMiNisTRE. — Voilà, messieurs, pour les reproches adressés au passé, au passé le plus
récent, aux ingénieurs qui ont fait hier les travaux qu'on a dénoncés.
M. Gaudin de Villaine. — Et le Nord-Sud, monsieur le Ministre?
M. LE Ministre. — J'en ai parlé tout à l'heure.
M. Dominique Delahaye. — Très peu! Vous avez glissé.
M. LE Ministre. — Je tâche de me borner au nécessaire, et je crois dire le nécessaire en constatant que les travaux du Nord-Sud, comme ceux du Métropolitain, n'ont subi, du fait de l'inondation, aucune atteinte sérieuse.
M. Gaudin de Villaine. — *- Comment expliquez-vous l'accident de la place du Havre?
M. le Ministre. — Ce que vous appelez l'accident de la place du Havre, monsieur Gaudin de Villaine, s'explique précisément par le phénomène que je signalais tout à l'heure, et qui s'est produit, dans toutes les inondations, de l'irruption des eaux d'infiltration. Précisément parce que la place du Havre — il suffit de jeter les yeux sur un plan coté pour en avoir la démonstration — est un des points les plus bas de Paris, en vertu de la loi élémentaire des vases communicants, toutes les fois que la Seine croît, les eaux d'infiltration montent dans cette partie basse de Paris comme dans toutes les autres.
Messieurs, j'ai hâte d'en finir sur ce point et de répondre aux reproches que l'honorable M. Gaudin de Villaine a adressés aux services
que j'ai rhonneur d'avoir sous mes ordres directs.
M. Gaudin de Villaine. — C'est votre devoir de les défendre; mon droit est de les critiquer.
M. LE MiMSTRE. — Non, monsieur Gaudin de Villaine; je manquerais à mon devoir si, connaissant des défaillances, je ne les signalais pas et ne les réprimais pas. [Très bien! Très bien! Applaudissements à gauche.)
Mais je manquerais également à mon devoir si, ayant eu l'honneur d'avoir sous mes ordres de bjaves gens comme ceux que j'ai vus faire leur devoir et plus que leur devoir dans les circonstances que nous venons de traverser, je ne leur rendais pas à la tribune le témoignage qui leur est dû. (Nonveaux et vifs applaudissements sur les mêmes bancs.)
M. Gaudin de Villaine. — Je leur ai rendu hommage; j'ai même demandé des gratifications pour eux. [Exclamations à gauche.)
M. LE Ministre. — V(^us avez dit,monsieurGaudin de Villaine, — et je demande pardon au Sénat de me servir de ces expressions, ce sont celles dont vous avez usé vous-même, — vous avez dit que, dans les circonstances que nous venons de traverser, le service de la navigation, le service hydrométrique avaient été «au-dessous de tout ».
Voilà une condamnation sommaire!
Je voudrais bien savoir sur quels faits elle se
fonde? Le service de la navigation dans Paris possède à sa tête un ingénieur en chef que je suis heureux de nommer à la tribune du Sénat, M. Drogue. |
Je l'ai vu, depuis le début de l'inondation, passer les nuits elles jours, refuser malgré mon insistance de prendre un repos qui lui était in-^ dispensable, donner l'exemple à tout le monde, et prendre les mesures les plus utiles pour, autant qu'il dépendait de nous, limiter les effetsde l'inondation.
M. Gaudin de ViLLAiNE. — Nous sommes d'ac-' cord.
M. LE Ministre. — Que reproche-t-on, mes-i sieurs, au service à la tète duquel il était placé? Je n'ai constaté dans le discours de M, Gaudin de Villaine qu'un grief : le service de la navigation aurait négligé d'ouvrir les écluses, notamment l'écluse de la Monnaie. Je me suis permis alors — et je m'en excuse — d'iuterrompred'nn mot l'honorable M. Gaudin de Villaine; on dit qu'il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, mais quand il s'agit d'une écluse, il faut, quand une porte est ouverte que l'autre soit fermée et, s'il n'est pas impossible d'ouvrir enmêmetemps les deux portes d'une écluse, il n'y a pas d'opération plus dangereuse etque l'artdes ingénieurs 'conseille moins.
J'aj.oute que cette opération périlleuse était, par surcroît, complètement inutile et, pour en
LES LXO.NDATIONS 215
avoir la preuve il suffit de comparer la section de l'écluse et la surface mouillée du fleuve au même point. A la Monnaie, la sectionde l'écluse est de 50 mètres carrés, pour une section totale de 1.500 mètres carrés, soit 4 "/oj à Suresnes, elle est de 100 mètres carrés pour 2.000 mètres carrés, soit 5 ^/oi de sorte que, si on avait voulu — ce qui n'eût pas été, je le répète, sans présenter les risques les plus graves — tenter d'ouvrir les deux portes des écluses, on l'eût fait pour un résultat insignifiant.
On ne l'a pas fait et on a eu raison. Si on n'a trouvé que ce reproche à adresser au Service de la navigation, vous n« m'en voudrez pas de passer et d'arriver à un autre service qu'on a traité non moins rudement.
Il s'agit du service hydrométrique.
Je tiens à associer, parce que je le dois, aux éloges que j'ai fait tout à l'heure de M. l'Ingénieur en chef Drogue, son collègue, l'ingénieur en chef du service hydrométrique, M. Nouai Ihac- Pioch. Le dévouement qu'il a montré, l'activité dont il a fait preuve, son esprit d'initiative sont au-dessus de tous les éloges. {Très bien ! très bien!)
On a dit quil y avait eu, entre le service hydrométrique et le service météorologique je ne sais quels conflits au détriment de l'intérêt général. C'est absolument inexact; le service hydrométrique a reçu du service météorologique.
à toutes les heures, toutes les indications utiles et, à aucun moment, il n'y a eu entre ces services, pas plus d'ailleurs qu'entre les autres, aucune espèce de frottement ni de conflit.
M. Gaudin de Villaine. — En tout cas, on n'a pas prévenu les intéressés.
M. LE Ministre, — Nous allons voir; j'y venais. Vous dites qu'on n'a pas prévenu les intéressés. Le service hydrométrique a envoyé, pendant tout le courant de l'inondation, comme c'est d'ailleurs son devoir strict en vertu des règlements arrêtés d'accord entre les ministères de l'Intérieur et des Travaux publics, des centaines de dépêches I par jour aux préfets, aux sous-préfets, aux ingénieurs et aux maires.
M. Bassinet. — C'est absolument exact.
M. LE Ministre. — Mais s'il a donné toutes les informations qu'il avait, quelle a été la valeur de ces informations? J'ai là un graphique qui établit, jour par jour, le rapport entre la crue atteinte et la prévision fournie la veille par le Service hydrométrique.
Sauf un jour et sur un point, à Corbeil, par suite d'une non-transmission de dépêche, le service hydromélriquc a partout prévu, vingtquatre heures au moins à l'avance, la hauteur de la crue qui allait survenir. Est-ce à dire que tout soit parfait? En aucune manière. Est-ce à dire que ce service n'ait pas à recevoir des moyens d'action plus perfectionnés? Je suis
convaincu qu'il le faut. Je l'ai dit, messieurs, dans une interwiew sur laquelle, intervertissant les rôles, je demande à l'honorable M. Gandin de Villaine la permission de lui adresser une question. [Soîtrires.)
Il a bien voulu, au Journal officiel^ mettre entre guillemets les paroles suivantes qu'il a dit m'avoir été attribuées. Voici ce que j'aurais dit :
« ... Vouloir mettre désormais à l'abri les services publics dont le système articulé maladroitement a sombré lamentablement dans l'impuissance... »
Je me suis permis immédiatement de répondre dans une une interruption : « Ce n'est pas moi qui ai dit cela, je suis sûr de ne pas l'avoir dit parce que je suis sûr de ne l'avoir jamais pensé. »
Mais il y a quelque chose que je voudrais bien savoir : c'est où l'on a prétendu que je l'aurais dit. J'ai eu beau relire l'interwiew en question, je n'y ai pas trouvé une parole de celles que l'on me prête. J'ignore, par conséquent, qui me les a prêtées, (ùe que je sais, c'est que je ne les ai pas prononcées.
M. Bassinet. — M. Flaissières a dit qu'on ne prête qu'aux riches.
M. LE Ministre. — Je demande pardon au Sénat d'être ainsi entré dans des détails peutêtre un peu minutieux [parlez! parlez!): mais il comprendra qu'il m'était indispensable de remettre les choses au point.
Je ne suis pas disposé à répondre au réqui sitoire de l'honorable M. Gaudin de Yillaine par un panégyrique. Je demande simplement au Sénat, et je sais à qui je m'adresse, de juger froidement, en connaissance de cause, les hommes et les institutions. Je n'ai pas relevé, et je le fais d'un mot pour ne pas paraître, par mon silence, donner un acquiescement à cette autre fable, l'incident de cet ingénieur du chemin de fer de l'Etat inondant la commune de Colombes et se sauvant si bien que l'on n'a pas pu retrouver ses traces. (Rires.) C'est encore une légende qui a surpris la bonne foi de M, Gaudin de Villaine.
M. Gaudin de Villaine. — L'inondation est une légende ?
M. LE Ministre. — Non ; ce qui est une légende, c'est l'attitude que vous prêtez aux ingénieurs du chemin de fer de l'Etat.
M. Gaudin de Yillaine. — Le fait demeure.
M. LE Ministre. — Pas du tout. Ce qui demeure, c'est que Colombes a été inondé. Mais ce qui ne demeure pas, c'est qu'il l'ait été par le fait des ingénieurs du chemin de fer de l'État. (Ti'ès bien.' irès bien!)
La vérité, messieurs, c'est que Colombes était inondé et que l'eau se déversait par-dessus In digue, recouvrant l'égout collecteur de la Ville de Paris, lorsque, très sagement, les ingénieurs, qui ne pouvaient plus à cette heure compromettre en quoi que ce soit le sort de la commune de
Colombes, déjà inondée, ont fait dans cette levée un certain nombre de saignées pour régulariser l'écoulement des eaux et pour tâcher d'éviter que le remblai du chemin de fer ne fût balayé par le Ilot qui arrivait.
M. Gaudin de Villaine. — Voulez-vous me permettre une interruption?
M. LE Ministre. — Je vous en prie.
M. Gaudin de Villaine. — Gomment expliquezvous la délibération du conseil municipal de Colombes et la protestation du maire? Tout cela est apocryphe.
M. LE Ministre. — Non, mais vous avez vousmême, Monsieur Gaudin de Villaine, constaté hier à la tribune avec, m'a-t-il semblé, une pointe de regret, que le maire de Colombes avait été modéré dans ses plaintes. Et s'il a été si modéré c'est qu'il savait très bien que les ingénieurs des chemins de fer de l'Etat n'avaient en réalité rien à se reprocher.
Messieurs, j'en viens, dans un très bref exposé, à dire au Sénat comment, au ministère des Travaux publics, sous la haute direction de M. ie président du Conseil, et en plein accord avec lui, nous avons organisé la défense contre l'inondation. Il m'a paru que la préoccupation essentielle devait être de centraliser et de coordonner l'action de tous les services qui avaient à un titre quelconque à lutter contre r inondation.
M. l'amiral de Cuverville. — Très bien ! Vous avez parfaitement raison.
M. LE Ministre. — Et c'est pour cela que, dès le premier jour, j'ai organisé dans mon cabinet une conférence à laquelle prenaient part le directeur de la navigation et le directeur des chemins de fer au ministère des Travaux publics, ainsi que le directeur du cabinet et le chef du cabinet technique, l'ingénieur en chet du service hydrométrique, l'ingénieur en chef de la navigation de la Seine, le directeur de l'exploitation téléphonique, un représentant du ministère de la Guerre, l'inspecteur général chef du service de la voie publique et de l'éclairage, l'ingénieur en chef du service des eaux et de l'assainissement, un représentant de la préfecture de police, l'architecte voyer en chef de la Préfecture de la Seine et l'inspecteur général qui a dans ses attributions le service ordinaire et vicinal du département de la Seine.
Ces conférences se sont tenues au début de l'inondation deux fois par jour, à li h. J/2 du matin et à 5 h. 1/2 du soir; et à l'heure actuelle elles ont lieu encore tous les deux jours. Nous y avons examiné la question des moyens de transport, celle des chemins de fer, les instructions à donner pour le ravitaillement de Paris, pour faciliter — c'est une des questions que me posait l'honorable M. Gaudin de \illaine — l'exode des populations sinistrées, l'entente entre les
compagnies de chemins de fer, la vérification de l'état des égouts, des ponts et des points critiques, le procédé à adopter pour la sauvegarde, ou le rétablissement des télégraphes ou des téléphones, et enfin toutes les mesures qu'aurait commandées l'état sanitaire.
Nous avons fait tous, chacun à notre place, modestement, sans bruit, notre devoir, du moins nous avons tâché de le faire.
M. Gaudiin de YiLLAiNE. — Je n'en doute pas.
M. LE Ministre. — ... Et je suis très heureux, je le répèle, de rendre à mes collaborateurs, à tous, car je les ai vus à l'œuvre, le témoignage que tous ont ont été au-dessus de ce qu'on pouvait attendre d'eux, et que des chefs aux plus humbles agents tous ont donné l'exemple du devoir simplement compris et strictement accompli. [Très bien ! très bien! et vif s applaudissements à r extrême gauche.)
C'est l'œuvre d'hier ; reste l'œuvre de demain. Ce n'est pas, ce ne peut être, je le crois du moins, l'œuvre d'un homme. Et c'est ce qu'a pensé M. le président du Conseil en instituant une Commission dont il a ainsi défini le but dans son rapport au Président de la République :
« Le Gouvernement estime qu'il ne suftit pas de régler le présent, il est nécessaire d'envisager l'avenir.
« 11 faut rechercher toutes les mesures propres à prévenir le retour de pareils fléaux ou
tout au moins à en diminuer l'intensité. Il faut déterminer les précautions à prendre pour éviter que les inondations comme celles qui viennent de sévir, notamment sur Paris et sa banlieue, ne soient une cause de trouble et môme d'arrêt pour les services publics essentiels, dont dépend la vie même de la nation : moyens de communication (chemins de fer, tramways), postes, télégraphes, téléphones, éclairage, chauffage et distribution de la force motrice par le gaz et l'électricité. »
La Commission s'est réunie et voici, messieurs, son programme dressé par son éminent président, M. Albert Picard :
Service de l'annonce des crues. — Organisation du service. — Conditions dans lesquelles il a fonctionné. — Améliorations qu'il doit recevoir. [Très bien! très bien!)
Quais et ponts. Etat actuel. Améliorations à réaliser. Débouchés des ponts.
Egouts de Paris. Evacuation et destruction des gadoues et matières de vidange.
Ouvrages souterrains. Chemin de fer du qiiai de la rive gauche entre Austerlitz et Orsay...
M. Gaudin de ViLLAiNE. — Allez-vous boucher les ouvertures?
M. LE Ministre. — ... Chemin de fer Métropolitain, chemin de fer du Nord-Sud.
Monsieur Gaudin de Yillaine, permettez-moi de vous répondre que ce n'est pas à moi qu'il
appartient de discerner les causes et d'indiquer les remèdes.
Lorsque la Commission, dans le plus bref délai, soyez-en certain, aura, sur tous les points de ce; programme, donné des conclusions étudiées et motivées, les seules qui puissent compter, je vous donne l'assurance que le ministre des Travaux publics ne perdra pas une heure pour que ces conclusions soient adoptées et ces solutions réalisées. [Ti'ès bien! très bien! à gauche.)
Pour le moment, il ne parait pas sans intérêt de faire entièrement connaître au Sénat les points sur lesquels vont porter ses études, et je continue mon énumération :
Les moyens de transport : tramways et grandes lignes de chemins de fer ;
Les canalisations, télégraphes et téléphones, distribution d'électricité, de gaz et d'air comprimé ;
Les questions relatives aux communes suburbaines ;
La crue dans ses rapports avec la situation forestière.
Enfin un rapport sera consacré aux mesures générales dont je parlais tout à l'heure en répondant à l'honorable M. AudifiFred : rappel des études antérieures, revue des idées émises à propos de la crue actuelle, établissement de réservoirs, aménagement de certains cours deau,
22i POLITIQUE DE HÉALISATIONS
ouverture de bras de décharge, aperçu des dépenses.
Telle est, messieurs, l'œuvre considérable mais très précise que la Commission a à accomplir. Vous pouvez être certains qu'elle la mènera à bien et que, je le répète, le Gouvernement ne négligera rien pour, aussitôt les solutions indi- / quées, les faire passer du domaine des idées dans celui des faits. Ce sera la conclusion nécessaire et utile des événements sur lesquels nous venons de passer.
Mais laissez-moi vous dire que, tout de suite, il est une autre conclusion, et celle-là plus réconfortante, que nous pouvons en dégager. Nous avons vu le pays, pris à l'improviste par une catastrophe dont personne n'a essayé de diminuer la grandeur, y faire face dans des conditions qui ont suscité l'admiration de tous. [Très bien! très bien!)
M. Gaudin de YiLLAiNE. — Nous sommes d'accord.
M. LE Ministre. — Nous avons vu le pays, soumis tout à coup comme à un essai de mobilisation, faire preuve des qualités natives de notre race, plus forte et plus riche que jamais. [Très bien! très bien ! à gauche.) Nous aurons à continuer, avec le concours .du Parlement, nous aurons à faire demain disparaître les pires traces de ce sinistre, mais j'ose dire que, des mauvais ou vs que nous avons passés, il restera pour tous
LES LNONDATIONS 22i
le souvenir, fortifiant et salutaire, d'uije épreuve redoutable noblement subie, et d'un merveilleux élan de solidarité humaine. [Très bien! très bien ! ei vifs applaudissements sur un très grand nombre de bancs.)