INAUGURATION DU MONUMENT DE L'UNION POSTALE
L'Union postale universelle a commémoré sa fondation, le 4 octobre 1909, par l'inauguration à Berne d'un monument dû au sculpteur français de Saint-Marceaux. M. Millerand, en présence du président de la Confédération helvétique et des représentants des puissances étrangères, a retracé l'histoire de l'Union postale : ^
Monsieur le Président de la Confédération, Messieurs,
Il y a quatre ans, dans cette même salle, je prenais part au Banquet de Clôture de la Conférence qui venait de poser les bases de l'entente internationale relative au travail des femmes.
Je m'y retrouve aujourd'hui pour fêter, avec les représentants qualifiés du monde entier, l'inauguration du monument commémoratif de la fondation de l'Union Postale universelle.
La noble République Helvéliqueet sacapitale
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fédérale semblent prédestinées àrecevoirces assemblées de paix et de progrès social.
Favorisée de la nature, la Suisse n'a pas voulu se satisfaire d'être l'asile d'éleclionoù de toutes parts on accourt pour demander à la tranquillité de ses campagnes et de ses lacs la sérénité bienfaisante qui apaise et calme les nerfs, à l'air pur de ses montagnes la force qui répare et reconstitue l'organisme.
Elle a nourri l'ambition d'appeler à son foyer et d'y unir pour des œuvres de science et de civilisation tous les peuples du monde. Ils ont entendu son appel.
Aussi est-ce tout -naturellement à Berne que, pour répondre à l'initiative de M. de Stéphan, directeur général des Postes de l'empire allemand, se réunissait le 15 septembre 1874 le Congrès qui, appliquant les principes posés en 1863 par la conférence de Paris à l'appel du Post master général des Etats-Unis M. Blair, devait fonder l'Union postale universelle.
Ce n'est pas devant vous, messieurs, dont beaucoup ont vécu son histoire et qui tous la connaissez par le menu, qu'il siérait d'en retracer les phases et d'en suivre de Congrès en Congrès à Berne, à Paris, à Lisbonne, à Bruxelles, à A'ienne, à Washington, à Rome, le prodigieux essor.
Le rapprochement de quelques chiffres empruntés à des statistiques qui me sont plus fa-
milières fera apparaître à tous les yeux l'élan formidable imprimé au mouvement postal par l'abaissement et l'uniformité des taxes : résultat bienfaisant, entre beaucoup d'autres, de l'Union postale.
À s'en tenir aux seules correspondances échangées entre la France et les autres pays, on constate que leur nombre, après s'être élevé de 22 millions en 1855 à 31) en 1865 et, dans la période décennale suivante, de 39 à 67, saute, en 5 ans, de 1875 à 1880, de 67 à 104; de 104 à 165 millions, dans la période décennale comprise entre 1880 et 4890; de 165 à 239 millions, de 1890 à 1900, pour bondir enfin, dans les 7 premières années du vingtième siècle, du chiffre de 239 à celui de 355 millions.
Plus éloquente que tous les discours, cette aride nomenclature proclame les services rendus à l'humanité par l'Union postale.
Aucune entente peut-être n'avait plus d'obstacles à franchir pours'établir : aucune n'anoué entre les nations des liens plus étroits et plus solides.
Pour la fonder, cha([ue peuple devait renoncer aux ressources acquises parfois considérables qu'il tirait de l'exploitation de la Poste et consentir ce sacrifice dans l'espoir, que des esprits inquiets pouvaient tçixer de chimérique, de voir l'augmentation du Irafic compenser l'abaissement des tarifs.