‹ Politique de réalisations [par] A. MillerandChapitre 58 sur 73 · DE LA RÉVOLUTION DE · texte numérisé non relu

DE LA RÉVOLUTION DE

La Société d'histoire de la Révolution de 1848 avait organisé un banquet, auquel assistaient, sous la présidence de M. Ferdinand Dreyfus, sénateur, un certain nombre de personnalités, parmi lesquelles M™" Paul Bert, M""^ et M. Georges Renard. Appelé à prendre la parole, M. Millerand examina les problèmes politiques et sociaux qu'avait posés la seconde République. Et il tira de ses eflorts et de ses luttes les enseignements qu'ils comportent pour le présent.

Mesdames, Messieurs,

J'ai accepté avec un très grand plaisir et un très vif empressement l'invitation que la Société d'Histoire de la Révolution de 48 me faisait l'honneur de m'adresser, d'abord parce que j'étais certain de me retrouver ici en compagnie de vieux et excellents amis, et puis parce que cet anniversaire du 24 février est, à mon avis, un des anniversaires que la République a le moins le droit d'oublier.

Vous disiez tout à l'heure avec infiniment de

raison, mon cher Président et ami, que celui qùî} vous parle a, pour la seconde République, une affection et une inclination toutes particulières. J'estime, en effet, que pour Thomme poli^ tique, il est peu de périodes qui soi<'nt aussi r^ chesen enseignements que l'histoire delà secondq République, de ses origines, de son développe-| ment et de sa disparition. ,

De ses origines. Le 26 mars 1847, Guizot était à la tribune, pour défendre — avec cette ardeur passionnée et cette rigidité hautaine qui étaient les caractéristiques de son talent et de sa polir tique — son système, son régime et son minis'! tère. Et, comme dans le débat au cours duque il prenait la parole on avaitnaturellement accus régime et gouvernement de vivre et de prospère: par le favoritisme, il répondait superbement « L'abus des influences est un mal inhérent tous les pays libres. » A un interrupteur parlan du suffrage universel, il ripostait par laparoh fameuse : « Il n'y a pas de jour pour le suffrag universel ». Moins d'un an après, tandis que I pays légal regardait passer la révolution, le pay sans épithète,le vrai, la faisait et dans des con ditions qu'on a résumées en cette expressioi d'une brutale vérité : « la révolution du mé pris ». Un régime qui n'avait, on peut le dire été jamais attaqué sérieusement, qui devait semblait-il, se croire assuré de l'avenir, s'effon drait en trois jours, abandonné de tous.

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