AU MONUMENT WALDECK-KOUSSEAU 3G
une discorde, sans un dissentiment, autour tle leur ciief ont goûté Tincomparabie joie des réalisations poursuivies avec décision suivant un programme nettement conçu.
C'est lui, Waldeck-Rousseau, qui est, comme il convient, le centre et l'àme de l'action. Quelques notes devant lui, il expose au Conseil de sa voix calme et presque sans nuances les affaires du jour, et Tordre et la clarté se répandent comme par magie. Un ministre hésite-t-il sur une solution? des avis opposés se sont-ils fait jour ? le président du Conseil qui a écouté, sans y intervenir, le débat entre ses collègues, prend la parole. Lorsqu'il se tait, il a établi l'accord, par l'ascendant naturel d'une autorité morale acceptée avec une affectueuse gratitude, de tous ses collaborateurs.
Son prestige a conquis bien vite une Chambre au premier contact rebelle, et c'est dans le silence et l'attention d'une majorité reconnaissante du passé et confiante dans l'avenir que jusqu'au bout Waldeck-Rousseau se fera entendre.
Dès la première heure le pays républicain a été gagné. De toutes les régions^ assemblées élues, associations, comités font parvenir au Gouvernement l'expression vibrante de leur approbation. Les masses populaires qui se sont levées dans un mouvement de protestation indignée pour défendre contre de grossières insultes la République et son premier magistrat, font,
dans une manifestation dont l'esprit de parti a^ sans y réussir, essayé d'altérer la signilication, éclater leur confiante allégresse.
Elles ne se trompent pas en ouvrant un larg< crédita l'homme d'Etat qui s'est déjà créé tan de titres à la reconnaissance des travailleurs. El lui elles saluent lauleur de la loi de 1884 sui les syndicats professionnels, le fondateur di crédit aux associations coopératives, le ministre de l'Intérieur qui deuxannées durant, devançan le gros de son parti, a, sous le Cabinet Ferry, tracé le sillon où lèvera plus tard le grain par lui semé à pleines mains.
Le Président du Conseil de 1900 n'aura qu' demeurer fidèle à lui-même, aux inspirations d( son propre passé, aux leçons recueillies danî l'héritage paternel pour accomplir l'œuvre so ciale la plus étendue dont aucun ministère ai eu encore le droit de s'enorgueillir. Pour lapre mière fois, il obtiendra de la Chambre, comme conclusion d'une discussion générale appro fondie, le vote de l'article premier d'un proje sur les retraites ouvrières posant les principes que, neuf ans plus tard, le Cabinet Briand aura l'honneur de faire définitivement entrer dan nos lois.
Il saisira le Parlement d'un projet d'extension de la capacité des syndicats, corollaire indispen sable de la loi organique à laquelle il a attacha son nom. Enfin, par une inspiration d'une har-