‹ Politique de réalisations [par] A. MillerandChapitre 68 sur 73 · AU MONUMENT WALDECK-ROUSSEAU · texte numérisé non relu

AU MONUMENT WALDECK-ROUSSEAU

(liesse qui lui fut à Tépoque amèrement reprochée, il s'attaquera au problème angoissant de la grève dans le projet sur le règlement amiable des conflits du travail. Projet qui se trouvait en germe dans la sentence mémorable par laquelle il mit fin à la grève du Creusot et dont les dispositions essentielles, avant même que d'être admises chez nous, ont été avec succès appliquées à l'étranger.

Les préoccupations de AA^aldeck-Rousseau embrassent, est-il besoin de ledire, tous les aspects de la vie nationale. Dans son beau discours du 12 janvier 1902, prononcé à Saint-Etienne devant ses électeurs de la Loire, il pourra, avec une légitime fierté, se rendre le témoignage qu'aucun des grands intérêts du pays n'a été négligé par son Gouvernement, ni à l'intérieur ni à l'extérieur.

Au point de vue financier, des réformes considérables depuis longtemps sur le chantier ont ,été achevées. La défense nationale, sur mer et suT terre, a reçu des améliorations impatiemmeiT^t attendues. Un programme naval a été arrêté. L'armée coloniale est enfin devenue une

réalité..

En at*^^tirant à Paris la foule des visiteurs étrangers .accourus pour admirer un inoubliable spectacle, l'exposition universelle de 1 900 a servi le renom et la prospérité de la France.

La visite du tsar à Bétheny a témoigné devant

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le monde delà solidité de noire alliance, cependant qu'une politique extérieure conduite avec un louable esprit de suite prépare les amitiés qui, si heureusement pour notre sécurité etpour la paix du monde, se noueront au cours des années suivantes.

Dès que l'horizon politique s'était éclairci, AValdeck-Rousseau avait fait connaître son ferme propos d'obtenir le vote d'une loi qui réalise un projet formulé par lui dès 1882, qui complète et couronne l'œuvre de la loi sur les syndicats, qui assure enfin à la société laïque les garanties indispensables contre le développement de la mainmorte et ses dangers : je veux parler de la loi surla liberté d'association.

Avec quelle ténacité et quelle souplesse ensemble Waldeck-Rousseau en a poursuivi le vote; comment, à travers les péripéties d'une discussion laborieuse, il a su faire triompher les principes qui lui tenaient à cœur; dans quel esprit aussi éloigné de la persécution que de Itvf faiblesse il entendait qu'elle fût exécutée:/ il faut, pour s'en rendre compte, lire les débats parlementaires qui remplirent les six pre."miers mois de 1901, et aussi la manifestation suprême de sa pensée et de son éloquence q^ue, déjà frappé à mort, il fit, en novembre 190â, entendre au Sénat.

Waldeck-Rousseau en effet a donné à son pays jusqu'à sa vie. Lorsque après les élections

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générales de 1902 où sa politique et son Gouvernement venaient de recevoir du SulTrage Universel une éclatante consécration, il descendit volontairement du pouvoir, bien peu sans doute crurent à la réalité des raisons de santé qui motivaient sa décision.

Un trop court espace de temps devait, hélas 1 iafliger à leur scepticisme un terrible démenti.

Waldeck-Rousseau disparaissait en pleine force, à un âge où la patrie et la République avaient encore le droit d'attendre de son génie les plus signalés services.

Il lègue du moins à ses successeurs une vie riche en œuvres et en leçons. Plus d'une fois, aux heures d'incertitude ou de trouble, quand l'esprit hésite ou que le cœur défaille, nous viendrons, au pied de ce monument, évoquer les souvenirs du passé et demander à ce grand mort les paroles de vie et d'espoir qui retrempent les énergies et raflermissenl les courages.

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