‹ Politique de réalisations [par] A. MillerandChapitre 7 sur 73 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

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tout le Sud-Ouest. Dès son arrivée, il s'em- ^ barquait, en compagnie des membres de la ' Chambre de commerce, sur un vapeur et ■{ visilait le port. Il se rendait ensuite à la Chambre de commerce, oii on l'entretenait des vastes projets dont on peut attendre une transformation totale de Nantes.

Le lendemain, M. Milleraud se rendait à Sainl-Nazaire. il y trouvait les membres de la Chambre de commerce, les ingénieurs, les représentants des Compagnies de navigation, les notabilités de l'industrie et du commerce également heureux d'apprécier en sa personne un ministre résolu à défendre les intérêts vil aux du pays. M. Millerand devait, là, s'entendre féliciter sans réserves de sa résolution de donner aux ports de commerce un régime d'autonomie. Et, dans sa réponse, le ministre précisait le caraetère de la réforme qu'il se proposait de mettre en chantier; « En donnant aux ports, disait-il, une vie plus indépendante, nous leur permettrons de faire la preuve de leur vitalité ».

M. Millerand comptait bien poursuivre sur d'autres points du pays la vaste enquête commencée. Après avoir saisi, dès le 19 octobre, la Chambre du projet de loi sur l'autonomie des ports, il repartait, aux premiers

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jours de janvier, pour une nouvelle tournée d'études. Il se rendait d'abord à la Itochelle, oi!i son altenlion était appelée sur le développement pris par le port de la Palliée et sur les travaux d'agrandissement devenus nécessaires.

A Bordeaux, où il allait ensuite, le ministre s'entendait faire, à une séance de la Chambre de commerce, l'exposé de la situation du grand port français, aussi mal outillé que riche cependant. Le lendemain il se rendait à nouveau a la Chambre de commerce, et là, faisait connaître sonavis sur chacun des grands travaux projetés. Traçant enfin le tableau de ces vastes transformations de Bordeaux, il y voyait pour cotte grande cité la certitude d'un nouvel essor économique. M. Millerand donnait, en terminant, l'assurance que, enlièrement dévoué aux grandes œuvres qui font la prospérité économique du pays, il allait user de tout son pouvoir pour hâter la réalisation de ce programme de travaux.

Poursuivant son voyage, le ministre se rendait aussitôt à Cette. A Montpellier, le lendemain, il étudiait, en compagnie de M. Ruau, ministre de l'Agriculture, la question si complexe et si importante des canaux du Rhône. Quelques heures plus iard, M. Millerand était à Marseille; son séjour débutait par la visite

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des Iravaux du Canal de Marseille au Rlioiie] et du viaduc de Caronte.

En mai 1910, c'était sur le réseau dej l'Elat un voyage d'études sur Je caractère et Timporlance duquel nous aurons plus loin à revenir. S'il faut ici le signaler, c'est que M. Millerand devait en profiter pour examiner 1 la situalionmaritimedeplusieurs autres villes, Dieppe, Caen, Cherbourg, Granville. 11 étudiait à Dieppe les aménagements projetés de la gare maritime. A Cherbourg, on lui soumellaitles plans d'un nouveau porl. A Caen, les membres de la Chambre de commerce appelaient son attention sur les (ravaux à exécuter dans les bassins.

De joutes ces expériences que voulait personnellement praliquer à travers tout le territoire le ministre dos Travaux publics, de toutes ces investigations incessantes destinées à susciter des l'éformes ou à corriger celles qui avaient été mises en chantier, devaient naître des projets, étroitement inspirés des besoins du pays, et destinés à faciliter son essor économique. La plus forte de ces idées est assurément celle-là même à laquelle M. Millerand devait donner corps, le jour où il déposa devant la Chambre le projet de loi sur l'autonomie des ports. L'idée génératrice,

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il l'avait puisée dans la conviction que la force économique d'un pays est à la mesure des libertés et des responsabilités consenties à tous ceux qui servent le développement \général; il l'avait puisée aussi dans l'exemple donné par l'étranger, qui nous fait voir la prospérité croissante des ports libres. Quant aux modalités d'application, c'était précisément le .but de M. Millerand, dans ses voyages, d'aller les rechercher au moyen d'une expérience personnelle.

En déposant le projet sur le régime des ports maritimes, M. Millerand réalisait une idée qui avait déjà fait l'objet de plusieurs initiatives parlementaires. A quelques reprises déjà, on avait demandé que l'administration des ports lut décentralisée, contrôlée et gérée avec moins de rigueur par lElat, et qu'elle passât aux mains d'organisations autonomes locales ou régionales, Chambres de commerce, syndicats de négociants et d'armateurs. Ces intentions devaient demeurer lettre morte. 11 appartenait àM. Millerand de mettre sur pied, d'accord avec ses collègues, et d'apporter au Parlement un système qui conciliât tout ensemble les intérêts et les besoins particuliers immédiats de tous les représentants de l'activité commerciale d'un port, et aussi

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les droits de l'État à qui revient la mission àë veiller au développement économique général du pays, et par conséquent à l'exéculion des grands travaux d'utilité nationale.

Ce qu'est en soi le projet, le régime qu'il donne aux ports français de commerce, la liberlé et les droits qu'il leur accorde, les garanties de contrôle et d'autorité et la part de gestion qu'au nom de l'intérêt général il laisse à l'Etat, nous ne saurions les énoncer ici dans le détail. Ce qu'il importe seulement de mettre en évidence, c'est cette idée maîtresse qu'eu France, oij le commerce maritime est durement concurrencé, l'Elat ne peut se désintéresser de la vie économique des ports et laisser leur administration aux mains des seules personnalités de la région Aussi le projet prévoit la création, dans chaque port, d'un conseil d'administration de quinze membres, parmi lesquels des membres «le la Chambre de commerce et des représenlan ts de TÉtat. Le port est investi de la personnilité civile, et le Conseil prend avec la collaboralion de l'Etal iî» plupart des décisions qui concernent sa gestion.

Telle est, en quelques lignes, l'économie d'un projet (jui, avant même d'eue déposé, provoquîi pnrtoul le pays un grandi mouveinenl

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d'altention. Les présidents des Chambres de commerce, réuuis le 20 septembre, avaient d'abord émis le vœu que les Chambres demeurassent «investies de toutes les prérogatives et de tous les mandats qu'elles exercent actuellement... » Quand survint le projet défmitit qui modifiait dans un sens favorable aux Chambres de commerce toutes les dispositions les concernnnl, Fngitation fit place à une adhésion sympalhique. Le Parlement et l'opinion publique comprirent que le régime nouveau allait soustraire les ports à la tutelle étroite des pouvoirs publics, que c'en serait fini des inconcevables lenteurs administratives qui retardaient l'exécu! ion des travaux, qu'enfin les poris français, remis aux mains des intéressés, seraient désormais en mesure, avec la coopération de l'Etat, de répondre rapidement aux nécessités du projirès et coniribueraient ainsi, par leur libre développement, <à l'essor économique général. Dès le 28 octobre 1909, d'ailleurs, la Commission du commerce de la Chambre approuvail l'économie générale du |)iojet et conliiità M. Chaumet le soin de déposer un rappori lavornble.

J\L Millt-nitid avait à plusieurs reprises, donné luiite son attention aux }<rands travijux publics eu cours sur divers points du Icrriloiie.

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