LA RÉPUBLIQUE VIVRA
Chambre des députés. Séances des 30 juin et 4 juillet 4899. — • Le Ministère composé par M. Waldeck- Rousseau s'était présenté pour la première fois devant la Chambre à la séance du 26 juin. Ce jour-là, une grande et violente discussion politique s'était terminée, malgré la coalition de la droite, des nationalistes et des républicains dissidents, par un vote de confiance*. Mais l'opposition avait juré de ne pas accepter sa défaite, de harceler le ministère de défense républicaine jusqu'au jour de la séparation des Chambres. Aussi, à chaque séance, naissaient de nouvelles demandes d'interpellation et, chaque fois, M. Waldeck-Rousseau, en quelques mots brefs, décidait la majorité à les renvoyer. L'un présentait une proposition tendant à la révision de la Constitution; un autre voulait interpeller le Gouvernement sur les mesures qu'il comptait prendre « pour protéger l'armée et ses chefs; » un troisième visait M. Millerand au sujet de l'application des doctrines socialistes, enûn chacun, dans le camp réactionnaire, s'ingéniait à trouver quelque bonne occasion de renverser le Ministère — mais aucun n'y réussissait. Un adversaire du Cabinet, M. Pourquery de Boisserin", qui s'était montré l'un des plus ardents interrupteurs pendant la lecture de la déclaration ministérielle, crut y parvenir en déposant un projet de résolution invitant le Gouvernement à ne pas clore la session « tant que le péril couru par la République n'aurait pas disparu ». Les députés devaient, selon lui, rester a leur poste de combat pour encourager
1. Voir la déclaration ministérielle et le discours de M. Waldeck-Rousseau dans La Défense républicaine. S. Député d'Avignon. Non Têè\w a\x* fetacAtoxA %€\i€raAes de i902.