LES GRÈVES ET LA POLITIQUE
Chambre des Députés. Séances des 12 et 43 février et du 26 mars 4900. — Une regrettable collision s'était produite à la Martinique entre soldats et travailleurs à La suite d'une grève. Dès que la nouvelle en parvint à Paris, M. Duquesnay demanda à interpeller le Gouvernement sur l'administration de la Marlinique.
L'interpellation fut renvoyée après le budget, M. Waideck-Rousseau ayant fait observer que le Gouvernement avait demandé des renseignements précis, et qu'il ne pourrait s'expliquer qu'autant qu'il serait en mesure de fixer les responsabilités : « Jusque-là, ajoutait-il, toute appréciation du Gouvernement pourrait constituer ou une imprudence ou même une injustice. » Le lendemain, M. Denis Guibert revint à la charge, sans plus de succès.
M. Waldeck-Rousseau, président du Conseil, mi • nistre de l'Intérieur- et des Cultes. — Le Gouvernement n'a pas depuis hier changé d'opinion sur l'utilité de l'interpellation qui de nouveau est proposée par l'honorable M. Denis Guibert.
Il y a dans les événements qui se déroulent dans une de nos colonies deux choses bien distinctes et que. je supplie la Chambre de considérer.
M. Duquesnay a indiqué à quoi avait tendu son interpellation, et c'est évidemment à quoi tend encore l'interpellation de M. Denis Guibert.
M. Denis Guibert. — Ah ! permettez : il y a autre chose !
M. le Président nu Conseil. — Gomtnft cmuXtoma.* comme remède aux événements quv&e ^TO&i\w*X*>».
Martinique, il demande avec plus d'insistance que jamais le remplacement de deux fonctionnaires : le gouverneur et le procureur général. Or, je déclare que c'est une bien mauvaise méthode, lorsque des événements qu'on a exagérés, mais enfin qui méritent toute l'attention, viennent à se produire, que de prétendre maintenir l'ordre et faire respecter l'autorité précisément en les mettant en échec. ( Très bien ! très bien ! à gauche.)
M. Duquesnay. — C'est précisément parce que ces fonctionnaires manquent d'autorité que nous demandons leur remplacement.
M. le Président du Conseil. — Nous avons considéré que si l'attention du Gouvernement devait être appelée, c'était sur les mesures à prendre, mais non pas pour sévir ou pour exagérer la répression — la Chambre sait quelle est à cet égard l'opinion du Gouvernement,... {Interruptions à droite.)
M. Paul de Cassagnac. — Vous ne prenez de mesures que contre les conservateurs et en faveur des communards.
M. le Président du Conseil. — Ce n'est pas la question !
M. le Président. — En effet, ce n'est pas la question.
M. le Président du Conseil. — ...mais pour donner à la population de notre colonie cette impression que, là comme ailleurs, nous entendons faire respecter à la fois et Tordre et la liberté. [Exclamations à droite. — Vifs applaudissements à gauche et à l'extrême
M. Lasies. — Voilà une jolie phrase!
Vous nous traitez plus mal que les nègres !
M. LE PRÉSIDENT. — Ne COÏMÙfcïiœL \^mwvà\fc\*t