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LA COLONISATION FRANÇAISE

dans lesquels on faisait à l'avance le procès des chemins de fer. Pour avoir vu trop loin, trop haut, ou trop vite, Jules Ferry eut beaucoup à souffrir et on crut le flétrir en l'appelant le Tonkinois. Ce devait être plus tard, messieurs, un de ses titres les plus glorieux à notre reconnaissance. Mais il serait le premier à nous inviter à laisser de côté les tristesse^ et les erreurs du passé pour nous réjouir de la grandeur du présent.

Môme dans un banquet offert par la Société de géographie, il y a quelque chose d'un peu effrayant à parler de statistique. Je voudrais, moins pour vous, messieurs, que pour le public souvent mal renseigné, faire connaître l'essor admirable de notre colonisation.

En 1871, notre domaine colonial ne dépassait pas 800.000 kilomètres carrés, et en 1900, sans comprendre la surface de l'Algérie et de la Tunisie, il comptait plus de 6 millions de kilomètres carrés avec 35 millions d'habitants.

Mais conquérir de vastes espaces, c'est bien peu, s'ils demeurent stériles ; voici des chiffres qui montrent combien l'activité déployée par la France a élé suivie d'heureux effets. L'ensemble de nos importations et de nos exportations dans les colonies s'élevait en 1871 à 222 millions, en 1881 à 287, et, en 1900, il dépasse 780 millions. On nous a répété que nous faisions des colonies pour les autres : eh bien! dans ces 780 millions le commerce français, la part de la France, qui était autrefois de 23 p. 100, dépasse aujourd'hui 50 p. 100.

Il y a encore un moyen de se rendre compte du développement colonial, c'est de consulter les budgets locaux de nos colonies. En 1901, les recettes de ces budgets atteignaient 155 millions; en voici quelques» détails ; la Guinée avait passé de 4%L.QÛb \.ra&s& ^

1890 à 2.142.000 francs en 1900; le budget des recettes du Dahomey s'était élevé de 325.000 francs en 1890 à 3.400.000 francs en 1900.

Je pourrais continuer Ténumé ration, mais je m'arrête ; je voudrais pourtant dire un mot d'une de nos plus belles colonies, celle de Madagascar, et laissant de côté les statistiques qui parfois ont quelque chose d'ingrat, je me bornerai à emprunter quelques lignes aune lettre que M. le général Galliéni a bien voulu m'adresser à la fin de la dernière année. Elle serait tout entière à lire; je n'en citerai cependant que ce qui me paraît plus particulièrement de nature à fixer votre attention : « Notre situation économique est en progrès continuel: de 17 millions en 1896. notre commerce général est monté à 52 millions en 1900; et dans ces nombres, les marchandises françaises figurent au moins pour les huit dixièmes. Nos recettes locales, de 3 millions en 1896, sont de 25 millions au moins pour 1901 ; notre caisse de réserve a son complet réglementaire de 5 millions. Enfin, pour répondre aux vœux que vous avez exprimés à l'égard des indigènes, nous nous efforçons, en répandant parmi eux le bienêtre et l'instruction, de les diriger dans le sens de leur civilisation propre. Nous avons créé un service d'assistance publique très complet, comprenant déjà plus de cinquante hôpitaux, ambulances, maternités, léproseries, et aussi tout un système d'enseignement professionnel agricole et commercial ouvert à tous et ayant donné déjà les meilleurs résultats. Faut-il ajouter» pour donner une idée de notre situation politique ici, qu'à l'inauguration du monument de Madagascar nous avons vu toutes les écoles anglaises, conduites par leurs maîtres anglais, défiler devant le monument et y déposer des drapeaux et emb\&m&$ ^iLdv^^Vx^m^wl t?&n-

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