ÈRE I
intéressés d'ailleurs au maintien lie Tordre; car, de môme que j'ai rendu aux colons toute la justice qu'ils méritaient, il faut rendre à certains chefs arabes la justice qui leur appartient*. [Très bien! très bien! à gauche.)
Notre cause a trouvé en eux des collaborateurs précieux, et il n'est pas jusqu'aux derniers événement» qui se sont accomplis dans le sud de l'Algérie qui n'aient fourni de nouvelles preuves de leur fidélité* (Apjdaudissements.)
Ces hommes viennent dire : « Responsables 'devant vous », — car ils ont un sens exact de leur responsabilité, — « nous sommes alarmés ».
« En effet, par leurs attaques violentes, par leurs insultes continuelles et impunies contre le chef et lea représentants du gouvernement de la République, par leurs appels démoralisants à la division et à la haine, certains journaux jettent le discrédit sur les autorités et tuent chez les indigènes le respect et la crainte du nom français. » (A/iptaudissemmts à gauche.)
M. le comte de LxNjuiNAis. — Ce ne sont pas de& indigènes qui ont rédigé cette adresse.
M. le Président du Conseil. — La même impression se dégage du rapport de l'honorable M. Luciani. Mais je passe.
Il y a à Alger deux journaux ennemis : c'est, d'une part, le Tell, ce sont, de l'autre, les .Vouoelles. Il y a peu de Questions algériennes qui les trouvent d'accord. Voici pourtant ce que je lis dans le Tell :
« Par quelle aberration ne voit-on pas que tout ce qui se passe à Alger depuis plus de trois ans n'est qu'une provocation à l'émeute! Y a-t-il pour les Arabes de l'intérieur, qui apprennent avec une rapidité surprenante tous les incidents et \es> m^nxl^v^Ov^w^ \\ws&ta&
aux représentants de la loi, une invitation plus caractéristique à se mettre en rébellion contre Tordre de choses établi? Au fait, pourquoi n'imiteraient-ils pas dans les villages de colons ces scènes déplorables dont Alger ne cesse de nous donner le spectacle? »
Et le journal adverse ne s'exprime pas dans d'autres termes :
« Les événements de Margueritte sont connus ici des indigènes, qui les commentent diversement. Tous sont unanimes à demander une répression énergique.
« La plupart de nos Kabyles sont lettrés; ils lisent avec attention les journaux qui publient' des détails de cette sanglante affaire.
« Un indigène, commerçant de la ville, nous disait textuellement :
« Le calme est maintenant rétabli : la justice va être « appelée à punir les coupables; mais avant de com- « mencer son œuvre de répression, ne devrait-elle pas « rechercher les responsabilités? »
« On croit généralement l'indigène peu intelligent; on se trompe. Il voit tout, comprend tout, et apprécie justement. Lors des troubles d'Alger, il a vu les boutiques et les magasins mis au pillage, et les délinquants punis de quelques mois de prison seulement. D'autre part, les nombreux indigènes lettrés voient constamment les journaux insulter le Gouvernement, la magistrature; ils y lisent constamment des appels au meurtre et au pillage. Que voulez-vous qu'ils pensent de tout cela?
« Ils se disent, non sans raison, qu'un gouvernement qui supporte un tel état de choses n'est pas suffisamment armé pour exercer une répression suffisante, etalorsils se laissent tenter ô1^vxvn^\v\.V^i^\ss^ donné. »
M. Mas^abuau. — Il faut supprimer la liberté de la presse en Algérie! {Exclamations sur plusieurs bancs.)
M. Ciiautemps. — Mais il y a des exemples! En Tunisie, on a rétabli le cautionnement et ce pays est redevenu calme et prospère.
M. Lasies. — C'est la dernière liberté qui nous reste.
M. CuauTemps. — Nous savons ce que vous en faites de la liberté!
M. Empereur. — II faut supprimer la licence de l'insulte!
M. le Président du Conseil. — Voulez-vous une dernière autorité? Je cite les paroles prononcées en 1899 par le général Larchey :
« L«»s intrigues, les troubles qui se sont produits à Alger ont amené les Arabes à se consulter plus que par le passé. Ils sont mûrs pour les complots. »
En effet, c'est le bon sens qui parle. Comment voulez-vous obtenir le respect de la loi par les Arabes quand ils ont dans les actes et dans les paroles de certains Européens l'exemple de la sédition, du meurtre, du pillage et — je répéterai cette expression, bien qu'elle ait déplu à M. Drumont qui la trouve excessive — d'une sauvagerie, d'une barbarie mille fois moins excusable que la leur? (Très bien! très bien! à gauche.)
AI. Fikmin Faure. — Comme à Toulouse! comme à Saint-Etienne! (Bruit.)
AI. le Président du Conseil. — Lorsqueles indigènes savent qu'on pille les magasins à Alger, que les sémites ou môme ceux qui, sans l'être, ne sont pas assez antisémites, sont frappés, violentés, comment admettre qu'ils ne soient pas repris par l'esprit de rébellion qui couvera toujours chez àes houvvw^ we^v^
- M. Lucien Millevoye. — Comme nous î nous sommes aussi des hommes conquis!
M. le Président du Conseil. — Comment admettre, disais-je, que ces gens chez lesquels couve inévitablement l'esprit de rébellion propre aux nations conquises, surtout quand la conquête ne date pas d'un siècle, devant certains spectacles ne le sentent pas se réveiller en eux? (ïrès bien! très bien!)
Ce qu'ont dit les administrateurs, ce qu'a dit le Gouverneur général de l'Algérie ainsi que le commandant de corps, le général Larchey. tout cela n'est malheureusement qu'un hommage désolant rendu à la réalité des faits et des choses. [Très bien! trrs bien !)
Mais que s'est-il donc passé à Alger, ces jours-ci, non pas en 1898, ni en 1899, mais tout à l'heure en quelque sorte? On a parlé de l'arrivée de M. Jonnart avec respect, on a dit de quels égards ses douleurs avaient été entourées. C'est faire trop bon marché des faits. Nous allons voir comment M. Jonnart était reçu lors de son dernier retour en Algérie. Mais cette scène, cette journée — car c'est bien une journée — a eu des précédents aussi violents.
En février, une première attaque est dirigée contre la Maison du Peuple, dont la devanture est brisée: des coups de matraque sont donnés et l'un des assistants a les deux joues traversées par un coup de canne à épée. C'est un prélude.
Le 6 avril, à l'occasion de l'arrivée de M. Drumont, de nouveaux désordres éclatent dans la rue, et tandis que la police s'efforce de maintenir l'ordre...
M. de S*lk;nac-Fénelon. — Comme à Toulouse!
M. le Pkésident du Conseil. — ... parce que le préfet, M. Lutaud, s'est, pour un vdsAkwV sa\s\ ^ ^^
administration, elle est criblée de verres et de bouteilles qui lui sont jetés du balco n de l'hôtel de ville* {Exclamations à gauche et à V extrême gauche.)
Ce n'est encore qu'une préface.
Le 16 avril, au meeting qui se tient au vélodrome,, nouveaux désordres, nouvelle bagarre : un sourdmuet, le sieur Blanc, est emporté le crâne fendu.
On parlait tout à l'heure d'un sieur Delabonna; j'y arrive. C'est le 21 avril que M. Jonnart débarquait de nouveau à Alger. Il suffit de lire un des journaux de cette époque, de quelque opinion que ce soit, pour savoir quels désordres se sont produits dans la rue. Mais voici un incident particulier. Il y a là un M. Féder, voyageur de commerce qui représente une maison de Lyon, qui ne peut avoir, par- conséquent, aucun ennemi personnel à Alger. Il est entouré par une bande d'énergumènes; frappé à la lète, il tombe évanoui; des arrestations sont faites; on poursuit un certain nombre de malfaiteurs ; parmi eux se trouve poursuivi le sieur Delabonna.
S'il y a des choses qu'on n'a jamais le droit de dire, — et je vais montrer à la Chambre qu'elles n'ont pas été dites, — il en est qu'on peut dire : quand un accusé est devant la justice on peut produire son casier judiciaire; or, le casier judiciaire de cet individu a établi qu'il avait été condamné pour vol. Mais ceci n'est pas le plus intéressant, voici qui l'est davantage. Au moment où on procède à l'arrestation, il prend la fuite; savez-vous où il va se réfugier ? A la mairie. (Exclamations et rires à gauche.)
M. Lasiks. — M. Cavaignac et M. Lemaître n'auraient pas pu se réfugier à la mairie de Toulouse.
M. le Phésii»k\t du Conskil. — Il a d'ailleurs des misons pour le faire, car Yvtk&lYwçXuya. *, &Ubli c^ue son
loyer est payé par le maire, et il est porteur d'un tfoupe-fite. (N 'Uveaux rires.)
M. Firmin Faure. — C'est M. Lutaud qui a organisé <îes troubles. (B/uit à gauche.)
M. le Président du Conseil. — Le môme jour on a la certitude d'une attaque dirigée contre la Maison du Peuple. Je tiens à dire un mot de ce qu'est la Maison du Peuple. C'est ce qu'on est convenu d'appeler une université populaire. On y fait des conférences. Voici sur quels sujets : Saint-Pierre et Miquelon, la Conférence de la Haye, Tolstoï, Y Aiglon, Vagabondage et crime, l'Egypte et son état actuel. J'avais raison de dire* que c'est surtout et avant tout une maison de conférences populaires; les dimanches et jours de fêtes, on organise des bals et des concerts où assistent les membres sociétaires et leurs familles. Ce détail était utile pour montrer ce que l'agression du 21 avril a eu de particulièrement odieux.
Voici la déposition, que je résume, de M. Jourdan, de l'Agence nationale :
« A cinq heures se forme, place du Gouvernement, un rassemblement d'antisémites; il prend la rue Bab- Azoun, il fait fermer en passant le magasin de M. Narboni; le propriétaire du Petit Louvre ne fermant pas assez vite reçoit un coup de canne. On continue vers la Maison du Peuple; les femmes et les enfants des sociétaires y sont réunis; les vitres sont brisées; quelques hommes se placent sur le seuil pour en interdire l'accès ; une grêle de pierres les assaille... »
M. Lasies. — Comme à Toulouse!
M. le Président ne Conseil. — Au dire d'un témoin, cette bande a rencontré, rue Dumont-d'Urville, quatre agents et un brigadier qui les ont &tasÀ ^&<s&rc .
M. Jacqles Piou. — Toujours commfc ^w&w^^
M. le Président du Conseil. — Nous verrons tout à l'heure ce que font des gardiens de la paix à Alger lorsqu'ils ne laissent pas passer.
Le 30 avril se produisent d'autres incidents d'une nature particulièrement grave. Dans l'affaire des poursuites dirigées contre les auteurs de cette agression, deux personnes avaient témoigné : la première, un étudiant du nom de Prébois; la seconde, un Israélite du nom d'isvy. Le 30 avril se passe une scène tumultueuse à la brasserie Tantonville : des désordres éclatent, au cours desquels, par un événement que personne ici n'attribuera au hasard, le premier de ces deux témoins reçoit un coup de couteau qui pénètre de 14 centimètres; le second témoin, Isvy, reçoit également un coup de couteau dans la tète.
Et, pour donner une idée exacte de la manière dont l'autorité municipale comprend son rôle, quatre agents de police et le commissaire central sont révoqués. [Exclamations et rires à gauche.)
Le lendemain, c'est le sac du journal les Nouvelles.
Voici en quels termes un magistrat, auquel on a justement rendu hommage, a retracé le début des opérations.
M. Firmin Faure. — Je demande la parole.
M. lk Président du Conseil. — Voici comment ce que j'ai appelé le début des opérations est retracé par l'honorable magistrat dont tout à l'heure on a prononcé le nom :
« Un groupe se forme devant la mairie d'Alger. On va prendre un apéritif à deux heures ; on saccage deux distilleries, on arrête un tramway, on casse le bras d'un juif, on revient à Alger, et, avant de se séparer, on se donne reridez-\ous pour le soir au comité centrnl antijuif . »
Or, ce récit est emprunté à une déposition, celle d'un sieur Vallisser, qui est rapportée de façon plus complète dans un des journaux d'Alger, moins complète dans l'autre; la Dépêche algérinnr, qui n'est pas un journal suspect, je pense, aux antisémites, la reproduit en ces termes :
« Le jeune Vallisser, compromis dans l'affaire de Bab-el-Oued, dépose que, sur un rendez-vous donné dans l'après-midi par Baïlac, il était allé le soir au local du comité central antijuif, rue de la Liberté ; que là, devant une assistance nombreuse, certaines personnes qu'il ne désigne pas avaient pris la parole pour dire qu'il fallait empêcher les Nuwwllrs de paraître, et que, aussitôt, des bandes s'organisèrent afin de mettre le projet à exécution. »
C'est, par conséquent, l'un des acteurs de l'affaire qui parle.
Sans publier les détails, j'ose dire qu'un tel état de choses ne peut pas être défendu, qu'il ne peut pas être maintenu {7'iès bien! très bien! à gauche)] et que si partout des désordres se produisent et sont par là même condamnables, nulle part ils ne peuvent être moins tolérés que dans ce pays qui nous préoccupe à si juste titre et dans des conditions dont j'ai montré le retentissement. [Applaudissements à gauche, à l'extrême </aw h* et sur divers bancs au centre.)
Ainsi donc, suivant le Gouvernement, une mesure s'impose. 11 faudra qu'il demande à la Chambre à bref délai et, aussitôt qu'il lui sera permis de donner son attention à ce projet, de voter sur le rapport de l'honorable M. Bienvenu Martin la proposition tendant à mettre à la disposition du préfet la police de l'agglomération algérienne. (Applaudissements à gauche, et à V extrême gauche*)
.JMflMMjtftt
M. Massabuau. — Nous ferons des amendements pour étendre la loi à Lille, Toulouse et Saint-Etienne. [Très (uni ! très bien ! sur divers bancs.)
M. le Président du Conseil. — Je ferai observera l'honorable interrupteur que, s'il a cent fois raison de déplorer et de blâmer toute manifestation qui tourne contre l'exercice d'une liberté, on n'a pas vu en France des municipalités s'associer aux désordres. ( Vives réclamations à droite. — Applaudissements à gauche.)
A droite. — Et à Marseille ?
M. Massabuau. — Le maire de Denain a empêché l'évêque de remplir ses fonctions. (B>uit à gauche.)
M. le Président du Cm^EiL. — En voulez-vous une preuve ? Parmi les faits que l'honorable M. Drumont devait reprocher à M. Lutaud et qu'il a laissés de côté pour ne lui prodiguer que des injures (Interruptions à droite) se trouvait ce reproche d'avoir suspendu l'adjoint qui, dans la journée du 21 avril 1900, témoin des événements que je viens de relater, avait la direction de la police. Or, la veille, le préfet le mettait en demeure de prendre toutes les précautions voulues pour assurer l'ordre, et il lui donnait comme raison d'être de sa précaution l'ordre du jour délibéré la veillo par les comités antijuifs. Que faisait l'adjoint chargé de la police ? Il attachait à ses côtés le commissaire central, et, pour être bien sûr que celui-ci, qui d'ailleurs a été révoqué pour avoir fait son devoir, ne se mêlerait pas d'empêcher certaines manifestations et certains désordres, il lui remettait la réquisition suivante : « M. le commissaire central devra se tenir sans cesse à nos côtés l'après-midi, car, conformément à la loi et vu l'invitation que nous a faite M. le préfet, je tiens essentiellement à diriger moi-même le service d'ordre. » (Exclamations et vires ù çjauc\ie^
Nous savons comment le service d'ordre a été dirigé. Par conséquent, ce n'est pas le moins du monde pour revendiquer au profit du préfet une autorité particulière...
M. Pourquery de Boisserin. — Le préfet n'avait qu'à prendre la direction de la police avant !
M. le Président du Conseil. — Le préfet a pris, à plusieurs reprises, la détermination dont vous parlez. Mais vous savez bien — et je vous remercie d'avoir appelé mon attention sur ce point — quels pouvoirs la loi de 1884 donne au préfet. Ils ne sont que temporaires, ils ne peuvent être pris qu'en vue d'un fait parliculier, d'un événement précis. Or, qu'est-il arrivé? Que chaque fois que le préfet a pris la direction de la police pendant une journée, les agents qui lui obéissaient ont été immédiatement disgraciés.
C'est assez montrer que la loi de 1884 ne constitue pas un remède suffisant.
M. Pourquery de Boisserin. — Permettez-moi une observation.
J'ai eu l'honneur de vous dire que je proposerai moi-même la discussion immédiale du rapport de M. Bienvenu Martih sur l'organisation de la police à Alger. Mais il est incontestable aussi que ces questions algériennes, délicates, difficiles, fort dangereuses, plus dangereuses qu'on ne le pense ici, sont un peu . trop envisagées d'un seul point de vue. Or, iLy a des torts de tous cfilés, dans tous les camps. (Très bien! très bien! sur divers bancs.)
Il est certain qu'aujourd'hui, si l'on entre dans cette voie, vous écarterez de nous, plus que vous ne le pensez, un très grand nombre d'Algériens.
M. Marcual. — Et des plus modérés !
M. Pourquery de Boisserin. — \\ ^ ^ fo& ç$a& **•
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Algérie nui désapprouvent les excès qui sont commis de toutes parts. Malheureusement jusqu'ici, — c'est probablement parce que je n'ai pas eu la sagesse d'attendre, — j'ai bien entendu de votre bouche des critiques pour un côté ; je n'en ai pas entendu pour l'autre. {Applaudissements à droite et sur divers bancs.)
M. le Pkésident du Conseil. — Je répondrai à l'honorable M. Pourquery de Boisserin : Que voulez-vous? si j'ai parlé surtout des juifs qui ont été maltraités, des commissaires de police qui ont été révoqués, c'est que dans les événements auxquels j'ai fait allusion, il ne m'est point apparu que ce soient les antisémites qui aient été victimes des judaïsants. (/déclamations à droite. — Très tien! très bien ! à gauche.)
Je ne veux plus dire qu'un mot et pour tenir une promesse que j'ai faite.
On a accusé le procureur de la République d'avoir reproché à l'audience à un prévenu sa filiation. C'est par un entrefilet de journal que j'ai appris le fait. J'ai demandé des renseignements ; or, il résulte d'un rapport de l'honorable magistrat incriminé qu'il n'a connu l'accusation que par un article paru récemment dans Y Echo d'Aluer. Aucun des journaux qui avaient rendu compte de l'audience n'y avait fait la moindre allusion.
« L'Echo d'Alger, écrit-il. allègue que le procureur Eon a reproché, évidemment dans une affaire récente, à un prévenu sa situation d'enfant naturel, et il critique à ce sujet l'attitude du magistrat.
« Ici le tait qui sert de base à la critique est inventé de toutes pièces. Non seulement je n'ai jamais commis, ni dans une affaire antijuive ni dans aucune autre, cette mauvaise et malhonnête action qui consisterai* à faire grief à \u\ ^y^n^wu ftwftfc ^\V\jl*\\wv qjvv,
au point de vue social, le rend digne d'intérèl; mais encore à aucun moment je n'ai fait allusion, à l'audience, à un document quelconque, pouvant révéler au public la filiation soit d'un prévenu, soit d'un témoin. »
M. le comte de Lanjuinais. — C'est une pratique constante dans la magistrature.
M. ie Président du Cons» il. — Après une affirmation aussi énergique, il m'est permis de négliger d'autres ordres de preuves
Telles sont les explications que je devais à la Chambre. Elles ont porté, comme je le lui avais annoncé, à la fois sur des faits généraux et sur des faits particuliers, sur ce que nous croyons être la politique la meilleure pour l'Algérie.
On a dit aussi — c'est, je crois, l'honorable M. Morinaud — qu'il était encore un bienfait que l'Algérie devrait recevoir dii Gouvernement et que ce bienfait serait la stabilité des gouverneurs. L'honorable M. Morinaud me permettra de lui répondre que cette stabilité ne dépend pas toujours ni des gouverneurs ni du Gouvernement. Je n'ai pas à apprécier ici les raisons qui, par exemple, ont fait rappeler d'Algérie, dans la personne de l'honorable M. Lépine, un homme aussi inaccessible à la fatigue qu'au danger. (Applaudissements à gauche et su?* divers bancs à T extrême gauche. — Bruit à droite,)
Je n'ai pas à dire quelles circonstances regrettables, pénibles, nous privent du concours de l'honorable M. Jonnart. (Nouveaux applaudissements.) Nous nous sommes efforcés de lui trouver un successeur pour lequel les choses algériennes et africaines ne fussent pas des nouveautés.
Je iorme le souhait que sa miasiow \vù *o\\,\«tÀ»fe
facile par tous; mais s'il devait, après tant ch heurier à un systèmes de violences calculées défendu par le Gouvernement actuel avec 1 énergie (Vifs applaudissements à gauche); maintenu résolument en Algérie, comme y se tenu l'honorable H. Lutaud... (Nouveaux app menls sur les mêmes bancs. — Exclamations <
M Lasies. — Comme cela, nous sommes sî pas Tavoir. Quelle chance! (Rires à droite.)
H. le Président du Conskil. — Vous avez p tôt, car j'allais ajouter : ... jusqu'au jour où, étant accomplie, il trouvera sur le continent 1 pense qui lui est assurée. (Vifs applaudiss gauche et à V extrême gauche.)
Chambre des Députés. — Séance du 24 février 1000. — M. Le Hérissé interpellait le Gouvernement sur l^s conditions dans lesquelles s'opérait le renforcement des effectifs à Madagascar. 11 s'agissait de renvoi d* renforts à Diégo-Suarez. L'interpellateur avançait que le Gouvernement violait la loi de 1893 sur le recrutement des troupes coloniales. MM. Eugène Etienne et le ministre des -colonies relevèrent successivement ses critiques. Mais le débat prit une allure politique telle que le Président du Conseil dut poser la, question de confiance. La Chambre, par 285 voix contre 219, vota Tordre du jour accepté par le Gouvernement.
M. Waldeck-Rousseau, président du Conseil, ministre de r/nléiieur et des Cultes. — Messieurs, quelques-uns de nos collègues ont bien voulu m'informer, et M. Pourquery de Boisserin le disait à la tribune, qu'ils saisiraient la Chambre d'un projet de résolution tendant à inviter le Gouvernement à n'envoyer à Diégo- Suarez que des artilleurs de la marine appartenant à l'armée coloniale. Je monte à la tribune pour vous indiquer dans quelles conditions le Gouvernement s'est trouvé, à quelles nécessités il a obéi, et quelles sont, à Theure où je parle, ses prévisions pour l'avenir.
Dans ce débat où, on Ta dit avec raison, il semble qu'aucune question d'amour-propre ou de vanité ne puisse se gïwer, où aucune prèocc,v\\>^V\wi S^^
*«fltaiua*^fl3^E
politique ne devrait trouver place, les dates jouent un rôle prépondérant. Il s'agit, en effet, beaucoup moins de savoir ce que nous aurions pu faire en six ou sept mois, ce que nous pourrions faire encore en trois ou quatre mois, que de savoir si nous avons agi en temps utile et si, pour agir dans ce temps utile, nous pouvions nous y prendre d'une autre façon que celle que nous avons employée.
On dit : « L'artillerie de marine, la marine en général, vous offrait toutes les ressources qui pouvaient vous être nécessaires. » En réalité, et quand il s'est agi d'examiner quels seraient les contingents envoyés à Diégo-Suarez comme renforts, il y a eu deux étapes, deux phases.
La première phase a été déterminée par cette affirmation de l'honorable ministre de la marine en présence du ministre de la guerre, du ministre des colonies, du ministre des affaires étrangères et du général Galliéni, que la marine ne pouvait, au moment où l'on se plaçait, mettre à la disposition des colonies aucun contingent einprunté à ces troupes...
A droite. — C'est invraisemblable!
M. le marquis de La Ferronnays. — La marine est donc bien pauvre!
M. le Président du Conseil. — Ceci se passait au mois de décembre...
M. le Heris-é. — C'était inexact; le ministre de la marine était mal renseigné quand il vous a dit cela.
M. Paul dk Cassagnac. — Et c'est là ce que vous appelez la réorganisation de l'armée? Trente ans après Sedan! {Bruit.)
M. le Président du Conseil. — Si la Chambre en
veut la démonstration, elle va se faire par une date.
C'est à la fia de janvier seuUmeTvV ^vasÀ o^\^\^-
pelé M. le ministre des colonies, que M. le minisire de la marine lui a indiqué qu'il pensait pouvoir mettre à sa disposition un bataillon.
M. le ministre des colonies a demandé, comme c'était son devoir, à M. le ministre de la marine de préciser par lettre son offre; la réponse a été faite le 15 février. [Bruit à droite.)
M. l'amiral Rieunikr. — Ça été un peu long!
M. le Président du Conseil. -*- Dès ce moment, dès que la possibilité d'employer des troupes de cette nature a été démontrée, il n'y a pas eu une hésitation, je ne dis pas du côté du Gouvernement, je dis du côté du chef responsable des futures opérations militaires.
Le Gouvernement ne cherchera jamais à esquiver les responsabilités en s'eflaçant derrière qui que cesoit; mais il eût encouru les responsabilités les plus graves s'il . n'eût pas, en tous points, à toute heure, chaque fois qu'une question de ce genre était soulevée, demandé tout d'abord l'opinion de celui qui était appelé à diriger la défense. [Très bien! très bien!)
Et j'affirme de la façon la plus catégorique et la plus solennelle que jamais, pas un seul instant, il n'y a eu le moindre désaccord entre les propositions du général Galliéni et les mesures que le Gouvernement a adoptées.
S'il en était ainsi pour l'infanterie de marine, qu'en a-t-il été pour l'artillerie de marine? Nous avons pu faire partir déjà une première batterie le 10 février; — je vous prie, messieurs, de retenir la date; — la seconde batterie peut partir dans quatre jours ou, au plus tard, le 5 ou 6 mars. Était-il trop tôt d'envoyer la première batterie le 10 février? Sera-t-il prématuré d'envoyer la seconde le 6 m&ts^ Je raç^w op» ^«*-
sonne ici n'osera le prétendre. {Très bien! très bien! à gauche.)
M. Paul de Cassagnac — Le danger est donc bien grand? Il faut le dire au pays. (Exclamations à gaw-he et à V extrême gauche.) Il faut avoir le courage de le dire! (Bruit.)
M. le Président du Conseil. — Et alors la question se ramène à ceci : Pouvait-on constituer ces deux batteries, pour les expédier aux dates que j'ai indiquées, en faisant appel au système qui a été préconisé tout à l'heure par un certain nombre de nos collègues?
Ici encore des faits. On nous dit que, dans l'artillerie de marine, il y a de nombreux rengagés.
Cela est parfaitement vrai. Mais y en avait-il assez, surtout au moment où je parle, pour les distraire de la défense de nos côtes sans nuire à son organisation? ( Trh bien! très bien ! à gauche. — Mouoem°nts divers.)
M. le duc de Rouan. — Comment! pour 100 hommes?
M. Paul de Cassagnac. — Voilà des aveux terribles ! Qu'a-t-on fait de nos millions? (Bruit).
M. le Président du Conseil. — Et on prétend que c'est un débat purement colonial! (Très bien! et sourires à gauche)
M. Pail de Cassagnac. — C'est un débat national!
M. le Président du Conseil. — Je réponds à la question que je posais tout à l'heure, que si nous avons fait appel aux ressources du ministère de la guerre, c'est que nous avons été unanimement d'accord pour constater qu'au moment où les résolutions étaient prises c'était la mesure qui s'imposait. (Très bien! très bien! à gauchp. — Bruit.)
Le recrutement de la marine, — je ne crois pas
commettre ici d'indiscrétion, et s'il n'y en avait pas
eu d'autre que celle là, kcouç sto tfc &kto>A, aurait pu
qu'y gagner, — le recrutement de la marine, au point de vue de l'artillerie, est, ainsi qu'on Ta montré tant de fois à celte tribune, difficile et laborieux.
M. Camille Pelletan. — Par la faute de la guerre!
M. le Président du Conseil. — Eh binn! lorsque la marine ne trouve pas par des engagements directs le contingent qui lui est nécessaire, que fait-elle? Elle s'adresse, conformément à la loi de 1893, au ministre de la guerre. C'est ce que M. le ministre de la marine a fait au mois de décembre. A cette dale il a demandé au ministre de la guerre de lui fournir, au moyen d'engagements pratiqués parmi ses troupes, 900 hommes jugés indispensables pour compléter les effectifs du continent.
Eh bien! était-ce le moment, quand la marine était obligée, pour le service même que j'indique, de faire appel à des contingents nouveaux, à des ressources nouvelles, était-ce le moment de les diminuer encore, alors que, d'un autre côté, nous trouvions, au point de vue de l'organisation des renforts, des ressources toutes prèles? {Très bien! très bien! à gauche. — Mouvements dioers.)
Un membre à droite. — Il fallait demander 1.000 hommes à la Guerre au lieu de 900, voilà tout! [ /fruit.)
M. le Président. — Veuillez, messieurs, ne pas discuter à vos bancs.
M. le Président du Conseil. — On nous a encore demandé pourquoi, ayant fait appel aux engagements, nous n'avions pas pris de préférence tous les rengagés.
Nous avons fait appel aux rengagés comme aux soldats qui étaient encore dans les liens dw s&wvuk \^ trois ans. On a pris, monsieur Le Nbjtfc à& \\\^^Vsv^
les rengagés qui se sont présentés, et il s'en est présenté, d'après les renseignements'qui m'ont été donnés par le ministre de la Guerre, un peu plus de vingt.
Faut-il en être surpris? 11 n'y a qu'à regarder la composition d'un de nos régiments d'artillerie pour voir que les rengagés y sont le plus p.etit nombre.
Nous n'en avons donc pas refusé un seul, et. amenés alors à descendre au point de vue de l'âge, nous nous sommes imposé une limite que nous n'avons pas franchie, et les cent hommes de ces deux batteries ont tous vingt-trois ou vingt-quatre ans.
Je ne dis pas que des hommes de vingt-cinq ou de vingt-six ans n'eussent pas été préférables ; mais enfin lorsqu'on a déjà fait deux ans de service, il est manifeste qu'on se trouve dans des conditions d'entrainement et de solidité physique qu'on n'aurait pas si Ton n'avait fait qu'une année.
Voilà les considérations qui nousontguidés. J'ajoute après M. le ministre des Colonies, que, même dans cette catégorie d'hommes... [Bruit de conversations.)
M. le Président. — Vous empêchez vos collègues d'écouter, messieurs; ils en sont libres, j'imagine!
M. le Président dit Conseil. — ... J'ajoute que, même dans cette catégorie d'hommes, les plus grandes précautions, celles qui sont d'ailleurs imposées par les règlements militaires, ont été prises. 11 en est résulté qu'une batterie est partie le 10 février, que la seconde est prête à partir, que tous les éléments qui la constituent sont concentrés à Nîmes; et quand on nous demande de prendre rengagement de n'envoyer àDiégo-Suarez que des batteries encore à former au znojende ressources que la marine pourrait ultérieurement mettre à notre 4\aços\V\w^ mm ^W Wte-
ment, à coup sûr (Exclamations sur divers bancs), nous répondons que cela n'est pas possible.
Il en résulterait nécessairement des retards et des discordances dans l'organisation dont, je le déclare très nettement à la Chambre, nous ne prendrons pas la responsabilité. (Vifs applaudissements à gauche.)
Chambre des députés. — Séance du 2 juillet 4900. — Un crédit Ih 13 mill'ons était d- mandé pour couvrir les frais de certaines opérations militaires entreprises dans le Sud-Algérien, notamment au Touat. M. André Berthelot critiqua ces opérations et reprocha au Gouvernement de le^ avoir décidées sans l'autorisa* ion des Chambres. M. Eugène Etienne, député d'Oran, démontra que ces critiques étaient injustifiées, et M. Waideck-Rousseau prit ensuite la parole :
M. Waldeck-Rousseau, président du Conseil, ministre de r Intérieur et dt>.s Cultes. — Messieurs, il me paraît nécessaire d'apporter une courte réponse aux critiques qui ont été formulées par l'honorable M. Berthelot. Ces critiques ont été de trois ordres : il nous a reproché — le mot dépassait peut-être un peu sa pensée — d'avoir gaspillé les crédits que nous demandons aujourd'hui à la Chambre ; il nous a reproché en tout cas d'avoir engagé des dépenses considérables sans en avoir obtenu l'autorisation du Parlement.
Portant enfin son examen sur la direction même des opérations militaires, il en a fait la critique; tout particulièrement il a insisté sur l'inutilité de l'occupation d'igli, cVst-à-aire sur linutilité de l'opération qui entre to les a évidemment, et à raison de certaines circonstances que je rappellerai, demandé le plus grand effort, niais aussi produit les plus grands effets. Je n insisterai pas beaucoup saiî Vi vA& \g&fo&\qg& et
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stratégique des observations qui ont été présentées par l'honorable M. Berthelot. Toute la stratégie, si le mot n'est pas ambitieux — la Chambre en sera juge tout à l'heure — a eu deux directeurs : M le général Grisot, qui commande le 19e corps à Alger, et M. le ministre de Galliffet, appelé, avec sa haute expérience et cette prudence dont on a justement fait 1 éloge, à examiner les propositions qui lui étaient faites par un homme émi emment compétent et que nécessairement il devait contrôler.
Or je puis dire, sans crainte d'affirmer quoi que ce soit qui dépasse la vérité ou reste en deçà de la vérité, que dans toute cette affaire le général Grisot a été prudent et que le général de Galliffet a été plus prudent.
Il me paraît que le meilleur moyen de permettre à la Chambre d apprécier la question de savoir s il fallait apporter ici des déclarations ou des projets, demander à grand bruit, peut-être même à grand fracas, des crédits plus ou moins considérables, c'est de retracer des faits dont le moindre est connu, car il n'est pas un incident de cet épisode, qui ne sera pas sans gloire pour nos armes, qui n ait été en effet connu à son heure, répandu dans le public et apprécié, avec cette circonstance particulièrement heureuse que je ne crois pas que des blâmes ou des critiques se soient élevés de quelque côté que ce soit contre une opération — c'est le seul nom qu elle mérite — qui, en définitive, a consolidé entre nos mains toute une partie de notre domaine algérien. (Applaudissements à gauche.)
Je n'ai pas à affirmer une fois de plus, après tant d'autres, aussi et plus autorisés, qu'étant au Touat, au Gourara ou au Tidikelt, nous sommes cYl^l ww& VTve*
bien! très bien!), et que, par conséquent, c'est chez nous, sur un territoire qui est nôtre, que s'est produite l'agression dont tout à l'heure on a dit un mot, l'agression d'Igoslen.
Mais il n'est peut-être pas inutile de redire une fois de plus que nos droits de propriété sont à ce point constants et certains sur ce domaine, que jamais aucun de nos ministres des affaires étrangères n'a admis qu'on pût même engager à ce sujet une contestation. ( Très bien ! très bien !)
En 1891, — si je ne me trompe. — à la suite de légères difficultés qui avaient pu soulever certaines inquiétudes, l'un de nos honorables collègues portait à la tribune la question du Touat, et il tenait ce langage qui définit par avance ce que nous avons fait : « La question du Touat, elle, n'a rien à voir ni avec le Maroc, ni avec la diplomatie européenne; c'est une question de police algérienne. » [Très bien! très bien!)
On ne pouvait pas mieux dire. Certes l'expression « police algérienne » peut paraître insuffisante, auprès de certaines éventualités; mais ce que je tenais à constater une fois de plus, après tous ceux qui m'ont précédé, c'est que, lorsque nous dirigeons des troupes de notre armée d'Algérie sur les points du territoire algérien, qu'ils s'appellent le Tidikelt. le Touat ou le Gourara, nous faisons un mouvement de troupes qui ne sort pas de notre territoire et dont, par conséquent, la direction nous appartient d'une façon incontestable et d'ailleurs incontestée. (Appaudissemenls .) Voyons donc, messieurs, ce que le Gouvernement a dû faire et clans quelles circonstances il l'a fait.
C'est au commencement de janvier que nous recevions une dépêche d'W^eT uowà \wWmw\ ^^ le
25 décembre, à Igosten, la mission de M. Flamand, avec une escorte de cent indigènes commandés par le capitaine Pein, avait été attaquée par douze cents hommes des tribus qui gravitent autour d'In-Salah.
L'attaque avait été repouss.ée. De notre côté nous avions eu à regretter la mort d'un sous-officier indigène et quatre blessés, dont l'un avait reçu des blessures assez graves. Du côté ennemi, les pertes avaient été très grandes, et, à la suite de cet engagement, le capitaine Pein s'était porté sur In-Salah, y était entré, et presque aussitôt — je signale cette circonstance à la Chambre — avait reçu la soumission des tribus avoisinantes. Lorsque cette dépêche est arrivée au Gouvernement, qu'a-t-il fait? Il a autorisé, sans perdre une heure — et tout le monde Ta su — le général Grisot à former à El-Goléah la colonne qui serait nécessaire et strictement suffisante, non pas du tout pour engager dans le Touat ou ie Tidikelt ou le Gourara cette expédition, dont le plan souvent variable a été souvent aussi présenté, mais dans un but précis et strictement limité qui se trouve défini par une dépêche que j'eus l'honneur d'adresser, d'accord avec M. le ministre de la Guerre : assurer la sécurité de la mission à In-Salah et s'y maintenir, et n'engager aucune autre opération qui pût, dans cette saison, au moment où ou était arrivé, nécessiter autre chose que l'envoi des renforts que j'ai appelés tout à l'heure strictement nécessaires.
Le jour même où ce télégramme était adressé, nous en recevions un de M. le Gouverneur général de l'Algérie, qui s'était en quelque sorte croisé avec le nôtre, et qui nous faisait connaître que le capitaine Pein, dans le but, ainsi qu'on l'a dit tout à l'heure^de se donner de l'air, et aussi çowt s>fc ^wtfvwt ^rr>
' vivres et des fourrages, avait jugé utile de pousser jusqu'à In-Hahr.
Il était entré à In-Rahr après une affaire assez chaude, quoique nous n'ayons eu à déplorer aucune perle; mais il avait ensuite considéré que la situation y serait périlleuse. Il s'était replié sur In-Salah et il insistait pour obtenir des renforts. Ce sont ces renforts qui ont élé fournis par une colonne formée à El-Goléah et dont voici l'importance : trois compagnies d'infanterie, un demi-escadron de spahis, une section d'artillerie de montagne. Voilà ce que nous avons pris dans une garnison de plus de 60.000 hommes. Dans quel but? Dans le but de se rendre à In-Salah, d'y garantir la sécurité de notre mission et de nos soldats aussi qui, à cette époque étant en fort petit nombre, auraient pu être gravement exposés dans le cas où certains soulèvements se seraient produits.
L'honorable M. Berthelot a bien voulu considérer que cette mesure, décidée aussitôt que la nouvelle d'Algérie nous était parvenue, se justifiait et rentrait assez bien dans ces opérations de police dont je parlais. Mais où il trouve notre conduite imprudente et de plus répréhensible, c'est relativement à ce que nous avons fait pour lgli.
Pourquoi être allé à lgli? J'ai dit que jamais nous n'avions admis une discussion possible de notre droit de propriété sur les oasis du Touat, nom générique qu'on leur donne. Je puis bien ajouter — j'en ai pour preuve le crédit chaque année inscrit au budget — que cette propriété était escomptée et d'une conservation essentielle pour empêcher que nos communications avec nos possessions de l'Afrique occidentale puissent être coupées par l'intervention d'un tiers. (7rès bien! très bien !)
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Dès 1873, à la suite d'une insurrection, on avait commencé la construction d'un chemin de fer dont le tracé sur les cartes est infiniment démonstratif, allant jusqu'à Djenien-bou-Rezg d'abord, se poursuivant ensuite jusqu'à Duveyrier et prenant la direction d'Igli, de cette vallée dont parlait M. Berthelot.
Et puisque je traite cette question, répondant immédiatement à un grief qui nous était fait tout à l'heure, chaque année, je l'ai dit, on a demandé des crédits jusqu'à concurrence de 1.200.000 francs, crédits destinés à poursuivre l'exécution du chemin de fer jusqu'à Duveyrier. J'ai dit aussi que, dans la pensée de ceux qui ont étudié cette ligne, elle a un point vers lequel elle se dirige fatalement, et par cette circonstance qu'il faut, pour dominer toute une partie de la région, s'établir, et s'établir fortement, en un point qui est précisément celui d'Igli, signalé dans les études et dans les plans militaires comme de première importance au point de vue stratégique. C'est ce chemin de fer qui nous permettra — non pas aujourd'hui ni demain, mais dans un avenir que des résolutions qui seront prises librement par le Parlement pourront rapprocher ou éloigner — de contribuer puissamment, et de la façon la plus efficace, à consolider et rendre paisible notre possession.
C'est à mesure que la ligne descendra dans le sud que Ton pourra plus facilement établir des postes dans les endroits qui auront été choisis après une étude mûrie et attentive; et ces postes se trouveront ainsi rapprochés de près de 400 kilomètres du point auquel il faut aller chercher certaines troupes, certaines munitions ou certains vivras. Par conséquent, lorsqu'il s'agira de décider si la ligne doit aller à Duveyrier ou à Igli,il y aura ttafc co\y&Y^\^.<s&&
qui pourront militer en faveur de la continuation de ce tracé; mais, bien entendu, pour prendre un parti, il faudra qu'un projet soit soumis à la Chambre, qu'on discute la direction définitive à lui donner. Je me borne à dire que, dans ma conviction profonde, le tracé que je viens d'indiquer est celui que commandent à la fois et notre position au point de vue strictement défensif et la sécurité de notre occupation au point de vue de la répartition, des envois de renforts et de troupes, et du réapprovisionnement, qui est toujours la grosse question. (Très bien! très bien!)
M. Morinaud. — Vous ne parlez que du poste d'Igli, que de notre sécurité sur la frontière marocaine, et pas du reste du Sud-Africain?
M. lk Président du Conseil. — C'est entendu, mon cher collègue; mais je pense que lorsqu'une ligne, descendant de cette frontière, aura permis, comme je crois l'avoir dit tout à l'heure, de se placer à proximité des points qui, dans Test, devront être choisis, je pense qu'alors le fait d'occuper cette ligne présentera, môme au point de vue intérieur, un intérêt de premier ordre.
Ceci ne veut pas dire, messieurs, — puisqu'on a parlé de chemins de fer, vous me permettrez d'ajouter encore une observation, — ceci ne veut pas dire le moins du monde que le Gouvernement considère la ligne d'Igli comme devant absorber ou la totalité de son effort, ou la totalité de l'effort algérien. Et après les études, qui ont été très attentives, nous sommes arrivés à cette conclusion que, dans des conditions financières un peu différentes peut-être au point de vue de la contribution de l'Algérie, il y avait égalemenl le plus grand intérêt à exécuter la ligne qui va jusqu'à Ouargla...
M. Bouoenoot. — Très bien!
My*LE Présidknt du Conseil... et qu'il y avait encore un grand intérêt à exécuter le chemin de fer de Laghoual, comme enfin le chemin de fer de Tlemcen à Marnia. Je pense, en effet, — c'est aujourd'hui un axiome reçu, qui diffère un peu des anciennes méthodes, — qu'au lieu de faire de l'agriculture et du commerce pour y établir ensuite des chemins de fer, il faut faire des chemins de fer précisément pour permettre au commerce et à l'industrie de s'exercer et de produire des résultats.
Mais la Chambre sait que ces questions restent liées à la contribulion.de la colonie. C'est pourquoi, toutes les fois que le Gouvernement a été appelé à s'expliquer sur ce point, dans la Commission notamment, il a montré quelle était la relation étroite entre le régime financier que vous donnerez à l'Algérie et l'exécution de ces travaux. {Très bien! très Inm!)
Revenons à Igli. Pourquoi y sommes-nous allés?
Dès le 23 février, le Gouverneur général nous faisait connaître l'opinion du général Grisot, tendant à s'assurer d Igli et de la rive est de la Zousfana. C'était là un projet qui dépassait les premières prévisions, et la Chambre ne trouvera pas extraordinaire que nous ayons voulu que ce plan fût motivé.
Une correspondance s'est engagée. J'ai refusé, pour ma part, d'aborder l'examen de cette question aussi longtemps que je ne pourrais pas mettre sous les yeux de mon collègue M. le ministre de la Guerre l'opinion même du général Grisot. Cette opinion nous est parvenue par une dépêche du 5 mars, absolument favorable à ce plan dont le but était de nous permettre de commander toute une région qui, si elle ne restait q&& fermement assujettie à notre &omVfftN\wx.} &«wesa>k«>
dans l'appréciation de tous ceux qui connaissent ce genre de questions, le théâtre d'agitations indigènes, qui pourraient alors avec la plus grande facilité couper toutes les communications avec les points les plus avancés de notre occupation. C'est donc sur cet avis formel que l'occupation d'Igli a été décidée.
Et ici M. Berthelot a fait une confusion involontaire. Il a dit : Mais à Igli il a fallu des forces considérables, plus de 3.000 hommes.
Or, cela n'est pas exact au moment où nous nous plaçons et où il s'agit seulement d'exécuter la prise de possession dlgli. Ce fut, en effet, une colonne d'une importance à peu près identique à celle d'El-Goléah qui fut dirigée sur Igli. J'ajoute que cette colonne s'empara d'Igli sans aucune espèce de difficulté, et que, par conséquent, nous eûmes dès ce moment, dès le commencement d'avril, dans cette vallée si intéressante à occuper, une garnison qui paraissait absolument suffisante pour faire face aux éventualités prévues. C'est — je l'indique à la Chambre parce que M. le ministre des Finances, par exemple, pourrait en tirer un argument que je crois inutile — le 6 mars qu'a été envoyée la dépêche par laquelle le Gouvernement déclare approuver les propositions du général Grisot.
On nous dit : Pourquoi n'avoir pas compris dans le budget du ministère de la guerre les crédits qui allaient être nécessaires pour Igli? Je réponds : Parce que le budget du ministère de la guerre a été voté à la date du 27 ou du 28 février et que nous ne pouvions pas à celte date demander de crédits supplémentaires. ( 7/v' s bien ! frrs h\**n ! \
Mais je vais bien plus loin. Ce que je revendique pour le Gouvernement qui est à l'heure actuelle au pouvoir, comme pour ee\u\ qyù ^ wc^ ^xv^wv^ çfç&t^
quand il s'agit de se défendre, de réprimer une agression de tribus indigènes, et qu'an a devant soi une armée de 65.000 hommes avec tous les crédits nécessaires pour faire face à la solde et au transport, le droit, sms autre émotion, sans autre apparat, de faire ce que le devoir commande, promptement, spontanément, et de porter les secours là où ils sont nécessaires. (Appia-td'Ssem-'nts à gauche.)
Il est vrai que si Ton n'a pas été jusqu'à dire que l'opéralion d'igli constituait une véritable guerre, on n'a pas manqué de donner à entendre que, tout au moins, nous nous étions bien imprudemment exposés à des difficultés diplomatiques.
Nous n'avons pas agi aussi légèrement qu'on le présente. M. le ministre des Aff lires étrangères, à qui j'avais demandé de me donner les instructions les plus précises relativement aux droits que nous prétendions exercer, mais que, sous nul prétexte, nous ne voulions dépisser, m'a mis à môme, dès la première heure, de tenir le langage qui devait être tenu et de faire en sorte que, soit par erreur, soit par inadvertance, soit par entraînement, aucun acte ne fût commis qui pût éveiller des susceptibilités quelconques.
Cepen lant, à la fin d'avril, et à un moment par conséquent 01 la Chambre n'était pas réunie, nous reçûmes, par des dépèches des w24 avril et 5 mai, l'indication que les tribus habitant de l'autre côté des collines, à l'ouest do la Zousfana, s'agitaient; que, suivant une expression qui appartient précisément à ce genre d'agitation, on leur prêchait la guerre sainte.
Le Gmverneur général, d'une part, le général Grisot, de l'autre, faisaient parvenir ces informations. Le général Grisot demandait au miutatte A» \^ çj\wt*
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l'autorisation d'opérer une concentration sur Igli. Celte autorisation lui a été donnée à la date du 17 mai, et c'est à ce moment que, très prudemment, faisant ce qui ressort d'une des lectures dont on yous a parlé tout à l'heure, considérant qu'il fallait garder la ligne là où elle est construite et garder aussi les communications avec le. point terminus de cette ligne et Igli. on a occupé un certain nombre de postes : Hadjerat-ed- Dar, Duveyrier et Djenien-ed-Dar, si je ne me trompe; c'étaient là des précautions que commandaient la sagesse et la prudence; ce furent, je suis très heureux de le dire à la Chambre, des précautions inutiles; car, dès la fin de mai, dans les premiers jours de juin et dans la période qui a suivi, nous n'avons pas tardé à recevoir des assurances que non seulement cette agitation des tribus n'était pas encouragée par un gouvernement voisin, mais qu'an contraire il avait, de la façon la plus formelle et la plus expresse, réprouvé ces agitations et condamné les appels à la révolte qui avaient pu être adressés à certaines tribus. J'ai pu dire à la Commission du budget, je puis répéter avec plus d'assurance encore aujourd'hui à la Chambre, qu'autour d'Igli, aux termes des dépêches qui sont arrivées du 23 au 26 juin, tout est absolument calme et que toute agitation a disparu.
Voilà en résumé, en raccourci, les opérations qui ont été accomplies; voilà dans quelles conditions nous avons du, lorsque nous avons appris l'attaque d'Igosten, autoriser — nous aurions donné l'ordre, s'il eût été nécessaire — l'envoi d'une colonne modeste et cependant suffisante afin d'empêcher que ce poste fût menacé, et à plus forte raison enlevé.
Voilà comment plus l&rà, k \^ foi SrcmYsX *m, xxvois
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de mai, il a fallu occuper Igli dans des conditions de force et de sécurité jugées suffisantes.
Je demande à la Chambre s'il n'y avait pas quelque témérité à dire ou que nous aurions méconnu l'intérêt du pays ou celui de la Chambre, ou que nous aurions fait un mauvais emploi des ressources qui nous étaient nécessaires. (Applaudissements.)
Ces opérations — je leur maintiens le seul nom qui leur convienne — ont certainement coûté beaucoup d'argent. On a indiqué tout à l'heure les raisons du chiffre élevé des dépenses : cela a été la nécessité où nous nous sommes trouvés, non pas de faire les mouvements stratégiques qu'eût comportés une grande expédition conçue, mûrie à loisir, mise en marche au jour opportun, mais de faire les quelques opérations que je viens de retracer dans une saison que nous n'avions pas choisie. Mais ici encore je dois rendre un hommage mérité à l'administration de la guerre qui, à Alger, a pris soin de diriger toutes ces opérations. Sans pouvoir déterminer — il était encore impossible de le faire, aux termes d'une lettre du 7 avril 1900 que j'ai à mon dossier — sans pouvoir déterminer à l'avance quels seraient lés frais nécessités par celte campagne qu'on entreprenait d'El-Goléah à In-Salah et d'Aïn- Sefra à Igli, l'administration militaire a jugé, et ici elle était d'accord avec les inspirations de M. le ministre de la guerre, qu'il fallait multiplier les précautions, qu'il fallait, au lieu d'une bête de somme, en prendre deux, parfois trois, qu'il fallait envoyer à In-Rhar, à In-Salah, partout où nous avions des postes, non pas seulement des vivres pour quelque temps, mais des vivres pour l'année. S'inspirant d'une parole du général de Galliffet, à savoir qu'en Algérie on a. moins besoin d'hommes que de mxmWum^V ^mw
tration de la guerre a voulu surtout que tous ces postes éloignés, qui pouvaient avoir à subir un assaut ou une attaque, lussent, au point de vue des munitions, placés dans des conditions de sécurité absolue, je puis dire exceptionnelle.
Quel a été le résultat? Le résultat, c'est que nous avons dépensé — on vous l'indiquait tout à l'heure — 13 millions, dans lesquels les frais de transport représentent près des trois quarts de la dépense. Mais, si nous avons ainsi dépensé des sommes considérables, du moins nous avons été économes de la vie de ceux qui prenaient part à cette opération, (l'iès bien! très aie» /)
Chaque convoi est parti, emportant non pas seulement les vivres à destination des postes militaires, mais tous les vivres, eau et approvisionnements, né^ cessaires à la colonne elle-même.
Et voici une constatation en vérité bien consolante. Dans ces opérations qui ont comporté un certain nombre d'engagements, celui d'igosten, le premier engagement d'In-Rhar, celui qui plus tard, avec les renforts d'El-Goléah, nous a livré In Rhar et pour toujours, nous avons sans doute perdu trop de monde, mais enfin nous n'avons perdu que dix tués, pas un de plus, et nous avons eu quarante blessés qui aujourd'hui sont rétablis. Voilà pour les pertes occasionnées par le feu de l'ennemi.
Mais ce n'est pas là qu'est le danger dans cette partie de l'Algérie, ce n'est pas le feu de l'ennemi qui est le plus redoutable; c'est, on a eu bien raison de le dire, la maladie, le climat, ces alliés parfois impitoyables des tribus indigènes. A ce point de vue, quel a été le résultai de toutes les précautions que nous avions prises ?
J'ai dans mon dossier une dépêche du 14 juin de M. le Gouverneur général de l'Algérie, ému d'une parole qui avait été prononcée dans une autre assemblée et qui laissait entendre que les pertes causées par la maladie avaient été énormes :
« En réponse à l'allégation de l'honorable membre du Sénat, d'après laquelle il y aurait dans le Sud- Algérien des milliers d'hommes qui souffrent et qui meurent, j'ai l'honneur de vous adresser ci-après le* relevé des pertes subies, depuis le début des opérations jusqu'à ces derniers jours, par les colonnes qui ont opéré ou qui opèrent actuellement dans les régions sahariennes, avec indication de leurs effectifs. »
Suivent alors, colonne par colonne, Tidikelt, Gourara, Igli, etc., le nombre des hommes sur lequel, je crois, il n'y a pas lieu d'insister, et le nombre des malades. Depuis le début des opérations, il y a eu 15 malades au Tidikelt, 10 au Gourara, 25 à Igli, au total 50 malades et 5 décès, c'est-à-dire une proportion qui reste égale, sinon inférieure, à la proportion des maladies et des décès dans les garnisons.
J'o-e dire qu'il n'y a pas, dans nos colonies d'Afrique ou d'Asie, un lambeau de terre qui ne nous ait coûté plus cher que l'occupation, je ne dis pas totale, mais singulièrement avancée aujourd'hui, d'une partie de notre domaine algérien.
Par là, ce n'est pas seulement une colonie de plus, isolée, éparse à une latitude ou une longitude quelconques, que nous avons assurée à la France. Nous n'avons fait que ce qu'eussent fait tous les ministres, tous les gouvernements. Nous n'avons rien fait d'éclatant, nous avons eu la mène pensée, nous avons usé de la môme prudence, de la même fermeté, de la même volonté; et c'est avec ces i\\iA\\^\à^^^\\svs^^
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que nous avons réussi à faire que nous possédons maintenant en Algérie non plus, comme je le disais, des fragments de colonies ou des fragments de provinces, mais tout un morceau de continent.
Je crois que ces explications sont de nature à montrer à la Chambre que les griefs dirigés contre le Gouvernement étaient injustes et mal fondés. ( Vifs applaudissements.)