LE DRAME DU SOUDAN
preuve de plus des dangers, des contradictions, des périls, des obscurités résultant de ce qu'on oserait appeler une « instruction à la tribune », je crois que jamais débat n'en a fourni un exemple plus saisissant. (C'est vrai! — Très bien! au centre et sur dioers bancs à gauche et à droite.)
Après avoir dit ce que nous avons fait quand il nous a été donné de reconnaître avec certitude des coupables, je rappelle ce que M. le ministre des colonies a dit des intentions du Gouvernement. Le Gouvernement entend vérifier avec scrupule, mais en employant la seule méthode qui convienne, des imputations qu'il considère jusqu'à nouvel ordre comme téméraires; et là encore, s'il advenait qu'il fallût reconnaître que des responsabilités ont été encourues, nous saurions remplir sans faiblesse notre devoir.
Mais, messieurs, laissez-moi vous dire qu'il y a une partie de ce débat qui ne peut échapper à votre attention.
Certes nous avons un devoir vis-à-vis des indigènes, des peuples que nous avons conquis...
M. Le Myre de Vilers. — Très bien!
M. le Président du Conseil. — Ce devoir, c'est de les administrer avec humanité et justice...
M. Le Myre de Vilers. — Très bien ! Très bien ï
A droite. — Commencez par la métropole! (Bruit à gauche.)
M. le Président du Conseil... c'est de faire que le mot de colonisation, quand il s'agit de la France, soit synonyme de civilisation. (Applaudissements.)
Mais laissez-moi vous dire aussi que nous avons quelques devoirs envers nous-mêmes, que le premier de tous consiste à ne rien faire, à ne t\ew ^\w*\v^ qui, nulle part, et dans nos pos&esfcum* \wo\»v^«^
moins que partout ailleurs, puisse affaiblir notre autorité morale [Très bien! très bien!)] c'est de ne pas permettre que ceux que nous envoyons ou à la peine ou au danger soient placés sous le coup de je ne sais quel préjugé défavorable [Nouvelles marques d l'approbation), et qu'il tombe de la tribune des condamnations sincères, sans doute, mais qui pourraient être reconnues mal fondées. (Très bien! très bien! au centre et sur divrs banc* à droite et à gauche.)
M. Camille Pelle tan. — Nous ne demandons pas qu'on fasse une enquête à la tribune !
M. le P.tÉsiDKNT du Conseil. — Il faut, en pareille matière, ne pas oublier le retentissement que certaines accusations peuvent avoir et le grand inconvénient de paraître leur prêter plus de .crédit qu'elles ne méritent.
Oh! sans doute, il ne faut pas ériger en doctrine le système qui consiste dans le parti pris de tout absoudre ; mais soyez certains qu'il n'y a pas moins de danger dans une certaine facilité à tout condamner d'avance. {Apfjluudissemrnts au centre et sur divers bancs à droite et à gauche.)
On nous a maintes fois reproché la facilité avec laquelle nous semblons nous complaire à nous décrier. Eh bien! je ne crois pas que le moment soit bien choisi pour donner à d'autres des raisons de ne pas sembler injustes envers nous-mêmes en nous accusant. Et c'est parce que je vois plus qu'un inconvénient, un véritable péril, à transporter à la tribune française et dans les enquêtes parlementaires l'examen de faits qui, s'ils sont exacts, ne peuvent être que l'objet d'instructions véritables, que je demande à la Chambre, au nom du Gouvernement, de repousser la motion d'enquête qui lui esl fcççwV&b.