‹ Politique française et étrangèreChapitre 57 sur 76 · ASSOCIATION DES JOURNALISTES RÉPUBLICAINS · texte numérisé non relu

ASSOCIATION DES JOURNALISTES RÉPUBLICAINS

« Si quelques-uns de vos amis vous ont méconnu, si quelques amis de M. Millerand ont été étonnés de le voir répondre à votre appel et l'ont blâmé, soyez sûr que ceux-là ne tarderont pas à vous rendre justice à l'un et à l'autre. Soyez sûr, en tout cas, que quoi qu'il arrive, le pays républicain vous en sera profondément teconnaissant. (Vifs applaudissements.) »

M. Waldeck-Rousseau prit la parole après M. Ranc et lui répondit en ces termes :

Messieurs,

En entendant tout à l'heure les paroles de votre président, je songeais qu'il y a des approbations qui suffisent en vérité à faire oublier toutes les critiques, et l'approbation de Ranc est de celles-là.

Je sais que les bonnes traditions de votre Association proscrivent les longs discours : c'est une règle à laquelle il m'est facile de me conformer, cédant en cela à un penchant naturel mais très souvent contrarié. {Rires et applaudissements. )

Je suis venu au milieu de vous d'abord pour vous exprimer tout l'intérêt, toute la sollicitude, si légitimes, que le Gouvernement porte à votre Association, et combien il lui sera toujours agréable de vous aider dans l'accomplissement de l'œuvre de solidarité que vous remplissez avec tant d'intelligence et de générosité. Je suis venu encore, et je dirai volontiers surtout, pour saluer devant vous, à cette heure précise *, dans la per-

1. Les élections sénatoriales venaient d'avoir lieu quelques jours auparavant. M. Ranc, sur qui avait porté tout l'effort des nationalistes et des cléricaux, n'avait pas été réélu sénateur de la Seine. Il ne lui avait manqué, d'ailleurs, qu'une demi-douzaine de voix. — Depuis, M. Ranc, sollicité et présenté par les députés républicains de la Corse, a été élu sénateur de ce département, à une gtroÀe m^yriS^^ Vï> \fcvrier 1903.

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sonne de votre président {Applaudissements unanimes), un de ces hommes dont le nom est à lui seul tout un programme de désintéressement, de courage, de fidélité aux opinions qui ont été la lumière et le rayonnement de sa vie. (Nouveaux applaudissements.)

Ceux qui aiment la République, ayant souffert pour «lie, qui lui ont toujours donné sans jamais recevoir, méritent à coup sûr d'être proposés comme exemples à une époque et en un temps où le goût de l'utilité risque fort de prévaloir sur le goût du[sacrifice. [Vifs applaudissements.)

Une compréhension très élevée et très rare de la façon dont doivent s'obtenir les mandats législatifs, l'opinion que certaines fonctions perdent beaucoup de leur prix si on les sollicite avec trop de vivacité, nous l'ont rendu tout entier et pour un instant : il reste à votre tête l'honneur de votre association (Applaudissements et bravos), l'honneur de la presse républicaine. Je ne serai môme pas démenti par ses adversaires politiques en disant l'honneur de la presse tout entière. (Applaudissements unanimes.)

Aussi, messieurs, en portant la santé de M. Ranc, dût sa modestie en rougir un peu, je bois à l'un des meilleurs serviteurs de la République. (Applaudissements unanimes.)

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