‹ Politique provincialeChapitre 26 sur 28 · LA COLONISATION · texte numérisé non relu

LA COLONISATION

L'une des choses que M. Bourassa déplore avec le plus de rhétorique, c'est le marasme dans le mouvement colonisateur ; mais fort heureusement il a trouvé la racine du mal et il en indique le remède. Quelles sont les causes de ce ralentissement, qui, d'ailleurs, n'existe que dans son imagination ? La loi n'impose pas la résidence au colon et le colon n'est pas libre sur une terre libre.

Disons de suite que la loi impose la résidence, mais, dans la pratique, le ministre exerce une sage discrétion. Si la résidence était imposée dans toute sa rigueur, le fils du cultivateur, du cultivateur pauvre, le seul homme qui fasse de la colonisation [sérieuse

dans notre province, serait réduit à l'impuissance. Si vous le forcez à se bâtir de suite et à résider, vous faites aussi bien de lui ouvrir à deux battants les portes de l'étranger. Au contraire, s'il continue à vivre au foyer, à la table familiale, où les dépenses sont moins fortes, tout en travaillant sur la terre paternelle il peut vaquer à ses défrichements. Ceux qui vivent à la campagne, qui ont vécu de la vie de ces modestes ouvriers de la terre, savent que les choses se passent ainsi et que c'est ainsi que se fondent les paroisses nouvelles.

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