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LES CONCESSIONS MINIERES

M. Bourassa et ses amis font beaucoup de bruit au sujet de nos concessions minières. A les entendre, nous aurions vendu tous les terrains miniers de Chibogamo et de l'Abittibi.

Les permis d'exploration accordés couvrent 1500 milles carrés des régions de Pontiac et de l'Abittibi, et 1200 mille carrés de la région de Chibogamo ; or savez- vous combien nous en avons vendu ? Moins de deux milles carrés dans Pontiac et l'Abittibi, et moins de quatre milles carrés dans Chibogamo.

Sàvez-vous combien l'octroi des permis d'exploration a fait

tomber dans le Trésor depuis deux ans ? $100,000 environ. Savezvous combien nous aurions perçu avec le système d'Ontario ? Une dizaine de mille dollars.

Savez-vous que les prospecteurs, au cours des deux dernières années, ont dépensé plus de $400,000 dans notre province, et que ces déboursés n'ont pas encore rapporté cent dollars valant à ceux qui les ont faits ?

En présence de ces faits, n'est-il pas permis de conclure, je vous le demande, que les déclarations de M. Bourassa ne peuvent servir qu'à décourager nos chercheurs de mines et les capitalistes étrangers ? Messieurs, l'idée de M. Bourassa de vendre à l'enchère la découverte du prospecteur et de payer une indemnité à ce dernier, vaut son autre idée de faire payer des droits régaliens sur des mines qui ne sont pas encore exploitées.

LUS CONCESSIONS FORESTIERES

M. Bourassa nous reproche de vendre à sacrifice nos limites forestières.

Je n'ai pas l'intentiou de parler longuement de cette question. Mon collègue l'honorable M. Turgeon la traitera dans un instant, et il le fera j'en suis convaincu, d'une façon beaucoup plus complète et plus intéressante que je ne saurais le faire moi-même. Laissezmoi dire cependant que si M. Bourassa, qui ne veut pas parler du passé, voulait au moins être logique, il ne perdrait pas son temps à parler de cette question, puisque nous avons à maintes reprises, exprimé notre détermination de n'en plus vendre, excepté pour les besoins absolument urgents des industries et' des commerces établis.

Dans tous les cas, nous n'avons pas à rougir de nos actes passés et nous sommes prêts à établir quand l'on voudra que les ventes que nous avons faites ont été beaucoup plus profitables que celles qu'avaient faits nos prédécesseurs.

L'on croit apporter un gros argument lorsqu'on compare les prix que nous avons obtenus avec ceux que le gouvernement d'Ontario a obtenus pour ses limites de pin. Mais l'épinette et le sapin valent-ils le pin ? Et si l'on veut discuter sérieusement, pourquoi ne compare-t-on pas le prix des limites de bois de pulpe d'Ontario avec le prix des limites que nous avons vendues les années dernières — car ces limites ne sont, après tout, que des limites de bois de pulpe ? Pourquoi ne compare-t-on pas, par exemple, le prix moyen des limites que nous avons vendues en juin 1906 avec le prix de cer-

taine limite que le gouvernement d'Ontario vendait à M. Booth en /mai 1906?

Comme vous le savez, nous avons obtenu un prix moyen de §195.03 pour nos limites, en juin 1906. Eh bien, en mai 1906, le gouvernement d'Ontario vendait à M. Booth la coupe du bois de pulpe sur une limite de 1700 milles cariés, pour la somme de $300,000, soit au prix de $176.47 par mille carré, et à des conditions moins onéreuses que celles que nous imposions.

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