‹ Politique provincialeChapitre 54 sur 56 · ACCUSATIONS MENSONGÈRES · texte numérisé non relu

ACCUSATIONS MENSONGÈRES

Voilà, messieurs, ce à quoi se réduit le programme de M. Bourassa et ce qu'il faut en penser.

A ce programme, le député de Labelle a cru devoir ajouter un petit chapelet d'accusations injustes, dont la fausseté a depuis été clairement établie par les intéressés. Je vous ai déjà retenu trop longtemps pour m'arrêter à discuter les prétendus scandales dont M. Bourassa semble faire ses délices. Mon éloquent collègue, M. Turgeon, vous en démontrera d'ailleurs l'inanité.

J'ai déclaré à St-Eustache, le 12 août dernier, que nous ne redoutions pas la lumière et que nous étions prêts à mettre devant le public tous les détails de notre administration. J'ai dit que si nos adversaires n'avaient pas, à la prochaine session, le courage de demander une enquête sur la prétendue affaire de FAbittibi nous l'imposerions. J'ai fait cette déclaration sans réserve et je la répète aujourd'hui sans hésitation.

Lorsque Son Honneur le Gouverneur de cette province m'a confié la tâche de former un ministère, il lui aurait été facile de se choisir un premier ministre plus populaire, plus expérimenté, mieux doué, plus éloquent et plus habile ; il ne pouvait se trouver un aviseur plus passionnément attaché aux choses de sa province, plus ardemment désireux de la voir grandir et battre la marche aux autres provinces dans la voie du progrès.

Et laissez-moi vous le dire, messieurs, il y a une passion qui m'anime depuis le jour où j'ai eu l'honneur d'être assermenté comme ministre de la Couronne — passion durable, passion invincible— celle de donner à la province de Québec un gouvernement honnête, un gouvernement intelligent, un gouvernement progressif.

Oui, un gouvernement honnête, intelligent et progressif. Car, s'il en était autrement, ce ne serait plus un gouvernement libéral. L'idée libéral ne vivra parmi nous que par l'honnêteté, par l'intelligence et par le progrès, ou elle ne vivra pas.

Page 1