‹ Politique provinciale [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 81 · LA REPRÉSENTATION PROVINCIALE · texte numérisé non relu

LA REPRÉSENTATION PROVINCIALE

Et que penser, M. l'Orateur, de ces lignes indignes que je lisais dernièrement dans un journal conservateur et que je vous demande la permission de citer ?

“La représentation provinciale de Québec est d’une pau- “’ vreté intellectuelle déplorable, L'engouement du peuple “pour un nom a encombré la législature d'un trop grand nom. “bre de nullités dont le seul mérite a été de savoir profiter de “la circonstance pour satisfaire leur vanité. Dépourvus de “connaissances intellectuelles et politiques, n'ayant jamais ou- “‘ vert un livre, pour eux, le mérite de toute législation se borne * à l'avantage de parti qu'elle peut rapporter ; sa portée morale »" leur échappe complètement; les Conséquences qu'elle peut “avoir sur l’avenir de la Proy :.e sont autant de considérations “ dont l'envergure échappe à leur vue étroite ; l'avenir ne les “ inquiète nullement puisqu'ils sont incapables d'en préparer “ les voies.”

Je pourrais, M, l'Orateur, me prévaloir du ton général de cet écrit pour dire qu'il rejaillit aussi bien sur les honorables députés de la gauche que sur ceux de la droite. Je me contenterai de déclarer que je regrette grandement que l'on écrive de pareilles vilenies sur le Compte de la seule législature fran.

çaise du continent américain. Je proteste hautement contre de tels attentats à la dignité de cette assemblée, et je demande à ceux qui ont commis ces écarts de langage de mettre plutôt leurs talents au service de notre province et de nous aider à en faire la plus grande et la plus heureuse des provinces de la confédération canadienne.

Aristophane, au dire d’un écrivain contemporain, nous montre dans une de ses comédies, les différents peuples de la Grèce, naguère ennemis, unissant enfin leurs bras pour tirer la statue de la paix du fond du puits -à leurs discordes l'avaient plongée.

Ne pourrions-nous pas, M. l'Orateur, en nous inspirant du meilleur de nos souvenirs et de nos traditions, donner au monde ce spectacle unique de concitoyens, aux origines diverses, tirant fraternellement sur les câbles qui achèveront de mettre hors du puits cette statue radieuse d’une Province unie et prospère ?

C'est Bacon, je crois, qui disait que pour faire grande une nation il faut: un sol fertile, des usines en pleine activité, des moyens de transports faciles et une race vigoureuse,

Eh bien, M. l'Orateur,—on l’a dit avant moi en des terme” beaucoup plus éloquents que ceux que je pourrais trouver, —le Canada, notre patrie, est un des plus beaux coins de cette planète, Nos domaines sont les plus vastes et les plus fertiles qui soient sous le soleil, Ils ont pour câdre l'océan Atlantique, les mer Polaires, l'Océan Pacifique et les Etats-Unis.

Nos industries sont des plus prospères et des plus Aorissantes,

Kuant à nos voies de transport, avec le chemin de fer transcontinental qui se construira demain, nous n'aurons rien à envier aux habitants de la république voisine.

Nos frères canadiens-français sont aussi vigoureux que les plus intrépides contemporains de Jacques-Cartier ; nos compatriotes angiais et écossais ont autant de vailiance que ies pius

braves des soldats de Wolfe ; et nos amis les Irlandais semblent avoir retrouvé sur la terre canadienne les beaux jours de la vieille Hibernie,

Nous avons donc, avec ce sol, avec ces industries, avec ces moyens de transport, avec cette population, tout ce qu'il faut Pour devenir une grande Province et pour contribuer à faire du Canada un grand pays.

Jene veux pas percer les brumes de l'avenir. Mais ce que je demande à mes amis de l'opposition, ce que je demande à tous les membres de cette assemblee, ce que je demande à tous mes concitoyens, c’est que nous vivions ensemble en parfaite harmonie et que nous fassions tous en sorte que le jour où notre évolution sera complète, nous trouvions les couleurs de notre chère vieille province de Québec flottant au sommet de la pensée canadienne,

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