‹ Politique provinciale [microforme] (volume 2)Chapitre 54 sur 81 · LA COMMISSION DE COLONISATION · texte numérisé non relu

LA COMMISSION DE COLONISATION

Un mot maintenant de la Commission de colonisation. L'honorable député de Dorchester a parlé longuement de la nomination de cette commission. C'est du temps periu A quoi bon revenir sur les arguments qui ont pu ou qui auraient dû être faits en 1902? A quoi sert-il maintenant de prétendre que l'institution de cette commission n'était pas justifiable et qu’elle est contraire au principe constitutionnel de la responsabilité ministérielle ? La commission de colonisation a été instituée et elle a maintenant terminé san œuvre; quand même

Commission de colonisation, il n'aurait pas été besoin de nommer des commissaires, et le ministre de la Colonisation aurait Pu faire lui-même tout ce travail.” Eh bien, monsieur l'Orateur, il existait un malaise, paraît-il; du moins, c'est ce que l'opposition nous a dit. Les colons se plaignaient, les marchands de bois avaient des griefs, les amis de la colonisation s’alarmaient ; l'on prétendait que le département des Terres n'était pas administré tel qu'il devait l'être. Aurait-il été raisonnable, aurait-il été convenable de demander au ministre de la Colonisation de faire lui-même une enquête sur ces faits. Quel qu'eût été son rapport, on l'aurait taxé de partisannerie, Et Comment pouvait-on raisonnablement demander au ministre de la Colonisation de se transporter dans tous les centres de colonisation, pour entendre les plaintes ét les griefs des marchands de bois et des colons ? Nous voulions des enquêteurs désintéressés, nous voulions des hommes dont l’impartialité fut au-dessus de tout soupçon ; nous voulions donner ample satisfaction au public ; et nous ne pouvions arriver plus sûrement à ces fins qu'en créant cette com: mission,

Mais comment nos adversaires peuvent-ils nous roprocher cette grande enquête que nous avons faite dans l'intérêt public ?

Nous n'avons Pas innové en adoptant cette façon de procéder ; l'institution d’une telle commission a déjà été demandée dans cette Chambre Par quelqu'un qui siégeait du côté de l'opposition ; elle a été suggérée, il y a longtemps déjà, comme un remède efficace aux, maux du colon, par un des leaders du parti Conservateur, Par .un homme qui devait s'y connaître un

Peu en droit constitutionnel puisqu'il occupe maintenant un

siège à la Cour d'Appel, je veux parler de l’hon. M. Blanchet,

En 1887, l'honorable M. Blanchet, alors député de Beauce, déclarait qu'il était regrettable d'avoir à constater qu'il y eut

autant de malaise, chez les marchands de bois, chez les colons et tous les amis de la colonisation, et il disait :

“.….… Depuis un bon nombre d'années on se plaint de la sévérité des mesures administratives prises à l'égard de ceux qui défrichent notre domaine public. Pour bien connaître la position dans laquelle se trouvent les colons z/ faudrait instituer une commission qui aurait pour mission

d'étudier cette importante question dans tous ses détails. Cela pourrait être fait à très bon marché, et, dans tous les cas, le peu d'argent que cette enquête coûterait serait bien placé... …

“En parlant de colonisation nous sommes forcés de considérer aussi les intérêts du commerce du bois, intérêts qui viennent souvent en conflit avec ceux de la colonisation. Pour des motifs divers, nous devons protéger les intérêts du colon et ceux du marchand de bois. Or une commismission pourrait jeter beaucoup de lumière sur ce grave sujet et permettrait à la chambre de rendre Justice aux deux parties en cause.”

Il me semble que cette opinion qu'exprimait l'honorable juge Blanchet en 1887, vaut bien l'opinion des députés de l'opposition d'aujourd'hui, Il avait été ministre de la couronne dans les gouvernements Ouimet, Ross et Taillon, de 1883 à 1886; il avait acquis beaucoup d'expérience et, je n'ai pas besoin de le répéter, il connaissait parfaitement notre doit constitutionnel.

Mais il n’est pas le seul conservateur et ex-ministre qui ait approuvé la nomination d'une commission te colonisation L'hon, M. Nantel est encore dans la politique et il a toujours appartenu au parti conservateur, Il a été ministre de 1892 à 1897 ; il a présidé au département des Terres dans le gouvernement Flynn, et l'honorable M. Nantel disait, non en 1887, mais €n 1902, que ce serait un bienfait d’avoir une commission de colonisation qui entendrait tous ceux qui avaient des griefs à exposer. Voici, d'ailleurs, ce qu'il écrivait dans son journal “La Nation”, numéro du 22 février 1902 :

“ Quoi qu'il en soit, prenons en bonne part le projet du du cabinet Parent et que tous les amis sincères de l'œuvre nationale par excellence se Concertent pour en assurer le BUCCÈS nn sen”

“ Le gouvernement peut être certain de rencontrer partout les meilleures dispositions et un désir général très sincère de lui venir en aide, s’il montre lui-même une sollicitude réelle Pour la colonisation et une décision bien arrêtée de résoudre les problèmes sociaux, économiques et financiers qui s'y rattachent... rss

“ La nomination d'une Commission par le Gouvernement est un premier succès qui doit nous encourager à poursui-

Vre avec plus d'ardeur que jamais la croisade de la colonisation.”

Dans ces circonstances, ne suis-je pas justifiable de dire qu'il est inutile Pour l'opposition de revenir sur cette chose du passé et de critiquer la création de cette commission qui était absolument nécessaire, qui était absolument régulière et qui répondait entièrement aux exigences de la situation ?

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