LA REVANCHE DU BARON
Le gouvernement avait fait son devoir, c'est incontestable, Cependant M, de l'Epine n'était pas satisfait,et il soupirait après l'heure de la revanche, Cette heure, il la crut venue lorsque s'instruisit à Québec la cause Prévost-Asselin, et on le vit accourir du Manitoba pour raconter sOus sermeut qu'au cours des pourparlers relatifs à la vente des terrains de l'Abittibi, il avait été convenu entre lui et l'honorable M. Turgeon que le syndicat qu’il représentait, en outre des 70 cents payablis au gouvernement, verserait 30 cents par acre dans ce qu'il a appelé ‘‘ Ja C. k.”
A cette aflirmation, l'honorable M.
Turgeon a opposé le démenti le plus formel. Jamais, a-t-il déclaré sous serment, il n’a été question, directement ou indirectement, de caisse électorale entre M.
de l'Ep'ne et moi,
Nous sommes donc en présence de deux déclarations assermentées tout à fait contradictoires. Laquelle devonsnous croire ! Celle de M Turgeon qui nie avec indigcation, ou celle de M. l'Epine qui invoqie même sa propre tuipitude pour accuser son ancien protecteur ?
L'h noratle M. Turgeon est, vous le savez, un es plus be auxtalents que notre race ait produits. 1omme distingué, orateur éloquent, patriote sincère, il a toujours joui d. l'estime et de la considération de ses concitoyens, de même qu'ila fait l'adiniration des étrangers qu'il 8 eu l’occasion de visiter, Or, parce que M. de l'Epine a, sous serment, porté une accusation infamante contre l'honorable M. Turgeon, faudra t-il mettre ce dernier au ban de l'épinion publique ?
Mais suit bien ce u
le témoignag: de M. ce l'Epine ? Le sait- | on mieux que le juge qui a présidé l'en- | quê'e, qui a entendu les témoins ét qui a dû lire toutes les piè:es du dossier {
Or, mess eurs, M. ‘le juge Bussé, dans son adresse au jury, ua t-il pas mis de côté le témoignxge de M. de l'Epine, n'a t-il pas déclaré que M. Turgeon sor tait du procès, aveo sa réputation absolument intacte ?
“Vous avezalors, dit-il, ‘entendu monsieur Turgeon nier avoir reçu cette lettrelà (la litre dans l:quelle 1l est question de la C. E.). (Qu'elle lui ait été envoyée, le baron l'aflirme, et monsieur Turgeon, de son côté, rie lavoir reçue, Vous avez à choisir eutre les deux, et VOUS N'HE SITÉREZ PROBABLEMENT PAS QUAND VOUS VOUS TROUVEREZ EN PRESENCE DE L'AFFIRMATION DE MONSIEUR TURGEON qui vous dit et qui répè‘e qu'il ne l'a jamais reçue,”
Et plus loin :
‘M. Turgeon n’est pas en cause.