‹ Politische Correspondenz Friedrichs des GrossenChapitre 10 sur 42 · A LEIPZIG · texte numérisé non relu

A LEIPZIG

Potsdam, 14 octobre 1749.

Votre dépêche du 18 de ce mois m'est bien parvenue. Il faut

que , dans l'état désespéré où se trouvent les fonds de la Steuer, vous

assistiez de tout votre mieux mes sujets créanciers de ladite Steuer et

que vous les appuyiez au possible, sans balancer là-dessus, d'autant plus

qu'il est à présumer que le ministre de Hollande, le sieur Calkœn, quand

il sera arrivé à Dresde, ne ménagera point les termes pour faire contenter

ses compatriotes créanciers de cette Steuer. Vous ne devez non plus

les ménager par cette raison, puisque dans une situation pareille à celle

de la Steuer de Saxe et de sa mauvaise administration, il vaudra toujours

mieux de prévenir que d'être prévenu par d'autres. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

Potsdam, 16 octobre 1749.

Le comte de Podewils, mon ministre à Vienne, m'ayant mandé par la relation ci-close, combien le comte d'Ulfeld avait fait le revêche, quand il lui avait présenté un nouveau mémoire relativement à l'affaire du comte Lichnowsky,» mon intention est que, quand on viendra vous parler à ce sujet, vous deviez répondre en termes convenables que la cour de Vienne n'avait nulle grâce d'alléguer le traité de paix de Dresde, elle qui avait manqué jusqu'au moment présent de remplir les points les plus essentiels de ce traité-là.

D'ailleurs, comme je ne m'ingérais en aucune façon dans tout ce

qui plaisait à l'Impératrice -Reine de disposer dans ses possessions à

l'égard de ses sujets, je m'attendais qu'on voudrait bien user également

de cette façon envers moi, pour ne pas donner lieu à soupçonner que

l'on voudrait y ménager un parti et appuyer ceux-là de mes sujets dont,

à juste raison, j'avais lieu d'être mécontent. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

Monsieur le Marquis de Valory. Je vous adresse encore une pièce secrète qui vient de me rentrer, et qui à la vérité ne contient pas de

I Die Gtlter des Grafen von Lichnowsky waren, nachdem der Besitzer gegen seine Pflicht als preussischer Vasall ohne kônigliche Erlaubniss in ôsterreichische Dienste getreten war, auf Befehl des Kônigs confiscirt worden, doch hatte der Kônig die Strafe bereits in eine Geldbusse verwandelt. Zwei von Seiten des wiener Hofes in dieser Angelegenheit ûbergebene Promemoria vom 21. Juni und 9. August 1749 waren preussischer Seits unter dem 8. Juli und 27. September beantwortet worden.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, i8 octobre 1749.

Vous pouvez tabler sur ce que je vous ai marqué que la cour où vous êtes se fait une occupation sérieuse pour maintenir à présent la tranquillité du Nord. C'est un fait constaté et dont il y a d'autant moins à douter, que le système présent de cette cour est de ne pas s'embarquer dans une nouvelle guerre, avant qu'elle n'ait consolidé ses nouveaux arrangements intérieurs. Si elle amasse des fonds en argent et prend soin de mettre ses troupes sur un meilleur pied, c'est pour se préparer à jouer à la suite du temps un meilleur rôle contre moi. Dans les vastes desseins qu'elle a conçus, et que vous connaissez trop sans qu'il soit nécessaire de vous en faire le dénombrement, elle croit devoir

choses intéressantes relativement aux grandes affaires, mais comme elle

met clairement au jour la façon de penser arrogante et maligne du

chancelier comte d'Ulfeld et combien peu il lui coûte de blâmer les

ministres étrangers résidants à la cour de Vienne, de même que sa

façon d'agir pour mettre de la méfiance entre ceux-ci, je n'ai pas pu

m' empêcher de vous en faire communication et d'y faire joindre pour

votre usage une traduction de la pièce. Je compte pour superflu de

vous recommander encore une fois le secret de l'affaire, étant trop

persuadé de votre discrétion et de l'amitié que vous me portez. Et

sur ce, je prie Dieu etc. ^^ ,

■' ^ Federic.

An den Grafen von Bernes in Moskau.

Wien, 8. Octobcr 1749.

Weil Ew. Excellenz Courier so lang aussen bleibet, so habe gestern Abend den Marcel abgefertiget, und zwar in der Stille, und zweifele nicht, dass wannehr Podewils es erfahren wird, er nicht abermals eine ganze Geschichte daraus componiren werde. Ew. Excellenz Schreiben vom 8. September ist noch vor Abgang des Couriers eingelaufen; nach dessen Erhalt sollte ich urtheilen, dass unter diesem Dato die schwedische Déclaration zu Moskau noch nicht bekannt gewesen. Blondel und Podewils haben einander kennen lemen, sodass man sie wenig mehr beisammen sehen wird. Letzterer verlieret auf drei Wochen den churpfalzischen Gesandten Beckers, der nach Danzig reiset und sonst auf die geschickteste Art ein doppelter Spion zwischen Blondel und Podewils ist, ohne dass es der eine oder der andere wahrnimmt. Ich em-

pfehle mich etc. r tti^ i^

Graf Ulfeld. j

Nach der von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des Auswàrtigen Ministeriums zu Paris ; die Beilage nach Abschrift der preussischen Cabinetskanziei, ebendaselbst. l

s'y préparer de loin et, pour ainsi dire, reculer dans le moment présent, afin de pouvoir mieux sauter.

Pour ce qui est du nommé Thiede, comme c'est un grand vaurien et d'ailleurs grossier et stupide au suprême degré, vous ne devez point vous mêler de lui, et les frais que vous dépenserez à son égard seraient à pure perte; aussi a-t-on trouvé pour la plus grande part entièrement controuvées les premières découvertes qu'il a prétendu vous faire.

P. S. en clair.

J'ai trouvé bien étrange la façon dont le comte Ulfeld s'est énoncé" envers vous, quand vous lui avez présenté le mémoire concernant l'amende à laquelle le comte Lichnowsky a été condamné. ^ Il me semble que le traité de paix de Dresde a fort mauvaise grâce dans la bouche du comte d' Ulfeld, pendant que sa cour n'a pas encore satisfait de sa part aux points les plus essentiels auxquels elle s'y est engagée. Aussi les menaces qu'il fait ne m'empêcheront pas d'aller également mon train et de faire exiger du comte Lichnowsky l'amende qui lui a été dictée selon toutes les règles du bon droit. Vous ne devez point hésiter de vous expliquer de la sorte au comte d'Ulfeld sur ce sujet et de lui faire lire même cette apostille, si vous le croyez nécessaire.

Nach dem Concept.

GR^FFEN A LONDRES.

Pot s dam, 18 octobre 1749.

Les particularités dont je vous ai fait confidence par mes dernières lettres,^ vous auront levé sans doute les soupçons où vous paraissez être encore dans la dépêche que vous m'avez faite du 3 de ce mois, comme si l'Angleterre n'agissait pas tout à fait de bonne foi dans les démarches que son ministre à la cour de Russie fait pour la conservation de la tranquiUité du Nord. Pour le moment présent, je suis persuadé du contraire; aussi son système présent ne saurait être autre que d'éviter d'être embarquée dans une nouvelle guerre, après qu'elle s'est tant épuisée par celle dont elle est sortie. Quant à la cour de Vienne, quelque envie qu'elle saurait avoir pour pêcher dans l'eau trouble, néanmoins, ne voulant point se mêler de quelque nouvelle guerre avant que les arrangements qu'elle fait dans l'intérieur de son pays ne soient consolidés, elle ne verrait qu'à regret que la Russie rompît hors de saison avec la Suède. Ce qui me confirme encore plus dans le sentiment où je suis que la tranquillité du Nord sera conservée encore cette fois- ci, c'est que je viens d'apprendre d'assez bon lieu que chanceUer Bestushew

ï Vergl. S. 139 Anm. I. — 2 Vergl. S. 135 Anm. i.

a donné assez clairement à entendre au ministre anglais que la Russie ne procéderait à aucune hostilité contre la Suède sans s'être communiquée préalablement là -dessus avec ses alliés. Ce que je ne vous dis que pour votre direction seule.

Pour ce qui est de la demande que les intéressés de la dette sur la Silésie vous ont faite que les trois termes d'intérêts qui sont à I>ondres soient payés immédiatement après la signature de la convention, je vous renvoie à la résolution que je vous ai faite à ce sujet par ma dernière lettre, qui vous sera parvenue avec le plein-pouvoir que vous

m'avez demandé. „ .

Federic.

Nach dcm Concept.

DE GOLTZ A MOSCOU

Potsdam, 18 octobre 1749.

Je compte que mes deux dernières dépêches xvous auront désabusé des soupçons où vous paraissez d'être encore dans la vôtre du 25 du mois dernier, comme si le ministre anglais et celui de Vienne n'allaient pas de bonne foi dans les insinuations pacifiques qu'ils faisaient au chancelier de Russie, et qu'ils faisaient peut-être sous main des insinuations tout opposées. Comptez sur les avis que je vous ai donnés du contraire. Le système présent de l'Angleterre est de ne vouloir point de nouvelle guerre, après qu'elle s'est tant épuisée par la dernière dont elle vient de sortir, et la cour de Vienne n'a pas non plus envie de se voir embarquée dans quelque nouvelle guerre, avant qu'elle n'ait consolidé les arrangements qu'elle fait dans l'intérieur de son pays. Quoique cette cour agisse avec beaucoup de ménagement envers celle de Russie, elle verrait néanmoins à contre -cœur, si la Russie rompait avec la Suède hors de saison. L'on taxe en Angleterre la déclaration que le sieur Panin a faite à Stockholm, comme la plus fausse démarche que la Russie eût pu faire, et l'on déclare hautement que, quelque chose qu'il en pourrait arriver, l'Angleterre n'y entrerait pour rien. Mais quelque semblant que le chancelier Bestushew fasse comme s'il voulait pousser sa pointe, je sais de bon endroit qu'il se prête de plus en plus aux insinuations pacifiques qu'on lui fait, et qu'il a donné assez clairement à entendre que la Russie ne parviendrait à aucune hostilité avec la Suède, sans s'être préalablement communiquée avec ses alliés, et que les troupes russiennes ne sortiraient point des confins de la Russie; particularités dont je vous informe pour votre direction seule, et même avec défense d'en rien toucher dans les dépêches que vous ferez, sinon dans celles que vous m'adresserez immédiatement.

Au surplus, je m'aperçois de plus en plus que le digne ami n'est guère tout-à-fait bien instruit des affaires et que son antagoniste lui en dérobe la connaissance des plus importantes.

Comme l'on me marque que la cour de Dresde doit faire par le

sieur Funcke des instances assez pressantes pour le rétablissement du

comte Biron dans la dignité ducale de Courlande,* vous devez tâcher

de vous orienter sur ce qui en peut être et me marquer si ce que l'on

eh débite est fondé ou non, et, au premier cas, quelles sauront être les

vues de la Saxe à cet éfirard. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

A FONTAINEBLEAU

Potsdam, 18 octobre 1749.

J'ai reçu votre relation du 6 de ce mois. Je me persuade de la justesse de la pénétration du marquis de Puyzieulx qu'après tout ce que vous lui aurez dit en conséquence des instructions que je vous ai fournies pour le tranquilliser sur les ombrages qu'il a pris au sujet de quelques prétendus discours, il en sera entièrement désabusé. Mais si contre toute attente il continuait, nonobstant cela, de nourrir des doutes dans son esprit là -dessus, le meilleur sera que vous laissiez tomber cette affaire.

Nach dem Concept.

Potsdam, 18 octobre 1749.

C'est avec satisfaction véritable que j'ai appris, par la relation que vous m'avez faite du 1 1 de ce mois, que l'ouvrage de l'accommodement entre la Suède et le Danemark est parvenu à sa conclusion et que le traité du renouvellement de l'alliance entre les deux cours a été actuellement signé.* Quant à la convention particulière entre la cour où vous êtes et le Prince -Successeur, je ne doute nullement qu'on n'y mette aussi bientôt la dernière main , vu la convenance que le Danemark y trouve, et ce sera à voir alors comment les ministres de France et de Suède se concerteront à l'égard de l'alliance à faire entre

moi et le Danemark. .^ ,

y , , ^ Federic.

rxach dem Concept.

A STOCKHOLM

J'ai reçu votre dépêche du 7 de ce mois. Comme la dépêche du 12 du septembre dernier dont vous aviez chargé le courrier suédois,

X Vergl. s. 82. — a Nach dem Priiliminarabkommen vom 7. August, rergl. S. 56 Anm. 2. ...

m'est heureusement entrée, je suis fâché des inquiétudes qu'on vou^'a

données là-dessus. Mes lettres de Copenhague viennent de me marquer

que l'accommodement entre la Suède et le Danemark était parvenu à

sa . conclusion , que le traité du renouvellement de l'alliance entre les

deux couronnes avait été signé le 9 de ce mois, et qu'il était nullement ^

à douter que la transaction entre le Danemark et le Prince - Successeur |

ne soit pareillement terminée dans peu de jours. Au surplus, comme

je vous ai averti par mes lettres antérieures du changement de face

des affaires à la cour de Russie, et que les plus grandes apparences

étaient que tout resterait tranquille, la circonstance exige que vous ne

deviez plus presser le ministère de Suède sur les arrangements qu'on ^

aurait dû prendre , sans cela, dans la Finlande. „ , . |

Federic |

Nach dem Concept.

DE GOLTZ A MOSCOU

Si les forces de Russie dans sa Finlande ne vont pas au delà de ce que vous me marquez dans votre relation du 27 du mois dernier de septembre, la Suède n'aura guère lieu d'en être fort ombragée. Deux régiments d'infanterie qu'on a fait marcher de la Livonie à Wiborg, n'auront pu que donner un bien faible poids à la démarche du sieur Panin, ce que l'événement a justifié.

Je ne crois point me tromper quand je présume, par tout ce qui

m'entre d'avis, que la cour de Russie se verra obligée de baisser de ton

à l'égard de la Suède. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

A FONTAINEBLEAU

Potsdam, 20 octobre 1749.

J'ai reçu votre rapport du 9 de ce mois. Je comprends fort bien les raisons que vous m'indiquez pourquoi la France souhaite tant la paix, et vous pouvez être assuré que, de mon côté, rien ne me sera plus désirable que de pouvoir éviter la guerre, et que c'est le plus grand objet de mes vœux. Autant que je puis juger par tout ce qui m'est revenu jusqu'ici par rapport aux affaires du Nord, j'ai tout lieu de présumer que pour cette fois -ci les diififérends entre la Suède et la Russie se pourraient bien apaiser, et il me semble d'ailleurs que, quand même le roi de Suède viendrait à décéder, tout pourrait se passer tranquillement.

En attendant , le ministère de France ne saura faire rien de mieux que de tenir en haleine la Porte Ottomane contre la Russie et de

l'animer à être attentive sur les affaires du Nord. Car vous pouvez

compter sûrement que, si entre ici et cinq ans la cour de Vienne ne

se trouve embarrassée de quelque incident et qu'elle garde les bras

libres, elle m'entamera indubitablement alors et tâchera d'allumer un

nouveau feu de guerre, ce dont tous les arrangements qu'elle fait

actuellement me sont de sûrs garants. Mais quoi qu'il en soit, je crois

que dans le moment présent une nouvelle guerre convient aussi peu à

la France qu'à toute l'Europe. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 20 octobre 1749.

Votre dépêche du 11 de ce mois m'est bien parvenue. La conduite que vous marquez de tenir à l'égard du sieur Blondel, est sage et bonne et d'autant plus nécessaire que son caractère dangereux demande que vous soyez sur vos gardes avec lui, quoiqu'il soit indispensable que vous gardiez en même temps tous les dehors avec lui, pour confondre vos envieux; car je veux bien vous dire, quoique sous le sceau du dernier secret, qu'il est échappé au chancelier Ulfeld de dire à un de ses amis intimes ' que vous et Blondel aviez appris à vous connaître l'un l'autre et qu'on ne vous verrait guère plus ensemble, et qu'il a même poussé son effronterie là-dessus aussi loin que de taxer le baron de Beckers de double espion entre vous et Blondel ; particularités que je ne vous communique absolument que pour votre direction seule, et dont vous ne devez faire jamais aucune mention dans vos relations ordinaires, comme de toutes autres confidences que je vous fais dans mes dépêches immédiates, ce que je vous enjoins de bien observer. Pour revenir encore une fois au sieur Blondel, il faut qu'il soit bien stupide, si les discours étudiés et les confidences affectées que l'Impératrice- Reine lui fait, font de l'impression sur lui, dans le même temps qu'on montre tant de jalousie contre la Bavière de ce qu'elle prend des subsides de la France.

Si r Impératrice-Reine s'attache à payer ses dettes hors du pays, je doute que ce soit tant par un motif à regagner du crédit que plutôt parcequ'elle ne peut plus s'en dispenser, se voyant fort pressée ladessus. J'aurais, de plus, bien souhaité que vous fussiez entré dans quelque détail qui sont donc ceux pour lesquels elle s'empresse de leur acquitter ce qu'elle leur doit. Quoi qu'il en soit, je crois que, malgré qu'elle s'attache à acquitter ses dettes hors du pays, elle met cependant chaque année deux millions d'écus dans son épargne, vu les dépenses considérables qu'elle a retranchées dans son économie. Au surplus, vous ne sauriez croire combien il m'intéresse d'être exactement informé

X Vergl. S. 138.

du montant annuel de ses revenus actuels; et comme je connais U difficulté qu'il y a d'en être exactement instruit, vous ne sauriez mieux faire que vous informer séparément sur chaque branche de ses revenus, à combien ils sauront monter, et de m'en instruire, afin que je puisse tirer mon calcul là-dessus, en rassemblant tous ces provenus.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

Page 1