A L'ENVOYÉ DE SUÈDE DE WULFWENSTJERNA
A BERLIN
Berlin, 21 octobre 1749.
Monsieur de Wulfwenstjema. J'ai bien reçu la lettre que vous m'avez adressée en date du 18 courant, pour me rendre compte des dispositions de votre cour pour acheminer une liaison plus étroite entre celle de Danemark et la mienne. N'étant pas moins sensible à votre promptitude à seconder mes désirs qu'à l'attention obligeante de votre cour à les remplir, je n'ai pas voulu différer de vous en témoigner ma reconnaissance, vous en assurant que je saisirai avec plaisir les occasions de vous donner des marques de mon affection et de mon estime.
Nach dem Concept. F 6 d e ri C.
Pot s dam, 25 octobre 1749.
J'ai lieu d'être satisfait de ce que je vous me marquez par votre rapport du 14 de ce mois, relativement à la notification qu'on a faite, là où vous êtes, au ministre de Russie de la conclusion de l'alliance du Danemark avec la Suède.
Vous ne discontinuerez cependant pas d'être toujours fort attentif,
quoique sous main et sans vous faire remarquer, à la contenance et
aux menées du baron de Korff, afin qu'en y remarquant quelque chose
qui fût digne de mon attention, vous puissiez m'en faire chaque fois
votre rapport par le premier ordinaire.
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 25 octobre 1749. >
Quoique j'approuve bien les insinuations que vous avez faites à l'abbé Lemaire par rapport à la communication qu'il conviendrait au Danemark de me faire de son alliance conclue avec la Suède, je me persuade néanmoins que le sieur de Rosenkrantz qu'on va envoyer à ma cour, sera apparemment chargé de m'en faire la notification, le ministère
I Antwort auf einen Bericht Diestel's vom 18. October.
de Danemark n'ignorant pas que la nouvelle de cette alliance et de la
transaction qui vient d'être constatée entre le Prince - Successeur et le
Danemark, ne me salirait être que bien agréable. Au surplus, quand
l'abbé Lemaire aura parlé au sieur Schulin en conséquence des in-
sinuatipns que vous lui avez faites à ce sujet, je serais bien curieux
d'apprendre de vous de quelle manière celui-ci se sera expliqué
envers lui. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
A STOCKHOLM
Potsdam, 25 octobre 1749.
Je suis tout content du compte que vous m'avez rendu, dans votre dépêche du 14 de ce mois, de l'entretien que vous avez eu avec les ministres de Suède par rapport à la situation présente de la Finlande. Dans le temps, que je vous enjoignais de faire des instances pour qu'on devrait prendre des mesures efficaces pour pourvoir à sa sûreté, les circonstances paraissaient encore si critiques que j'avais tout lieu d'appréhender que la Russie ne tentât de s'en emparer par un coup de vivacité. Mais comme du depuis la face des affaires s'est bien changée, et que je sais à présent, à n'en pouvoir presque plus douter, que la Russie s'abstiendra à entreprendre quelque démarche violente contre la Suède, vous ne devez plus insister à ce qu'on augmente les forces de la Suède en Finlande.
D'ailleurs, je veux bien vous dire que je viens d'apprendre de très
bon lieu que la déclaration du sieur Panin a fait un effet bien contraire
sur les Suédois que la cour de Russie s'en était promis, et que les
partisans de la Russie entre les Suédois se plaignent amèrement de ce
que celle-là ait laissé tout le temps au ministère de Suède qu'il avait
pu s'arranger avec le Danemark, de sorte que le parti de la Russie en
Suède s'en voyait ruiné presque sans ressource. Vous pouvez bien
communiquer ces avis-là à la Princesse Royale, ma sœur, en l'assurant
qu'ils m'étaient parvenus d'un lieu très impartial. ^ ,
. Federic.
Nach dem Concept.
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 25 octobre 1749.
Votre dépêche du 10 de ce mois m'a été bien rendue. Mes dépêches antérieures vous auront dû apprendre que pour cette fois -ci les doutes que vous avez formés sur la sincérité des ministres anglais sur ce qu'ils ont dit à vous et à l'ambassadeur de France, concernant les dépêches qui leur sont revenues du lord Hyndford, ne sont pas justes,
Corresp. Friedr. H. Vil. lO
et je vous le confirme encore qu'il est tout- à -fait vrai qu'on a tenu à Moscou un grand conseil sur les affaires du Nord,» dans lequel il a été résolu qu'il ne convenait point à la Russie de se commettre avec la Suède ni d'entrer en guerre offensive avec elle. Il est encore vrai que les Anglais ont agi de bonne foi dans tout ceci, qu'ils n'ont été nullement contents , tout comme la cour de Vienne , de la démarche que le chancelier Bestushew a faite, à l'égard de la déclaration faite par le sieur Panin à Stockholm , et qu'ils ont taxé celle - ci d'indécente et de mal avisée, et que d'ailleurs ces affaires-là sont dans un train qu'on en peut espérer qu'elles prendront un tour favorable et bon. Ce que vous ne manquerez pas de confirmer de ma part au marquis de Mirepoix.
Quant à la personne dont vous faites mention dans votre dépêche que je la doive gratifier pour les confidences qu'elle vous fait, vous n'avez qu'à vous expliquer en quoi je puis lui témoigner ma reconnaissance.
Au reste, comme le général autrichien, comte Lucchesi, vient
de passer par ici pour aller à Londres, et que je soupçonne qu'il
pourrait bien être chargé par sa cour de quelque commission secrète —
quoiqu'on assure qu'il ne fait ce voyage que de son propre chef, pour
profiter de ce temps de paix, afin de voir quelques cours d'Europe, et
que surtout il voudra tenter la fortune au jeu à Londres — vous devez
le faire observer de près, quoique sans vous faire remarquer, afin de
pénétrer s'il peut être chargé de quelque commission secrète de la part
de la cour de Vienne ou non. ^ .
Federic.
Nach dem Concept.
F o ts d a m , 25 octobre 1 749.
Mon très cher frère. J'ai vu le général Lucchesi, qui est tel que vous me. l'avez dépeint; quoiqu'il parle français, j'ai été obligé de le deviner. Il a une langue ou plutôt un baragouin inintelligible. Il est reparti cette nuit pour l'Angleterre.
Nous avons eu un nouvel intermezzo qui s'appelle V Écolier maître
à son tour; ce sont des polissonneries à l'italienne dont le jeu du théâtre
rend les paroles supportables. Le mauvais temps me retient à la maison,
je souhaite que vous vous divertissiez bien, en vous priant de me croire
avec toute l'estime et toute la tendresse, mon très cher frère, votre fidèle
frère et serviteur ^
Federic.
Nach der Ausfertîgung. Eigenhandig.
I Vergl. S. 132.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 25 octobre 1749.
J'ai reçu, votre dépêche du 16 de ce mois. Puisque je me suis
suffisamment expliqué envers vous au sujet du sieur de Blondel, je
n'en parlerai plus et me bornerai à ce que je vous en ai dit dans mes
dépêches précédentes. Je comprends fort bien que ses façons d'agir
bizarres vous doivent extrêmement gêner, parceque vous vous trouvez
obligé de vivre avec lui. Quant à moi, qui ne suis pas dans ce cas,
j'aimerais mieux que vous vous appliquiez désormais à approfondir plus
les menées et les intrigues de la cour à laquelle je vous ai accrédité,
pour m'en instruire et pour en rendre les dépêches que vous me faites
immédiatement, plus intéressantes qu'elles n'ont été depuis du temps, ce
qui m'affecte bien plus que toutes les sottises que le sieur Blondel puisse
faire. Je connais son caractère, cela me suffit. S'il est aussi bête que
de croire tout ce dont la cour de Vienne lui voudra imposer, à la
bonne heure! J'espère, au moins, que son successeur ne l'imitera pas
et qu'il se prendra mieux, pour ne pas donner dans tous les pièges
qu'on voudra lui tendre. ^ ,
F e de ne.
Nach dem Concept.
A FONTAINEBLEAU
Potsdam, 26 octobre 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 12 de ce mois. Quoiqu'au fond il me
serait assez indifférent que le prince Frédéric de Hesse-Cassel , ou bien
le général Donop qui l'a accompagné en France, y chipotât sur quelque
matière, je suis néanmoins bien sûr que le voyage dudit Prince en
France n'est simplement qu'un voyage qu'il a entrepris de faire pour
voir ce royaume, d'où, à ce qu'on dit, il ira en Italie, uniquement par
un motif de curiosité. „ ,
Federic.
DE GOLTZ A MOSCOU
Potsdam, 26 octobre 1749.
Votre dépêche du 2 de ce mois m'est bien parvenue, et je m'aperçois, de plus en plus, par toutes les circonstances qu'il n'y a aucun doute que le sieur de Swart, ministre de Hollande, n*ait été détaché par le chancelier Bestushew pour insinuer ces choses menaçantes sur le pied qu'il le fait,^ pour tâcher s'il était possible d'intimider par
I Vergl. S. 19. 87. 107.
là la Suède. Aussi ne devez-vous pas vous y arrêter, mais compter qu'il y a présentement plus d'apparence que jamais que les affaires entre la Russie et la Suède pourront être apaisées et conduites à une fin désirable, vu que la cour de Vienne, et principalement celle d'Angleterre, ne veulent, à l'heure qu'il est, point de guerre entre la Suède et la Russie, et que l'Angleterre, quoi qu'il en pût arriver, est bien résolue de ne s'en mêler en aucune façon. ,
Nach dem Concept.
Pots dam, 27 octobre 1749.
La relation que vous m'avez faite en date du 2 1 de ce mois, m'est
bien parvenue. Parceque mes lettres de Pologne prétendent que le roi
de Pologne ne pourrait se dispenser de venir en Pologne pour calmer
les troubles qui doivent être sur le point d'éclater, à l'occasion de ce
qui s'est passé relativement à la rupture du tribunal de Petrikau, vous
defvez m'avertir si le roi de Pologne se prêtera aux désirs des députés
du clergé en Pologne, arrivés à Dresde, ou s'il trouvera moyen d'esquiver
encore ce voyage et de le remettre à un autre temps. Quant à moi,
je suis presque de l'opinion que dans les conjonctures présentes le Roi
pourrait bien entreprendre ce voyage, vu qu'il est d'ailleurs obligé de
se rendre en peu à Fraustadt pour y signer les Universaux pour la
convocation des Diétines. ^ ,
xT u j n . Federic.
Nach dem Concept.
GR^FFEN A LONDRES.
Pots dam, 28 octobre 1749.
Vos dépêches du 14 et du 17 de ce mois me sont parvenues à la fois, et vous pouvez être très assuré que le duc de Bedford vous a non seulement accusé juste sur la situation présente des affaires russiennes — bien entendu néanmoins que vous en exceptiez le désarmement prochain de la Russie, lequel je ne m'imagine pas qu'il ait lieu aussitôt que le duc de Bedford semble le croire — mais, aussi, que ce que le duc de Newcastle vous a donné à entendre sur ces affaires, est vrai au pied de la lettre et mot pour mot selon qu'il vous l'a dit, de sorte que je ne saurais me dispenser de croire que les Anglais ont agi de bonne foi à cette occasion, dans leurs insinuations et représentations qu'ils ont fait faire à la Russie.
Je m'attends, au reste, de recevoir votre rapport sur le succès de
la nouvelle convention concernant les dettes anglaises hypothéquées sur
la Silésie. ^ ,
Nach dem Concept.
I Vergl. S. 104.
DE GOLTZ A MOSCOU
Potsdam, 28 octobre 1749.
La dernière poste m' ayant apporté votre relation ordinaire du 6 de
ce mois, je veux bien vous dire comme je m'aperçois de plus en plus
— en combinant ce que vous me marquez dans vos de'pêches des
entretiens que vous avez avec l'ami connu sur les affaires présentes, avec
ce qui m'en revient d'autre part — que vous ne sauriez plus vous
fonder tout- à- fait sur les éclaircissements qu'il vous donne, puisque je
vois bien qu'il se borne à ne vous communiquer qu'une partie de ce
qui se passe, et que sa timidité naturelle fait qu'il vous cache le reste.
Ce que je ne vous dis cependant que sous le sceau du plus grand
secret et pour votre unique direction. Quant aux Anglais, vous pouvez
compter , et je le sais à n'en pouvoir douter , qu'ils ont agi à cette
occasioh de bonne foi, et que le lord Hyndford a travaillé de son
mieux afin d'adoucir la cour de Russie et son ministre à l'égard de la
Suède, et qu'il a tout fait pour contenir celle-là à ce qu'elle n'éclatât pas
contre la dernière. Si l'on lui a fait des présents extraordinaires à son
départ, c'est apparemment en reconnaissance des subsides qu'il avait
procurés à la Russie à l'occasion de la guerre passée contre la France.
Pour ce qui concerne les démonstrations de la Russie je crois qu'elles
continueront jusqu'à ce que le roi de Suède décédera, et que ce sera à
l'occasion de cet événement que le Chancelier éclatera, s'il reste
déterminé de pousser sa pointe contre la Suède. ^ .
^ '^ Federic.
Nach dem Concept.
A FONTAINEBLEAU
Potsdam, 28 octobre 1749.
J'ai été bien édifié de tout ce que le marquis de Puyzieulx vous a dit relativement aux affaires du Nord, en conséquence du rapport que vous m'en avez fait à la date du 16 de ce mois. Tout y est exactement conforme à la façon dont je pense sur ces objets, et j'ai été charmé de ce que je m'y suis rencontré si heureusement avec ce ministre.
Vous pouvez lui dire qu'autant que je saurais juger du train que les affaires prenaient à présent, j'estimais que la cour de Russie pourrait bien s'arrêter à ne point user de violence contre la Suède, jusqu'à la mort du Roi qui y règne, et quand le chancelier Bestushew verrait à cet événement que la Suède ne changerait effectivement rien à la forme présente de son gouvernement, il faudrait qu'il cherchât alors d'autres prétextes plus frivoles encore que l'autre -là, s'il voulait encore donner essor à la haine extrême qu'il porte contre elle.
— ISO —
Vous ajouterez à cette occasion les réflexions suivantes : que la véritable raison pourquoi le chancelier Bestushew est aussi animé contre la Suède, s'origine principalement de ce qu'il souhaite du fond de son âme à voir la Suède dans la même subordination de la Russie que celle où la Pologne se trouve, à laquelle il avait cru déjà avoir jeté les fondements, du commencement du règne de l'Impératrice sa souveraine. Mais quand il a vu que, depuis le temps que la Suède a fait cette alliance avec moi à laquelle la France accéda, elle a voulu se soustraire à la domination russienne, il en a été furieusement irrité, et sentant bien alors que la Suède lui était échappée et qu'il n'était plus aisé d'y pouvoir regagner la supériorité, il s'est avisé de se servir du prétexte de la crainte d'un prétendu dessein de changer la forme du gouvernement en Suède , principalement dans la vue qu'il pourrait par là s'y former un parti assez considérable d'entre les Suédois et le maintenir, afin de profiter de l'occasion de quelque Diète tumultueuse en Suède pour y culbuter le ministère présent. Voilà, à ce que je comprends, le vrai fond de toute l'affaire, et les motifs de tout les ressorts que le Chancelier a fait jouer jusqu'à présent.
Au surplus, la France ne saurait rien faire de plus avantageux et de plus efficace pour conserver la Suède de la domination de la Russie, que de se gouverner avec la Porte Ottomane de la manière qu'elle le fait actuellement, à laquelle je ne saurait que fort applaudir.^
Nach dem Concept. F e d e r i C.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 28 octobre 1749.
Vous avez sagement fait de ne rien communiquer au baron de Beckers de tout ce que je vous ai fait marquer concernant les sentiments du ministère de France touchant l'affaire des investitures * des Princes de l'Empire.
La grande sécurité où la cour de Vienne paraît être à l'égard de la Porte Ottomane, lui pourra être fort nuisible. Je conviens avec vous que ladite cour est assez bien au fait par rapport aux affaires de la Turquie. Cependant, il m'a paru fort singulier que depuis quelques jours presque toutes les gazettes annoncent hautement des armements, en ce qu'elle faisait de grands amas de vivres dans ses forteresses
I Puyzieulx hatte dem Baron Chambrier gesagt: „Nous avons réveillé la Porte Ottomane pour qu'elle se montrât et fît connaître à la Russie qu'elle ne pourrait pas voir tranquillement que la Suède fût inquiétée par elle, qu'elle avait des traités avec la Suède et qu'elle y satisferait, si elle [la Suède] était attaquée. Mais il ne faut qu'entretenir la Porte Ottomane dans ces dispositions, sans lui donner le soupçon qu'on veut la mener plus loin; autrement on courrait risque de la mettre sur ses gardes et de perdre sa confiance." — a Vergl. S. 130.
frontières, et particulièrement dans celles le plus voisines de la Russie, et qu'elle faisait revenir en Europe ^ plupart des troupes de celles qu'elle avait eues aux frontières de la Perse, pour les mettre en quartiers le long de la Mer noire. Comme ma curiosité est de savoir si ce que les gazettes annoncent là -dessus, a quelque fondement, et que je sais bien qu'il serait bien mal aisé à vous d'en apprendre quelque chose avec certitude là où vous êtes, étant connu que la cour de Vienne ne laisse rien transpirer des nouvelles qu'elle reçoit de la Turquie, sinon ce qu'elle trouve de sa convenance, la meilleure voie pour vous orienter là-dessus serait peut-être de vous adresser au ministre de Venise et, sans marquer quelque empressement ni faire remarquer trop de curiosité, le mettre adroitement et par manière de conversation sur le chapitre des nouvelles de Turquie, afin de vous mettre de cette façon -ci en état de m'en pouvoir mander quelque chose de certain à cet égard.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
Potsdam, 28 octobre 1749.
Je veux bien vous dire par la présente dépêche, relativement au contenu de votre rapport du 21 de ce mois, que vous n'avez qu'à laisser faire actuellement aux ministres de France et de Suède ce qu'ils aviseront bon être pour l'affaire de la négociation de l'alliance en question, sans que de votre côté vous vous en mêliez directement.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
Potsdam, 28. October 1749.
Se. Kônigl. Majestàt haben zu melden befohlen, dass, da der Geheime Rath von Rohd in seiner letzteren Relation^ einige Erwàhnung von denen Bruits gethan, welche auch zu Stockholm von einer Alliance, so zwischen den schwedischen , dànischen und berlinischen Hôfen gemachet worden sein soUte, herumgelaufen und welche Bruits das schwedische Ministère, der angefiihrten Ursachen halber, zu supprimiren gesuchet, Ew. Excellenz demnach gedachten Herrn Geheimen Rath von Rohd einigermassen und so viel ihm zu wissen nôthig sein dôrfte, von dem eigentlichen Zusammenhang dieser Sache au fait setzen und ihm rescribiren môchten, wie ein Malentendu von dem, so der Maréchal
1 In diesem Bericht, Stockholm 17. October, hatte Rohd gemeldet, das schwedische Ministerium sucht die Gertichte von einer AUianz zwischen Schweden, Danemark und Preussen zu unterdriicken ; „de crainte que cela ne donne quelque embarras au Danemark de se voir tant sur la scène avec des liaisons dont l'éclat pourrait lui faire de la peine, vu les ménagements qu'il voudrait garder avec d'autres puissances."
de Saxe bei seiner Retour nach Dresden gesaget, zu solcher Gelegenheit gegeben und dass der sâchsische Hof davon allen môglich ubelen Gebrauch gemachet und solches tiberall herum ausgestreuet habe ; auf dass der p. von Rohd, wenn etwa das schwedische Ministère ihn dartlber sprechen oder auch ombragiret sein soUte, er sich dariiber expliciren kônne. Im ûbrigen, da das schwedische Ministère verlangete, dass von dem zwischen Schweden und Danemark gezeichneten Tractât nichts cher eclatiren môchte, bis die Ratifîcationes und Auswechselung derselben wirklich geschehen sei, so woUten Se. Kônigl. Majestat dièse Complaisance gegen das schwedische Ministerium geme haben, mithin bis zur geschehenen Ratification des Tractats ailes menagiren lassen ; welches dann Ew. Excellenz bei denen Rescripten an die auswàrtigen Ministres
observiren lassen môchten. ^ . , ,
Eichel.
A FONTAINEBLEAU
Potsdam, i«r novembre 1749.
J'ai été tout content de voir, par la dépêche que vous m'avez faite du 19 du mois passé, que les mauvaises tracasseries au sujet des propos attribués au maréchal de Saxe vont finir une bonne fois, dont j'avoue qu'ils commençaient à m'ennuyer, d'autant plus qu'il me parut à la fin, de plus en plus, comme si l'on n'y visait qu'à me commettre avec ledit maréchal. S'il vous arrivait cependant quelque occasion encore où vous saurez vous expliquer amiablement avec le marquis de Puyzieulx à ce sujet, vous pourrez bien lui dire, quoiqu'en termes polis et nullement choquants, que je n'étais point de la jurisdiction de Messieurs les ministres pour leur être responsable de mes paroles et que, quelque estime que j'eusse pour leur sages avis et même de la déférence pour leurs remontrances, néanmoins il ne me saurait être que désagréable s'ils appuyaient par un trop grand détail et s'appesantissaient sur des choses qui, prises dans leur véritable étendue, ne signifiaient que peu de chose ou plutôt rien. Au surplus, j'accuse la réception de la lettre que vous m'avez faite du 19 du mois dernier, avec la boîte que vous y aviez jointe. ^ .
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, ler novembre 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 22 d'octobre passé. Autant que je vois par les arrangements que la cour où vous êtes fait parmi ses troupes, l'on tâche de redresser du mieux plusieurs abus et désordres qui y ont
autrefois régné et de les mettre sur un pied de guerre, ce qui ne peut que réveiller l'attention de leurs voisins, afin de faire la même chose. Je ne comprends pas ce que la cour de Vienne aurait pu gagner par ses intrigues en Suède et à quel but elle aurait voulu s'y former un parti, et, quant aux avis que le colonel Mejerhielm ' fournit de beaucoup de dissension et mésintelligence en Suède, vous pouvez compter qu'ils sont absolument frivoles et controuvés.
Je ne puis gagner sur moi de croire juste le calcul du baron Beckers au sujet des revenus actuels de l'Impératrice -Reine. J'ai été assez exactement informé que tout ce que feu l'empereur Charles VI a eu de la totalité des pays qu'il possédait avant les fâcheuses guerres qu'il fallait soutenir après en Hongrie et en Italie, et quand ses provinces étaient dans l'état le plus florissant, n'est monté qu'à vingt -quatre millions d'écus.^ Décomptez à présent les provinces considérables qu'il a été obligé de céder en Italie, comme Naples, Sicile, et d'autres encore; joignez la Servie et toute cette étendue du pays en Hongrie que les Turcs ont repris, et regardez -y alors s'il est possible que les revenus actuels de l' Impératrice-Reine peuvent aller au point que le baron Beckers les a marqués, surtout après la perte de la Silésie, qui diminue encore le nombre. Mais pour parvenir à savoir au juste jusqu'où ces revenus peuvent à peu près monter, je crois que la meilleure voie sera de tâcher à vous informer séparément, et de province en province, ce qui en peut revenir. M' étant autrefois exactement informé ce que la Moravie a rapporté à l'empereur Charles VI, et même pendant le temps de la guerre contre les Turcs, où les provinces furent extrêmement chargées d'impôts, l'on en a tiré 800,000 écus, et de la Bohême quatre millions d'écus. Comme l'Impératrice -Reine tâche à présent de porter les charges de chaque province au point qu'elles doivent payer en temps de paix ce qu'elles ont autrefois contribué en temps de guerre, je crois qu'en vous servant de cette proportion, vous sauriez aisément parvenir pour savoir au juste ce que chaque province pourra payer à l'Impératrice- Reine.
Au reste, le général comte Lucchesi, venant de passer par ici pour
aller par Hanovre à Londres, s'est fait soupçonner qu'il pourrait bien
être chargé de quelque commission secrète de sa cour à celle de Londres.
S'il y a moyen que vous sauriez vous orienter sur ce sujet, vous me
ferez plaisir de m'en informer. ,
^ Federic.
1 Vergl. Bd. VI, 441. 442. — a Vergl. S. 131.
Uiestel berichtet, Kopenhagen 25.
October: „Le ministre de Russie eut ces jours passés à la cour un entretien avec le Grand - Maréchal où il paraissait beaucoup d'affectation de la part du premier, à considérer le temps et le lieu qu'il avait choisi pour lui parler. M. de Moltke s' étant levé de table pendant le dîner, le baron de Korff saisit ce moment pour lui faire la lecture d'un écrit ... La réponse du Grand-Maréchal fut fort courte, et sa contenance indiqua assez que cet entretien l'embarrassait ... Il m'est revenu qu'on n'a choisi M. de Rosenkrantz pour l'envoyer à la cour de Votre Majesté que parcequ'on a été bien aise de l'éloigner, vu l'affection que le Roi lui a témoignée, qui a donné de la jalousie à ceux qui ont la direction des affaires."
Nach dem Concept.
Pot S dam, ler novembre 1749.
Je serai bien curieux de savoir de vous le sujet de l'entretien dans lequel le sieur de Korff a embarqué le Grand - Maréchal d'une manière aussi affectée que vous la marquez par votre rapport du 25 du mois passé d'octobre; aussi m'en instruirez-vous, dès que vous en serez informé avec précision, Je vous sais bon gré de la particularité dont vous m'avez informé relativement au sieur Rosenkrantz; elle m'a été intéressante pour me diriger
en conséquence. ^ ,
Federic.
A STOCKHOLM
K-ohd berichtet, Stockholm 21. October: „Le sieur Antivari a eu une conversation assez ample avec l'ambassadeur de France, auprès duquel il a tâché de faire valoir ses arguments en faveur de la déclaration réciproque entre la Suède et la Russie, propesée par la cour de Vienne, et sur l'insuffisance de ce celle qu'on a publiée ici en dernier lieui . . .
L'Ambassadeur m'a dit l'avoir réduit à rester sans réplique, en se servant contre lui de ses propres armes et en lui représentant l'inconsistance de cette même raison qu'il venait d'alléguer; car, s'il était vrai que la plus grande partie de la nation redoutait le changement de gouvernement, comment donc pourrait-il avoir lieu, puisque c'est la nation même et les quatre Ordres qui la représentent qui doivent y donner leur consentement? Ou la nation le souhaiterait, ou elle ne le voudrait point: le premier cas n'est pas celui que le sieur Antivari suppose, et au second elle se suffirait elle-même pour l'empêcher."
Potsdam, ler novembre 1749.
Je vous sais bon gré du compte que vous m'avez rendu par votre dépêche du 2 1 d'octobre passé des pourparlers qu'il y a eu entre le sieur Antivari et l'ambassadeur de France, dont j'ai trouvé les réponses fort solides à tous égards. Comme il faut que nous soyons bientôt instruits de l'impression que la dernière réponse du ministère de Suède au sieur Panin aura faite sur la cour de Russie, nous verrons alors ce que l'on aura à attendre de celle-là, et si ceux-ci ont deviné juste qui présument que le chancelier Bestushew voudra continuer ses ostentations guerrières jusqu'à la mort du roi de Suède, employer après cet événement ruses et menaces pour avoir une Diète, faire faire alors quelque mouvement aux
I Vergl. S. 47. 84.
troupes russes pour intimider les États assemblés, et tâcher d'y semer des dissensions, afin de pêcher en eau trouble. Quant à mpi, je crois encore d'avoir tout lieu de présumer que, malgré toute la mauvaise volonté de Bestushew, la Russie se lassera de ses démonstrations et les finira, ne se voyant point appuyée par d'autres puissances étrangères.
Nach dem Concept. F e d e r i C
Potsdam, 4 novembre 1749.
Vous pouvez vous reposer entièrement sur ce que je vous ai transcrit pour votre direction, et croire que les Autrichiens, contre leur coutume, n\ais pour l'amour de leur propre intérêt, en ont agi cette fois-ci de bonne foi, en faisant tout ce qui a dépendu d'eux pour retenir la Russie de ne point assaillir la Suède.
Quoiqu'au reste les sentiments de haine que porte le chancelier Bestushew à la maison de Holstein, soient assez de notoriété pour que je ne puisse les ignorer, il y a cependant toute apparence, à l'heure qu'il est, qu'ils resteront sans effet, les conjonctures présentes n'étant point du tout favorables à l'exécution des desseins pernicieux dudit chancelier.
Comme d'ailleurs la Russie a laissé passer le temps sans rien faire, alors qu'elle le pouvait, et que les conjonctures politiques dans lesquelles nous nous trouvions, ont notablement changé de face depuis et continuent encore de tourner de plus en plus en faveur du bon parti, je me crois fondé pour pouvoir en espérer que toutes les mauvaises vues que peut avoir conçues le Chancelier, s'en iront peut-être en fumée, sans troubler aucunement la tranquillité du Nord. C'est ce que j'ai bien voulu vous donner en réponse à votre dépêche du 13 d'octobre dernier.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 4 novembre 1749.
L'augmentation des régiments de cavalerie autrichiens qui sont en Italie et dont vous me marquez par votre relation ordinaire du 25 du mois dernier passé qu'on les complétera de deux cents chevaux chacun, est de la façon du général Pallavicini, qui en a donné l'idée à la cour de Vienne et qui l'a arrangée; aussi je ne doute pas que celle-ci ne mette ses autres régiments de cavalerie sur le même pied, dès qu'elle se trouvera assez en fonds là -dessus; car sa première attention est à présent d'amasser des fonds en argent.
Quand le comte Ulfeld a dit au comte Barck que c'était par le conseil de, la cour de Vienne que celle de Russie avait adouci les termes, qui avaient été couchés bien plus forts, dans le projet de sa déclaration, il a parlé tout-à-fait vrai, comme je le sais à n'en pouvoir douter. En attendant, toutes les apparences sont à présent que les affaires du Nord pourront se terminer sans qu'on vienne à des éclats. Après que la Suède et ses amis ont gagné du temps, il est à présumer qu'on aura tout gagné.
Il m'a été fâcheux d'apprendre par vous que Blondel doit rester à Vienne quelques mois encore après que le comte Hautefort y sera arrivé. Mais comme nous n'y saurions rien changer, il ne vous reste que de prendre votre parti tant bien que vous le saurez, et de vous arranger avec vos amis aussi bien que le cas le voudra permettre.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
A STOCKHOLM
Potsdam, 4 novembre 1749.
Il m'a été bien agréable d'apprendre par votre dépêche du 24 d'octobre passé que les nouvelles que je vous avais ordonné de communiquer au ministère de Suède ^ aient été bien reçues de la part de ce ministère et lui aient fait plaisir, et j'applaudis fort à ce qu'on est intentionné , là où vous êtes , de s'en tenir au bon milieu avec la cour de Russie, puisqu' autrement il se pourrait qu'il arrivât très facilement que, si la Suède parlait d'un ton trop haut à la Russie, cette dernière s'en servît de raison pour prendre occasion, de là, de dire dans le monde qu'elle se voyait absolument nécessitée de rompre avec la Suède.
J'espère, au reste, que le gouvernement de Suède voudra, aussi, se radoucir à cette occasion à l'égard de l'Angleterre et ne point l'aigrir sans nécessité, les Anglais ayant rendu de bonne foi des services très efficaces à la Suède dans la crise où en étaient ses affaires, et la Suède devant , selon moi , éviter avec beaucoup de soin d'accroître à présent le nombre de ses ennemis, dont elle en a sans cela déjà assez.
Potsdam, 4 novembre 1749.
Votre dépêche du 28 d'octobre dernier m'est bien parvenue. Mon intention étant de savoir de vous quelles peuvent être les vraies et peut-être les secrètes raisons qui ont déterminé la cour de Danemark
1 Vergl. S. 132.
à accélérer avec autant de précipitation qu'elle l'a fait le mariage de la présente duchesse de Meiningen' et de lui faire une dot aussi riche, je veux que vous m'en informiez par une dépêche de votre part bien chiffrée, que vous ne ferez qu'à moi seul immédiatement, sans en adresser des duplicata au département des affaires étrangères, vous enjoignant d'ailleurs encore très expressément de m'en garder indistinctement le plus grand secret. ,
Federic.
Nach dem Concept.
A FONTAINEBLEAU
Potsdam, 4 novembre 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 23 du mois dernier passé. Les ministres de France s'apercevront encore plus clairement, par plusieurs autres circonstances que le temps développera, que les nouvelles que je leur ai fait donner confidemment, ne sont point du tout aussi mal avisées qu'ils les ont peut-être jugées d'abord. En attendant, il est fâcheux que ces ministres, d'ailleurs si clairvoyants, ne sachent pas revenir une bonne fois de l'illusion dont mes ennemis leur ont malignement imposé, comme si je ne cherchais qu'à aigrir les choses pour remettre les troubles. Si ces ministres voulaient y penser un moment sans prévention, ils trouveraient aisément qu'il faudrait bien que ce ne fût nullement mon affaire que de nouveaux troubles, parceque je tâche tant à les avertir des circonstances qui sauraient ramener la guerre, afin qu'ils puissent les écarter de loin, au lieu que je n'avais qu'à' me taire et de laisser voguer le mal, qui de soi-même entraînerait à la fin la guerre, si j'avais cette envie dont on me soupçonne de voir le retour des troubles; réflexion que vous ne laisserez pas de faire observer un jour avec douceur aux ministres de France, quand vous le trouverez convenable.
Voici une lettre au sieur Cagnony,^ que vous lui ferez parvenir, quand vous le croirez arrivé en Espagne. ,
Nach dem Concept.
Potsdam, 7 novembre 1749.
Ce que vous me mandez par la relation que vous m'avez faite à la date du i«' de ce mois, relativement à l'état présent des affaires de Pologne, me fait présumer que la Diète future en Pologne va être bien orageuse et que la cour de Dresde y trouvera plus d'opposition qu'elle ne se l'imagine peut-être pas encore. Vous ne laisserez pas de continuer
1 Louise, geborae Prinzessin von Danemark. — a Vergl. S. 81. 86. Das Schreiben enthalt nur die Empfangsbestâtigung eines Berichts von Cagnony, d. d. Paris 20. October»
votre attention sur le train que l'événement de Petrikau' prendra et sur les biais dont la cour de Dresde s'avisera pour se tirer d'affaire.
Federic.
Votre dépêche du 4 de ce mois venant, aussi, de m' être rendue, je vous y donne en réponse que vous pouvez être très assuré qu'il ne parviendra rien à la connaissance de personne de ce que vous m'avez mandé par ladite dépêche, et qu'au reste je présume que les différends qui se sont élevés dans les affaires de Pologne, seront composés pour le présent de manière qu'ils n'auront point de suites fâcheuses, mais que je suis persuadé d'un autre côté que, quand on viendra à convoquer une nouvelle Diète en Pologne, ces mêmes différends ne manqueront pas d'être résumés pendant la tenue de cette Diète.
Quant à l'augmentation de l'armée de Pologne, il n'y aura rien de plus aisé que de la coucher sur le papier; mais dès qu'il sera question d'où l'on devra prendre les frais pour l'entretien de pareille augmentation, ce sera pour lors que personne ne voudra s'en mêler davantage, de sorte que la proposition qui en pourra être faite, viendra ainsi à tomber d'elle-même.
Nach dem Concept*
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 8 novembre 1749.
Quand je combine ce que vous m'avez marqué par vos relations précédentes des arrangements particuliers que l'Impératrice -Reine fait faire actuellement dans son militaire en Italie, avec ce que vous venez de me mander dans celle du 29 d'octobre dernier relativement à l'arrivée du sieur Krechtel et du général Pallavicini qu'on attend, je commence presque à croire que ceux qui ont soupçonné que le général Lucchesi pourrait bien être chargé de quelque commission secrète à la cour de Londres ,= n'ont pas tout-à-fait mal jugé. Comme ce général doit être routine dans les affaires d'Italie, y ayant presque toujours servi, et qu'il vient de passer par Brunswick et Hanovre sans s'y arrêter, pour continuer son voyage à Londres, il se pourrait bien qu'il y ait quelque projet important sur le tapis qui regarde les affaires d'Italie. Quoi qu'il en soit, je suis encore de votre sentiment qu'il paraît peu probable que la cour de Vienne voudra penser à quelque guerre offensive en Italie. Peut-être qu'il s'agit de quelque troc, soit du duché de Toscane contre Parme et Plaisance, ou de quelque autre troc de provinces, et que la cour de ^Vienne, pour rendre ses conditions meilleures, voudra faire
I Vergl. S. 148. — 2 Vergl. S. 146. 153.
quelque montre, en rassemblant des corps de troupes en Italie. Mais les vues que cette cour saurait avoir à ce sujet, sont encore impénétrables ; j'en suspends mon jugement encore jusqu'à ce que vous aurez eu moyens de vous orienter plus là-dessus. Au reste, quoique je ne doute nullement de toute la mauvaise volonté de la cour de Vienne vis-à-vis de moi, je suis cependant persuadé que ce n'est point son jeu de vouloir la réaliser présentement.
Nach dem Concept.
Federic.
GR^FFEN A LONDRES.
iClinggrafFen berichtet, London 24.
October: ,J'ai tout lieu d'être satisfait de la réponse du marquis de Puyzieulx, en date du 19 de ce mois, aux deux courriers de l'ambassadeur de France; c'est une véritable instruction pour lui. Tout y est récapitulé avec les dates de ce qui s'est passé dans les affaires du Nord, depuis Hanovre jusqu'ici, où le marquis de Puyzieulx fait assez connaître qu'il n'est point persuadé de la bonne foi de l'Angleterre, comme le duc de Newcastle l'a voulu insinuer à l'ambassadeur, et il n'attribue nullement la modération que la Russie semble témoigner après la tenue d'un grand Conseil, aux représentations de l'Angleterre et de la cour de Vienne, mais seulement à la déclaration du Grand- Visir . . . Enfin, la dépêche du marquis de Puyzieulx ... est d'autant plus utile à l'ambassadeur, qu'il traitera, j'espère, les affaires moins superficiellement, quoique d'ailleurs bien intentionné, qu'il n'a fait jusqu'à présent."
Potsdam, 8 novembre 1749.
Vous pouvez être sûr que je vous garderai le secret que vous me demandez à l'égard de l'avis intéressant que vous m'avez marqué dans votre relation du 24 d'octobre dernier. Il me paraît de là que le ministre de France montre à présent plus de vigueur qu'il n'a fait paraître autrefois, et qu'il se conduit dans ses négociations avec une fermeté qui lui fait honneur.
Mais pour ce qui regarde son désir que l'Angleterre doive faire en sorte que la Russie désarme ou qu'elle retire ses troupes, j'ai de la peine encore à croire que l'Angleterre ait tant de pouvoir sur la cour de Russie qu'elle l'y saurait disposer, quand même celle-là aurait toute l'envie de le faire.
Federic.
A FONTAINEBLEAU
Uhambrier berichtet, Fontainebleau 26. October: „Quoique la France n'ait pas paru vouloir entrer dans la médiation que la cour de Vienne lui a fait proposer, elle vient d'avoir, sur ce qui en pouvait être le motif, une explication avec l'Angleterre
Potsdam, 8 novembre 1749.
Le récit que vous m'avez fait,
dans votre relation du 26 d'octobre
dernier, de ce qui s'est passé entre
le marquis de Puyzieulx et le comte
d'Albemarle relativement aux affaires du Nord, m'a été des plus satisfaisants, parceque j'ai vu par là que le ministère de France agit à présent avec constance et d'une manière suivie en ses négociations et qu'il y montre de la fermeté; mais quelque raisonnable que soit sa demande que la Russie doive retirer ce qu'elle a trop de troupes au voisinage des frontières de la Suède, cependant je ne crois pas que l'Angleterre sera à même d'effectuer que le chancelier Bestushew s'y prête, quand même elle aurait toute l'envie de le faire.
Puisqu'il est décidé à présent que le marquis de Valory doit être rappelé et que le lord Tyrconnell le relèvera, je vous saurai tout le gré du monde quand vous tâcherez de me donner sur celui-ci une idée exacte et bien juste de son caractère, pour que je sache comment je saurais me diriger avec lui. Vous n'oublierez pas de m'instruire également sur ce que c'est que son épouse, sur la famille dont elle est et sur son caractère. Au reste, j'espère au moins qu'on aura soin de la fortune du marquis de Valory, quand il sera rappelé, pour ne pas le
rebuter tout-à-fait. „ ,
Federic.
Nach dem Concept.
dont celle-ci n'aura pas manqué d'informer la Russie. Le comte d'Albemarle a dit au marquis de Puyzieulx que le lord Hyndford marque par le courrier qu'il a dépêché qu'après le grand Conseil qui s'était tenu à Moscou en présence de l'Impératrice, le chancelier Bestushew l'avait assuré que la Russie n'attaquerait pas la Suède, si celle-ci ne commençait pas les premières hostilités , mais que la Russie conserverait ses troupes telles qu'elle les avait et sur les lieux où elles sont. A quoi le marquis de Puyzieulx avait répondu que, si la Russie continuait d'avoir en Finlande autant de troupes qu'elle y en a actuellement, la Suède se verrait obligée d'y en avoir aussi beaucoup de son côté^ ce qui lui causerait une continuation de grosse dépense ; mais que, pour ôter tout prétexte à la Russie d'inquiéter la Suède sans raison , il pouvait , lui , marquis de Puyzieulx, assurer l'Angleterre que la Suède n'attaquerait pas la Russie et n'établirait point chez elle le pouvoir despotique. Tout ce discours entre le comte d'Albemarle et le marquis de Puyzieulx s'étant passé verbalement, ils convinrent de le mettre par écrit."
A STOCKHOLM
Potsdam, 8 novembre 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 28 d'octobre dernier et je me réfère ici à ce que je vous ai déjà écrit des apparences qu'il y a que l'orage qui semblait menacer la tranquillité du Nord, pourra se dissiper sans éclater encore; il est même fort à présumer, nonobstant toute la mauvaise volonté que peut avoir la cour de Russie contre la Suède, qu'en cas de mort du roi de Suède, pourvu qu'alors on ne veuille introduire aucun changement dans la forme présente du gouvernement, cette cour se verra privée de toute occasion à commencer des troubles,
et qu'elle sera ainsi de rester tranquille sans intenter quelque chose
contre le repos de la Suède. ^ , .
Federic.
Potsdam, 10 novembre 1749.
Je vous sais très bon gré du rapport que vous m'avez fait de ce que le sieur de Rosenkrantz vous a dit, quand il est venu vous voir pour la première fois, dont j'ai d'autant plus lieu d'être satisfait qu'il y a des choses obligeantes dont il n'a rien touché dans son audience.
Comme il est temps à présent que le sieur de Voss l'aîné^ se rende sans plus de délai à sa destination, vous devez le presser là-dessus et lui enjoindre d'ailleurs qu'il vienne se présenter encore à moi ici à Potsdam, puisque je veux lui parler moi-même avant qu'il parte. Au surplus, je ne saurais me dispenser de vous dire que c'est avec bien de la surprise que j'ai appris que le ministre de Russie, le sieur Gross, est effectivement instruit des instructions expédiées pour le sieur de Voss, en sorte qu'il sait précisément que le sujet principal en roule sur une garantie des États et possessions réciproques. Ne doutez point de la réalité du fait, elle est trop constatée pour que vous ayez lieu d'y hésiter. Mais comme il faut absolument qu'il y ait eu quelque indiscrétion de la part des gens de la chancellerie à ce sujet, ma volonté est que, sans rien dire ou communiquer à qui que ce soit de tout ce que je viens de vous marquer, vous devez faire une perquisition très exacte, pour découvrir ceux qui, par indiscrétion ou par d'autres vues criminelles, ont pu avoir donné lieu à ce que le secret des susdites instructions ait pu passer
jusqu'au ministre susmentionné. ^ -
Federic.
Nach dem Concept.
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 10 novembre 1 749.
Les dépêches que vous m'avez faites du 28 et du 31 du mois d'octobre dernier, me sont entrées à la fois. Quant aux affaires de Russie, je ne saurais que vous renvoyer à tout ce que je vous ai déjà dit là-dessus par mes dépêches antérieures, et à ce qu'encore le rescrit ordinaire qui vous va arriver à la suite de celle-ci, vous marquera à ce sujet. Ainsi qu'il ne me reste qu'à vous informer d'une nouvelle qui m'est parvenue de Vienne, et qui pourrait mériter attention. Car l'on en marque que dans le temps que les affaires du Nord semblaient rentrer dans la tranquillité, l'Italie paraissait menacée d'un nouvel orage, et que
1 Vergl. s. 83.
Corresp. Friedr. II. VII, 1 1
les différents arrangements que la cour de Vienne prenait par rapport à l'Italie faisaient présumer qu'on y appréhendait la guerre. Qu'effectivement cette cour faisait recruter les trois régiments de dragons qu'elle y entretenait, chacun de 400 chevaux, qu'elle y envoyait directement tout ce que l'on assemblait de recrues, et que l'on assurait que six régiments de cavalerie avaient reçu ordre de s'y rendre, dont deux étaient actuellement en marche. Comme d'un côté il n'est nullement à présumer que l'Impératrice -Reine voudrait dans le temps présent penser à faire une guerre offensive en Italie, et qu'il n'y a non plus de l'apparence qu'aucune puissance voudrait la troubler dans ses possessions-là , et que d'un autre côté il faut bien que la cour de Vienne ait des raisons pressantes pour faire ce remuement, la chose me paraît bien singulière. C'est pourquoi vous devez y prêter votre attention et tâcher de pénétrer, là où vous êtes, quel peut être le dessous des cartes dans tout ceci, puisqu'il n'est point à douter que, s'il en est quelque chose, la cour de Vienne n'aura pas laissé d'en communiquer avec celle de Londres. Tl se peut que la première ait appris quelque chose de la négociation qu'on dit être sur le tapis entre la France et la cour de Turin, et que, fort ombragée de là, elle ait pris des arrangements pour en faire montre ; mais telles quelles en peuvent être les raisons, vous devez tâcher de les approfondir, sans vous faire cependant trop remarquer. Et comme, aussi, je vous ai déjà averti des soupçons qu'on a eus à l'égard du voyage du général autrichien comte Lucchesi qui va arriver à Londres, de ce qu'il pourrait être chargé d'une commission secrète de la part de sa cour à celle de Londres, et que ces soupçons, en combinant les circonstances ci-dessus mentionnées, deviennent plus forts, vous devez guetter de bien près ce comte Lucchesi, dès qu'il sera arrivé en Angleterre, pour être précisément instruit sur le sujet qui l'y amène, et s'il négociera là avec quelque ministre, de même quelles seront proprement les propositions qu'il fera. En quoi vous tâcherez, si vous le trouvez convenable, d'être secondé par l'ambassadeur de France et par vos autres amis.
Au reste, [je voudrais] apprendre de vous de quelle manière finira l'affaire de la convention à régler pour les dettes de la Silésie.
Nach dem Concept. * F e d 6 r i C
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 10 novembre 1749.
La dernière poste m'a apporté la relation que vous m'avez faite du iC' de ce mois. Vous pouvez tabler sur la réalité de l'avis que je vous ai donné confidemment des propos que le chancelier comte Ulfeld a tenus au sujet du sieur Blondel et du baron de Beckers,^ et que c'est
1 Vergl. S. 138. 143.
à un de ses amis intimes qu'il s'est expliqué de la façon que je l'ai marqué sans y entendre finesse. Au surplus, ses sentiments malignes ne diminueront en rien l'estime que j'ai pour le baron de Beckers.
Quant à l'appréhension qu'on attribue à la cour de Vienne relativement aux affaires d'Italie, je me réfère à ce que je vous ai mandé par ma dépêche précédente à ce sujet. Il se peut encore que ladite cour soupçonne quelque négociation entre celles de Turin et de la France, qui lui font ombrage et à raison desquelles elle veut faire quelque montre.
La cour de Vienne se prend bien avec adresse quand elle s'attribue
à présent le mérite d'avoir apaisé, moyennant ses bons offices, la Russie,
quoiqu'elle n'y ait rien contribué et que son ministre n'ait fait que
garder le silence et laisser faire et agir seul le lord Hyndford, au
mouvement duquel est dû tout le mérite. Au surplus, si vous pouvez
trouver moyen d'avoir par de certains gens des états exacts et fidèles
sur le montant de quelques branches des revenus de la reine de Hongrie,
j'y dépenserai volontiers une centaine de ducats. ^
Federic.
Nach dem Concept.
DE GOLTZ A MOSCOU
Pots dam, 10 novembre 1749.
J'avais déjà reçu les nouvelles de Perse, quand le rapport que vous m'en avez fait par votre relation du 20 d'octobre passé, m'est entré; aussi sont-elles entièrement conformes à ce que j'en avais appris. Mais pour ce qui est de celles de Turquie dont vous me faites part, il faut que je vous fasse remarquer que vous ne rencontrez pas juste en accusant le Mufti disgracié comme s'il avait été dévoué aux deux cours impériales; tout au contraire l'a-t-on toujours cru fort attaché aux intérêts de la Suède, et c'est aussi pourquoi le chancelier, comte d'Ulfeld, à Vienne, a prôné partout l'événement de la disgrâce de ce pontife comme très favorable aux deux cours impériales, quand la nouvelle lui en est arrivée. ^ Cela ne doit point vous empêcher de me donner le plus de nouvelles que vous pourrez sur ce qui se passe dans la Turquie et en ces contrées-là. Au reste, je crois que dans les circonstances présentes la Suède n'aura plus à craindre de la Russie, ainsi qu'il ne nous reste qu'à voir de quelle façon la cour de Russie s'y prendra, quand une fois l'événement du décès du roi de Suède viendra à exister.
Nach dem Concept. F e d C r i C.
I Vergl. S. 109. 128.