‹ Politische Correspondenz Friedrichs des GrossenChapitre 12 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

Potsdam, 10 novembre 1749.

La dépêche que vous m'avez faite le 4 de ce mois, m'a été rendue. Vous faites très bien de guetter de près le sieur Korff, pour bien observer sa contenance et ses allures. Quelque indifférence qu'il affecte relativement aux nouvelles liaisons entre la Suède et le Danemark, il n'en a pas moins le cœur navré et plein de rage. Quoiqu'il lui plaise de dire que la Russie n'ira pas moins son train, nonobstant toutes les alliances que la Suède saurait faire, je suis cependant assuré que sa cour se verra obligée de se modérer, et la manière dont elle a actuellement relâché, sert de preuve convaincante que la nouvelle alliance entre la

Suède et le Danemark n'a pas du tout été gratuite. ^ ,

^T V ^ ^ Federic.

Nach dem Concept.

A FONTAINEBLEAU

Potsdam, 10 novembre 1749.

Je vous sais très bon gré de ce que vous avez prévenu mon attente par rapport à l'histoire et au caractère du milord Tyrconnell que je souhaitais de savoir, et j'en ai eu d'autant plus de satisfaction que je crois pouvoir me promettre, en conséquence de tout ce que vous me marquez à son sujet dans votre dépêche du 30 d'octobre passé, que nous aurons affaire à un honnête homme qui ne brouillera rien. Je crois d'ailleurs que vous avez jugé bien juste sur les raisons que vous présumez qui ont pu déterminer le ministère de France de l'envoyer à ma cour ; mais parceque vous me marquez qu'il est encore tout neuf dans les affaires, je voudrais bien savoir si sa cour laissera à lui seul le maniement des affaires ou si peut-être elle s'avisera de lui joindre quelque secrétaire ou quelque autre sujet subalterne, pour l'aider dans les affaires, auquel cas vous mô rendrez encore un service particulier, quand vous m'informerez des circonstances et du caractère de celui-ci. J'attends d'ailleurs de vous que vous me fassiez l'histoire et le caractère de l'épouse du milord que je vous ai demandés.

Nach dem Concept.

A STOCKHOLM

Potsdam, 11 novembre 1749.

Je suis très porté à croire . que les choses avec la Russie en resteront sur le pied que le ministère de Suède se le représente, selon que vous m'en faites votre rapport dans votre dépêche du 31 d'octobre dernier, et je suis persuadé que ledit ministère est véritablement au fait de la façon de penser d'à présent du chancelier russien Bestushew.

Je ne saurais cependant point concevoir que la France, moyennant ses impulsions en Angleterre, et cette dernière, par ses remontrances à la cour de Russie, pourront la déterminer à se résoudre à désarmer. Je ne comprends guère davantage comment les frais que les Suédois sont obligés de faire pour leur armement, peuvent leur être si coûteux qu'ils se l'imaginent, pendant qu'ils n*ont rien fait jusqu'ici à. cet égard que ce qu'ils auraient dû faire quand bien ils n'auraient eu rien à appréhender; car quant aux dépenses en amas de magasins qui peuvent avoir été formés en Suède, celle-ci y trouvera toujours son compte, sans qu'elle ait besoin d'y craindre des faux-frais et des pertes pour elle.

Nach dem Concept. F e d e r i C

Potsdam, 14 novembre 1 749.

Comme je viens d'être averti en confidence, par une personne qui se trouve à Breslau, que le conseiller autrichien Seyferth s'y était laissé échapper envers un de ses amis que le. comte de Puebla avait reçu ordre de sa cour de présenter à Berlin un mémoire conçu en termes menaçants, relativement à la répartition des dettes hypothéquées sur la Silésie,^ et qu'il devait y mettre à la charge du ministère prussien et du comte de Mûnchow que les conférences qui ont été tenues là-dessus, avaient été sans succès, avec menace que, si l'affaire en question n'était terminée en six semaines au gré de la cour de Vienne, lui, Seyferth, recevrait ordre de quitter Breslau, la cour de Vienne étant résolue en ce cas de me décrier partout et de tâcher même à me rendre odieux tant dans l'étranger qu'auprès de mes propres sujets, — je veux bien vous dire que mon intention est de voir venir à ce sujet le ministre autrichien, comte Puebla; mais n'étant point douteux que la cour de Vienne ne fût pour lors principalement résolue de faire faire des insinuations à la cour dé France, sous des couleurs les plus hideuses, sur ce que dessus, ma volonté est que par la première poste vous deviez mettre le baron de Chambrier à Paris entièrement au fait de toute la connexion de l'affaire de la dette particulière de Silésie, et que vous l'en informiez avec ordre à lui, Chambrier, de prévenir là -dessus le marquis de Puyzieulx et de l'avertir en même temps que les Autrichiens ne manqueraient sûrement pas de représenter par animosité les choses tout autres qu'elles n'étaient en effet, et de leur donner de fausses couleurs, uniquement dans la vue pour tâcher de me décrier et de me

rendre odieux. Et sur ce, je prie Dieu etc. ^ ,

Federic.

Nach der Âusfertlgung.

1 Vergl. Bd. IT, 238. 285. 374. 377. Die Verhandlungen tlber dièse Angelegenheit waren nach dem dresdner Frieden wieder aufgenommen worden und wnrden von Seiten des wiener Hofes seit Anfang Januar 1749 in Breslau durch den Kônigl. Bôhmischen Deputationsrath von Seyferth (vergl. Bd. II, 374) gefuhrt.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 15 novembre 1749.

La dépêche que vous m'avez faite du 5 de ce mois, m'a été rendue, sur laquelle je veux bien vous communiquer ce qui m'a été mandé depuis peu par des lettres de France, savoir qu'on prétendait là que la cour de Vienne avait fait assez connaître depuis quelque temps quelles étaient ses intentions sur les cessions que l'Impératrice -Reine a faites au roi de Sardaigne par le traité de Worms, qu'elle voudrait regagner le Pavisan, le comté d'Anghierra et le Haut - Novarois , que le roi de Sardaigne a gagnés par le traité d'Aix-la-Chapelle, lequel, sans confirmer nommément celui de Worms, a cependant confirmé au roi de Sardaigne les provinces ci -nommées. Que l'Impératrice -Reine avait commencé, avant la signature des préliminaires pour la paix, de déclarer nul ledit traité, comptant que par là les cessions qu'elle y avait promis de faire au roi de Sardaigne, n'auraient plus lieu, mais, comme elle a été obligée d'en passer par là, elle voudrait en revenir, si elle pouvait, en attaquant de nouveau le traité de Worms, disant que, n'ayant pas été nommé par celui d'Aix, c'était injustement que les cessions qui y étaient énoncées au profit du roi de Sardaigne, avaient eu lieu; que cela portait un grand préjudice au restant du Milanais, en le resserrant si fort de tous les côtés que ses sujets en sont très incommodés pour la vente de leurs denrées et pour ce qu'ils tirent du dehors. L'on ajoute que, quoiqu'on ne croyait pas que les difficultés que la cour de Vienne faisait à celle de Turin, puissent être suivies d'aucune satisfaction pour la première, parceque le roi de Sardaigne ne voudrait faire aucun sacrifice, et que, si la cour de Vienne voulait le pousser, les Anglais empêcheraient que les choses vinssent à une rupture — mais on regardait l'aigreur qu'il y avait comme un levain qui fermenterait à mesure que les conjonctures changeraient et que l'une ou l'autre de ces deux puissances croirait pouvoir prendre un parti favorable à ses vues.

Quoi qu'il en puisse être, je crois avoir lieu de présumer qu'il faut que la cour de Vienne soit actuellement occupée de brasser quelque dessein nouveau, et je suis confirmé dans cette créance par la nouvelle que j'ai eue , qu'elle a mandé le prince Louis de Wolfenbiittel de venir en toute diligence à Vienne, parcequ'il y avait des affaires de conséquence sur le tapis qui demandaient absolument sa présence. Bien que je sois persuadé que ladite cour ne porte pas encore ses vues contre moi, mais selon toutes les apparences plutôt contre l'Italie, vous devez cependant vous donner tous les soins et peines possibles pour savoir au juste quelles ont été les raisons pourquoi on a pressé le susdit prince Louis de revenir soudainement à Vienne, afin de m'en instruire exactement. Au surplus , quoique je conçoive bien les difficultés qu'il y a pour être instruit des intrigues de la cour où vous êtes, je suis cependant persuadé

qu'avec le zèle que je vous connais pour mon service, et votre savoirfaire, vous saurez écarter ces difficultés, en vous appliquant soigneusement pour y réussir. Federic.

On va vous fournir dans peu foule de fausses nouvelles, mais on sait d'où elles viennent et ce qu'il en faut croire. Les Autrichiens me reviennent comme des enfants qui font les mutins, dès qu'ils ont oublié le fouet qu'ils ont eu.

Nach dem Concept. Der Zusatz nach Abschrift der Cabinetskanzlei.

Potsdam, 15 novembre 1749.

Je VOUS sais un gré particulier des ouvertures que vous m'avez données par la dépêche que vous m'avez faite du 2 de ce mois à l'égard des intentions de la cour de Vienne relativement au roi de Sardaigne, parcequ' elles m'ont donné des éclaircissements sur plusieurs autres avis qui me sont entrés depuis peu par rapport aux ombrages que ladite cour commençait de prendre sur les affaires d'Italie, que je ne savais point assez démêler. Ce n'était pas tant sur les avis qui me sont entrés que la cour de Vienne avait fait venir d'Italie le général Pallavicini pour se concerter avec lui sur des affaires d'importance, que parceque l'on continuait à me mander de là que, dans le temps que les affaires du Nord semblaient rentrer dans la tranquillité, l'Italie paraissait menacée d'un nouvel orage, et que les différents arrangements que la cour de Vienne y prenait à l'égard de l'Italie, en augmentant la cavalerie et en complétant avec toute la diligence possible les autres troupes qu'elle y entretenait, faisaient présumer qu'on y appréhendait la guerre; circonstance que je ne pouvais bien développer, parceque d'un côté je ne saurais pas présumer que l'Impératrice -Reine voudrait dans le moment présent penser à quelque guerre offensive en Italie, et que d'un autre côté il n'y a non plus aucune apparence que quelque puissance la voudrait troubler dans ces possessions-là. Mais comme presqu'en même temps un général major autrichien, comte Lucchesi, qui doit être fort routine dans les affaires d'Italie, y ayant servi pour la plupart du temps, est venu passer par ici pour aller en droiture à Londres, lequel, quoiqu'il ait voulu faire accroire qu'il ne faisait son voyage en Angleterre que par un motif de curiosité et pour y voir la cour et le pays, s'est fait néanmoins soupçonner qu'il pourrait bien être chargé de quelque commission secrète de la part de sa cour à celle de Londres, et que d'ailleurs nous avons eu ici le général major de Schulenburg, natif de mon pays, mais en service du roi de Sardaigne, qui n'a point hésité de me dire qu'il avait des avis que sa cour était en négociation avec la France sur un traité d'alliance à faire — tous ces différents avis-là m'ont paru si compliqués

que je n'aurais pu m'orienter là -dessus, si les circonstances que vous m'avez marquées par votre relation ne m'avaient pas éclairci à ce sujet, ainsi que je me persuade à présent que les soupçons qu'on a eus du général Lucchesi, ne sont pas tout-à-fait destitués de vraisemblance, et que la cour de Vienne pourra bien avoir pris jalousie sur l'alliance qu'on dit que le roi de Sardaigne médite de faire avec la France. Au surplus, je souhaiterais bien que cette alliance de la France avec le roi de Sardaigne pourrait réussir au gré de la France, puisque l'on escamoterait par là à l'Impératrice -Reine le seul allié qu'elle a eu en Italie, par laquelle elle se verrait dans de grandes appréhensions pour ses possessions en Italie et hors d'état de commencer de nouveaux troubles.

Pour ce qui est des instances que le roi de Pologne a fait faire à la cour de France, afin d'employer ses bons offices auprès de moi pour que j'ordonnasse à mes sujets créanciers de la Steuer de Saxe de ne pas presser le payement, je ne saurais qu'à me remettre sur la réponse que j'ai faite à la lettre que le roi de Pologne m'a écrite à ce sujet et dont j'ai fait communiquer la copie au marquis de Valory, qui sans doute l'aura fait passer à sa cour, et je me persuade que la cour de France aura reconnu la solidité des arguments que j'y ai allégués et la façon amiable dont je me suis expliqué envers le roi de Pologne.

Nach dcm Concept. F e d e r i C.

DE GOLTZ A MOSCOU

(jroltz berichtet, Moskau 23. October: „Si les conjectures dont l'ami connu m'a fait part dernièrement sont justes, les menaces du Chancelier ne se tourneront pas en réalité , et je ne saurais m' empêcher d'adopter les mêmes idées , aussi longtemps que l'Angleterre ne se prêtera pas d'une manière efficace à l'exécution des vues du comte Bestushew et que la Suède continue d'opposer une conduite ferme aux démarches violentes du premier ministre" . . .

. . . ,Je ne saurais me persuader que, si la cour de Vienne se fût sérieusement employée à inspirer au comte Bestushew des sentiments plus modérés, celui-ci eût fait usage de la déclaration dont le sieur de Panin vient de s'acquitter à Stockholm , de sorte que , en combinant ces idées avec les ouvertures que certain ami m'a faites de temps en temps sur cette matière, il y a toute apparence qu'il y a eu là -dessus un concert parfait entre les deux cours impériales."

Pots dam, 15 novembre 1749.

Vous saurez par la présente dépêche pour votre meilleure direction que, comme toutes les conséquences que vous faites dans vos deux rapports du 23 d'octobre dernier, dérivent d'un principe faux et erroné, de sorte qu'elles viennent par là même à manquer de tout fondement, vous deviez à d'autant plus forte raison ajouter une entière croyance de votre part à ce que je vous ai écrit en grande confidence dans plusieurs de mes dépêches immédiates que je vous ai faites consécutivement en dernier lieu, sans douter en aucune façon de leur réalité, mais plutôt y compter de manière à diriger là-dessus vos recherches à la cour où vous êtes ;

car ce que certain ami a pu vous dire de choses qui semblent y contredire, ne doit point vous abuser, étant très avéré que cet ami n'est point informé des affaires les plus importantes, desquelles son collègue ne permet pas qu'il parvienne rien à sa connaissance ; sans dire qu'outre cela ce même ami ne s'est expliqué par timidité qu'à demi envers vous, en passant sur tout le reste sans vous en toucher le mot.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

DE riNCKENSTEiN A BERLIN.

Potsdam, 16 novembre 1749.

Ayant vu tout ce que vous venQz de me mander par le rapport que vous m'avez fait du 14 de ce mois, au sujet des différents mémoires que les ministres de l' Impératrice-Reine à ma cour vous ont présentés,' coilcemant la commission établie à Breslau pour régler les dettes des particuliers affectées sur la Silésie , je vous dirai que , n'étant nullement d^ intention ni d'enfreindre les traités faits avec l' Impératrice-Reine ni de me refuser d'en remplir les stipulations, ma volonté est que les miens doivent agir de bonne foi dans les conférences qu'on aura à ce sujet et qu'ils doivent s'abstenir de toute chicane ou demande insoutenable. Et comme mon ministre, le comte Miinchow, va venir à Berlin au commencement du mois prochain, vous pouvez entrer en conférence làdessus avec lui et régler ensemble préliminairement tout ce qu'il faut de principes justes et raisonnables qui peuvent servir de base pour en décider le détail de l'affaire en question.

Mais parceque, selon les règles de tout bon droit, toute obligation provenant de traités solennels doit être réciproque entre les parties qui y sont intéressées, et qu'en conséquence, si l' Impératrice-Reine prétend l'accomplissement des engagements où je suis à son égard par les traités de Berlin et de Dresde, il faut qu'a son tour elle accomplisse également à quoi elle s'est engagée par ces traités, je vous déclare que rien de tout ce que l'on conviendra relativement à l'affaire des dettes particulières de Silésie, ne sera ratifié de moi, ni mis en exécution, avant que l' Impératrice- Reine n'ait satisfait à l'obligation où elle est par rapport à la garantie de l'Empire à me procurer sur mes possessions de la Silésie.

C'est à vous, à présent, de faire un bon usage de tout ce que je viens de vous dire, et de tourner d'ailleurs la réponse que vous ferez au comte de Puebla à ce sujet, de façon que ce soit la cour de Vienne qui soit mise dans tout son tort, si les engagements où je suis par les traités susmentionnés ne s'exécutent pas avec cette facilité que je suis

1 Ein Mémoire, d. d. Berlin 28. October und zwei, d. d. Berlin il. November 1749; den letzteren beigeschlossen z^yei dem preussischen Gesandten in Wien iibergebene Mémoires, d. d. Wien i. November.

prêt d'y apporter pourvu que la cour de Vienne exécute avec la même fidélité et de pas égal les obligations où elle est par ces traités. Vous observerez encore que la réponse que vous ferez au comte Puebla, soit ajustée dans des termes honnêtes, mais qui cependant ne sentent aucunement craindre les menaces de la cour mentionnée. Sur quoi, je prie Dieu etc.

Voilà tout ce que nous pourrons faire dans la conjoncture présente ; se relâcher davantage serait insensé, et ces gens sont obligés de remplir leurs engagements vis-à-vis de nous, comme nous le sommes vis-à-vis d'eux.^

Nach der Ausfertigung. Der Zusatz eigenhandig. F e d e r i C.

DE GOLTZ A MOSCOU

Potsdam, 18 novembre 1749.

J'ai reçu votre relation du 27 d'octobre dernier. Quand je vous mande des choses pour sûres et d'une manière positive, vous ne devez point faire l'incrédule, mais vous fier là-dessus. Quoi que l'ami connu vous ait pu dire de ce qui a fait le sujet des délibérations du grand conseil tenu dernièrement en présence de l'Impératrice, il n'est pas moins vrai que ces délibérations ont roulé sur les affaires de Suède, et que le résultat a été tel que je vous ai marqué par mes dépêches immédiates. On ne vous a point dit qu'il y a été question de la déclaration faite par le sieur Panin, mais bien si la Russie devait faire la guerre à la Suède en cas que sa réponse à la déclaration qu'on lui faisait faire, ne fût pas satisfaisante et telle qu'on la désirait, ainsi donc que la conséquence que vous voulez tirer de la date antérieure de la déclaration avec celle du grand conseil, ne porte point coup. D'ailleurs, vous devez savoir que la cour de Vienne déclare même à présent que, par les soins des cours qui s'intéressent pour la conservation de la tranquillité publique, les affaires du Nord commençaient à prendre une face avantageuse, en sorte qu'on pourrait espérer avec fondement que tout serait en peu aplani et la tranquillité raffermie sur un pied que même après la mort du roi de Suède il ne resterait plus de sujets qui puissent occasionner des troubles dans ces quartiers - là. Ce que j'ai bien voulu vous faire connaître, quoique absolument pour votre direction seule et avec défense expresse de n'en parler à qui que ce soit.

Au surplus, vous observerez bien que, quand je vous fais de pareilles confidences par mes dépêches immédiates, vous n'en devez rien toucher dans vos relations ordinaires, mais uniquement dans celles que vous me faites à mes mains propres.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

X Durch einen Immediaterlass vom 18. November wurde Graf Otto Podewils in Wien von dieser Verhandlung mit Puebla in Kenntniss gesetzt.

Potsdam, 18 novembre 1749.

La relation que vous m'avez faite du 6 de ce mois, m'est bien parvenue. Le jugement que le marquis de Puyzieulx a porté relativement aux affaires du Nord, est fort exact et bien juste ; il y a du moins toute l'apparence, vu la face avantageuse que les affaires y prennent présentement, que les démonstrations de la Russie iront finir, que le repos du Nord sera maintenu et qu'il n'y en aura guère plus à craindre, même après le décès du roi de Suède. Quant aux deux régiments d'infanterie que la Russie avait fait passer tout nouvellement à Wiborg, mes dernières lettres de Suède marquent qu'on y avait eu avis que l'un de ces régiments avait depuis peu défilé sans bruit pour retourner dans l'intérieur de la Russie.

Mes lettres de Vienne disent que les appréhensions qu'on y avait eu d'un nouvel orage en Italie, diminuaient, et qu'on paraissait se tranquilliser là-dessus.

Au reste, comme je n'entends pas tout-à-fait ce que vous voulez dire proprement quand vous me marquez à la fin de votre relation que milord Tyrconnell vous paraissait se flatter que, si jamais la guerre recommençait, il aurait occasion de servir, quoique restant toujours auprès de moi comme ministre de France, j'attends que vous vous expliquiez un peu plus clairement là-dessus. ^ , ^ x- x- Federic.

Nach dem Concept.

Cela est très bien, en termes mesurés, accompagné de décence et de fermeté, et de façon que vous ne m'engagez qu'à ce qui est

juste et équitable. ^ ,

X odewils und Finckenstein berichten, Berlin 18. November: „Eii conformité et dans le sens des instructions que Votre Majesté nous a fait la grâce de nous envoyer en date du 16 de ce mois, par rapport aux dettes de la Silésie, nous avons fait dresser un projet de réponse aux trois mémoires du comte de Puebla.

Comme la pièce, selon l'usage que la cour de Vienne en fera, pourra devenir de conséquence, nous avons cru de notre devoir de la présenter préalablement cijointe à Votre Majesté, en La suppliant de la lire avec attention et de nous faire savoir si Elle la trouve en tout conforme à Ses sentiments."

Nach der eigenhandigen Âufzeichnung (praes. 19. November) am Rande des Entwurfes zu dem Mémoire fur Puebla, d. d. Berlin 17. November 1749.

A STOCKHOLM

Rohd berichtet, Stockholm 1 1 . November: „Pour ce qui est de la cour de Vienne, quand même on ne prendrait pas au pied de la lettre tout ce qu'elle a fait sentir de son mécontentement par rapport à la déclaration russienne, on est néanmoins porté à la croire assez sincèrement persuadée, et qu'elle fixe présentement son point de vue sur le jeune Archiduc, pour le faire élire roi des Romains, et que par conséquent, cette affaire l'occupant tout entière, où d'ailleurs elle se flatte de pouvoir plus gagner qu'à celles de la Russie, on croit que c'est son tout de bon, du moins pour le présent, de ne point s'y mêler à dessein de les brouiller, mais plutôt d'en tirer quelque gloire, en les mettant par ses soins sur un pied de tranquillité plus stable avec la Suède.

Dans cette supposition, on n'est pas en peine que la cour de Londres n'opère de son côté pour la même fin, puisqu'on la croit d'accord avec celle de Vienne pour l'élévation de l'Archiduc, et qu'ainsi die n'aimera pas moins d'empêcher qu'il ne s'allume un feu de guerre dans le Nord capable de démonter ses machines, du moins pendant l'espace de temps qu'elle croira nécessaire à pouvoir gagner son but, pour une matière aussi intéressante que celle de la déclaration russienne et de la réponse qu'on y a donnée en Suède." . . . Tessin „m'a fait confidence qu'on faisait jeter actuellement le plomb à la cour de Copenhague, pour voir si l'on y rencontrerait des dispositions à pouvoir la mener à un traité défensif avec la Suède plus étroit que celui que l'on vient de signer, son intention étant d'en poser un autre sur cette base, avec la clause toHs viriâus/^

Potsdam, 22 novembre 1749.

Les idées que vous me marquez, par votre dépêche du 11 de ce mois, qu'a conçues le comte Tessin relativement à une alliance plus étroite entre la Suède et le Danemark, sont bonnes et me reviennent assez. Je m'imagine toutefois que, comme selon mes lettres de Copenhague le ministre russien de KorfF y tramait sous main à inspirer des soupçons aux Danois sur ce que les Suédois et principalement le Prince - Successeur travaillaient au rétablissement du despotisme — en quoi ledit ministre russien avait pour but de raccrocher le Danemark avec la Russie — le comte Tessin pourrait bien ne pas rencontrer les Danois aussi disposés qu'il les souhaiterait à entrer dans une alliance défensive avec les Suédois plus étroite que celle qui subsiste actuellement entre les deux nations.

Sur ce qui est de la façon de penser du comte Tessin à l'égard du système autrichien, ledit comte rencontre très juste, et l'on a deviné on ne saurait mieux sur cela en Suède; mais ce qui regarde celui de l'Angleterre, il me parait qu'on s'y méprend un peu là où vous êtes, m' étant assez inconcevable que l'Angleterre dût penser à rentrer si tôt en guerre. Au surplus, les projets que peut avoir la cour de Vienne en faveur de l'Archiduc aîné, ne sauraient tout au plus qu'être encore un objet fort éloigné, ce dit Archiduc ayant à peine atteint sa dixième année.

Nach dem Concept. F e d 6 r i C.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Pots dam, 22 novembre 1749.

J'ai reçu votre rapport du 12 de ce mois. Ceux qui prétendent \^ d'être bien au fait des revenus que feu l'empereur Charles VI a tirés de tout ce qu'il possédait de provinces avant qu'on lui en arrachât des parties considérables, soutiennent que cela est allé tout au plus à vingt et quatre milHons d'écus. Mais pour [savoir] avec justesse ceux dont l'Impératrice -Reine jouit à présent, vous n'avez qu'à suivre les traces que je vous ai indiquées par mes dépêches antérieures. ^

Je pense que le comte Barck aurait mieux fait de ne point entrer dans des éclaircissements avec le comte d'Ulfeld sur les prétendus bruits de dissensions qui doivent régner parmi la nation suédoise: quel mal fera-t-il à la bonne cause, quand le dernier prend croyance aux illusions que des gens mal intentionnés lui ont faites à ce sujet?

Si la cour de Vienne envoie un homme .d'esprit, comme vous me caractérisez le frère du comte Puebla, auprès de celui-ci pour l'assister dans son ministère, elle n'a pas tout-à-fait tort; quoiqu'il soit d'ailleurs bon et honnête homme, il est sûr cependant qu'il n'est pas du tout stilé à conduire des négociations.

Mes soupçons que ce sont plutôt des commissions secrètes de la part de la cour de Vienne qui l'ont fait passer le général Lucchesi en Angleterre, que toute autre raison, ne finiront point, malgré tout ce qu'on en dise, avant que je ne sois pas convaincu du contraire d'une manière à y pouvoir compter fermement. Federic

Nach dem Concept.

Potsdam, 22 novembre 1749.

C'est avec une vraie satisfaction que j'ai vu, par la relation que vous m'avez faite du 9 de ce mois, que le marquis de Puyzieulx pense avec tant de justesse qu'il fait sur les affaires du Nord et qu'il en a des informations aussi exactes. J'espère cependant que ces fâcheuses affaires se calmeront à la fin, et que nous en serons débarrassés d'une façon que nous l'avons désiré, quoique le chancelier de Russie ne cessera pas de brouiller tant qu'il saura les affaires de la Suède et de nous faire toutes les algarades dont il pourra s'aviser.

Au reste, ma curiosité est de savoir la façon de penser du ministre d'Angleterre en France et des autres Anglais qui s'y trouvent, sur ce que la cour de France m'envoie milord Tyrconnell, connu pour être attaché au parti du Prétendant; c'est pourquoi vous devez tâcher de vous en informer et de m 'instruire sur l'impression que cela fait sur eux.

Nach dem Concept. F e d e r i C

X Vergl. S. 153.

GRiEFFEN A LONDRES.

Potsdam, 25 novembre 1 749.

J'ai reçu votre dépêche du 11 de ce mois. Puisque vous ne désespérez pas encore tout-à-fait de la réussite de l'affaire de la nouvelle convention sur les dettes de Silésie, j'attendrai que vous me mandiez l'ultimatum des propriétaires, afin de pouvoir m' arranger finalement d'une façon ou d'autre, pour sortir de cette dette onéreuse.^.

Pour ce qui concerne les afiaires . du Nord, il me semble que, selon le train qu'elles prennent, elles tirent à leur fin, en sorte que la Suède n'aura guère plus à craindre de la Russie, et je suis presque du sentiment du ministère de France, selon lequel la Russie ne dégainera pas tant qu'elle ne sera pas soutenue par l'Angleterre; qu'à la vérité le chancelier de Russie, Bestushew, ferait tout ce qu'il pourrait pour tenir les choses dans l'incertitude, afin que, si l'Angleterre change de sentiment, il puisse en profiter, mais qu'il était à croire que celle-ci ne se prêterait pas si facilement à donner des subsides aussi considérables que ceux qu'il faudrait pour nourrir un feu tel que celui qui s'allumerait dans le Nord; que l'Angleterre était lasse de s'endetter et qu'elle aimerait mieux laisser les choses comme elles sont, à moins que la Russie et la cour de Vienne ne voulussent se charger seules du soutien de cette nouvelle guerre, ce qu'elles ne feront pas apparemment, parceque le fardeau serait trop lourd pour elles.

J'ajoute à tout ceci que la cour de Vienne a d'autres objets en vue, qui lui touchent de plus près que l'autre là; c'est qu'elle commence à s'arranger sous main pour faire élire roi des Romains l'Archiduc aîné, dès qu'il aura atteint l'âge compétent à cela. Et comme il n'y a nul doute qu'elle veuille ne se concerter préalablement avec l'Angleterre làdessus, vous devez tâcher de vous informer sur les intrigues et les ressorts qu'elle fait jouer là où vous êtes sur ce sujet-là, afin de pouvoir m'en avertir. Vous vous garderez cependant soigneusement de ne parler du tout sur cette affaire-ci avec l'ambassadeur de France, pour qu'on ne me soupçonne pas encore comme si je voulais leur donner de fausses alarmes, mais que vous vous informiez sous main et par autres connaissances de ce que la cour de Vienne peut intriguer à celle de Londres pour parvenir à ses desseins relativement à l'élection mentionnée.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

Potsdam, 25 novembre 1749.

Il me paraît, par tout le détail que vous venez de me marquer par votre dépêche du 13 de ce mois, que les idées du marquis de Puyzieulx relativement aux affaires du Nord sont des plus justes et qu'il

rencontre parfaitement bien. Mais ce que je désirerais bien de savoir, c'est la façon de penser des ministres de France par rapport à l'objet le plus important à la cour de Vienne, de faire élire l'archiduc aîné Joseph roi des Romains, dès qu'il aura atteint l'âge qu'il faut pour pouvoir être élevé à cette dignité. Il est vrai que le cas n'existe pas encore et que ce Prince est d'un âge encore trop tendre pour que la cour de Vienne saurait déjà développer ses vues à ce sujet, mais comme elle y pense déjà et qu'elle s'y arrange de loin et sous main, ma curiosité est de savoir de vous comment les ministres de France envisageront cette affaire quand elle existera; ainsi donc vous devez tâcher à démêler leur façon de penser à cet égard. Vous vous garderez cependant bien soigneusement de n'en faire sentir rien au marquis de Puyzieulx, pour ne point réveiller ses soupçons comme si je ne cherchais que de causer de nouveaux embarras à la France, mais de vous informer plutôt par la troisième ou quatrième main, afin de pouvoir me contenter

là-dessus. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept*

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 25 novembre 1749.

Quoique je convienne parfaitement avec vous de tout ce que vous me marquez dans la dernière dépêche que vous m'avez faite immédiatement, par rapport à la mauvaise volonté de la cour de Vienne contre moi, il est cependant également constaté que l'objet le plus important que l'Impératrice -Reine a présentement devant les yeux, est de faire élire son prince aîné, l'archiduc Joseph, roi des Romains, dès qu'il aura atteinJt l'âge compétent. C'est là où elle vise principalement, et, selon les apparences, elle voudra voir cette affaire à sa perfection avant que

de m' assaillir. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

DE GOLTZ A MOSCOU

Potsdam, 25 novembre 1749.

J'ai reçu votre rapport du 3 de ce mois. Il me paraît que vos idées sur la conduite que le Chancelier observera vis-à-vis de la Suède, sont bien justes. Il est fort apparent qu'il ne voudra pas dégainer contre la Suède, sentant bien que le fardeau serait trop lourd à la Russie, mais il voudra tenir les choses dans l'incertitude, pour profiter de l'occasion, si jamais l'Angleterre changeait du sentiment où elle est actuellement, et pousser alors sa pointe. Cependant, il faut se flatter que l'Angleterre,

lasse de s'endetter, ne voudra pas se prêter facilement à donner des

subsides aussi forts qu'il faudra à la Russie pour nourrir ce feu, et que

la dernière se lassera également de fournir aux frais que ses ostentations

lui coûtent, et laissera en conséquence les choses comme elles sont. Je

viens d'apprendre par un bon canal que le courrier arrivé au comte J

Bernes, le 30 du mois dernier d'octobre, lui a apporté de la part de sa

cour encore une quantité de ducats pour celle de Russie. J'ai bien

voulu vous avertir confidemment de cette particularité, afin que, s'il y

a moyen de vous informer sous main par quelle raison la cour d'Autriche

fait ces remises à celle de Russie, vous ne négligiez pas de le faire et

de me mander ce que vous en avez pu pénétrer. ,

J^ C U Cxi v'*

Potsdam, 25 novembre 1749.

J'ai reçu votre dépêche du 18 de ce mois et je me crois assez fondé pour pouvoir juger des circonstances que vous m'y rapportez au sujet du baron Korff, qu'il faut que la cour de Copenhague, avant que d'être entrée en négociation avec la Suède, ait été en chipotage avec celle de Russie. Mais comme je suis incertain encore sur quoi ce chipotage peut avoir roulé, si c'est sur une alliance à conclure ou sur quelque autre objet d'approchant, je veux que vous preniez vos mesures pour voir si sous main et sans vous exposer vous ne sauriez en pénétrer quelque chose avec assurance, pour m'en informer ensuite.

Nach dem Concept. F Ç d e r i C.

A STOCKHOLM

Potsdam, 25 novembre 1749.

J'ai vu par votre rapport du 14 de ce mois ce qui s'est passé ultérieurement, là où vous êtes, entre le comte Tessin et le chambellan Panin relativement à l'explication que celui-ci a demandée au premier au sujet de la réponse de la Suède à la déclaration russienne. La réponse en question de la Suède ayant d'ailleurs été insérée dans les gazettes publiques, il n'y a rien d'étonnant, après cela, qu'elle soit parvenue à la connaissance de la Russie. ^

Federic.

Nach dem Concept.

Potsdam, 25 novembre 1749.

Je vois bien, par toutes les circonstances que vous venez de m' alléguer dans votre dépêche du 18 de ce mois, que les finances de

la Saxe se trouvent dans une état entièrement désolé, et la conclusion

que j'en tire est qu'on pourra peut-être, au moyen des palliatifs qu'on

y emploiera, les soutenir encore une ou deux années, mais qu'après cela

tout le pays se trouvera abîmé sans ressource. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

■Potsdam, 25 novembre 1749.

Je veux bien vous dire, sur le post-scriptum de votre relation du 18 de ce mois, que je m'imagine que le sujet principal des négociations dont est chargé le comte de Bentinck à Vienne, renferme aussi l'affaire des places de la barrière, que les Hollandais seraient bien aises de revoir fortifiées sur le même pied qu'elles l'étaient avant la dernière guerre, à quoi cependant la cour de Vienne ne voudra sans doute point entendre, à cause des grandes dépenses qui y seraient requises. Mais quoi qu'il en soit, vous ferez tout votre possible, sans néanmoins vous faire remarquer, pour tâcher de savoir sous main en quoi consistent proprement les sujets sur lesquels roulent lesdites négociations du comte

de Bentinck à Vienne. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

Potsdam, 29 novembre 1749.

J'ai été surpris de voir, par votre rapport du 21 de ce mois, que vous ayez pu vous laisser surprendre par des bruits aussi ridicules que ceux de divers campements que je songeais de faire et de continuer cet hiver, jusqu'à avoir voulu en donner des raisons. Gardez- vous bien de ne plus donner dans de pareils écarts et traitez plutôt ces sortes de contes, dès qu'ils parviendront jusqu'à vous, des plus sots et des plus visionnaires d'entre tous ceux qu'on a coutume de forger à mon égard, dont chaque homme raisonnable envisagera d'abord le grand ridicule, pour peu qu'il veuille y penser.

Nach dem Concept.

GRiEFFEN A LONDRES.

Potsdam, 29 novembre 1749.

J'ai bien reçu votre dépêche du 14 de ce mois. Quant aux affaires du Nord, je continue de présumer que la bonace durera au moins jusqu'à la mort du Roi régnant en Suède, et que les circonstances du temps décideront alors s'il y en aura à craindre ou non. Sur ce qui

Corresp. Friedr. II. VIL 12

regarde la froideur que le roi d'Angleterre continue à vous témoigner,

et le silence du chevalier Williams par rapport à sa commission pour

Berlin,^ je vous dirai que je ne vous laisserai point languir, quand les

choses concernant les dettes de Silésie seront réglées et que j'aurai vu

plus clair encore sur le sort que les affaires du Nord auront, et que je

pourrais bien vous rappeler alors.

Au surplus, je veux bien suivre le conseil que vous me donnez

relativement au payement des trois [termes d*] intérêts des dettes de Silésie

qui sont à la banque de Londres ,= et vous confirmer en conséquence

l'ordre que je vous ai déjà donné de faire payer aux propriétaires cet

argent. ^ ,

Nach dem Concept.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 29 novembre 1749.

J'ai reçu vos dépêches du 19 de ce mois. Le colonel Hallasch ayant imploré mon assistance afin que ses terres en Hongrie lui soient remises, qu'on lui a, selon ce qu'il prétend, confisquées dans l'année 1744 et 1745 en haine de ce qu'il était entré en mon service, selon la copie ci-close qu'il m'a faite, ma volonté est que vous devez précisément vous informer et m'en faire votre rapport si ce qu'il avance relativement à cette confiscation, est fondé ou non. Le dérangement d'esprit où ce pauvre, mais d'ailleurs honnête homme a été depuis quelque temps et dont je ne sais pas s'il en est tout- à -fait revenu, m'oblige de prendre ces précautions pour être sûr de mon fait, quand je voudrais faire faire des remontrances à la cour de Vienne à ce sujet.

Sur ce qui regarde le présent que la cour de Gotha vous a fait offrir en considération des peines que vous avez eues dans l'affaire de raccommodement,^ je vous permets d'accepter ce que le sieur Rehboom vous en doit remettre. Au surplus, vous pouvez compter que je n'oublierai pas les bons services que vous m'avez rendus, et qu'il n'y a que de certaines circonstances qui m'arrêtent encore de vous aider de la sorte que je me le suis proposé.

Selon le train que les affaires du Nord prennent à présent, il y a tout lieu d'espérer que la Suède n'aura actuellement rien à craindre de la Russie et que tout se passera tranquillement, au moins jusqu'à l'événement de la mort du roi de Suède, ainsi qu'il ne nous reste qu'à voir le parti que la Russie prendra alors. Comme je viens d'apprendre de bonne main que l'ordre que l'Impératrice -Reine a donné au prince Louis de Brunswick -Wolfenbiittel pour son retour à Vienne,* a été

î Vergl. Bd. VI, 529. 549. 557. 575. — a Vergl. S. 140. 189. — 3 Vergl. S. 44. — 4 Vergl. S. 166.

accompagné de circonstances particulières, jusqu'à lui enjoindre de ne pas entrer à Vienne avant qu'il n'y ait envoyé son secrétaire pour savoir les intentions ultérieures de l' Impératrice-Reine, vous devez tâcher de vous informer au possible sous main ce que la cour où vous êtes peut avoir d'intentions à l'égard de ce Prince, pour m'en faire immédiatement votre rapport. ^ ,

Federic.

Nach dcm Concept.

DE GOLTZ A MOSCOU

Potsdam, 29 novembre 1749.

Les conclusions que vous tirez dans votre dépêche du 6 de ce mois, sont encore bâties sur les mêmes suppositions fausses dont je vous ai déjà indiqué le peu de fondement par mes dépêches antérieures,^ ainsi que je n'ai qu'à me remettre à ce que je vous en ai marqué par mes précédentes. Jugez sainement là -dessus et envisagez les affaires telles qu'elles sont effectivement, et vous trouverez alors que je ne vous ai point imposé par les avertissements secrets que je vous ai donnés, et desquels je n'aime pas que vous fassiez mention autrement que dans les dépêches que vous me ferez immédiatement. Sachez d'ailleurs que la Russie n'est pas si délabrée de finances pour qu'elle ne saurait faire quelque démarche d'éclat contre la Suède; mais ce qui l'en retient, ce sont les suites, et qu'elle ne voudrait entrer seule en jeu, sans être assurée de l'assistance réelle de ses alliés. Ne vous fiez pas seul aux avis de l'ami connu, son caractère timide opère qu'il agit avec retenue ; entendez ses avis, mais agissez avec autant de prudence que d'activité, pour les comparer avec les circonstances qui vous reviennent d'autre part, afin d'en pouvoir faire un bon jugement. „ ,

Nach dem Concept.

A STOCKHOLM

Potsdam, 29 novembre 1749.

Je vous sais très bon gré de l'avis confident que vous m'avez fait parvenir, par votre dépêche du 18 de ce mois, de l'entretien que vous avez eu en dernier lieu avec la princesse royale de Suède, ma sœur, et je suis bien persuadé qu'elle ne saurait faire rien de plus sage qu'en prenant de loin ses mesures sur la Diète prochaine en Suède, étant incontestablement vrai que ladite Diète influera beaucoup sur le salut de la Suède et que ce sera par elle qu'il faudra tâcher de consolider

X Vergl. S. 168.

tout ce que le ministère sue'dois a pu faire de bon et de convenable jusqu'à présent.

Je ne saurais cependant m' empêcher de vous dire confidemment, pour votre direction, que — ma situation présente étant telle que je ne sais à quoi devoir m'attendre d'une cour aussi ennemie que l'est à mon égard celle de Vienne , et , par ses trames continuelles , de la part de celle de Russie — je m'en trouve dans une impossibilité absolue d'employer quelque somme en argent du côté de la Suède , et que, quelque disposé que je sois d'ailleurs à contribuer de tout mon possible au bienêtre du gouvernement suédois, ne pouvant guère me fier à la bonne volonté de mes voisins, je me vois par là les mains trop liées quant à l'article de l'argent.

En attendant, quoique je veuille bien croire que, quand on en sera

venu à une nouvelle Diète en Suède, les débats ne manqueront pas de

s'y manifester bientôt, je me flatte néanmoins que, le parti français

étant aussi puissant et accrédité qu'il l'est, les mal intentionnés s'en

verront réduits à ne pouvoir rien tenter avec succès contre lui, et il ne

m*est point douteux que la France ne dût pas manquer alors de faire

tous les efforts pour tâcher de conserver la supériorité dudit parti qu'elle

se trouve avoir actuellement en Suède.

Federic.

Nach dem Concept.

L'hambrier berichtet, Paris 17. November : „I1 faut que le marquis de Puyzieulx ait eu une raison particulière pour me dire, il y a quelques jours, comme il fit: >Au bout du compte, le roi de Prusse est bien le maître de dire ce qui lui plaît, et ce que nous en avons fait à son égard, sur ce qui s'est dit à Dresde,»

n'a été qu'une explication que, par des intérêts communs, comme ceux du Roi votre maître et les nôtres, il a paru nécessaire d'avoir.» Le marquis de Puyzieulx aura peut-être senti de lui-même ou par quelque chose qu'il aura reçue du marquis de Valory, que Votre Majesté n'était responsable de Ses discours à personne. Si je trouve une occasion de le faire convenir, de nouveau, de cette vérité, je tâcherai de le faire, en termes aussi polis et amiables que la chose peut le permettre, et sans le blesser."

Potsdam, 29 novembre 1749.

Ce que le marquis de Puyzieulx vous a déclaré à mon égard, en conséquence du rapport que vous m'avez fait du 17 de ce mois, me suffit, en sorte que, si l'occasion ne s'est plus trouvée jusqu'ici pour le faire convenir, de nouveau, de ce dont il s'agit, mon intention est que vous ne devez plus y toucher et laisser reposer tout ce qui y a du rapport.

Au surplus, vous devez m'informer si le crédit de la marquise de Pompadour influe dans les affaires étrangères ou si celles-ci sont hors de sa portée. Vous devez m'instruire d'ailleurs si les sieurs Monmartel et Paris - Du verney la gouvernent encore, ou si elle a .pris

I Vergl. s. 100 ff.

la bride sur le cou. Vous observerez que sur de pareilles particularités

vous ne ferez votre rapport qu'immédiatement à moi, sans en envoyer

des doubles à mon ministère. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

Potsdam, 29. November 1749.

Bei Gelegenheit der hierein befindlichen Dépêche * haben des Konigs

Majestât mir befohlen, an Ew. Excellenz zu vermelden, wie dass Hôchst-

dieselbe nicht gerne gesehen hàtten, dass der Herr Graf von Podewils

zu Wien dem dortigen Grafen von Barck von den Umstànden, so

zwischen dem Marquis de Puyzieulx und dem Grafen Albemarle vor-

gekommen,* Confidence gemachet hàtte, immaassen solches nur zu einem

abermaligen Quiproquo Gelegenheit geben kônnte, ûberdem der schwe-

dische Hof, der von gedachtem Umstande gnugsam informiret sei,

vermuthlich den Grafen Barck von demjenigen, so er deshalb zu wissen

nôthig gehabt, selbst instruiret haben wiirde. ^. , ,

Eichel.

A STOCKHOLM

Potsdam, 2 décembre 1749.

La relation que vous m'avez faite du 21 du novembre passé, m'est bien parvenue. Le comte de Tessin a tout lieu d'être satisfait de la position où les affaires relativement au Nord se trouvent par l'alliance qui a été heureusement constatée avec le Danemark. Mais je suis informé de très bon lieu que, malgré cela, le chancelier Bestushew tentera tout encore pour brouiller de nouveau les affaires, ou les tenir au moins dans un état d'incertitude. Je viens de communiquer au sieur Wulfwenstjerna à ce sujet un avis secret, qui m'est parvenu par un canal très sûr, pour en informer sa cour, selon lequel celle de Russie ne tardera pas d'envoyer un courrier au sieur Panin, chargé d'un mémoire pour offrir une convention à la Suède, portant en substance que celle-ci doive garantir à la Russie le traité de paix de Nystad et, en conséquence, la forme de gouvernement y alléguée ; au lieu de cela, la Russie voudra se charger réciproquement de la garantie de la succession au trône établie en Suède.

J'ai bien voulu vous informer de cette particularité, quoique absolument pour votre seule direction, et avec défense d'en rien toucher dans vos dépêches, sinon dans celles que vous ferez à moi seul immédiatement, puisque la chose demande encore un secret le plus absolu.

' D. d. Wien 22. November. — 2 Vergl. S. 160.

Au reste, dans ces circonstances, toutes les gens raisonnables approuveront que la Suède continue ses précautions et qu'elle ne s'en relâche point du tout encore. ^ ,

Nach dem Concept.

A BERLIN

Berlin, 2 décembre 1749.

Trouvez bon. Monsieur, que je vous adresse encore la copie d'une

pièce assez intéressante que le hasard a fait tomber heureusement en

mes mains. La traduction que j'y fais joindre, vous servira pour vous J

décider sur la voie la plus sûre par laquelle vous la ferez passer à votre 1

cour, et sur le temps où vous jugerez nécessaire de l'en informer. Quant

au secret de la chose, je m'en tiens tout- à -fait assuré que vous le

ménagerez au possible. Il ne me reste qu'à vous dire pour votre

direction que ce que l'on marque dans cette pièce par rapport à un

courrier que je devais avoir envoyé à mon ministre Rohd à Stockholm

pour y porter quelque nouveau mémoire, est absolument faux et con-

trouvé. Sur ce, je prie Dieu etc.

^ ^ Federic.

An Antivari in Stockholm.

Moskau, 10. November 1749.

Ich accusire den guten Empfang des von Verlet Schreibens vom ^

12. September, so ich aber allererst den 20. passati empfangen. Der 1

demselben beigefiigte Anschluss an Graf Ulfeld ist den 27. ejusdem per '

Ordinari iiber Polen von mir richtig befôrdert worden. Da aber die dànische und preussische BriefeerôfFnung vor der Hand ausgesetzet seind, so sehe nicht wohl ein, warum Ew. Wohlgeboren gedachten Anschluss nicht grade nach Wien laufen lassen. ♦.:

Ew. Wohlgeboren habe bereits unterm 2. October von dem Stande der hiesigen Sachen Nachricht gegeben, und es ist weder mir noch dem von hier gereiseten englischen Gesandten auf die vom 31. Juli iii Nr. 10 beigefiigte Pièce ^ hier keine fôrmliche Antwort ertheilet, sondern uns beiden nur jenes, was erstbesagt mein letzteres enthàlt, zur Antwort gegeben worden, und ist merkbar, dass der russische Grosskanzler mir noch kein Wort von der dem Panin unterm 30. August gegebenen hochmlithigen und standhaften schwedischen Antwort" gemeldet. Es wird der hiesige Hof dem Panin durch einen Courier uber Kopenhagen ein Promemoria zusenden und durch ihn der Kron Schweden eine Convention anbieten lassen. Dièse Convention, soviel mir der Kanzler davon gemeldet, soU darin bestehen, dass Schweden dem russischen Reiche den J Nystàdter Frieden und die darinne festgesetzte schwedische Regierungs-

I Gemeint ist anscheinend die S. 134 erwâhnte Note vom 28. Juli. — 2 Vergl. S. 107 Anm. I.

forme, hiesiger Hof aber der Kron Schweden die Thronfolge auf ewig garantiren will. Dièse Convention, als soviel ich bis nun zu davon weiss, wird mit dem von Ihro Kaiserl. Majestàt gemachten Vorschlage ^ fast auf eins hinauslaufen. Der Panin soll dièse Convention proponiren. Da man aber Denenselben sowohl als dem russischen Minister schon so hochmiithig geantwortet, so wird wohl auch aus dieser Convention nichts werden; daher Ihnen gar nicht leid sein darf, dass Sie keinen Antheil daran haben. Ihro Majestàt die Kaiserin werden gar wohl zufrieden sein, wann Russland allein dièse Sache ausmachen kann; ich wunsche viel GlUck darzu imd bin sehr frohe, dass man von eigenem Savoir -Faire hierunter praeoccupiret ist. Ich habe unserem Hof vorgestern durch einen Courier davon Nachricht gegeben und demselben angerathen, dièse Sachen nunmehr in Statu quo sein zu lassen.

Uebrigens habe auf Ersuchung des Grosskanzlers Dieselben zu bitten, dem Herrn von Panin gleich nach Ankunft obbesagten Couriers durch einen dritten vertrauten Mann auf eine natiirliche, und unmerkbare Art dass es von Deroselben herkomme, folgendes beibringen zu lassen: Herr Envoyé Rohd hàtte einen Courier von seinem Hof liber Kopenhagen erhalten, zweifels ohne wiirde er ihm ein neues Promemoria und den Vorschlag von derjenigen Convention mitgebracht haben, wovon der Kônig von Preussen bereits informiret wàre und dem hiesigen Hot allschon Nachricht gegeben hàtte. Was nun der Panin diesem gutgesinnten Tertio geantwortet haben wird, ersuche Dieselben mit ein Paar Worten in Ziffern zu melden.

Dass unser Hof, wie auch aile ubrige, an denen geheimen schwe-

dischen Entdeckungen zweifele, ist Ihnen ohnedem bekannt; nur muss

ich zu Dero alleinigen geheimen Wissenschaft hier beifûgen, dass der

Panin anhero berichtet, mit der bekannten wichtigen Redepièce hinter-

eangen worden zu sein. Womit ich beharre etc. ^ ^ ^

Graf Bernes.

Nach der von Valory eingesandten Âbschrift im Archiv des Auswârtigen Ministeriums zu Paris ; die Beilage nach Abschrift der preussischen Cabinetskanzlei, ebendaseibst.

Berlin, 2 décembre 1749.

Votre relation du 21 du mois passé de novembre m'a été bien rendue. Puisqu'il m'est revenu par un bon canal que le comte d'Ulfeid à Vienne avait fait confidence à un de ses amis là qu'il s'attendait, par la première poste de Constantinople qui arriverait, à des nouvelles bien intéressantes, dont, en attendant, il avait appris que la Porte avait pris en mauvaise part que le ministre de Suède s'était vanté de pouvoir se reposer sur l'assistance de la Porte; qu'on avait même fait connaître à

i Vergl. S. 154.

ce ministre quelque ressentiment de ce qu'il avait donné un toiir et explication tout différents aux bons offices et remontrances que le ministère turc avait employés d'une manière amiable et égale tant envers le ministre de Russie qu'envers celui de Suède — j'ai bien voulu vous en informer, afin que vous en puissiez faire confidence au marquis de Puyzieulx, ajoutant que cet avis m'était revenu tel que je l'avais marqué à vous, et qu'il saurait juger, lui, s'il pouvait être fondé ou s'il était peut-être de la façon des ministres de Vienne.

Vous lui communiquerez, encore, confidemment qu'il m'était revenu par un canal bien sûr que le chancelier Bestushew était sur le point d'envoyer un courrier à Stockholm au ministre de Russie, le sieur Panin, afin de lui porter un nouveau mémoire à présenter au ministère de Suède, en conséquence duquel la Russie offrait une convention à la couronne de Suède par laquelle la Suède devait garantir à la Russie le traité de paix de Nystad et principalement la forme de gouvernement qui y a été établie, et que la Russie s'en chargerait également de garantir la succession au trône établie en Suède; particularité dont j'avais cru ne pouvoir point me dispenser de faire communication au ministre de Suède à ma cour, afin d'en prévenir la sienne, pour en être informée à temps et pour pouvoir prendre ses mesures là-dessus.

Nach dêm Concept. F e d e T i G.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Berlin, 2 décembre 1749.

Je suis dans l'attente d'apprendre de vous en quoi sauront consister es nouvelles intéressantes dont le comte Ulfeld à averti d'avance le sieur Blondel que la première poste de Constantinople en apporterait, selon votre dépêche du 22 du mois passé de novembre.

En attendant, je sais par un bon canal que le comte Ulfeld s'est déjà laissé aller de dire à quelqu'un de ses confidents qu'il en savait d'avance que la Porte avait pris en mauvaise part que le ministre de Suède à Constantinople s'était vanté de pouvoir se reposer sur l'assistance de la Porte, que celle-ci avait même fait connaître à ce ministre quelque ressentiment de ce qu'il avait donné un tour et une explication tout différents aux bons offices et remontrances que le ministère turc avait ^

employés d'une manière amiable et égale tant envers le ministre de Russie qu'envers celui de Suède.

Comme je connais assez la manière dont le comte Ulfeld fait |

broder les nouvelles de Turquie , et qu'il n'en fait transpirer que ce ^ \ qui lui en paraît convenable, je ne me fierai à celles-ci qu'à d'autres :

enseignes.

Pour ce qui concerne les états des différents branches des revenus de l'Impératrice -Reine que je désire d'avoir de vous, je ne trouverai n

point trop forte la somme de loo ducats pour un état de chaque

province, pourvu que ces e'tats soient exacts et de façon à y pouvoir

compter. Au reste, j'ai bien voulu vous avertir d'avance que j'aurai

peut-être bientôt l'occasion de vous placer ici d'une manière avantageuse

et que je pourrai en conséquence vous rappeler, quelques mois d'ici

passés.

xT ^ . r. Federic.

Nach uem Concept.

Berlin, 2 décembre 1749.

Je crois que vous avez deviné très juste, quand vous prenez ce que vous dites dans votre rapport du 25 novembre dernier, savoir que le comte de Bentinck avait marqué par son courrier au prince d'Orange que la cour de Vienne désapprouvait que Leurs Hautes Puissances réformassent leurs troupes, vu la situation présente des affaires du Nord, pour un tour dont s'est servi ledit Prince afin d'empêcher par là la réduction ultérieure des troupes hollandaises. Mais j'ai aussi mes raisons pour me persuader que les négociations du comte de Bentinck butent principalement à régler l'affaire concernant la barrière,' et que peut-être la cour de Vienne, tout aussi bien que le Prince- Stathouder, tâcherait de pourvoir, à cette occasion, à leurs convenances réciproques. Sur quoi vous ne manquerez pas de faire votre possible de vous orienter au juste, pour pouvoir m' informer des découvertes que vous

aurez faites et qui y seront relatives. ^ ,

^ . Federic.

Nach dem Concept.

Berlin, 2 décembre 1749.

J'ai grande peine à croire que la nouvelle que vous me donnez dans votre rapport du 25 novembre dernier, concernant le comte de Lcewendahl," soit fondée. Si cependant elle pouvait se trouver réellement vraie, il serait à souhaiter alors, par les raisons que vous en alléguez, que l'affaire pût être contrecarrée, et qu'il fût encore temps pour le faire. Si, après tout, cette affaire a Heu pour être conduite à sa dernière perfection, je suis persuadé, en ce cas, que le général de Lôwendahl ne laissera que d'être ennemi de profession de la Russie.

Nach dcm Concept. F e d e r i C.

I Vergl. S. 177. — 2 Es handelt sich um ein Gerticht wegen Ueberlrittes des franzôsischen Marschalls Lôwendahl in danische Dienste.

Berlin, 6 décembre 1749.

Le hasard ayant conduit entre mes mains une nouvelle pièce secrète, depuis que je vous ai fait ma dernière lettre, qui confirme en partie les nouvelles que contenait celle que je vous communiquais alors, et comprend d'ailleurs des anecdotes dont la communication ne saurait être désagréable à votre cour, j'en ai fait tirer la copie ci-close, que je vous adresse pour qu'il vous plaise de la faire passer à votre cour avec ce secret et ces précautions que l'importance de la chose demande. C'est dans la dernière confidence et pour votre direction seule que * j'y fais joindre une traduction de la pièce, en vous disant d'ailleurs que le nommé Gurowski dont on y fait mention, est un gentilhomme polonais, émissaire du comte Brûhl, qui l'a envoyé depuis peu de temps* à Moscou avec des lettres de recommandation au chancelier Bestushew.

Federic.

An den Grafen von Sternberg in Dresden.

Moskau, 13. November 1749.

Ew. Excellenz erstatte fiir die mir unterm 20. September mitgetheilte beliebige Nachrichten hiermit den verbindlichsten Dank, und wird Ihnen der letzthin zwischen Frankreich, Schweden und Preussen geschlossen sein soUender Bund oder Convention von unserm Hofe 1

schon zugekommen sein. Die unterm 23. August anhero gegebene '^

chursâchsische Antwort auf das letztere russische Promemoria ist, ungehindert sie an und fur sich nichts saget, hier gleichwohl ziemlich gut aufgenommen worden. Unterdessen vermag ich Ew. Excellenz, jedoch nur zu Dero alleinigen geheimen Direction und Nachricht, in grôsstem Vertrauen zu vermelden, dass mir der hiesige Grosskanzler declariret, dass die Russen auf ihren Grenzen verbleiben und auch nach allenfalls eingefuhrter Souveraineté in Schweden dennoch mit dieser Kron nicht zu Feindseligkeiten schreiten werden, bis sie sich mit ihren Bundesgenossen hiertiber concertiret haben werden. Wer Zeit gewinnet, gewinnet hier ^lles.

Welchem ich unter gleichmàssigem Secreto hier beifiigen soU, dass der Grosskanzler durch den Panin in Schweden es auf eine Convention, k

welche mit der von unserm Hofe in Vorschlag gebrachten beinahe auf eins hinauslaufen wird, antragen lassen wolle. Da aber Schweden mittelst der publicirten Déclaration seine Gesinnungsart sattsam an den Tag geleget, so wird wohl schwerlich aus dieser durch Russland angetragen werden wollenden Convention etwas werden. Ich hoffe, dass wir keinen Antheil daran haben werden.

Gurowski ist unpàsslich und hat mir Dero Schreiben noch nicht behàndiget, Ich weiss durch einen geheimen Canal, dass er dem Gross-

I Vergl. S. 91.

kanzler looo Dukaten, und 16,000 Dukaten in dem Fall ofFeriren soUen,

wenn durch dessen Htilfe der Maréchal von Sachsen zum Herzogthum

Kurland gelangen kônnte. Ich weiss aber auch, dass er unverrichteter

Sache von hier weggehen werde.

Wegen der chursàchsischen Lehenempfangungsangelegenheit habe

zu Folge allerhochsten Kaiserlichen Befehls hier bereits die erforderlichen

Passus gemachet. Der Grosskanzler hat mir versprochen, an den Grafen

Keyserlingk mit nàchstem dieserhalb das nôthige ergehen zu lassen.

Ingleichen ist er bereits unter dem 26. October alter Zeit angewiesen

worden, den mittelst seiner Relation vom 30. September von Frankreich

angetragen sein soUenden Subsidientractat zu hintertreiben und hingegen

mit Ew. Excellenz die chursàchsische Accession zu unserer mit Russland

habenden AUianz zu betreiben. Ich habe des Keyserlingk' s Relation

vom 30. September gelesen; es ist leider daraus abzunehmen, dass er

mit Leib und Seele sàchsisch sei,^ er will hait noch immer beiden Hôfen

anrathen, Chursachsen einige Particulier -Convenienzien zu machen.

Womit etc. r^ r ^

Graf von Bernes.

Nach der von Valory eingesandten Abschrift im Ârchiv des Auswàrtigen Minîsteriums zu Paris ; die Beilage nach Abschrift der preussischen Cabinetskanzlei, ebendaselbst.

DE GOLTZ A MOSCOU

Berlin, 6 décembre 1749.

J'ai été d'autant plus satisfait de votre rapport du 13 de novembre dernier et des circonstances intéressantes y contenues, que celles-ci confirment entièrement les avis qui m'étaient déjà entrés par un très bon canal de la convention que le sieur Panin proposerait en Suède.

Quant au reste, l'ami connu paraît désirer que je voulusse aider, en cela, aux vues de la Russie. Vous lui direz tout ouvertement, quoique d'ailleurs en termes convenables, que nous avions eu tous les ménagements et tous les égards pour la Russie que celle-ci avait toujours pu se souhaiter de notre part, autant que de son côté elle nous avait témoigné le réciproque, seulement par quelques égards pour nous; mais que, après que la Russie s'était conduite envers nous de manière à perdre presque de vue les bienséances les plus ordinaires et les plus usitées, je ne voyais pas la moindre raison qui dût me porter à conseiller à la Suède de faire quelque chose dans l'affaire en question, qui serait diamétralement contre sa dignité, indépendance et liberté, à quoi je ne pourrais jamais entendre.

Au surplus, il serait fort à souhaiter que ce que vous mandez au sujet de Bestushew,^ pût s'accomplir enfin une bonne fois.

Nach dem Concept. F e d C r i C.

I Vergl. S. 82. — 2 Vergl. S. 192.

GR^FFEN A LONDRES.

Berlin, 6 décembre 1749.

J'ai reçu vos dépêches du 1 8 et du 2 1 du mois dernier. Il est sûr, et des avis secrets que j'ai eus par de très bons canaux me le confirment, que le chancelier de Russie, Bestushew, a déclaré ministérialement tant à milord Hyndford qu'au ministre de l' Impératrice-Reine — quoique seulement de bouche et point par une réponse formelle par écrit — sur les mémoires qu'ils ont présentés à ce sujet, que la Russie n'attaquerait pas la Suède actuellement ni à la mort du roi de Suède, sans s'être consultée préalablement là -dessus avec ses alliés. Mais comme je vous ai déjà , marqué par mes dépêches antérieures que nonobstant cela le susdit Chancelier ferait tout pour tenir, en attendant, les affaires du Nord dans une espèce d'incertitude, il vient de prendre la résolution de faire parvenir, par un courrier qu'il expédiera à l'instant, au ministre de Russie à Stockholm un mémoire pour proposer une convention à la Suède par laquelle la Suède doit garantir à la Russie le traité de la paix de Nystad et la forme présente du gouvernement qu'elle prétend y être confirmée, et que la Russie garantirait à son tour au royaume de Suède à perpétuité la succession à son trône. Voilà le nouveau biais que ledit Chancelier a pris pour tenir en suspens la tranquillité du Nord. Et comme il n'est pas du tout à présumer que la Suède voudra jamais goûter une telle proposition, qui la mettrait dans une dépendance entière de la j Russie , et lui fournirait [le prétexte] de se mêler, toutes et quantes fois elle voudrait, des affaires intérieures de la Suède, je crois que le ministère anglais, bien informé de tout ceci, fait semblant de n'avoir aucunes nouvelles de la Russie, afin de pouvoir tirer son épingle du jeu, selon la tournure que les affaires du Nord prendront. Ce que j'ai bien voulu vous dire pour votre direction. t? ^ •

Nach dem Concept. F e d e T 1 C.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Berlin, 6 décembre 1749.

J'ai reçu votre dépêche du 26 de novembre dernier. Je ne doute ^

point du tout que la cour de Vienne n'ait effectivement plusieurs voisins j

auxquels elle ne souhaite pas grand bien, et que ce ne soit moi et le

roi de Sardaigne qui soyons les principaux d'entre ceux. Vous pouvez

cependant être bien persuadé que, si autrement il n'arrive quelque

événement absolument imprévu qui paraisse être des plus favorables à !

la cour de Vienne, cette cour n'entreprendra rien d'éclatant, avant qu'elle J

n'ait pu exécuter les vues qu'elle a conçues de faire élire l'Archiduc

aîné roi des Romains,

Federic.

Nach dem Concept.

GR^FFEN A LONDRES.

Berlin, 7 déjembre 1749..

Vos dépêches du 25 et du 28 du novembre passé viennent de m' être rendues à la fois. Quant aux négociations du roi de Sardaigne avec les cours de France et d'Espagne, je crois qu'il en pourrait bien être quelque chose, sans que celle de Londres en fût informée; au moins ferez- vous la justice audit Prince de croire qu'il est bien plus fin que le duc de Newcastle, et, comme il va marier le prince de Piémont avec une des infantes d'Espagne,' on a lieu de présumer qu'il cherche à s'entendre avec les cours de France et d'Espagne , afin de pouvoir faire quelque chose avec elles, quand il le trouvera convenable.

Au reste, comme vous aurez reçu les deux ordres que je vous ai

envoyés consécutivement pour faire payer aux intéressés de la dette de

Silésie les trois ans d'intérêts que j'ai fait déposer à la banque de

Londres, j'espère que vous vous en serez acquitté, et que je saurais

bientôt apprendre de vous l'effet qui en a été opéré. „ ,

Federic.

Nach dem Concept.

Berlin, 9 décembre 1749.

Je vous sais bon gré des informations que vous m'avez données au sujet des conférences fréquentes qu'il y a actuellement entre l'ambassadeur du roi de Sardaigne ^ et les ministres de France, et de tout ce que vous y avez ajouté de réflexions dans votre dépêche du 28 du novembre dernier. Il serait à désirer que la France saurait trouver moyen de s'attacher le roi de Sardaigne; ce serait' un coup de partie pour elle. Si j'ose vous confier les idées particulières que j'ai à ce sujet, je présume que, si la France et l'Espagne trouvent nécessaire de s'attacher ce Prince, ils ne manqueraient pas d'en venir à bout en lui promettant la possession de ce qui reste à l' Impératrice-Reine du Milanais et du duché de Parme et Plaisance, qu'on échangerait contre la Toscane pour en satisfaire l'infant Don Philippe. Ce que je ne vous dis cependant que pour vous seul et comme une idée qui ne fait que de

me passer par l'esprit. „ ,

^ ^ ^ Federic.

Nach dem Concept.

J'ai reçu votre rapport du 29 de novembre dernier. Les affaires de la Russie avec la Suède peuvent, par ce qui nous en est revenu ici,

I Tnfantin Maria Antoinette. — 2 Graf von Saint-Germain.

être regardées tout comme assoupies, après que le chancelier de Russie,

Bestushew, vient de déclarer ministérialement aux ministres autrichien

et anglais que la Russie n'attaquerait pas la Suède, même après la mort

du Roi, sans s'être concertée préalablement là-dessus avec ses alliés, et

quoique le chancelier Bestushew ait mis sur le tapis une convention à

conclure entre la Russie et la Suède, dont vous avez été instruit en

dernier lieu du département des affaires étrangères, je sais cependant

de très bon lieu que les Autrichiens ne se promettent point un succès

bien favorable de cette négociation, étant au surplus intentionnés de ne

point s'en mêler, mais de laisser faire seule la Russie à cet égard. Ces

particularités - ci ne doivent vous servir que pour votre secrète ef seule

direction.

Vous faites très bien de donner de l'attention de votre part à

l'affaire du commerce de la Silésie,* mais il ne faut pas que vous croyiez

que la cour de Vienne produise à la Diète de l'Empire celle de la

garantie de l'Empire de la Silésie," étant tout au contraire persuadé

[moil qu'elle se donnera bien des gardes de le faire. ^ ,

DE GOLTZ A MOSCOU

Berlin, 9 décembre 1749.

J'accuse la bonne réception de vos dépêches du 17 du mois passé de novembre. Je n'ai jamais douté de la droiture des sentiments de notre ami connu, j'en suis trop convaincu, et mon grand estime pour lui n'en diminuera pas, quoique je sache que son antagoniste lui cache au possible tout ce qu'il y a d'affaires importantes, et qu'il ne lui en communique que ce qui lui paraît convenable. Je ne me fais point l'illusion de croire que c'est par un motif d'amitié envers la Suède, quand les cours de Vienne et de Londres ont insisté fortement auprès du chancelier Bestushew à ce que la Russie ne devait point rompre avec la Suède ; peut-être qu'ils eussent agi bien différemment, si la France n'eût point parlé avec tant de fermeté qu'elle a fait en faveur de la Suède, si la Porte Ottomane n'avait pas fait une déclaration énergique au ministre de Russie, si le Danemark n'eût pris le parti de se concilier la Suède, si celle-ci n'avait agi avec autant de fermeté que de prudence, et si je n'avais pas tout fait pour l'aider ; mais comme les cours susdites ont bien prévu qu'une rupture entre la Suède et la Russie entraînerait une guerre générale, qui, dans les circonstances présentes, ne leur con venait point, elles ont fait de nécessité vertu, pour inspirer plus de modération à la cour de Russie, et dans cette position -là je puis bien [croire] qu'elles sont actuellement dans une bonne disposition, quoique je

t Vergl. S. 40. — a Vergl. S. 169.

ne jurerais point qu'elles ne sauraient changer de sentiment, dès que les

conjonctures leur paraîtraient plus favorables. Je ne vous remarque tout

ceci que pour vous avertir d'envisager les choses dans leur vrai point

de vue, et de former vos idées plutôt sur le vrai état des choses que

sur des suppositions fausses. -r. , .

^^ Federic.

Nach dem Concept.

Berlin, 9 décembre 1 749.

J'ai été bien aise d'apprendre par votre rapport du 29 de novembre dernier que l'abbé Lemaire pense pouvoir être moins inquiet qu'auparavant sur l'affaire concernant le comte de Lœwendahl;' aussi est -il à souhaiter, pour plusieurs bonnes raisons, que l'affaire en question vienne à tomber entièrement.

Comme, au reste, je serais fort curieux de savoir sur quel pied le baron de Rosenkrantz parle , dans ses rapports à sa cour , des affaires d'ici, si c'est d'une manière favorable ou non, ce me serait un vrai plaisir si vous pouviez m'en mander quelque chose avec précision, en observant toutefois de n'en faire votre rapport qu'à moi seul immédiatement et sans en envoyer des duplicata au département des

affaires étrangères. .

^ Federic.

Nach dem Concept.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Berlin, 13 décembre 1749.

Vous jugez bien quand vous n'envisagez les bruits qui vous sont revenus d'un nouveau orage qui s'apprête en Italie," dont vous me parlez dans votre relation cotée du numéro 97 , que comme des visions de quelque politique désœuvré ; au moins me paraissent-ils tels. Nonobstant de cela, je veux bien vous dire, quoique pour votre seule et unique direction, qu'il m'est revenu d'assez bon endroit que le ministre sardinois qui est à Madrid, ^ doit être entré dans des ouvertures relatives aux affaires d'Italie avec le ministère espagnol, afin de porter la France, par l'impulsion de l'Espagne, à ne point s'opposer à ce que le roi de Sardaigne accrochât encore à ses possessions, aux dépens des Génois, le marquisat de Final, que l'Impératrice -Reine lui avait autrefois cédé par le traité de Worms. Mais comme la France ne voudra du tout permettre à ce qu'on usurpât sur les Génois, ni à ce que le roi de Sardaigne s'agrandît autrement qu'aux dépens de l' Impératrice-Reine, il est à présumer que cette affaire n'aura pas de suites, puisque je suis

« Vergl. S. 185. — a Vergl. S. 167. — 3 Osorio.

persuadé que dans le moment présent ni la France ni l'Espagne voudront

rien faire qui fût contraire au traité de la paix d'Aix. En attendant,

la cour de Vienne a raison de se méfier de la Sardaigne, qui ne laissera.

pas de continuer ses vues et les mettre, en exécution, dès qu'elle y

trouvera le moment favorable. „ ,

xT u j n Federic.

Nach dem Concept.

A STOCKHOLM

J'ai été bien content . de tout ce que vous me mandez par votre dépêche du 28 de novembre dernier. Quant aux affaires concernant la Turquie, il paraît qu'on a des avis à Vienne qu'il est arrivé de nouveau' quelque changement à Constantinople qui n'était point tout-à-fait avantageux aux intérêts de la Suède. En attendant, je n'en saurais encore rien dire avec certitude, mais je n'oublierai point de vous en. avertir plus particulièrement, dès que j'en aurai pu apprendre quelque détail avec certitude.

Nach dem Concept.

DE GOLTZ A MOSCOU

Berlin, 13 décembre 1749.

J'ai reçu votre dépêche du 20 de novembre dernier. Je suis presque entièrement persuadé que le chancelier Bestushew ne pourra même jeter des cris, dès que les Suédois refuseront la convention qu'il vient de leur offrir, puisque, quand il commencerait à crier là-dessus, il s'en verrait obligé de se commettre plus loin, à quoi cependant, comme je crois, il n'est point porté actuellement.

Je trouve, au reste, dans votre dépêche susalléguée des choses qui semblent contrarier à ce que vous me mandez dans votre précédent rapport, puisque dans celui-ci vous dites que le crédit du comte Bestushew commençait à chanceler et que certain ami vous avait dit que le Chancelier risquait de donner du nez à terre, pendant que par votre dernière relation vous me marquez que ce même Chancelier avait trouvé moyen d'obliger le sieur Brewern à demander son congé et de se retirer, et qu'il avait employé deux Russes, ses créatures,* à rempHr le vide qui en avait été occasionné dans la chancellerie. Vous voyez bien que ce sont là deux circonstances qui paraissent ne pouvoir être conciliées ensemble, et au sujet desquelles il faut que vous vous expliquiez encore, quoique immédiatement envers moi.

Nach dem Concept.

I Vergl. S. 128. 135. 163. — a Iwanow und Simolin.

Berlin, 13 décembre 1749.

C'est avec satisfaction que j'ai appris par votre dépêche du i«' de ce mois que milord Tyrconnell est créature du marquis de Puyzieulx. Cela seul suffira pour qu'on ait ici pour lui toutes les attentions possibles et pour lui faire toutes sortes de politesses.

Nach dem Concept.

Federic.

4019. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.

X odewils und Finckenstein berichten, Berlin 15. December : „Le comte de Puebla vient de nous communiquer à la suite du mémoire ci- joint» quatre réponses que sa cour a fait remettre au ministre de Votre Majesté à Vienne,» pour se justifier du reproche de n'avoir pas rempli les engagements des traités de Berlin et de Dresde, tant sur l'article de la garantie de l'Empire 3 que par rapport au maintien du commerce in statu quo. 4 La première pièce roule sur la garantie de l'Empire.

Elle est couchée à l'autrichienne, en des termes extrêmement obscurs et entortillés.

. . . Quant aux autres réponses, qui regardent le commerce et Tabolition des droits d'émigration, comme elles contiennent des particularités dont nous n'avons aucune connaissance et roulent sur des matières qui sont hors de notre sphère, nous espérons que Votre Majesté approuvera que nous les communiquions au comte de Mttnchow."

Miindliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretàrs.

Berlin, 16. December 1749.

Gut. Sie mussen darauf antworten und den wienerschen [Hof] darin ad absurdum bringen.^

Berlin, 16 décembre 1749.

Je vous remercie de tout le détail intéressant que vous m'avez marqué par votre dépêche du 5 de ce mois relativement au comte Tyrconnell. Je pense que nous le verrons bientôt ici; il ne me reste

X D. d. Berlin 13. December. — a D. d. Wien 28. November. — 3 Vergl. S. 169. 171. — 4 Vergl. S. 190. — 5 Schon vor Eingang des Berichts der Cabinetsminister halte der Cabinetssecretar denselben am 15. December die dem Kônige von dem Gesandten in "Wien unmittelbar zugegangenen ôsterreichischen Staatsschriften mit der Weisung tlbersendet: „Dass auf solche, so wie ûberall, als insbesondere auf die, die bisherige Verzôgerung der Execution des Friedenstractats betreffend, mit aller Solidité, zugleich aber auch énergiquement und mit Dignité geantwortet werden miisse." Conresp. Friedr. II. VIL '13

/là ^

que de m'éclaircir encore par vous de quelle façon il faut se prendre pour gagner sa confidence, s'il a de la vanité et s'il aime à être flatté, ou de quel biais il faudra se servir pour avoir son amitié. Sur quoi vous ne laisserez pas de vous expliquer, dans une dépêche que vous m'adressez immédiatement. Quant aux affaires du Nord, j'ose me flatter que, selon le train qu'elles prennent, tout passera tranquillement.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

DE GOLTZ A MOSCOU

Berlin, 16 décembre. 1749.

Je vous renvoie encore par la présente, qui est en réponse à votre dépêche du 24 de novembre dernier, à ce que je vous ai déjà fait parvenir pas mes précédentes dépêches, et vous pouvez compter que ce que je vous y ait écrit, est très sûr et avéré. L'ambassade du général d'Amim est, selon toutes les apparences, une ambassade de figure, étant fort probable que, comme le comte de Keyserlingk est sur un semblable pied, avec éclat, à Dresde, les Saxons aient de leur côté envoyé le général d'Amim pour figurer de leur part à la cour où vous êtes, en vue de flatter par là l'impératrice de Russie.

Nach dem Concept. F e d e r 1 C.

GR^FFEN A LONDRES.

Berlin, 16 décembre 1749.

J'ai reçu à la fois vos dépêches du 2 et du 5 de ce mois. Pour vous mettre au fait de ma façon de penser sur le payement des dettes de la Silésie, je vous dirai que, pour sortir de cette dette onéreuse, je ferai payer, outre les trois années d'intérêts que, selon mes ordres antérieurs,' vous aurez actuellement fait payer aux intéressés de la dette susdite — je ferai payer encore, au mois de juillet de l'année qui vient, à peu près la somme de 500,000 écus, de façon que, inclusivement de cet argent qui a été payé de la banque de Londres, j'aurai acquitté alors en tout pour cette année -ci la somme de 700,000 écus. Quant à l'année qui suivra après, savoir l'année 1751, je ferai payer alors dans le mois de juillet un million d'écus à la fois, et ce qui saurait rester après ce payement, sera acquitté dans l'année 1752. Si, en attendant, vous sauriez me procurer quelques avantages encore par votre industrie et savoir-faire pour m'aider dans ce payement, je vous en saurai bon gré. Je suppose, en tout ceci, que la paix dure et qu'on ne me suscite point de troubles de quelque part.

Nach dem Concept. F e d e r 1 C.

I Vergl. S. 140. 178. 189.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Berlin, i6 décembre 1749.

Je ne douterai jamais de la mauvaise volonté de la cour de Vienne contre moi, et qu'elle ne voudrait pas profiter des conjonctures pour ravoir la Silésie. Mais je vous prie de n'oublier pas ce que je vous ai recommandé plusieurs fois sur ce sujet, savoir de ne point regarder seule ladite cour, mais de combiner en même temps les autres circonstances, et que, grâce au Ciel, la position où je me trouve ne permet point à l'Impératrice -Reine de m'attaquer de jour à d'autre et selon que la fantaisie la prend, que même ses arrangements ne sont pas encore au point où il faudrait pour qu'elle soit à même de commencer de nouveaux troubles, et qu'il lui faut des années encore pour y parvenir.

Au surplus, vous pouvez croire que ce que je vous ai dit des vues de la cour où vous êtes relativement à l'élévation de l'Archiduc aîné à la dignité de roi des Romains, est une chose constatée, et que c'est le premier point de vue où cette cour dirige tous ses arrangements, afin de n'y point manquer. t? a -

Berlin, 20 décembre 1749.

La guerre entre la cour de Vienne et la mienne ne cessera point sans doute encore de sitôt, si autrement on peut appeler guerre les coups de plume qui sont portés de part et d'autre. Mais quand j'ai fait informer par vous le marquis de Puyzieulx des circonstances en question^ sur lesquelles roule votre dépêche du 8 de ce mois, ce n'a point été par l'appréhension d'une guerre réelle que les Autrichiens intentaient de me faire à ce sujet, ni que je craigne ces mêmes Autrichiens, mais uniquement en vue que, si le marquis de Puyzieulx venait à entendre parler de la susdite affaire, elle ne lui fût point entièrement étrangère, mais qu'il fût informé de sa véritable connexion.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Berlin, 20 décembre 1749.

Je n'approuve point tout-à-fait que vous ayez parlé au ministre de France des particularités' dont vous faites mention, d'abord du commence-

I Vergl. S. 165. — a Conferenzen der englischen Minister mit den Grafen Tschemyschew und Richecour, wovon Graf Otto Podewils durch ein Rescript aus dem Auswârtigen Ministerium vom 29. November unterrichtet worden war.

ment de votre rapport du 10 de ce mois, n'étant point à douter que ce ministre ne dût déjà en avoir été informé auparavant par sa cour. Je vous ordonne donc, et je veux que pour l'avenir ce vous soit une règle générale, que, quand même il vous serait enjoint par des rescrits du département des affaires étrangères de parler sur telles matières au sieur Blondel, vous ne deviez pas moins pour cela vous garder de le faire, mais vous tenir boutonné là -dessus.

Quant à ce que vous me mandez relativement au marquis de Pallavicini, est fondé, et je sais que l'affaire des fermiers dans le Milanais forme l'objet qui l'a fait appeler à Vienne.* Je n'oublierai point au reste le sieur von der Hellen; j'améliorerai son sort, mais comme cela ne saurait se faire au moment présent, il faudra qu'il prenne encore patience, pendant quelque temps, à cet égard.

Nach dem Concept. F e d 6 r i C.

4026. AU CONSEILLER PRIVÉ DE CAGNONY A JVIADRID.

Berlin, 20 décembre 1749.

Les avis que vous m'avez fait parvenir par votre dépêche du 24

de novembre dernier, m'ont été fort agréables. Pour ce qui regarde

un autre mariage du souverain d'Espagne qui pourrait avoir lieu après

la mort de la Reine, vous jugerez vous-même qu'en ce cas rien ne

saurait m' être plus agréable que si le choix venait à en tomber ou sur

une princesse de France ou bien sur une autre princesse dont la maison

serait attachée à la couronne de France, et qu'au contraire rien ne me

ferait plus de déplaisir que si une princesse autrichienne, ou telle autre

qui serait portée pour la cour de Vienne, pouvait être élevée à la

dignité de reine d'Espagne. J'espère, au reste, que votre négociation

concernant l'argent en question* ne sera point infructueuse, mais quelle

aura le succès désiré. „ ,

Federic.

A STOCKHOLM

Berlin, 20 décembre 1749.

J'ai reçu vos deux dépêches du 2 et du 5 de ce mois et je trouve que pour le coup le comte Tessin prend le vol trop haut et donne trop d'essor à son imagination, de façon que j'en suis surpris; car la cour de Vienne craint si peu la Porte Ottomane qu'elle vient de retirer plusieurs régiments de cavalerie et d'infanterie pour en détacher en Italie, et ladite cour croit sa partie si bien liée avec ce qu'elle a d'amis à Constantinople, qu'elle ne redoute nullement la Porte, et c'est

I Vergl. S. 158. 167. — 3 Vergl. S. 81.

une pure vision que la médiation dont le comte Tessin vous a parlé.*

Si d'ailleurs la Russie a retiré quelques régiments de ses possessions de

la Finlande, ce n'a été que pour les mettre, comme à l'ordinaire, dans

les quartiers d'hiver, ayant, avec tout cela, fait ses dispositions en sorte

qu'elle pourra rassembler toutes ces troupes dans un temps de trois

semaines. Il faudra donc attendre le mois de mai ou de juin, avant

de pouvoir décider des vraies intentions de la Russie, si ce sera tout

de bon qu'elle fera retirer ses troupes et si elle voudra finir ses

ostentations. ,

Fedenc.

NacH dcm Concept.

DE GOLTZ A MOSCOU

Berlin, 22 décembre 1749.

Votre dépêche du i«' de ce mois m'est bien parvenue. Je suis très porté à croire que la cour de Russie, guidée par l'animosité du chancelier Bestushew, continuera ses démonstrations. La Suède et ses amis n'ont cependant laissé que de gagner beaucoup, en menant les choses au point que la Russie n'oserait entreprendre rien d'offensif contre elle. Or, plus il faudra que la Russie temporise à cet égard, et plus difficile en deviendra sa situation, par plus d'une raison, d'où il résultera à la fin que le Chancelier, avec toute sa mauvaise volonté et ses funestes projets, ne fera simplement que de l'eau claire.

Nach dem Concept. F e d e T i C.

GR^FFEN A LONDRES.

Berlin, 22 décembre 1749.

J'ai reçu votre dépêche du 9 de ce mois et vous ne devez pas penser que les Russes désarmeront; plutôt tâcheront - ils , tant à l'heure qu'il est que pendant l'année prochaine, d'inquiéter continuellement les Suédois, quoique d'ailleurs je veuille bien croire qu'il y emploieront plus d'ostentations que de réalités.

Pour ce qui est des dettes de Silésie, je me réfère à ma précédente dépêche de quelle manière j'ai résolu de les acquitter. Quand, au reste, je verrai que vous ne serez plus à même, là oti vous êtes, d'y faire quelque chose avec succès, je suis décidé de vous en rappeler et de n'y laisser qu'un secrétaire d'ambassade à votre place, de façon que, si les

X Nach den letzten dem ôsterreichischen Residenten Antivari zugegangenen Instructionen glaubte Tessin annehmen zu dttrfen , dass der wiener Hof Schweden mit Rticksicht behandeln woUe, vielleicht um sich Schwedens gute Dienste in Konstantinopel fUr die Abwendung eines Tflrkenkrieges zu sichem.

Anglais ont à nous faire des [propositions de leur part relativeiMyit

aux dettes de Silésie, ils voudront bien s'arranger de sorte à nous les parvenir eux-i

Nach dem Concept.

faire parvenir eux-mêmes ici. ^ ,

'^ Federic.

Berlin, 23 décembre 1749.

J'ai reçu votre rapport du 12 de ce mois. Le marquis de Puyzieulx ne se trompe point dans sa façon de penser relativement aux détestables intentions du chancelier Bestushew contre la Suède; tout assortit parfaitement avec le caractère double et fougueux de cet homme-ci et avec ses vues de perpétuer les tracasseries avec la Suède, pour profiter, s'il y a moyen, d'un moment favorable à rendre celle-ci tout-à-fait dépendante à la Russie. Le moyen le plus efficace pour l'en retenir, est sans contredit de faire bien comprendre à la Porte Ottomane combien il va de son intérêt à ce que la Suède ne soit ni attaquée ni opprimée par la Russie; mais ce qui me fait de la peine, c'est que je crains que les deux cours impériales, conjointement à celle de Londres, n'aient troijvé moyen de rendre infructueuses les insinuations de la France, par des corruptions faites aux ministres de la Porte, et de traverser par là toutes les affaires qui y avaient été mises en assez bon train.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

Je ne compte pas pour des choses de conséquence les sujets qui ont été traités dans cet entretien que l'Impératrice -Reine a eu avec le sieur Blondel, en conséquence de la relation que vous m'avez faite du 13 de ce mois, et je crois que vous n'avez pas lieu d'en être fort inquiet. D'ailleurs, il ne me paraît pas vraisemblable que cette Princesse se soit émancipée jusqu'à donner des conseils à la république de Hollande sur la réduction que celle-ci doive faire ou non parmi ses troupes.* Au surplus, comme il me revient des avis de différents lieux que la cour de Vienne fait

1 Vergl. S, 185.

Graf Otto Podewils berichtet, Wien 13. December: „L' Impératrice-Reine eut hier un assez long entretien avec le sieur Blondel, qui me parut trop sérieux et trop animé pour ne rouler que sur des choses indifférentes . . . Immédiatement après avoir quitté l'Impératrice, Blondel alla chercher le comte de Kaunitz et s'entretint près d'une demi-heure seul avec lui.

Je ne crois cependant pas qu'il s'agisse d'aucune négociation entre les deux cours, mais je soupçonne plutôt que c'est quelque insinuation relative aux affaires du Nord que r Impératrice-Reine aura été bien aise de faire parvenir par son canal en France."

actuellement défiler quelques troupes de Hongrie dans la Bohême et la

Moravie, vous devez me mander, au moins, les raisons et les prétextes

que la cour de Vienne allègue par rapport à ce changement qu'elle

fait des quartiers de ces troupes, et des autres arrangements qu'elle prend

par rapport à son militaire en Bohême, dont même les gazettes publiques

font mention.

Federic.

Nach dem Concept.

Pots dam, 26 décembre 1749.

Une lettre que le sieur Gross, ministre de Russie, a faite à un

de mes officiers ici,^ venant de m' être présentée par celui à qui elle a

été adressée, j'ai bien voulu vous la communiquer ci -close en original,

avec ordre de chercher l'occasion d'en parler convenablement au ministre

susdit, en lui expliquant le grand inconvénient qu'il y avait dans son

procédé et combien une façon d'agir aussi extraordinaire que celle de

sa part devait me surprendre, et qu'il comprendrait aisément qu'il ne

saurait point être vu agréablement à ma cour, s'il voulait continuer

d'entretenir de pareilles correspondances point du tout usitées. Et sur

ce, je prie Dieu etc. ' , .

•' ^ Federic.

Nach der Ausfcrtîgung.

Berlin, 27. December 1749.

Se. Kônigl. Majestàt haben mir befohlen, Ew. Excellenz, wiewohl ganz in Vertrauen und lediglich zu Dero alleiniger Direction, zu avertiren, dass Sr. Kônigl. Majestàt heute von vertrauter Hand die Nachricht zugekommen, wie der zu Breslau befindliche ôsterreichische Deputatus=* von seinem Hofe die Ordre erhalten, dass, wofern die bekannte schlesische Schuldensache ^ nicht mit ihm in vierzehn Tagen reguliret sein wiirde, er abbrechen und von dar weggehen soUte.

Mehrhôchstgedachte Se. Kônigl. Majestàt haben hinzugefuget , wie Sie zwar nicht wussten, in was vor Terminis dièse Sache jetzo stehe, noch woran sich deren Finalisirung accrochire; Sie iiberliessen auch Ew. Excellenz, in was vor glimpflichen Terminis Dieselbe mit dem ôsterreichschen Minister Puebla von der Sache sprechen wollten oder nicht, jedoch sonder von dem gegebenen Avis Sich des geringsten zu

I D. d. Berlin 23. December 1749, mit einem Exemplar der russischen Avocalorien an die livlândischen und esthlandischen Vasallen (vergl. Bd. VI, 521); das Schreiben des russischen Gesandten enthâlt die Aufforderung , in der festgesetzten Frist bis zum 3./i4' Mârz 1750 den Abschied zu suchen und andere in preussischen Diensten stehende Livlander und Esthlânder namhaft zu machen. — 2 Seyferth; vergl. S. 165. — 3 Vergl. S. 165. 171.

àussem. Sollte aber die Sache sich dadurch verzôgert haben, dass man ôsterreichscherseits gar zu impertinente Prétentions machen woUen und die Finalisirung der Affaire sich daran accrochire, so miissten Se. Kônigl. Majestât Sich endlich gefallen lassen, wenn der p. Seyferth von Breslau wegginge, und wUrden um so weniger etwas damach fragen, als es alsdenn der wienersche Hof selbst wàre, der die Négociation in dieser Sache rompiret habe. Es wurde aber alsdenn ganz ohnumgànglich nôthig sein, dass Ew. Excellenz besorgeten, damit eine deutliche Facti Species , worin die unbillige Praetensiones des ôsterreichschen Hofes klar und verstàndlich gezeiget werden, abgefasset und fordersamst in HoUand gedrucket, auch diensamer Orten publiciret werde, um denen Oesterreichern nicht die Zeit zu lassen, die Sache mit schwarzen Couleuren dem Publico vorstellig zu machen. Se. Kônigl. Majestât zu blamiren und das Public gegen Selbige zu pràveniren. tt • u i

L'hambrier berichtet, Paris 15. December: „Plus je tâche de connaître les véritables sentiments de ce ministère sur le dessein qu'a la cour de Vienne de faire élire l'archiduc Joseph, quand le moment qu'elle croira favorable pour cela, sera venu, et plus je me persuade dans l'idée où je suis, que la France ne fera rien pour l'empêcher, par la conviction où elle est que ce serait une entreprise au dessus de ses forces et qu'elle y échouerait."

Berlin, 27 décembre 1749.

J'ai reçu votre dépêche du 15 de ce mois. J'ai bien présumé que les ministres de France, selon leur façon de penser que je n'ignore point, ne penseraient pas autrement sur le sujet de l'élection d'un roi des Romains que de la manière que vous le marquez dans votre susdite dépêche; mais l'effet qui en résultera, sera fâcheux, puisque les suites en seront que la cour de Vienne fera presque souverainement ses volontés en Allemagne et qu'elle deviendra de jour en jour plus impertinente.

Nach dem Concept. E C d e r i C.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Votre rapport du 17 de ce mois m'est bien parvenu. Le projet de l'Empereur d'amasser en temps de paix des fonds en argent pour ne pas en manquer en temps de guerre, n'est pas mal pensé ; au moins pouvez-vous croire que nous travaillons ici sur le même sujet. Cependant ma curiosité extrême est de savoir jusqu'où peuvent aller à peu près les sommes que l' Impératrice-Reine entasse par an dans son trésor, et quoique je connaisse parfaitement la difficulté qu'il y a d'en savoir

quelque chose avec exactitude, je vous aurai bien de l'obligation si, nonobstant de cela, vous sauriez parvenir à satisfaire ma curiosité là-dessus ; d'ailleurs j'ai ouï dire à quelqu'un qui prétend être au fait des nouveaux arrangements de finance de la cour de Vienne, que la perception des revenus va assez mal et irrégulièrement, que les provinces en restent en arrière, en criant qu'on les a surchargées pour qu'elles sauraient jamais s'acquitter des taxes qu'on leur avait imposées.

Quant aux affaires du Nord, tant qu'on ne s'amusera qu'à demander des déclarations par écrit, cette guerre de plume ne m'importera pas beaucoup.

Nach dem Concept F e G e r 1 C.

DE GOLTZ A MOSCOU

Berlin, 27 décembre 1 749.

J'ai reçu votre dépêche du 4 de ce mois. Pour ce qui regarde la

situation présente des affaires du Nord, je suis persuadé que, si la cour

de Vienne continue de s'employer sérieusement à modérer les desseins

violents du chancelier Bestushew contre la Suède, ce n'est point par

affection pour celle-ci, ni que ladite cour veuille déraciner les semences

de division entre les deux cours, mais parceque les affaires générales de

l'Europe ne se trouvent pas dans une situation qu'une guerre dans le

Nord puisse convenir à ses vues, et que son jeu exige plutôt de laisser

sous la cendre le feu qui couve dans ces contrées -là-, en entretenant la

chicane entre la Suède et la Russie, de manière qu'elle puisse le souffler

et faire éclater la flamme toutefois quand elle verra le moment propre

pour en profiter et pour prendre part à la guerre, sans y hasarder trop

du sien. ^ ,

^T 1- j ^ Federic.

Nach dem Concept*

A STOCKHOLM

Berlin, 27 décembre 1749.

J'ai reçu votre dépêche du 12 de ce mois, à laquelle je dois vous dire en réponse que vous ne sauriez mieux faire que de faire toutes les remontrances convenables au ministère de Suède, afin qu'il voulût bien ne point s'amuser à d'aussi pauvres conclusions que le sont celles qui se trouvent énoncées dans votre susdite dépêche: tout chacun qui connaît le chancelier Bestushew, saura combien peu il prend en considération la mortahté des bestiaux en Livonie et qu'il ne s'arrête point dans ses vues, quand bien même des provinces entières de la Russie

s'en voient réduites à la plus grande misère. ^^ ,

^r ^ . r^ Federic.

Nach dem Concept.

4038. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION FRÉDÉRIC DE VOSS" ET AU SECRÉTAIRE DIESTEL A COPENHAGUE.

J'ai reçu votre dépêche du 16 de ce mois. Ce n'est proprement que l'affaire du ministre de France résidant à Copenhague de retenir la cour de Danemark dans la situation où elle se trouve actuellement, n'étant point de mon côté encore assez lié avec ladite cour pour espérer d'y pouvoir faire quelque chose avec succès.

Pour ce qui est des courriers russiens dont vous faites mention, il est fort probable que les dépêches dont ils peuvent avoir été chargés, concernent davantage les affaires de Suède que celles du Danemark, puisque je sais que le chancelier Bestushew a envoyé un courrier au sieur de Panin à Stockholm,» avec ordre à lui de proposer une convention à la couronne de Suède au moyen de laquelle cette couronne devait garantir aux Russes^ la paix de Nystad et principalement le sixième article ^ de ce traité de paix, portant que la Suède n'introduirait jamais de nouveau la souveraineté absolue chez elle, et que la Russie garantirait de son côté à perpétuité la succession comme elle se trouvait

actuellement établie en Suède. t- j

-^ Federic.

Nach dem Concept.

GR^FFEN A LONDRES.

Berlin, 27 décembre 1749.

Votre dépêche du 12 de ce mois m'est bien entrée, et vous aurez déjà pu présentement vous informer par mes précédents ordres que j'ai pris mon parti pour me débarrasser le plus tôt le mieux des dettes anglaises sur la Silésie. Cependant, comme vous touchez quelques circonstances dans votre dépêche susalléguée sur lesquelles vous ne vous expliquez pas assez clairement, vous ne laisserez pas que d'y répandre plus de jour, pour marquer ce que vous entendez dire proprement par le passage où vous dites : ^>Son crédit sera solidement établi ^ et Elle Se mettra fort à Son aise vis-à-vis de la France, qui dès lors sera obligée de se prêter aux intentions de Votre Majesté, « Car, pour ce qui est de ces derniers termes, je ne comprends point du tout ce que vous voulez dire par là ; et quant à mon crédit en Angleterre, je ne compte aucunement que je pourrai jamais le mettre à profit là où vous êtes.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

1 Vergl. S. 83. 161. — 2 Vergl. S. 206. — 3 Artikel 7, vergl. Bd. VI, 375.

Cagnony berichtet, Madrid i. December: „Le 27 novembre, selon la coutume d'ici, qui est de ne voir les ministres qu'à leurs bureaux, je me rtndis à celui de M. de Carvajal, auquel je remis la lettre dont j'étais chargé pour lui . . . Il me demanda si je ne verrais pas Leurs Majestés. Je lui répondis que j'ambitionnais fort cet honneur , mais que , comme apparemment je ne serais pas de quelque temps en état de présenter mes lettres de créance, je souhaiterais, si cela se pouvait, de leur être présenté en qualité de particulier . . . On m'a averti d'une chose qui du moins retardera beaucoup ma négociation, si elle n'y apporte d'autres préjudices; c'est que, tant que je ne serai régalé que comme simple particulier, je ne saurais espérer que de voir rarement et avec difficulté les ministres."

Berlin, 27 décembre 1749.

Quoique je ne saurais que m'en rapporter à ce que vous jugerez être le plus convenable à mon service pour obtenir mes vues, sur ce que vous me mandez par votre dépêche du i«' de ce mois, relativement à vos lettres de créance, si d'ailleurs vous êtes bien assuré de pouvoir réussir dans vos négociations, je ne laisse pas, pour cela, d'être assez du sentiment que le moment propre à produire vos crédentiales au roi d'Espagne et de prendre le caractère public, n'est point encore venu et qu'il ne le sera pas, avant que vous n'ayez sondé le terrain là où vous êtes, si aussi vous pourrez réussir dans les commissions dont je vous ai chargé.

Tout ce que vous pouvez faire jusque là, est de produire au ministère d'Espagne les lettres qui vous ont été remises par mes ministres audit ministère et de lui faire lire confidemment la copie de vos autres lettres de créance ; mais de les leur remettre et de prendre le caractère public, me semble être matière à devoir y penser, avant que d'être bien assuré du bon succès de votre négociation. „ ,

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